L. Maître. Les villes disparues de la Loire-Inférieure
Salles. Le Collège de Céaulcé.
De Martonne. Rapport de ld86 sur les Archives de la Mayenne.
Revue du Maine et Revue de V Anjou.
Mémoires de la Société du Vendômois et de la Société polymathiqtie du Morbihan.
M. G. Dû Brossay, fait hommage des Recherches sur les voies romaines dans les Côtes^u-Nord, par M. Gauthier du Mottay.
Sigillographie des Seigneurs de Laval. — M. Bertrand de Broussilloii annonce que les Archives nationales ont concédé au Musée de Laval les moulages de sceaux qui lui faisaient défaut et que désormais la série des sceaux des seigneurs de Laval se trouve complétée.
Depuis la dernière séance M. P. de Farcy a accepté de collaborer à la publication projetée et a si bien avancé son travail que les dessins sont actuellement presque terminés. Leur nombre est de 106 ; mais il devra être encore augmenté postérieurement.
Afin de diminuer les frais de publication, M. Bertrand de Broussillon propose de faire tirer par la Revue du Maine, qui devra paraître la première, la quantité d'exemplaires nécessaires à la Commission historique de la Mayenne, qui pourra les distribuer en même temps que son tome IV ou son tome V.
Cette proposition est adoptée.
La Commission, à Tunanimité, prie M. P. de Farcy d'agréer ses remercîments.
Cartes constatant le titre de Membre de la Commission. — M. de la Broise demande que, pour faciliter à ses"
Membres Taccès des Bibliothèques, musées et établissements publics ou privés, la Commission leur délivre des cartes constatant leur titre.
Cette proposition est adoptée.
Envoi de documents. — M. Gadbin, membre correspondant, à Château-Goritier, envoie à la Commission des copies des pièces suivantes :
Extrait d'une remembrance du prieuré de Saint-Jean- Baptiste de Château-Gontier (1770).
Testament de Jacques Pelot, notaire royal à Château- Gontier (6 mai 1615).
Testament de vénérable et discret M« Aubin Aubry, curé de Saint-Rémy de Château-Gontier (24 octobre 1616).
Liste des prêtres du Grand et du Petit Saint-Jean (1516-1784).
Mémoire touchant la réparation des églises, pourmessire Jean Trouillet, prêtre prédicateur du Roy, licencié ès-loix, prieur commendataire du prieuré-cure de Livré au diocèse vi'Angers. (Imprimé à Château-Gontier en 1715).
Jugement du Présidial de Tours dans Taffaire de Julien Ory, Julien Anjubault et Pierre Landelle, gardes des Gabelles aux portes de Gaudrée et de Fuzeaux, en la paroisse de Villiers-Charlemagne, accusés d'assassinat sur la personne de Jean Meignan, closier au lieu de la Chedasnière (décembre 1731).
Acquisitions du Musée de Laval. — M. E. Moreau présente à la Commission divers objets récemment acquis par le Musée de Laval :
Carreaux provenant d'une maison de la rue Renaise.
Custode du XIIP siècle.
Bracelets trouvés dans un tombeau, à la Françoisière, commune de Laigné.
Tuile faitière de la maison Renaissance située au haut de la Grande-Rue à Laval.
D'autres objets ne peuvent pas être placés sous les yeux de la Commission. Ce sont des bois sculptés et des plaques de cheminées trouvées dans l'ancien couvent, aujourd'hui caserne, des Cordeliers.
Documents concernant F Histoire de Laval. — M. de la Broise rappelle que M. E. Queruau-Lamerie a publié un extrait de la correspondance de Madame Rayer-Dubignon, concernant un projet, conçu en 1779 par le gouvernement, d'installer à Laval des établissements d'artillerie et une fonderie de canons. Ce projet, d'après les documents publiés par M. Queruau-Lamerie, reçut à Laval un accueil des plus défavorables et les habitants mirent tout en œuvre pour en empêcher l'exécution.
