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patois bas-manceau, autrefois rédigé par M. H. Godbert, éditeur à Laval. Ce manuscrit fut acheté, vers 1880, par la Société du Maine, dont il est actuellement la propriété, après examen de M. H. Chardon. M. E. Moreau a écrit à M. Chardon pour obtenir des renseignements. Il résulte d'une lettre de M. Chardon que le travail de M. Godbert contient de nombreux matériaux et qu'il pourrait être avantageusement consulté. Mais il a été rédigé à une époque où Tétude des patois était à peine fondée, et par conséquent en dehors de toutes les exigences de la philologie moderne.

Fouilles de la Frétinière, à Rouez (Sarlbe), — M. Barbe, membre correspondant, annonce que M. Liger vient de faire à la Frétinière, commune de Rouez (Sarthe) des fouilles qui ont amené à constater l'existence d'une station gallo-romaine importante. Les habitations couvraient ostensiblement cinq ou six hectares.

Les fouilles de M. Liger ont mis à découvert une construction qui semble avoir été une sorte de basilique. Sa longueur est de 29^90, sa largeur de 16™70. La construction a été rasée au niveau du sol ; mais elle reste partout apparente. Un incendie semble avoir été l'agent de sa destruction.

On a trouvé, comme à Jublains, des briques rondes servant à former des colonnes. Une quinzaine de pièces de monnaie gisaient au milieu des débris d'un vase; parmi elle un Claudius (268-270).

Un atelier de poterie mérovingienne à la Hardelière, près de Laval. — M. E Moreau signale l'existence d'un ancien atelier de poterie mérovingienne découvert par M. Léon Delaunay, membre correspondant. Il est situé au bord de la Mayenne, rive gauche, entre le château du Bois-Gamast et la chaussée de Cumont, dans un champ voisin de la ferme de la Hardelière. Ce champ est séparé de la Mayenne par une prairie, large d'envi-

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ron quatre-vingts mètres, qui précède la ferme de la Hardelière, lorsqu'on descend le cours de la rivière en venant de Laval.

Le champ est incliné vers la prairie. On s'aperçoit du premier coup d'oeil que vers son milieu le sol a été surélevé d'une façon sensible, non brusquement et en forme de tertre, mais en forme de plateau à surface unie et se modelant sur la pente du terrain. Ce plateau a été formé par une accumulation de débris.

On y récolte une grande quantité de morceaux de poterie présentant tous les caractères de la poterie franque, ornés de cabochons en forme de « têtes de morts » de cercles avec ou sans point central imprimés en creux. La Commission peut examiner de nombreux fragments, recueillis en quelques minutes. M. L. Delaunay en possède une grande quantité. Parmi eux il faut citer un bec provenant d'un vase ou baquet à trois anses exactement semblable au magnifique spécimen qu'on conserve au Musée de Laval. La forme, les dimensions, l'ornementation sont tellement semblables qu'on pourrait considérer le vase du Musée de Laval comme provenant de cet atelier. En tout cas le vase du Musée de Laval et les débris de la Hardelière appartiennent à un type uniforme, produit d'une même école de poterie.

La constatation de cet atelier n'est pas sans présenter par elle-même quelque intérêt. Mais en outre elle permet de faire un rapprochement entre la géographie physique et la répartition des populations sur le sol. Il ne parait pas douteux que la présence aux environs de Thévalles d'un filon d'argile à potier n'ait été la cause occasionnelle d'une agglomération d'habitants en ce lieu. Depuis les temps les plus reculés l'art du potier est exercé à Thévalles. Parmi les habitants de Laval et d'Avesnières qui furent taillés en pièces en 1593, au Port-Rhin geard, par un parti d'Anglais, on trouve un « René Cigoigne,

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d'Avesnières, potier en terre. » Personne n'ignore que ses descendants, portant le même nom, exercent encore aujourd'hui à Thévalles la même industrie. La découverte de M. L. Delaunay nous reporte, bien antérieurement au XVP siècle, jusqu'aux temps mérovingiens. Alors encore nous retrouvons exploité le banc d'argile de Thévalles, et bien avant la fondation de Laval, avant la construction de la chapelle de Priz, antérieurement au château du premier comte Guy, nous voyons autour de Thévalles et de Saint-Pierre-le-Potier un centre de population peu important peut-être, mais qui devait assurément son existence à la présence d'un banc de terre plastique. Non loin de Thévalles, d'ailleurs, à la Mercerie, on a découvert des tombeaux mérovingiens d'une certaine richesse, qui ont fourni des- objets conservés au Musée de Laval.

