E. COSNARD
€ Veu la Requête de l'autre part, Nous ordonnons que la présente soit communiquée au général des habitans de la paroisse de Cossé dans la personne de leur sindicq, lequel sera tenu de faire assembler lesd. habitans en la manniere accoutumée, et à dimanche prochain troisième janvier mil sept cent vingt trois, pour sur leur advis estre fait droit ainsy qu'il appartiendra, et soit signifié. M. et D. etc., à Laval ce 28® décembre mil sept cent vingt-deux. Signé : Gaultier. »
€ Pierre Monnier procureur syndicq de cette paroisse avertit les habitans quils aient à sasembler ce jour à l'issue de la messe parroisialle pour donner leur avis sur la req** et ordonnance cy dessus, à Cossé ce troisième janvier mil sept cent vingt trois. Signé : P. Monnier. »
€ Du dimanche troisième jour de janvier mil sept cent vingt trois,
€ Par devant nous JuUien Sarcher no^® du comté pai-
rie de Laval résidant au bourg de Cossé le Vivien ont esté présens et personnellement établis, les manans et habitans de la paroisse dud. Cossé representans es personnes de Pierre Monnier, s*" de la Beucherie; René Cottineau ; Jean le Clerc, à la Faudinière ; Jacques Buffebran, à la Meloigne-Jonchere ; Pierre Coulleon, s^ de la Grand'Maison ; André Cournée, s"" de la Barre ; Yves Hemmelin, s"" du Verger; Nicolas Bessin ; Jean Huvé; Mathurin Dormet ; Pierre Gendri, à la Vialliere ; Louis Le Monnier; Pierre Rougechausse, s*" de la Chauvignere; François Herrier ; Vincent Balisson ; André Girard ; Jean Fraguer, au Boisragot ; Pierre Aoutin, à la Meignenne ; Pierre Piau, à la Hayerichard; Jullien Marcille, au Bas de la Reignere ; Guy Hemmery, aux Lenneries ; Louis Tribouël, à la Saucerie ; Jullien Dubois, à Saint-Beaumer ; Guy Fouquet à la Mouchardière ; Jean Salmon, à TEnsamordière ; François Pointeau, à la Touche ; Jean Grippon, à Vilette et Pierre Poullain, tous demeurants aud. bourg et paroisse de Cossé, tous lesquels sestant assemblés au son de la cloche au lieu ordinaire des assemblées après en avoir esté deuement avertis au prône de la messe parroisialle de ce jour par vénérable et discret M« Etienne Cosnard prêtre curé dud. Cossé, à la diligence et réquisition de Pierre Monnier, marchand, s^'de la Belleraie, procureur sindicq de cette
ont entendu la lecture que nous leur avons fait de
mot après autre de la req*® présentée par mond. sieur le curé de Cossé, et de l'ordonnance en conséquence de Monsieur le juge de police dud. Laval du vingt huitième décembre dernier, signée Gaultier, et ont tous lesd. habitans reconnu que lad. requête dud. s*" curé contient vérité, et qu'il est bien nécessaire que les chemins du bourg et environs de Cossé soient raccommodés, et les levées refaittes, pourquoi lesd. habitans demandent un règlement de police affin qu'on puisse porter sans danger les corps morts au grand cimetière, assister aux enterre-
ments, faire les processions aux lieux ordinaires et entrer facillement dans led. bourg de Cossé pour aller assister au service divin, pourquoy nous leur avons decerne le présent acte pour servir et valloir à qu'il appartiendra, à ce que de raison, dont à leur req*® et de leur consentement les en avons jugés, fait et passé au bout des Halles dud. Cossé en présence de Michel Gaultier, marchand et François Lucan praticien, dem. aud. bourg de Coss^, témoins requis et appelés qui ont signé avec les soussignés et Nous no*"® en la minutte des présentes susd. et soussignés et ont les autres habitans déclaré ne scavoir signer de ce enquis, sont signés en la minutte des présentes. P. Monnier, R. Cottineau, J. Le Clerc, J. Buffreban, P. CouUeon, A. Cournée, Yves Hemmelin, N. Bessin, J. Huvé, M. Dormet, Pierre Gendri, L. Lemonnier, P. Rougechausse, F. Herrier, V. Balisson, André Girard, P. Monnier, Michel Gaultier, Lucan et nous not'® susd. et soussigné, lad. minutte controllée à Cossé par Lelong controlleur qui a receu douze sols suivant Lord® roialle, lexpédition signée Sarcher avec para- . phe,
€ Receu par les mains de Mons' le curé de Cossé pour tous droits trente sols,
€ Soient la présente Requête, ensemble lacté dassemblée des habitans de la paroisse de Cossé communiqués au procureur fiscal de ce comté, à Laval ce 9® jan®"" 1723, signé Gaultier.
