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Devenue célèbre sous le nom de princesse Palatine

68 COÎIMISSION HISTORIQUE

ticques de cette ville, mettre des marques et divises a fin de distraire la partie dud. cœmetière prétendue par les dames religieuses de cette ville, et faire lecture des lettres de nos dictes dames les princesses aux habitans intéressez, de douze ou quinze cens habitans qui se seroient trouvez en lad. assemblée II sen seroit présenté deuo) ou trois cens qui se seroient opposez formellement et avec violence a l'exécution de nostre dessein disant tous d'une voix quilz périroient plustost que de voir desenterer qui lun huict enfans, lautre son père, les autres leurs maris, les autres leurs parens a demy consommez et enterrez depuis quinze mois près, quils brusleroient plustost le couvent des dictes dames religieuses et soufriroient toutes sortes de suplices que de souffrir un acte si contraire à la relligion et piété chrestienne. Et sur ce que leur aurions remonstré quil ny avoit pas les corps de plus de vingt-cinq fosses à lever Que cestoit la volonté absolue de nos dictes dames les princesses, conforme à un consentement de ville Hz ont tous de rechef respondu quilz iroient plustost se jetter aux piedz du roy et des dictes dames les princesses que de souffrir que de la sépulture de leurs ancestres il en fust faict un lieu vague et grand chemin pour accomoder des relligieuses qui pour quatre cens livres feroient une entrée plus raisonnable à leur couvent que celle dudict cœmetière ; et que le consentement que les dictes dames relligieuses avoient estoit seulement signé des principaux de la ville qui ont leur sépulture en l'église et ne le fut jamais daucun desd. intéressez. En sorte que le peuple sesmouvant sans ordre, raison, ny respect, nous aurions esté contrainct duser de violence et de fraper quelques-uns des plus impudans, et nestant plus en seureté de nos personnes serions entrez au parloir desdictes dames religieuses ou après leur avoir remonstré la fureur du peuple et le peu daparance quil y avoit que leur dessein réussit sans avoir jour et nuict beaucoup de per-

sonnes en armes ou pour le moins sans en faire chastier quelques-uns des plus insolens L'offrant faire sans aucun argent faisant par elles seulement les fraiz de l'apel si aucun estoit interjecté de nos sentences Elles refusèrent ledict offre disant qu'on leur devoit justice sans estre parties et sur ce que nous leur aurions remonstré de rechef que si elles désiroient nous pririons les habitans de leur acheter un autre chemin aussy commode que celuy du cimetière, elles déclarèrent quelles vouloient cette partye du cœmetière qui leur estoit accordé, et sur ce que nous leur aurions dict en outre que lors quil faudroict déterrer grand nombre de corps morts non encore consommez il y auroit infailliblement grand désordre quelles dévoient charitablement esviter puisque commodément elles pouvoient avoir un autre che-' min, elles nous auroient respondu que sil y avoit tant doposition a la levée desdictz corps, il falloit sans les lever passer par dessus, de sorte que trouvant si peu de raison esd. dames religieuses et tant d'irrévérance et opoiition a lad. populace, nous nous serions retirez sans rien faire. Signé ; De Goué, Lefaucheur, R. Trihan, Laurent et Venice, pour greflBer-commis . signé : M. Sauyenne. »

Le 11 mai 1638, M'« Thiersault, alors en mission à Alençon, « étoit mandé se transporter en diligence en la ville de Mayenne^ pour y informer particulièrement des exedz et insolences. . . etc. »

Grâce à ses bons oflSces, le différend qui existait entre les dames du Calvaire et les habitants de Mayenne se termina par une transaction, dont les bases furent arrêtées devant M'^ Thiersault, le lendemain 12 mai. Une délibération prise à cette date porte « qu'il se pourvoit faire ung chemin plus utille ausd. relligieuses et plus commode pour le publicq, en acheptant ung allignement de maisons et une portion de jardin proche led. cou^ vent, en les faisant abattre et desdomxiigeant les parti-

culUers par lad. ville... » Cette transaction fut ratifiée par la supérieure générale de la congrégation du Calvaire, suivant acte passé devant les notaires du Roy le 24 juillet 1638, au couvent dudit ordre situé à Paris, Marais du Temple.

Ainsi se termina le litige qui trop longtemps avait mis en émoi la bonne ville de Mayenne.

Les misères de FA^jou aux XV^ et XVI^ siècles. — M. André Joubert, membre correspondant de la Commission, vient de publier à Angers un très intéressant volume, intitulé : Etvde sur les misères de V Anjou aux ZF® et XVI^ siècles. Déjà une Etude sur la vie privée en Anjou au XV^ siècle f du même auteur, avait jeté un jour tout nouveau sur les mœurs et usages de la province.