A Entrammes on a signalé des sépultures de la même époque et M. de Ponton d'Amécourt y a constaté l'existence d'un atelier monétaire.

On voit donc qu'à l'époque franque, ce coin des bords de la Mayenne n'était pas désert, puisque l'archéologie et la numismatique y révèlent l'existence d'une population unie par les liens de la vie sociale et industrielle.

Billet de la banque ie Law. — M. Moreau communique un billet de la banque de Law, envoyé par M. Trotin, de Saint-Denis-de-Gastines, par l'intermédiaire de M. Faucon, membre correspondant.

Meule préhistorique trouvée à Vahais, près dErnée. — M. Léon Delaunay présente une meule préhistorique trouvée à quelque distance au nord du château de Vahais, près d'Ernée, et faisant actuellement partie de la collection de M. Tirard.

Ses dimensions sont les suivantes :

Longueur maximum : 0"40.

Largeur maximum : 0°*15.

Epaisseur moyenne : 0™04.

Elle est en granit. Sa forme est ovale. La surface inférieure est rugueuse, mais la surface supérieure est parfaitement lisse et presque polie par suite d'un frottement prolongé qui a écrasé le grain de la pierre.

Le broyeur manque.

Cette meule est conforme aux types découverts en France et en Europe et dont les figures sont données par les recueils spéciaux.

Station préhistorique de Thorigné^n-Charnie- — M. l'abbé Maillard, curé de Thorigné, donne lecture de la note suivante :

« L — Le 2 juin 1877, je terminais, à la cave à la Chèvre, des fouilles commencées le 13 avril 1875. J'avais donc pendant deux ans travaillé presque chaque jour, à émietter le mamelon qui se trouvait en dehors de la grotte, ainsi que la terre qui était à l'intérieur. Ce terrain m'avait été gracieusement concédé par M. Henri Roblot.

« J'étais soutenu dans ce long labeur par les sympathies et les encouragements d'hommes intelligents et instruits, et aussi par des trouvailles intéressantes et nombreuses bien capables d'exciter le zèle et l'enthousiasme du chercheur.

« Les objets préhistoriques trouvés par moi ont été assez nombreux pour que j'aie pu faire des dons aux musées de Rennes, de Saint-Germain-en-Laye, de Château-Gontier, aux Instituts catholiques de Paris, de Lille et d'Angers, et surtout au Musée de Laval.

« Ces objets consistent en silex taillés par l'homme, couteaux, râcloirs, grattoirs, pointes de flèches et de lances, haches taillées et polies, losanges magnifiques de Solutré; quartz hyalin, dit caillou du Rhin, plus de deux cents pointes, petits couteaux ou grattoirs.

€ Ces objets en silex, quartz hyalin, quartzite, étaient associés à des os d*animaux dont quelques-uns d'espèces disparues de notre pays, d'autres d'espèces éteintes; plusieurs défenses de Mammouth, des os de Renney qui, selon M. Albert Gaudry sont plus nombreux ici que dans une aucune autre station d'Europe, de Rhinocéros tichorhinics, d'Urstcs ferox, d'Hyène, de Cheval, de Loup,d^ Renard, de Cervics canadensis, d* Aurochs, etc., une grande quantité d'os indéterminables, cassés par menus morceaux, fendus toujours dans le sens longitudinal pour détacher la moelle dont nos troglodytes étaient trèsfriands. Beaucoup d'os sont fendus et taillés en pointe avec un bout plus large, ayant comme deux barbelures, pouvant servir de pointes de lances ou de flèches, ou pour un autre usage qu'il serait difficile de déterminer. Ces os sont usés par le frottement, d'autres sont polis, taillés en pointes pour servir de perçoirs ou d'aiguilles. Un bois de cerf ou de renne est taillé presque en forme de cœur et percé pour suspension ; deux petites dents charmantes sont taillées pour représenter des poissons. De fortes lamelles de défenses de mammouth sont peintes en rouge sur la partie supérieure avec des dessins tracés au silex. L'oligiste qui a servi à ces peintures est quelquefois taillé de la grandeur d'une pièce d'un franc et percé au milieu.

