XVIII FOUGEROLLES
< Monsieur le doyen en obéissance au commandement de nos supérieurs comme leurs fidelles serviteurs sont tenus et après avoyr veu la teneur de votre mandement quand pour le regard de notre paroisse de FougeroUes il y a noble dame Gabrielle Daunay dame de Goue et FougeroUes et Villeneufve la Guyart au pays de France et son fllz puysne appelé noble Ambroys de Goue sieur Daudray residantz au manoir seigneurial dudit Goue viyantz catholiquement gens pacifiques immittateurs des commandements de Dieu et son eglize reprimant toultes personnes errantes mesmes y a noble Morice de la Haultonnière seigneur du Plessis résidant auxi audit lieu en pareil fidelle très jeustes vivant de bonnes meurs les quelz nont jamais eu occasion et reprehension erronée. Et le tout monsieur noe doyen certifie estre véritable en signe de quoy je vous envoyé cest présent escript et mémoire signe de mon seing cy mys et appose le cinquiesme jour de febvrier 1577.
« Votre très humble et obéissant servitteur a jamays.
€ H. GuiLLOux pbre vicaire de Foulgerolles. »
« Monsieur « Monsieur le doyen d'Ernee la part quil est. »
Gabrielle d'Aulnay était veuve de Jacques seigneur de Goué et de FougeroUes, mort depuis deux ans dans la
religion de ses pères, après avoir été fort ébranlé et même quelque peu gagné par ceux de la religion nouvelle qui causèrent de grands dommages à sa maison : il repose dans le chœur de Téglise de FougeroUes. Gabrielle, morte huit ans plus tard, fut inhumée près de lui. On la qualifiait Madamoiselle de Goué parce qu'elle en était dame douairière. Madamoiselle de Fougerolles, ainsi désignait-on sa bru Suzanne de Villers, veuve depuis la Saint- Barthélémy 1572, de Jean de Goué, seigneur de FougeroUes, était dès lors remariée au baron de Fontaines, protestant comme elle, mais gentilhomme de grande allure. Jeanne de Goué, sa fille née posthume du malheureux Jean de Goué, vécut vingt ans dame de Goué et de FougeroUes, sous la tutelle directe d'Ambroise de Goué son oncle, seigneur d'Audray, Yvoy, Garelles, etc. : elle mourut sans alliance en 1594 ; son tuteur et le conseil de famille firent tout leur possible pour la soustraire à la religion protestante et aux influences du sieur de Fontaines et de sa femme. Le sieur d'Audray est le même que nous trouvons loué ci-dessus dans le certificat de maître Henri Guilloux^ vicaire de FougeroUes ; il le méritait : c'était un homme de tête et d'esprit, fort estimé de tout le monde. La tutelle de sa mère, longue et délicate, fit éclater ses mérites, et le livre de comptes qu'il en a laissé parfaitement tenu, joint aux nombreuses pièces de procès difficiles et à quelques lettres intéressantes, témoignent encore des nobles efforts qu'il sut faire pour régler les intérêts de la maison de Goué, gravement compromis par les imprévoyances de son père et par le mariage funeste de son frère aîné. Il épousa en premières noces Charlotte Rabault, dame d'Yvoy, d'où les de Fontenailles d'Yvoy, et en secondes noces Marguerite de la Ferrière, dame du Mesnilbue*.