Les Misères de l'Anjou forment un recueil de dix mémoires distincts, embrassant les sujets les plus divers, et les traitant avec une égale abondance de documents et de notes aussi précises qu'érudites. Quelques-uns de ces travaux avaient été déjà publiés antérieurement dans diverses revues.

Rien de plus pittoresque que Tétude sur la Corporation des Chceiujo, sur celle des merciers, leurs usages, leur langue et pour dire le mot, leur « argot. »

èien de plus émouvant que le récit des misères de la guerre et des ravages de la peste , deux fléaux qui sévirent cruellement pendant une partie du XVP siècle.

Avec René de la Rouvraye, dit le Diable de Bressault, nous retrouvons une ancienne connaissance. L'auteur s'est contenté de reproduire, en le modifiant très légèrement et en lui adjoignant quelques notes, un travail déjà publié dans la Revue du Maine.

Mais une nouveauté véritable, c'est la publication in eœtenso du Picque-Mouche, satire écrite par le capitaine La Vallée sur la bataille de Craon. Les notes nombreu-

ses qui expliquent et éclairent le texte en rendent la lecture des plus attrayantes et des plus fructueuses. Désormais il restera bien peu de chose à dire sur ce sujet.

IjCS délits, crimes et supplices dans le Craonnais ; un procès de sorcellerie en Anjou au XVI^ siècle ; le procès criminel de Guillaume Le Taillandier, voleur et empoisonneur j et de Guillemine la Robelotte, empois poisœmeuse, nous amènent dans la partie de l'Anjou qui est actuellement rattachée au département de la Mayenne, à Craon et à Saint-Denis-d'Anjou. Cette dernière commune, que M. A. Joubert connaît si bien, lui a déjà fourni matière à plus d'un intéressant travail. Cette fois encore il a eu la main heureuse. Rien de plus pittoresque, au point de vue de la procédure et des mœurs, que ces procès dans lesquels les accusés sont empoisonneurs ou sorciers; l'auteur a su, très habilement, les raconter presque tout au long en groupant simplement les pièces justificatives, ce qui donne à son œuvre un caractère indéniable d'authenticité.

N'oublions pas de citer les documents insérés à la fin du volume, dont plusieurs proviennent des archives de M. le duc de La Trémoille, au chartrier de Thouars.

Tout cet enseaible constitue un volume dans lequel la rigueur historique n'exclut en aucune façon le charme ni l'intérêt du récit, et dont le mérite ne manquera certainement pas d'accroître la légitime réputation de son auteur.

Découverte de IS^OOO monnaies à Torcé-en-Charnie. — D'après une tradition fort ancienne, un trésor était caché dans le champ des Cellées, près du village des Heurbizières, commune de Torcé-en-Charnie.

Le 23 décembre 1886, le sieur Vélot travaillant à abattre un chêne dans le champ des Cellées, découvrit, à 25 centimètres en terre environ, un vase muni d'une anse et recouvert d'une grosse pierre, qui contenait une grande

quantité de petites monnaies de cuivre, toutes très usées et très oxydées. Leur nombre fut évalué à 13.000.

Le bureau de la Commission, prévenu de la découverte par les journaux, comme il arrive malheureusement presque toujours, ât immédiatement le nécessaire pour s'assurer delà valeur de la trouvaille. Cette valeur, comme d'habitude, était singulièrement exagérée par l'inventeur. Cependant, on voulut bien envoyer à la Commission cinq ou six pièces de monnaie et un fragment du vase mesurant quatre ou cinq centimètres carrés.

Les pièces furent reconnues pour être des monnaies brabançonnes, émises par la famille de Wesemale qui avait droit de battre monnaie, comme celle de Namur, dont M. Hucher a étudié les Gillots. Ces pièces furent très communes dans le Maine pendant l'occupation anglaise du XV* siècle. On en connaît cinq ou six types différents.

Circulaire à MM. les Instituteurs. — M. le Préfet de la Mayenne à adressé à M. l'Inspecteur d'Académie la lettre suivante :

€ Dans sa séance du 4 novembre, la Commission historique et archéologique du département a exprimé le vœu que MM. les Instituteurs fussent invités à prêter, le cas échéant, un concours actif à MM. les Maires ainsi qu'à toutes les personnes compétentes qui auraient occasion de faire des fouilles ou de découvrir des objets intéressant l'histoire locale, ou encore de prendre des mesures propres à conserver ces objets.