€ Dans notre station, tous les types se trouvent dans un ordre qui mérite d'être signalé parce qu'il est en opposition avec le système imaginé par M. de Mortillet, comme on l'a constaté ailleurs. A la base se trouve l'Acheuléen avec des pointes monstériennes ; immédiatement au-dessus le Monstérien et le Magdalénien réunis dans la même assise; ensuite le Solutréan, les haches polies, les pointes de flèches barbelées d'un très beau travail.

€ Notre pays ne produisant pas le silex, il était apporté quelquefois de très loin, pour être travaillé. Les nucle très petits prouvent le prix qu'on attachait à l'uti-

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User sans en rien perdre. Les nombreux déchets montrent bien la grande quantité d'instruments fabriqués. J'ai mis au rebut plus de quinze mille morceaux, sans compter la grande quantité de silex (}ue je laissais sur place et qui étaient emportés par les promeneurs.

Toutes les espèces de silex se trouvent ici, tous d'importation ; la plupart sont gris, d'autres noirs, blancs, rouges, roux, de toutes nuances et de toutes couleurs ; presque tous avec une forte patine, signe de leur ancienneté; on a aussi des instruments en quartzite, en jaspe, en agate et en quartz hyalin.

« Si à ces trouvailles on ajoute celles de M. le duc du Chaulnes, qui a fait les premières fouilles à la cave à Margot, celles de M. Chaplain-Duparc à la Bigote, celles de M. le comte de Viennay et de M"® de Boxberg, les envois faits aux musées du Puy, de Toulouse et de Dresde, on reconnaîtra facilement que nous avons là une station de premier ordre, des plus importantes d'Europe.

€ II. — Pour faire ces fouilles, j'avais commencé par l'extrémité du talus, suivant le rocher qui sert de fondement, poussant ma tranchée à l'alignement des entrées de la grotte.

€ J'avais alors laissé sur ma droite une partie du mamelon non explorée. J'avais toujours eu la pensée de fouiller ce terrain quaternaire, surtout dans l'espoir de trouver une entrée à une nouvelle caverne assez vaste dont j'avais constaté l'existence en faisant mes fouilles de 1876. Si je trouvais une entrée extérieure sur le flanc du rocher, j'avais l'espérance d'y découvrir des objets préhistoriques très intéressants, peut-être des sépultures, qui manquent à notre station, et qui seraient le couronnement de toutes nos fouilles.

« Dans cet espoir, avec la permission du propriétaire, M. Adrien Roblot, j'ai attaqué ce terrain le 30 mai dernier. J'ai trouvé comme précédemmen:^ des silex taillés et des os fossiles de VEquus caballus, du Ceroxis tarandtiSf

du Rhinocéros et surtout de YUrsi^\ mais tous ces os et silex sont beaucoup moins abondants que dans mes premières fouilles.

« J'ai fait une tranchée de^S'^SO de profondeur dans le talus au-devant du rocher, sans trouver d'entrée à ma caverne inférieure. Alors j'ai pensé qu'il serait plus expédient de pratiquer une entrée dans l'intérieur de la cave à la Chèvre, en élargissant un trou qui m'avait permis de constater l'existence de la caverne intérieure. A l'endroit que mes souvenirs m'indiquaient, j'ai fait une tranchée de 1™75 de profondeur et j'ai retrouvé le trou indicateur, le 28 octobre dernier.

« Il me faut maintenant des ouvriers et de la poudre pour ouvrir une entrée et explorer la caverne. »

M. l'abbé Maillard fait ensuite passer sous les yeux de la Commission un certain nombre d'objets, silex et ossements d'animaux dont il fait généreusement don au Muséum de Laval.