€ Le procureur fiscal n'empesche les fins et conclusions du supliant, à Laval ce 27® mars 1723. Signé Le Clerc
DES GaUDESCHES.
€ Nous Mathurin Gaultier de Meroles, lieutenant général, civil criminel et de police au comté-pairie de Laval, a tous ceux qui ces présentes voiront salut, sçavoir faisons que sur la requête qui nous a esté présentée par le s' Cosnard prêtre-curé de la paroisse de Cossé-le-Vivien,
ensemble lacté et consentement des paroissiens du trois^ jour de janvier dernier en conséquence de notre ordonnance du vingt-troisième decemb. aussi dernier, notre seconde ordonnance du vingt-septième mars, portant communication aux gens du âsque, et veu sur ce leur consentement Nous avons ordonné et ordonnons que les levées des chemins spécifiés dans lad. requête seront refaittes rendues praticables et commodes, et pour cet effet que celles qui ont esté autrefois pavées seront reparées et repavées chacun en droit soy, et que les autres qui n*ont jamais esté pavées seront au moins accommodées avec terres et caillottages et rendues tout à fait praticables avec la largeur convenable, faisons deffences à quelque personne que ce puisse être de mettre aucuns bois, fumiers, terrier n'y autres choses dans les rues qui puissent empescher la liberté de passer, sous peine de dix livres damende aplicables suivant les règlements de police et de plus grande peine en cas de récidive, et affin que notre présente ordonnance soit rendue nottoire, et que personne n'en puisse prétendre cause dignorance, ordonnons qu'elle sera leue et publiée T)ar trois dimanches consécutifs aux prônes des messes parroissialles dud. Cossé, et ce à la diligence du procureur sindicq, et lequel sera tenu de nous dénoncer ceux qui n'auront pas obéi à nôtre présente ordonnance quinze jours après la publication d'icelle, affin que nous nommions des artisans de cette ville pour aller travailler sur les lieux, lesquels artisans seront taxés par nous de ce qu'il leur appartiendra pour leur sallaire, et le tout aux frais des contrevenants, M etc., D etc., à Laval le vingt un mai mil sept cent vingt trois, signé Gaultier.
Le château de Mayenne au XV^ siècle et après des documents inédits. — M. le comte de Beauchesne donne lecture de documents du plus haut intérêt sur la topographie et la garde du château de Mayenne vers 1448, extraits
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d*un registre des remembrauces de la seigneurie de Boisfroult aux archives du château de Lassay.
Jusqu'à ce jour on n'avait du château de Mayenne que deux descriptions : Tune écrite au XVIII« siècle par Guyard de la Fosse, donnait l'état du château en 1064 lorsqu'il fut assiégé par Guillaume le Conquérant ; — l'autre est contenue dans l'aveu rendu au Roi en 1669 par le duc de Mazarin pour le duché de Mayenne. Mais ni l'une ni l'autre ne sont précises. Les documents trouvés par M. le comte de Beauchesne au contraire fournissent des détails circonstanciés.
Lorsqu'au commencement de 1448 au plus tard, les Anglais eurent évacué le château de Mayenne qu'ils occupaient depuis vingt-trois ans, le nouveau capitaine français, nommé par Charles d'Anjou, fut Pierre de Beauveau, seigneur de la Beschère, ayant pour lieutenant Jehan de Chauvigné, alors seigneur de Boisfroult près Lassay.
Pierre de Beauveau s'empressa de remettre le château lui-même ainsi que ses ouvrages accessoires en état de défense et à cet effet il conclut, en 1448 et 1449, des marchés avec divers ouvriers maçons, charpentiers et serruriers.
C'est d'abord un marché avec Macé Segretain, € maczon, demeurant à Bays en Bretaigne, » pour la construction d'un boulevard.
Puis un marché avec < Etienne Guilleu et Jean Guillen son âls, maczons, paroissiens de Butavent, » pour la réparation des tours.
Ces marchés donnent par le menu, avec une grande abondance de renseignements, les détails de la reconstruction. Il est facile d'en conclure la disposition des tours, portes, poternes, guichets, murailles, etc.. On retrouve même le nom des carrières qui devaient fournir les matériaux.
Un marché conclu avec un charpentier traitait de la
reconstruction du pont-levis et de divers ouvrages accessoires.