M. de la Broise annonce qu'il possède un texte du projet élaboré par le ministère de la guerre, et qu'il le tient à la disposition de la Commission (*).
La Boissière, près d'Ernée, — M. Thirard, membre correspondant, présente le dessin d'une console de terre cuite qu'il a trouvée à La Boissière, près d'Ernée.
Saint-Mars-sur-la-Fataye. Epitapbe. — M. C. du Brossay communique le texte d'une inscription gravée sur une plaque de bronze, qui existait autrefois dans l'église de Saint-Mars et qui est aujourd'hui recueillie au presbytère :
Cette inscription, en lettres gothiques, porte à chaque angle un écusson écartelé au 1 et 4 chevron accompagné de 3 croissants, au 2 et 3 trois serres par 2 et 1. Elle est ainsi conçue :
(1) Ce document a été publié dans le tome IV, page 315.
Cy gist le corps de maistre Jehâ Gandon En son uiuant curé do co lieu cy Qui en amour et grand dilection A gouverné ses subiectz et régi Des paupures gentz tousiours estoit amy Tous ses actes faisoit par bon moyen Sans faire tort iustice a ensuyui Lequel recteur fut cinquante et ung an Ains que de mort endurât nul ahan Son testament a faict par bone guyse Dont a laissé de son bien terrien De son uouloir uingt escuz a leglise Ses excuteur qui la charge avoint prinse De départir ses biens à son entente Pour décorer ce temple que Dieu prise Ont augmenté de uingt iusqs a trente Au monde avoit des ans vescu soixante Et six, quand fut de la mort assailly L'an mil cinq cens que Ton disoit cinquàte Et deux, il fut ycy ensepucly De septébre le uingt et sept de luy Fut fait céans Tcnterraige pyteux Son corps repose soubz ce tombeau ycy Prions à Dieu que lame soyt aux cieulx Mille et cinq cens messes pour être heureux On a dictes luy estant trespassé Et les paupures y uenoint de tous lieux Laulmonsne ont eu Requiescat in pace Sancte Medarde
Amen.
L'église est une vieille construction romane sans grande architecture. Plusieurs parties ont été refaites.
Dans la sacristie très beaux ornements en velours rouge brodé d'argent avec médaillons brodés à la main. Ils auraient été donnés à Tabbaye de la Futaie par Mazarin, qui en était abbé commendataire.
Croix de procession en cuivre argenté avec bâton fleurdelisé. La croix elle-même, ornée de coquilles tourmentées, parait plus récente.
Autre croix, sans bâton, en cuivre jaune, ayant été
ornée autrefois de cabochons. Le Christ, d'un dessin barbare, porte le cachet d'une assez haute antiquité. La main gauche a été brisée. Les bras de la croix vont en s'élargissant après avoir dessiné un carré à l'intersection. Elle sert pour les enterrements des enfants.