» En vous faisant part de ce désir, j'ai l'honneur de vous prier, M. l'Inspecteur, d'adresser par la voie du Bulletin officiel de Vinstruction publiqice, et dans le plus prochain numéro, les recommandations nécessaires à MM. les Instituteurs. Vous les inviterez à me faire parvenir, par votre intermédiaire, toutes les communications ayant un intérêt historique, archéologique ou artis-

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tique ; vous voudrez bien, de votre côté, me les transmettre sans retard. »

Communicaiions diverses de M. de Map tonne. — M. de Martonne donne lecture des notes suivantes :

Chammes. — Dans une séance antérieure (H décembre 1879), j'ai eu l'honneur de faire connaître à la Commission que j'avais trouvé à cet endroit une statue sur laquelle on lisait le nom de Simon Adelëe. Elle était alors placée provisoirement devant la porte de l'église, qui venait d'être reconstruite et dont elle formait auparavant une pierre d'autel. Sur ma recommandation, le curé d'alors devait la faire sceller à l'intérieur de l'église. Je suis retourné depuis à Chammes sans y rencontrer le curé ; mais cette année j'ai été plus heureux et le nouveau curé m'a montré la pierre tombale dressée à l'extérieur contre la muraille et ayant beaucoup souffert des intempéries. Il serait fort à désirer que cette pierre fût enfin placée à l'intérieur, par suite d'ordres transmis au curé par l'autorité ecclésiastique.

On trouve dans l'histoire de l'abbaye d'Evron deux personnages du nom d'Adelée : 1® Guy, déjà abbé en 1586 et non pas nommé en 1587 (comme l'ont dit à tort l'abbé Gérault, puis Cauvin), et gouvernant encore l'abbaye en 1591 ; 2® Jehan Adelée ou Adelaye, suivant la Qallia christiana, vicaire général de Guy Adelée, abbé commendataire, lequel vicaire donna, à la date du 12 avril 1591, à Pierre Panchot, des lettres de collation du prieuré de Changé qui ont été citées par l'abbé Guiller dans ses Recherches sur Changé-lès-Laval (T. I, p. 178 et 204). Ce Jehan Adelée était prêtre, religieux profès et sacriste du monastère d'Evron. Il était sans doute de la même famille que Simon Adelée, dont la pierre ne prouve aucunement, comme nous l'avions cru d'abord, qu'il ait été curé du lieu et enterré dans l'église. Cette pierre, qui a été creusée en dessous puis renversée pour

servir de pierre d'autel à Tancienne église de Chammes, me parait plutôt avoir été envoyée à cette église, qui dépendait jadis du monastère d'Evron, lopsqu'en 1779 les religieux, mal inspirés, scièrent les statues et les pierres de leur église pour en faire du pavé dans leur cloitre et dans leur chœur, pavé qui existe encore et qu'il serait bon de relever pour y trouver les magnifiques tombeaux des seigneurs, des abbés, d'Alain du Plessis-Châtillon, de Renaud, vicomte de Blois, des seigneurs de Thorigné, de Vaiges, de la Chapelle-Rainsouin, des Juhel de Mayenne et de tant d'autres illustres personnages.

Quoi qu'il en soit, Simon Adelée ne figure dans aucune liste imprimée ou manuscrite des abbés d'Evron, parmi lesquels je le rangerais volontiers si j'avais d'autres autorités que sa tombe à Chammes. Les caractères d'écriture onciale qui se lisent sur sa pierre nous forcent à ne pas le reconnaître comme contemporain des deux Adelée du XVI® siècle dont nous avons parlé. Simon parait être antérieur à l'ère de l'écriture dite gothique, c'est-à-dire au treizième siècle probablement. Il est regrettable que les renseignements sur son compte se bornent là.

Courtaliéru (commune de Vimarcé). — Ce château semble n'avoir consisté que dans un donjon carré, dressé sur un rocher, en face du château du Puis, de l'autre côté de la vallée, au fond de laquelle se trouvent un ruisseau affluent de l'Erve, à droite, Vimarcé, et plus loin Saint-Pierre-sur-Orthe, sur la route de Bais, non loin du ruisseau de l'Orthe, affluent de la Sarthe. En étudiant les murs en débris on constate l'existence au rez-dechaussée de trois chambres, l'une parallèle à la vallée, les deux autres s'ouvrant sur la plaine, sans compter un étage supérieur. Il ne reste que des murailles en forme de T, couvertes d'un lierre opulent et séculaire, qui a sans doute donné son nom au castel, ce qui en reporterait bien loin l'origine. Sa situation commandait une ancienne voie se dirigeant de Jublains probablement vers

Graon et dont le souvenir est resté dans le pays. Il a été détruit au quinzième siècle par les Anglais, toujours selon les traditions locales.