Castellum de Jublains. — Un membre signale l'état de dégradation dans lequel se trouve actuellement le Castellum de Jublains. La Commission prie son Président d'attirer sur ce point l'attention de M. le Préfet de la Mayenne.

• Rouleau inédit de la Dame dOlivet. — Dans une précédente séance S M. Paul de Farcy avait entretenu la Commission d'un intéressant document, le Rouleau inédit de Madame d'Olivet (1335-1342), possédé par M. Arthur de la Borderie, et dont la publication intégrale lui semblait digne d'être entreprise par l'un de nos collègues. Or, M. Arthur de la Borderie a bien voulu confier ce superbe manuscrit, composé d'une suite de comptes et de baux du XIV® siècle, à M. André Joubert, qui en a extrait les parties les plus curieuses, après avoir copié le texte tout entier. Notre confrère a publié, à

• 1. 24 juillet 1884.

l'aide de ces diverses pièces, commentées et annotées, dans la Revue historique et archéologique du Maine , une savante Etude sur la vie agricole dans le Haut- Maine au XI V^ siècle, d'après le rouleau inédit de Madame d'Olivet (1335-1342). M. Siméon Luce, membre de rinstitut, qui considère ce travail comme très important au point de vue de l'histoiie économique, Ta présenté à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. On trouve dans ces pages des renseignements nouveaux et précieux sur la vie rurale au moyen-âge, sur les rap ports entre les métayers et les propriétaires, sur la composition du cheptel, sur le nombre et le prix des animaux rustiques réunis dans chaque exploitation, sur la valeur des denrées, etc., etc.

Etude sur les Misères de T Anjou aux XV* et XVI*^ siècles, par M. A. Joubert, — Le dernier volume des comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, en 1887, constate q^ue l'Etude sur les Misères de l'Anjou aux XY^ et XYP siècles, par M. A. Joubert, figure au nombre des ouvrages présentés au concours des Antiquités de la France en 1887, dont l'Académie regrette de n'avoir pu couronner cette fois les auteurs. « La plupart de ces érudits, dit le rapporteur, ont été lauréats de nos précédents concours, et c'est à regret que nous nous sommes vus dans la nécessité de ne pouvoir signaler plus formellement les livres très méritoires dont nous venons de vous donner les titres. Dans un concours moins disputé, ils auraient très probablement obtenu des récompenses. >

La Commission Historique est heureuse d'enregistrer ces regrets de l'Académie des Inscriptions, si flatteurs pour son membre correspondant M. A. Joubert.

Tremblement de terre du SO décembre 1775. — M. E. Queruau-Lamerie fait parvenir à la Commission la note suivante :

« Le samedi 30 décembre 1775, à onze heures un quart > du matin, par le plus beau temps du monde la terre » trembla à Laval un moment, et la secousse fut si vive- » ment sentie que plusieurs particuliers quittèrent leurs » maisons. » (Affiches d'Angers capitale de l'Apanage de Monsieur, fils de France, frère du roi, N^ ).

Confer : Gél. Port. Lss tremblements de terre en Maine-et-Loire, dans la Revue d* Anjou, T. XX, 1" semestre de 1878, p. 560 :

« 1775, 30 décembre. — Vers dix heures quarante-cinq » minutes du matin un tremblement de terre se fit sentir » de Toulouse jusqu'au Havre. A Segré, on remarqua * qu'il fit bouillonner les ruisseaux qui coulaient du S.-O. 9 au N.-O. et ne fit rien à ceux qui coulaient du N.-E. » au S.-E. 9

Les a demoiselles Bidard, ^sculpteurs à Laval. — M. E. Queruau-Lamerie signale l'existence à Laval, au siècle dernier, des c demoiselles Bidard * sculpteurs, auteurs de deux statues de la Vierge et de Saint Fort, qui furent placées en 1743 à l'autel de la Vierge, dans l'église de Saint- Aubin-du-Pavoil, près Segré (V. Gél. Port. Dict, de M,-et'L, T. III, p. 334, V« Saint-Aubin-de-Pavoil.)

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 heures 1/2.

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