Notes diverses de M. de Martonne. — M. de Martonne donne lecture des notes suivantes :
Prieuré de Fontaine-Géhard. Dans un vallon un peu écarté, à droite de la route conduisant de Mayenne à Ernée qui traverse la forêt de Mayenne, se trouvait jadis le prieuré de Fontaine-Géhard, situé sur un ruisseau et dépendant de l'abbaye de Marmoutiers-lès-Tours. Tous ses bâtiments remontant au XI® siècle ont été démolis, sauf un fournil. De l'ancienne chapelle on n'a conservé qu'un autel, qui a été transporté dans une petite chapelle neuve. Cet autel, qui doit être des premiers temps, déjà indiqués, de la fondation, m'a paru remarquable par son bon état et son style. Il se compose d'une table appuyée à droite et à gauche par une colonnette basse, sans socle, mais à chapiteau de feuilles d'acanthe. Il est évidé des deux côtés et supporté au milieu par une maçonnerie qui s'avance en angle aigu. Cette disposition, antérieure à l'art pur du XII® siècle, se rencontre quelquefois, mais non en abondance. Le retable se compose d'une muraille plane; au milieu et au-dessus, s'élève la statue en pierre de la Vierge portant l'enfant Jésus, sous une arcade. De chaque côté,deux saints, mais postérieurs, accompagnent la figure principale. Sur la table sacrée se dresse un petit tabernacle en bois, orné de peintures à la détrempe, non sans mérite, particulièrement celle du centre, où l'on voit un Christ à la colonne d'une belle carnation, plus quelques autres fragments, le tout accusant au plus tôt le XVII® siècle. L'autel même et sa statue principale sont ornés de peintures également à la détrempe, feuillages variés, partout sur fond blanc; sauf ceux delà figure de la Vierge,
bleu sur blanc, les feuillages n'ont pas le contour arrêté et fixe des ornements qu'on trouve sur les manuscrits du XIP siècle ; je les crois antérieurs à cette époque. En somme cette construction mérite de fixer l'attention des archéologues.
Ravigny, De cet ancien château possédé par la famille de Vaucelle, il ne reste plus que des douves larges et complètes, le manoir, maison haute du XVI* siècle, pourvue à l'extérieur de fenêtres à croisillons, amples et bien conservées, et d'une porte ornée au linteau d'une belle accolade, enfin le bas d'une grande fuye, qui pouvait contenir deux mille pigeons, dont les dégradations ont laissé une mémoire exécrée dans le pays.
Saint'Fraimbaidt'^e-Prières. La grotte dite La Roche-Cornue, située sur le bord de la Mayenne, passe pour avoir été l'habitation d'un apôtre du IV® siècle, qui évangélisa toutes ces contrées et dont plusieurs communes portent encore le nom.
L'examen attentif de cette grotte ne m'a paru apporter aucun élément nouveau à la question de savoir si saint Fraimbault est parti de cette contrée pour aller ensuite à Lassay, puis à l'endroit où le ruisseau de la Pisse se jette dans la rivière de la Varenne, lieux encore consacrés sous son vocable. En effet, il est incontestable qu'ici il y a eu un centre de prières comme le mot l'indique ; mais il n'a pu y exister une agglomération pieuse. La grotte, très étrange au point de vue purement naturel, a pu contenir momentanément un solitaire, mais ne porte aucune trace de séjour humain. Près de Lassay on trouve au contraire les traces d'un ancien couvent.
Sur les bords de la Pisse, le saint prédicateur a pu également s'arrêter et peut-être même mourir, quoiqu'on trouve fort loin de là, dans le Nord de la France, les traces de son passage, en tous cas la persistance de son culte.
Champéon, — L'église possède une fort belle tour carrée, du XV® siècle, terminée par deux larmiers, une élégante porte renaissance dans le mur méridional et un chœur fort élevé, avec voûte en bois, en bateau, qui parait être du même temps. On remarque dans l'intérieur un double rang de stalles qui semblent un peu postérieures ; d'ailleurs, travail remarquable de menuiserie. Les murs do ce chœur sont ornés de quatre écussons ou plutôt cartouches (car ces sculptures en pierre blanche ont souffert du temps). Au centre on distingue quatre lions rampants s'élevant dans une couronne de fleurs, surmontés d'un casque posé de face. Ces armes sont, d'après les renseignements pris sur place, celles de la famille du Fresne, seigneurs de Beauregard, donateurs et bienfaiteurs de l'église. Ils en étaient patrons fondateurs et les diverses parties que nous venons d'énumérer sont dues à leur munificence.
Au milieu de grands bois, sur la route de St-Fraimbaultde-Prières et au centre d'un étang se dresse le château du Fresne, construction très simple du XVII® siècle. On peut citer seulement une jolie chapelle isolée, du XV® siècle. Le domaine appartient à la famille de Jourdan.