Menhir, — Entre le deuxième et le troisième kilomètre de la route d'Andouillé à Alexain et dans le caniveau même du chemin, s'élève un menhir surmonté d'une construction en débris qui semble être une petite chapelle abandonnée. Ayant vu cette pierre, druidique ou non, seulement en voiture, je n'ai pu la mesurer, ce que je me propose de faire dans un autre voyage.

Satnt'Marssur^olmont. — L'église présente quelques parties intéressantes : dans la nef, une baie trilobée du XIV® siècle ; une porte Renaissance en accolade ; à la vitre du transept méridional des meneaux du gothique flamboyant ; à la sacristie deux restes du même temps, employés au sommet de la fenêtre; à l'intérieur la voûte en bateau, avec entraits, d'une bonne construction ; dans un coin du transept septentrional, un christ assis, après la flagellation, sanglant^ dans le goût italien, d'une expression remarquable, malgré la grossièreté de l'exécution.

Les vitraux sont encore plus dignes d'intérêt. Celui du transept méridional n'a conservé que son sommet, où l'on voit représentée une scène de l'Apocalypse.

Le vitrail du transept septentrional, de la Renaissance comme le premier, est mieux conservé. Dans le haut on aperçoit un écu penché, formé d'un casque incliné, à riches lambrequins argent et or ; les supports sont des aigles de même sorte. Les armes sont d'argent à la fasce de sable, au haut de Técu un lambel de gueules de cinq pendants. Le cimier du casque porte un lion d'or posé de face, accompagné de deux drapeaux aux couleurs des armes : blanc, noir et rouge. Rien n'est plus élégant que toute cette armoirie, qui doit être celle de la famille de Gasté de la Fallu, fondateurs et bienfaiteurs

de la paroisse, qui y possédaient un manoir de ce nom encore subsistant en partie.

Dans le même vitrail septentrional, trois scènes du Nouveau-Testament sont placées au dessous de ces armoiries. L'Annonciation comprend deux panneaux de vitres : à gauche l'ange, à droite la Vierge assise. Audessous encore on voit une Visitation, moins heureuse et plus petite, et un Christ, chacun de ces sujets dans un seul panneau. Ces vitraux, de la belle première Renaissance, sont d'un riche coloris, bien traités, surtout le premier, comme di^aperies ; les têtes sont charmantes et d'une expression à la fois mystique et humaine. Ils méritent, malgré leur faible dimension, d'être signalés.

Le retable d'une chapelle du transept méridional est formé par dix-neuf petits tableaux sculptés en bois et peints, d'une facture un peu inexpérimentée, curieuse cependant. Ils représentent, en petits groupes de personnages, tout le Nouveau Testament et rappellent, avec moins de mérite, le Rosaire de Châtillon-sur^Colmont et un tableau de Saint-Loup-du-Dorat, que nous avons indiqué. Comme à Châtillon, ces sculptures sont masquées, au centre, par nne statue qui devrait être placée ailleurs et qui détruit l'unité de cette décoration originale.

Enfin, nous noterons les piliers soutenant la rencontre de la nef et du chœur, d'une tournure peu commune, qu'il est difficile d'expliquer sans dessin ; leur coupe, rare, ne présente pas de chapiteau, mais une sorte de corniche basse, se croisant avec une moulure qui part de la base et se divise en quatre bras.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 heures.

SÉANCE DU 28 Avril 1887.

Sont présents : MM. Floucaud de Fourcroy, président; Cornée, Pointeau, de Farcy, Richard, Garnier, de Lorière, Moreau, membres titulaires, et MM. Planté, Foucault, Tirard, Œhlert, Raulin, Chomereau, membres correspondants.

MM. Perrot, de la Broise et O'Madden se font excuser.

En ouvrant la séance, M. le Président annonce la mort de MM. Duchemin, archiviste de la Sarthe, ancien membre titulaire de la Commission, et celle de M. Tabbé Robert Charles, membre correspondant. M. le Président prononce à cette occasion les paroles suivantes :

€ Vous avez presque tous connu personnellement M. Victor Duchemin, qui avait été nommé membre titulaire lorsque notre Commission fut instituée : il vous avait été donné par suite d'apprécier les rares qualités qui lui avaient valu toutes nos sympathies : sous un extérieur modeste, notre savant et distingué collègue cachait un cœur chaud et dévoué et il n'était jamais plus heureux que quand ses fonctions lui donnaient l'occasion d'obliger ceux qui s'adressaient à lui.