Un serrurier « Jehan Aligot, claveurier » devait demeurer dans la château pour y « bezongner les serrures et aultres ouvraiges de son mestier. « Il devait aussi aider dans ses travaux maitre Jehan 'Flain, canonnier, de la paroisse de Châtillon-sur-Colmont, qui devait fabri» quer quatre couleuvrines, puis des canons, et « les rendre tirans pour le prix de vingt deniers la livre. »
Suivent des détails sur d'autres canons, grandes ou petites € arbalestes et tilloles » que Pierre de Beauveau fait venir de Sablé, de La Ferté, de Melle et de Tours.
En somme les renseignements exhumés par M. le comte de Beauchesne sont de beaucoup les plus étendus et les plus précis que nous possédions sur le château de Mayenne. Ils permettent d'en opérer par la pensée une restauration aussi exacte que pittoresque et à ce titre ils constituent un document du plus haut intérêt ^
Archives du château de Laval. — M. le comte de Beauchesne rapporte d'après une personne digne de foi, que, vers 1832, une quantité considérable d'archives, renfermées dans une douzaine de tonneaux, auraient été enlevées de Laval et recueillies chez M. le duc de la Trémoille. Il y aurait quelques probabilités pour que ces archives provinssent de l'ancien chartrier du château, dont l'incendie total, pendant la Révolution, a toujours paru invraisemblable à beaucoup de personnes. Du reste, il sera facile d'ici peu de savoir ce que vaut ce renseignement donné par M. de Beauchesne sous toutes réserves. En effet, M. l'abbé Ledru, Téminent et dévoué mem-
1. Postérieurement à la séance, M. le comte de Beauchesne a publié une partie de ces documents dans le Courrier de Mayenne^ n<»" des 26 septembre et 3 octobre. Un tirage à part contient des pièces justificatives.
bre correspondant de la Commission, a obtenu de M. le duc de la Trémoille, toujours si obligeant pour les chercheurs, Taccès de ses magnifiques archives. S'il a la chance de rencontrer quelques faits intéressants pour l'histoire de la lUle et du pays de Laval, M. l'abbé Ledru ne manquera pas, avec la permission du généreux propriétaire des archives, de tenir ses collègues au courant de sa découverte.
Armoiries de Laval. — M. A. Bertrand de Broussillon annonce que l'édition de Bourjolly laissée par M. Le Fizelier, et qu'il a bien voulu se charger de publier en y mettant la dernière main, paraîtra vers la fin de l'année.
M. Bertrand de Broussillon cite une note intéressante relative aux armoiries de Laval-Montfort qu'il a insérée dans cet ouvrage :
D'après Bourjolly, Louis XI, pour reconnaître les services rendus à la couronne par les seigneurs de Laval aurait autorisé Guy XIV à porter trois fleurs de lys dans ses armes.
« Nous ne possédons pas, dit M. Bertrand de Broussillon, les lettres de concession mentionnées ici, mais l'aflirmation de Bourjolly est confirmée par une décision du conseil du roi, rendue le 2 janvier 1463 (ancien style) autorisant M. de Laval, ses enfants et successeurs, à porter d'autres armes que celles de Laval. Cette décision, dont le texte nous est communiqué par M. l'abbé Ledru, est conservée en expédition du temps aux archives du château de Thouars, dans le volume intitulé Lettres de Laval. » On en trouvera le texte à la page 402, note 2, du tome l®"" de Bourjolly.
Sigillographie des seigneurs de Laval, — M. Bertrand de Broussillon attire l'attention de la Commission sur l'intérêt que présenterait la publication de la Sigillogra-
phie des seigneurs de Laval. Il expose un plan qui consisterait en une association entre la Commission et la Société du Maine pour le partage des frais. Cette proposition est adoptée et la Commission prie M . Bertrand de Broussillon de vouloir bien suivre dan%^es détails l'exécution du projet.
Plusieurs membres font observer que M. de Farcy, dont le talent de dessinateur et les connaissances spéciales en numismatique et en sigillographie n'ont pas besoin d'être rappelés, prêterait peut être volontiers son concours à la publication. Il pourrait paraître indiscret, vu le nombre et la complication des dessins, de prier directement M. de Farcy de les exécuter ; mais il serait au moins convenable, en raison de la compétence spéciale de M. de Farcy et de son dévoûment qui ne se dément jamais, de l'informer du projet de la Commission. M. le secrétaire général -est prié d'entrer à cet effet en correspondance avec M. de Farcy.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.