‹ Procès-verbaux et documents, Volume 4Chapitre 86 sur 123 · MAYENNE · texte numérisé non relu

MAYENNE

La tapisserie désormais historique des Amours de Gombaidt et de Macée est aussi quelquefois appelée Tapisserie de Molière, à cause de la mention qu'en a faite notre grand comédien dans sa pièce de V Avare, acte II, scène I : « Plus, » dit Harpagon, dans Ténumération burlesque des objets de toute sorte qu'il veut compter pour mille écus à son client..., « une tenture « de tapisserie des Amours de Gombault et de Macée. »

Vers le milieu de notre siècle, alors que le mouvement romantique remit en honneur les anciennes tapisseries qui avaient fait la joie de nos pères, une indication si précise éveilla la curiosité des chercheurs. M. Achille Jubinali, dans son grand ouvrage sur les Anciennes tapisseries (1838), parla le premier, d'après Eloi Johan-

i. Anciennes tapisseries historiées de la France duXI^au XVI^ siècle, 2 albums in-folio, Paris, 1838, Challamel. — Recherches sur l'usage et l'origine des tapisseries à personnages, Paris, Challamel, 4^40, 4 vol. in-8^

neau^ de cette célèbre tenture qu'il considérait encore en 1863 comme ayant fait partie du mobilier de Molière^.

La publication de ce remarquable volume fut le point de départ de nombreuses découvertes : différents fragments furent successivement signalés, mais la suite la plus intéressante que Ton connaisse parait être celle qui fut trouvée au château de Laune, près de Periers (Manche), et offerte, dès 1840, au musée de Saint-Lô par la famille du duc de Plaisance.

La tenture de Gombault et de Macée se composait de huit ou neuf panneaux représentant une noce de campagne mêlée aux principales scènes de la vie et des jeux des paysans.

Sur chaque panneau, des sortes de stances ou tercets, au nombre de six, dans un vieux mais libre français qui souvent. •• brave Thonnêteté. .. donnent le commentaire de la scène représentée. Les personnages parlent entre eux ou s'adressent au spectateur; enfin, une strophe finale de cinq vers, généralement placée à droite du sujet, renferme la moralité.

Depuis les beaux travaux de M. Jules Guiffrey^ sur la tapisserie en général et sur la suite qui nous occupe en particulier, il reste démontré que cette tenture française, ancien roman populaire transporté sur tapisserie, date de la fin du xv« siècle ; devenue très populaire au xvi* et surtout au xvii« siècle, non seulement en France, mais

i. Ëioi Johanneau, Mélanges d'origines étymologiques et de questions grammaticales^ Paris, 4818, in-8*>.

2. L'étude approfondie de Tinventaire après le décès de Molière, faite par Endore Soulié, a démontre que cette tapisserie n'existait pas chez notre comédien.

3. Histoire de la tapisserie, par Guiffrey, Muntz et Pinchart, in-folio, tome xvii, Paris, i86â. — Les Amours de Gombault et Macée, Guiflfrey, Charavay, 1882. — Histoire générale de la tapisserie, par les mêmes, in-folio 1878-1881, Didot. -— Histoire de la tapisserie, par Iqs mêmes, in-4'', chez Marne, 1886. — Les grands écrivains ae France, tome vu, page 205, Hachette, 1882.

en Belgique, où Ton en retrouve de nombreux fragments, elle tomba complètement dans Toubli au xyiii® siècle. Sous Henri IV, et grâce peut-être à Laurent Guyot, peintre du roi, qui dessina des cartons de cette églogue po« pulaire, notre tapisserie était très à la mode et cinq gravures sur bois de cette époque représentant les derniers sujets des aventures de Gombault existent à la Bibliothèque Nationale, dans la collection Hennin.

L'histoire de Gombault et de Macée forme, comme nous venons de le dire, une suite de huit tableaux. Il est plus que probable que, comme à Saint-Amadour * et à Saint- Lô, le premier panneau était très souvent divisé en deux, ce qui portait à neuf le nombre des pièces dont voici, d'après M. Guiffrey^, la nomenclature :

N®« I. Première moitié : Chasse aux papillons.

Deuxième moitié : Femme mangeant la soupe.

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