« Après un séjour d'environ neuf ans dans la Mayenne, M. Duchemin était appelé à la surveillance des Archives de la Sarthe. Il appartiendrait à notre savant collègue qui lui a succédé ici même de dire si le trop court pas-

^''^e de M. Duchemin à Laval n'a pas laissé des traces pables au point de vue du classement et de l'étude de s archives départementales : nous savons qu'il y avait meilli et qu'il continuait à rechercher de nombreux cuments destinés à enrichir la Revue du Maine et à er un jour nouveau sur les événements locaux à la fin

dernier siècle : heureusement le dévouement d'un li et d'un collègue assurera la publication de ces docu-* mts.

« Au Mans comme à Laval où il n'a laissé que des amis, tre regretté collègue ne tarda pas à s'attirer la symthie de tous, en même temps qu'il faisait paraître d'inessantes études dont le détail nous entraînerait trop n. Je ne veux d'autre preuve des regrets que la mort îmaturée de M. Duchemin a laissés au Mans, que ces elques lignes consacrées à sa mémoire dans la Revice

Maine.

« .... Tous ceux qui l'ont connu, a pu dire très justement M. Esnault, garderont le souvenir de ce caractère loyal et sympathique, de cet érudit modeste et distingué, de ce chrétien sincère et croyant, qui avait puisé dans son savoir et ses laborieuses études une plus éloquente affirmation de la foi qui l'a fortifié et soutenu jusqu'à sa dernière heure. »

« On ne pouvait mieux dire et vous souscrirez tous à t éloge qui, à défaut de consolation, est un précieux té- )ignage pour une famille si tristement frappée. « C'est dans notre département, chez un de nos collègues, . Planté, et on peut dire, en collaborant à la prépara- >n d'une nouvelle œuvre historique, que M. l'abbé Char- } (Robert), a été frappé du mal auquel il a succombé

quelques jours. Je crois résumer votre impression en 3ant que cette nouvelle perte sera vivement ressentie r tous ceux qui s'intéressent à la recherche des souvers relatifs à la province du Maine.

€ Fils d'un archéologue distingué, M. Charles s'était fait connaître de bonne heure par des travaux qui l'appelaient à prendre place parmi vous au moins comme membre correspondant.

€ J'ai regretté que des circonstances douloureuses ne m'aient pas permis de lui souhaiter la bienvenue lorsqu'il nous a fait l'honneur d'assister à une de nos séances : J'espérais le revoir au milieu de nous et nous étions en droit d'attendre de sa précieuse collaboration quelques uns de ces travaux auxquels il s'était consacré et qui lui avaient déjà valu des distinctions flatteuses et méritées ; mais s'il nous faut renoncer à l'espoir de ces communications où l'érudition du savant, comme on l'a dit très justement, brille à côté de la patience infatigable du chercheur consciencieux, nous devions consacrer quelques mots de regrets et de souvenir à un collègue distingué, qu'une mort imprévue nous a enlevé dans toute la force de l'âge et du talent. »

La Commission, s'associant aux regrets si bien formulés par son Président, décide que l'expression en sera consignée au procès-verbal dont un extrait sera envoyé aux familles de MM. Duchemin et R. Charles.

A cette occasion M. Cornée annonce que M. Duchemin laisse deux ouvrages prêts à être publiés :

i^ Le Cartulaire de La Roê, auquel il travaillait depuis de longues années ;

2^ Une étude sur les premiers troubles de la Révolution dans la Mayenne. Ce dernier travail doit paraître sous les auspices de la Revue du Maine et par les soins de M. Robert Triger.

Communication de M. l'abbé Ledru. — M. l'abbé Ledru a envoyé à M. le Secrétaire général de la Commission, copie de cinq pièces trouvées par lui dans les archives de M. le duc de la Trémoille.

On trouvera ces pièces dans les Documents à la fin du volume.

Proposition de Membres correspondants. — M. Grosse- )uperon, Juge de paix à Mayenne, est proposé comme lembre correspondant.

Présentation <t ouvrages, — Sur le bureau sont déposés 3s ouvrages suivants :

P. de Farcy. Les Abbayes de Vévèché de Bayeuœ, éOngices, (1 liv. in-4®. Laval, 1886).

Smithsonian Institution. (1 vol. de Mémoires, 1884. ^partie).

L. Maître. Les villes disparités de la Loire-Inférieure : iauves. (1 br. in-8^ Nantes. 1887).

Abbé Pointeau. Un ancien prieuré du Bas-Maine : 'aint-Michel-de-VAbbayette. (1 br. in-8^. Nantes, 1887. Ixtraite de la Revue de VOuest).