Moulay. J'ai visité avec M. le curé de cette paroisse l'emplacement du camp romain appelé communément Camp de César. Aucun des ouvrages publiés sur le sujet et notamment aucune des géographies de la Mayenne, ne m'ont paru rendre un compte vrai de ce monument^ si l'on peut ainsi parler.
Je me suis entendu avec M. le curé de Moulay, afin de faire dresser un plan exact de la situation, en y comprenant les alentours, et j'ai l'honneur de présentera la Commission ce plan, absolument nouveau, qui pourra, si elle le juge convenable, être publié dans ses Mémoires.
On sait que le camp de Moulay était un camp statif, situé au confluent de l'Aron et de la Mayenne et formant un triangle avec ces deux rivières, c'est-à-dire renfermant
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des troupes à demeure et destinées à protéger la grande voie romaine qui se dirigeait des environs de Mayenne vers Jublains puis vers Evron.
La carte ci-jointe est la copie fidèle du plan cadastral. On y trouve la forme et l'étendue du Camp de César indiqués par les lignes de couleur lilas. Le double trait de cette espèce situé au N. E. donne les dimensions actuelles du retranchement y ou haie de terre, ou murée. La base seule de cette murée a été diminuée en quelques endroits pour les besoins de l'agriculture. Le retranchement a encore aujourd'hui environ trois cents mètres de long sur quatre mètres au moins de hauteur et douze à vingt mètres de largeur. Le trait noir entre les lignes couleur lilas indique le sommet du retranchement. On a transcrit les numéros et les noms tirés du plan cadastral et des états de section. Ces noms, encore en usage aujourd'hui, indiquent parfaitement la nature des lieux.
Je n'hésite pas à dire que c'est là un des plus beaux exemples du camp statif et des mieux conservés.
Classement des hallesd Evron comme monument historique. — M. Cornée annonce que, par arrêté du 12 juillet, M. le Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts a classé les halles d' Evron parmi les monuments historiques. Il est à noter que ce classement a été prononcé spontanément par l'Administration supérieure.
Statues de Gesnes. — Plus d'une fois déjà M. L. Garnier a entretenu la Commission de statues religieuses abandonnées dans le jardin du presbytère de Gesnes. Trois d'entre elles, en terre cuite, sont du XVIP siècle. Une vierge du XIII® ou XIV® siècle semble surtout intéressante et mériterait être conservée. M. L. Garnier demande que des efforts soient faits pour obtenir au moins le placement de ces statues dans l'église.
Eglise (THambers. — M. Raison, membre correspondant, donne quelques détails sur Téglise d'Hambers. Il fait passer sous les yeux de la Commission des dessins d'écussons sculptés en divers endroits de l'église, et lit la note suivante sur la chapelle de Saint-Eustache :
« L'Eglise d'Hambers possède, sous le vocable de S<iint- Eustache, une chapelle assez remarquable. Le retable, qui a été signalé à la Commission par M. Garnier (séance du 15 novembre 1883), semble seul intact. Il est formé d'une maçonnerie en pierre grise. Le médaillon du milieu ainsi que les ornements placés à droite et à gauche sont en marbre blanc. Quant à la tête de mort et aux ossements en sautoir ils sont d'un jaune terreux. Les dents qui garnissent les mâchoires semblent en ivoire : deux des incisives de la mâchoire supérieure manquent, soit qu'elles aient été brisées, soit qu'on les ait omises à dessein.
» Les autres parties de l'autel ont été peintes en blanc et or, ce qui ne s'accorde guère avec la destination du monument. Au pied de chacun des quatre pilastres placés entre les niches et le tableau central se trouvent quatre écussons dont les émaux ont été recouverts d'une peinture blanc et or, contrairement à toutes les règles du blason. L'un de ces écussons est répété à la clef de voûte au dessus de l'autel et à la porte de l'église au dessous d'un autre écusson qui ne figure pas parmi les quatre premiers. Un autre écusson mutilé forme la clef d'une seconde voûte en face du même autel.