Collégiale de Saint- Jus t de Cbéteau-Gontier. — M. Gadin, membre correspondant envoie une pièce intéresante: c'est la copie du testament de Michel Déan, paroisien de Bazouges-de-Château-Gontier, portant fondation 'une chapelle sous le vocable de Saint-Michel-Archange n réglise collégiale de Saint-Just de Château-Gontier l®"^ janvier 1494).

Bourgnouvel. — M. Tabbé Foucault donne lecture de la ote suivante :

« Bourgnouvel. — Dans le tome premier, page 50® de os Procès-verbaux, il est parlé de la croix de procession e Bourgnouvel, et au tome deuxième, page 85, on dit ue Bourgnouvel était un bourg royal et Ton y dépeint \ maison dans laquelle la Reine Blanche aurait habité; lais, nulle part il n'est question dans nos travaux de sa iridiction royale, qui remonte aux temps les plus reculs.

« Or, dans le questionnaire adressé à chaqhe paroisse fin de préparer le travail aux Etats-Généraux (26 mars

1788), on lit que € Belgeard de la généralité de Tours, Election de Mayenne, diocèse du Mans, relève du roi, à cause de sa seigneurie de Bourgnouvel. » Et plus bas : € La juridiction de Bourgnouvel est une justice royale, nommée la Sénéchaussée de Bourg-Nouvel. Le juge prend le titre de Sénéchal, juge royal de Bourgnouvel. Elle ressortit nûment ^ en parlement. »

€ Par un singulier hasard, on a retrouvé à Mayenne, en 1867, dans le lit de la rivière, le sceau donné par le roi au tribunal de Bourgnouvel ; sa dimension dépasse un peu celle d'une pièce de cinq francs. Ce sceau représente une fleur de lys, dont les deux branches supérieures sont surmontées d'une couronne royale. On remarque au-dessous de celle de droite la molette d'un éperon. L'exergue porte : S. régis ad caicsas de Burgonovo. —

€ Cette empreinte du sceau de Bourgnouvel nous a été remise par M. l'abbé Lamarre, mort curé de Belgeard en 1882. — Cet abbé Lamarre a fait bâtir à Bourgnouvel une fort belle église romane et un presbytère, d'après les plans de M. Lenoir, directeur des Beaux-Arts à Paris (1866), et a réussi à y faire transporter le siège de l'administration religieuse et civile. — L'agglomération de Bourgnouvel compte 65 ménages. — On remarque à Bourgnouvel la Cour des comptants^ ou bureau du trésor royal, qui eut pour receveurs les Martinays, les Le Moine, les Cotte-Blanche, les Vièle, etc. »

Une lettre de Bissy. — M. Raulîn donne lecture d'une lettre inédite du Conventionnel Bissy, datée de 1822 et adressée à M. L... à la Pompe à feu de Chaillot, à Paris. Voici le texte de cette lettre :

€ Mayenne, 19 avril 1822.

€ Mon cher beau frère, € Vous arrivez, et moi je pars. Je vous dirai que nous

1 Directement.

venons de recevoir, contre notre attente et contre la parole que Ton nous avoit donné, congé pour sortir de Bel Air à la S^ Georges 1823. Ainsi, nous voilà à chercher une autre habitation. Comme le séjour de Mayenne me répugne invinciblement, et que j'eusse eu infiniment de peine à y rester lors même que vous vous fussiez établis, vous et Madame, dans un local qui m'eût permis d'entretenir avec vous des relations faciles, alors il faut que je me retourne par ailleurs, et c'est vers Paris que je porte, en première ligne, mes regards. Si je ne réussis pas de ce côté, j'ai deux ou trois autres cordes à mon arc dont je ferai subsidiairement usage ; car, je le répète, de rester dans l'athmosphère de Mayenne, jamais je ne m'y résoudrai.

€ Voyons donc, maintenant, s'il me sera possible d'obtenir un renouvellement de ma carte de sûreté à Paris. C'est ce dont je vous prie de vouloir bien vous assurer d'une manière bien positive et bien eœacte. Mes votes dans l'affaire du roi vous sont connus *. 4 questions furent agitées à cette trop fameuse époque. 1° La culpabilité ; je la déclarai comme tous les autres. 2® L'appel au peuple; je répondis négativement. 3« La peine à infliger ; je prononçai la mort, mais sous la condition d'un surcis jusqu'au moment où les puissances coalisées viendroient à envahir le territoire ; ce que je prévoyois bien ne pas arriver, ne fût-ce que pour l'intérêt de Louis 16; condition qui fit rejeter mon vote dans la classe de ceux à détention, et qui, à ce moyen, ne fut pas compté pour

1 Lors de l'appel nominal sur la peine à appliquer à Louis XVI, Bissy s'exprima en ces termes : t Je vote pour la mort ; mais avec sursis jusqu'au moment où les puissances étrangères voudraient envahir le territoire de la République, et, au cas où elles feraient la paix, ie vote pour qu'on examme alors s'il n'y a pas lieu à commuer la peine. Mon opinion est indivisible. » moniteur universel de 17^3, n<* 20). — Le 20 janvier, il opinait en raveur du sursis. (E. Queruau-Lamerie. Les conventionnels du département de la Mayenne),

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la mort. 4® Enfin, la preuve que je cherchois à le sauver, c'est que la veille même de son exécution, quand sur la demande de ses conseils, on mit en délibération s'il seroit surcis ou non à l'exécution du décret de mort porté contre lui, je votai le surcis le plus absolu et le plus indéfini ; ce qui fut rejeté à une grande majorité. Je n'avois donc pas envie qu'il périt. Voilà mon vote dans ce procès célèbre. On peut voir sur cela le Moniteur et les écrits imprimés dans le temps ^

« Ma conduite, du reste, comme vous en êtes convaincu, a toujours été celle d'un homme tranquille, et sans ambition (je l'ai bien fait voir, puisque sous l'empire de Bonaparte, j'ai refusé une place de Cour d'appel 2, et, quelques années avant sa chute, une autre de tribunal d'arrondissement, des quelles deux nominations j'ai les provisions); enfin celle d^un homme sans intrigue et n'ayant d'autre

1. Dans uû ouvrage ayant pour titre : Le procès des Bourbons (nouvelle édition, Hambourg, 1798, 2 vol. in-8°,) T. Il, p. 57, n^ 348, et cité par M. Queruau-Lamerie, nous trouvons lopinion de Bissy reproduite avec l'adhésion de deux de ses collègues de la Mayenne, en des termes différents de la rédaction publiée par le Moniteur, bien que le sens général n'en soit pas modifié :

« Je vote pour la mort, mais en même temps je demande comme mesure de sûreté générale, qu'il soit sursis à l'exécution jusqu'à l'instant où les tyrans coalisés feraient une nouvelle irruption sur le territoire de la République et si, au contraire, les puissances étrangères reconnaissaient son indépendance et que, par ce moyen la paix fût assurée, je demande que la Convention nationale, ou la législature qui à cette époque sera en fonctions, examine s'il est avantageux de commuer la peine. Je déclare que mon vœu est indivisible, v

€ Serveau, Enjubault, Bissy. »

2. Le 6 floréal an VIII, Bissy était nommé juçe au tribunal d'appel établi à Angers ; mais lors de l'installation des magistrats^ il ne se présenta pas... Il est porté absent sur les registres jusqu'au 23 brumaire an IX, épogue à laquelle il est rem-

Slacé comme démissionnaire (Archives du greffe de la Cour ^Angers).

Le 49 octobre 1808, il fut nommé juçe suppléant au tribunal civil de Mayenne. Il vivait alors très retiré, voyant peu de monde et paraissant chercher à se faire oublier (Queruau-Lamerie. Loccit).

passion depuis 20 ans, que j*ai quitté les législatures, que celle de cultiver les sciences naturelles. Aujourd'hui, plus que sexagénaire *, c'est ce que je compte faire encore à Paris, avec autant de zèle que dans ma jeunesse, si je suis assez heureux pour que ma qualité d'ex-conventionnel ne s'y oppose pas.

€ Sur cela je vous observe qu'il n'est point question de savoir si tels ou tels anciens membres de la Convention, y résident ou non ; mais bien de s'assurer si on m'admettroit actuellement sans difficulté à y reprendre résidence. Les autres y sont : on ne pousse pas les choses jusqu'à les chasser : mais moi, je n'y suis pas, et on répugnera peut-être à m y laisser rentrer. C'est ce que je crains ; et sur cela je désirerois avoir quelque chose de positif, avant de me mettre en route. Au cas où cela seroit d'un espoir peu fondé pour moi, j'ai d'autres endroits en vue où je pourrois me fixer. Veuillez donc, mon cher beau frère, me procurer à cet égard les renseignements les plus certains, et m'en faire aussitôt part. J'ose attendre de vous ce service signalé, et vous embrasse ainsi que Madame. Manette en fait autant. »