« Dans le fronton que supportent ces pilastres on lit les inscriptions suivantes :
NON. CONFVDAS. ME DN»^. AB EXPECT. IN. SOLA. DEI. MI* : SPERO. SALVARI. NE. DERELINQVAS. ME. DOMIN. (*).
ORS : IVDICI VM: GE^^NNA'ET. H HGLORIA'HECBER
(i) Sur une même ligne interrompue par les chapiteaux.
» Il n'existe aucune tradition, aucun document relatif à la fondation de cette chapelle. Seuls les écussons placés au pied des pilastres peuvent fournir une indication à cet égard, indication que pourraient peut-être préciser les deux syllabes hec'BER de la seconde inscription. »
Découvertes archéologiques. Publicité intempestive. — Un membre signale Tinconvénient de l'immixtion de la presse dans les découvertes archéologiques lorsque la Commission n'a pas été antérieurement prévenue et n'a pas pu opérer les constatations nécessaires. C'est ainsi que récemment un tombeau a été détruit une belle nuit dans le but de faire cesser les visites des curieux mis en éveil par les journaux. Le remède consisterait à obtenir que la Commission fût prévenue tout d'abord et avant que les trouvailles fussent trop ébruitées.
Présentation de Dessins. — M. T Abraham présente à la Commission des planches qu'il a dessinées et qui serviront à illustrer la seconde partie de Y Histoire de Saint- DeniS'd' Anjou, par M. A. Joubert, destinée au tome IV® des procès-verbaux de la Commission.
Lebreton, dessinateur. — M. T. Abraham lit une notice sur Lebreton, dessinateur, né à Bonchamp près Laval.
Cercle de Laval, 176S'i79S. — M. L.Garnier annonce qu'il est devenu possesseur des archives d'un ancien cercle de Laval (1763-1793), Ces archives renferment quelques documents curieux sur les mœurs du temps.
Pierres à bassins. — M. Faucon, membre correspondant, envoie une notice sur la Pierre Montpinçon, groupe de rochers situé dans la forêt de Mayenne, non loin de l'étang de la Perche. La Pierre Montpinçon est bien connue. On y remarque un certain nombre de
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cavités ou de bassins que M. Faucon étudie avec le plus grand soin; il a constaté l'existence de treize cavités dont onze lui paraissent avoir servi à broyer des aliments et deux à former des espèces de foyers. M. Faucon ne se prononce pas catégoriquement, et avec raison, sur Torigine de ces cavités. Il se demande si tout ou partie d'entre elles ont été creusées de main d'homme ou si on s'est borné à profiter de leur existence naturelle. Il pense en tout cas que leur présence a bien pu provoquer dans le voisinage, aux temps primitifs, des stations temporaires de tribus humaines.
M, Faucon signale en outre deux autres pierres à bassins :
1® Commune de Brécé, à la ferme du Parc, non loin des ruines du château d'Avaugour, dans le champ du Grand-Bois, on remarque une pierre de granit portant une cavité qui mesure 0"^45 sur 0™60, et 0"H)8 de profondeur.
2® Dans la commune de Châtillon-sur-Colmont, à la ferme de la Brouillère, non loin du Plessis-Châtillon, existe au sommet d'une colline, une pierre nommée le bénitier. Le bassin mesure O^ôô sur 0"40 et a 35^™ de profondeur. Il se termine en pointe. Le champ est couvert de blocs sur l'un desquels M. Faucon a remarqué un petit bassin de 0™10 de diamètre.
Les Buttes de F Ecluse. — M. Faucon communique la notice suivante :
€ Il existe à l'Ecluse, sur la commune de Brecé, deux buttes très voisines l'une de l'autre et de dimensions très différentes. L'une d'elles, placée au bord même de la route qui va de Gorron à Châtillon-sur-Colmont, attire les regards du voyageur par ses vastes proportions et par les arbres qui la couvrent en lui donnant un aspect des plus pittoresques; l'autre, beaucoup plus petite, n'offre de
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remarquable qu'un if plusieurs fois séculaire qui en occupe le centre.
« La première mesure environ huit mètres d'élévation ; elle a près de cent mètres de circonférence à la base, et trente au sommet ; la seconde, avec un diamètre de quatre mètres à son sommet, une circonférence de cinquante à sa base, n'atteint que quatre mètres vingt-cinq d'élévation au-dessus du niveau du champ où elle est située. Quant à l'if qui la domine, son tronc a une circonférence de quatre mètres, et, quoiqu'on ne puisse évaluer exactement son âge, il suffira de dire, pour en avoir une idée, que l'if de Buckland, qui passe pour l'arbre le plus vieux de l'Angleterre, n'a que deux mètres de plus en circonférence.
€ Ces deux buttes, situées tout près de l'emplacement d'un ancien château, dont les restes ont aujourd'hui presque entièrement disparu, le château de l'Ecluse, ont bien l'apparence de mottes féodales ; mais il circule dans le pays tant de légendes sur leur origine qu'on pouvait se demander, à défaut de documents précis, si elles ne remontaient pas à une époque antérieure au moyen-âge, sauf à avoir reçu ultérieurement leur forme définitive avec une destination féodale. M. Ch. ïrouillard, entre autres, dans sa notice sur Brecé*, parait disposé à croire que ces buttes seraient d'anciens tumuli avec sépultures.
« Parmi les légendes, la plus répandue de toutes est en quelque sorte greffée sur une autre légende qui se rapporte à Aron :
« Depuis longtemps des ouvriers essayaient de construire une chaussée pour traverser les étangs d'Aron et en retenir les eaux ; mais leur ouvrage n'avançait pas, car chaque nuit voyait s'abîmer sous les eaux les travaux
\ . Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Mayenne^ année 1868.
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du jour précédent. Les ouvriers, désespérés, allaient abandonner leur entreprise, quand tout-à-coup le diable leur apparut et leur dit qu'il mettrait fin à leurs peines, s'ils consentaient à ce qu'il s'emparât du premier individu qui passerait sur la chaussée dès qu'elle serait finie. Fatigués de tant de travaux inutiles qu'ils avaient faits, les ouvriers ne considérèrent que le plaisir de sortir d'embarras, et le marché fut conclu. L'histoire ne dit pas quels gages furent donnés ; toujours arriva-t-il que la chaussée se termina avec une merveilleuse facilité et comme si le terrain eût été des plus solides. On dit que la diablesse, pour aider à l'accomplissement de la promesse de son époux, apportait des pierres dans son devanteau (tablier), et qu'il en c(»ntenait, à chaque fois, plus de vingt charretées ^ »
€ Or, disent les habitants de Brecé, la diablesse allait prendre les pierres à Saint-Aubin-Fosse-Louvain (où l'on voit une vaste mardelle gauloise, en partie comblée depuis peu), pour les porter à Aron. Dans un de ses voyages, par une cause inconnue, elle lâcha un coin de son devanteau, et son chargement, tombant à terre, aurait formé la grande butte de l'Ecluse, qu'on appelle, de ce fait, la Butte à la Diablesse. C'est par ce nom que tout le monde la désigne actuellement encore, tandis que l'autre est simplement nommée la Butte de l'If.
€ En outre des sépultures qu'on prétend exister sous les deux buttes, on parle aussi, bien entendu, d'un trésor, et surtout d'un souterrain, salle magnifique où vingt chevaliers pouvaient danser à leur aise, et qui serait située sous la grande butte. Ce souterrain aurait servi à déposer des munitions au moyen-âge, notamment pendant les guerres contre les Anglais, ce qui prouve dans tous les cas que les Anglais ont laissé dans cette région des