« Tout à vous

€ BlSSY. »

« Il ne seroit rigoureusement question que de me rendre mon ancienne carte de sûreté que je déposai il y a 8 ou 9 ans, quand je pris un passeport pour venir ici

1. Bissy était né le 4 septembre 1756, dans la paroisse de Saint-Martin de Mayenne. Nous donnons ici, à titre de renseignement, sou acte de baptême :

« L'an de grâce mil sept cent cinquante-six, le quatre septembre, par nous, vicaire soussigné, a été baptisé un garçon né de ce jour, du mariage de Jacques-Augustm Bissy, sieur de la Bouttière, m"^, et de demoiselle Françoise Cherbonnier son épouse, de cette paroisse. Le dit garçon a été nommé Jacques- François, par Jean-Baptiste-Léon Bissy, sieur de la Bouttière, et d*^° Françoise Rocher ses ayeuls et parein et mareine soussignés. » Le registre est signé : J. Augustin Bissy, F. Rocher, J. Bissy, P. Rouilly ptre.

me mariera C'est une circonstance à remarquer. Vous m'obligerez de ne faire part de mon dessein à qui que ce soit de la famille, à Paris ni ailleurs. Si cela manquoit, je serois fâché qu'on le sût. »

On lit encore en marge de cette lettre :

« Veuillez, je vous en supplie, ne pas mettre en oubli mon traité des Roches. Si je retourne à Paris, je serai quitte pour l'encaisser avec mes autres livres. Si j'avois la certitude de pouvoir y aller, je vous éviterois cette peine.

< Marquez nous le jour de votre arrivée. Vous trouverez chez nous, souper, coucher et parfait accueil. »

Monuments historiques. — M. Cornée fait observer que le tableau annexé à la loi du 31 mars 1887 sur les monuments historiques, renferme une inexactitude en ce qui concerne le château de Saint-Ouën, qui est situé dans la commune de Chemazé, et non dans celle de Saint-Ouêndes-Toits.

Objets d'Art, — M. le Ministre de l'Instruction publi- . que et des Beaux Arts, par une lettre en date du 5 avri^ 1887, a prié M. le Préfet de la Mayenne de l'aviser de toutes les demandes qui lui seraient adressées en vue d'obtenir l'autorisation d'aliéner des objets mobiliers appartenant aux communes, fabriques ou établissements quelconques, sur lesquels s'exerce la tutelle administrative. Cette mesure a pour but d'empêcher l'aliénation (^'objets présentant un intérêt national au point de vue de l'histoire de l'art.

1. En 1814, Bissy, âgé de 58 ans, avait épousé une femme beaucoup plus jeune que lui. Dans l'acte de mariage dressé à la mairie de Mayenne le 26 octobre 1814, il est qualifié c ancien avocat en parlement et au siège de la cy-devant barre ducale et pairie de Mayenne. »

U est mort à Mayenne le 13 avril 1831, dans sa 75° année.

M. le Préfet a répondu que la lettre précitée visait précisément une des attributions de la Commission historique qui, depuis sa création, n'avait pas cessé de se préoccuper des intérêts que M. le Ministre désire sauvegarder.

Maurice et Honoré Pierlet, sculpteurs -marbriers à Laval. — M. Planté communique une pièce des Archives de Rennes, fonds de Dol, d'où il ressort que Maurice et Honoré Pierlet (alias Let) marbriers, rue Renaise, à Laval, travaillant sous la direction de Jacques-François Martin, sculpteur, rue de Bouillon à Paris, furent employés à la réparation du grand autel Saint-Samson de la cathédrale de Dol. (Traité du 29 décembre 1743).

Pierre tombale de Cbammes, — Sur la demande de la Commission historique, la pierre tombale de Symon Adélée, qui se trouvait exposée à l'extérieur de l'église de Chammes, va être rentrée à l'intérieur.

Pierre tombale de Fontaine-Couverte, — Sur la demande de la Commission, une pierre tombale concernant la famille Valory de Goué, exposée sous les pieds dans l'église de Fontaine-Couverte, va être déplacée et mise à l'abri de nouvelles détériorations.

l^ Renaissance en France par L, Palustre. /S® Livraison, Maine. — M. L. Garnier rend compte de cette publication, très intéressante; et qui renferme nombre d'aperçus nouveaux.

Les Cbivréj Marquis de la Barre en Bierné. — M. A. Joubert vient de publier sous le titre : Une famille de seigneurs calvinistes du Haut-Anjou : Les Chivré, marquis de la Barre en Bierné (XVP-XVIIP siècles) *

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