‹ Procès-verbaux et documents, Volume 5Chapitre 20 sur 106 · A L'HISTOIRE DE LAVAL · texte numérisé non relu

A L'HISTOIRE DE LAVAL

1606» 20 MAI, DB LAVAL. — LES ÉCHBYINS ET LES HABI- TANTS DE LAVAL A CHARLOTTE-BRABANTINE DB NASSAU, MÈRE DE HENRI DB LA TRÉMOILLE, COMTE DE LAVAL.

A Madame, madame de La Trimouille, Madame, nous avons tant d'asseurance de Tanection et bienveillance qu'il vous plaist nous porter, que nous aurons plus hardiment recours à vostre Grandeur, pour vous dire au*ayant les habitans, vos humbles subjectz, faictcy-dav?^ construire ung très beau collège S tant pour l'ornement de vostre ville que pour l'érudition de la jeunesse en la vertu et bonnes meurs pour la rendre capable de vous rendre service, ilz avoient aussi, vingt ans sont et plus, jouy, suyvant les éditz du Roy et arretz de la Court, des fruictz d'une prébande de vostre église de Sainct-Thugal, pour l'entretien d'un principal du dict ooUège, qui en conséquance estoit tenu d'instruire ou

i. Le collëffe de Laval fut fondé en 1585. (Le Paige, 1. 1. p. 476). Bourjolly. Edition Le Fizelier et Bertrand de Broussillon, t. h p. 152.

faire instruire les enfans des pauvres gratuitement, ce qui auroit apporté tel fruict qu'il en seroit sorty de trèsdoctes.

Touteffoiz, depuis trois ans, aulcuns malveillans et envyeux d'un si grand bien, qui redonde du tout à vostre honneur, nous auroient troublez en la jouissance de la dicte prébande, et par surprinse obtenu certaine provision, à laquelle nous estans opposez, procez meu en la court, advis en est donné au deffunct nostre très-honoré Seigneur*, qui nous faict entendre son vouUoir par sa missive, de laquelle il vous plaira voire la coppie et recongnoistre qu'il désiroit entièrement l'avancement du dict collège et l'anexation des fruictz de la dicte prébande. Nous, recongnoissant sa vertueuse et louable délibération, aurions à la vérité poursuivy jusques à ce que depuis peu de jours arrest intervenu, par lequel, auparavant que deflSnir, la court auroit ordonné que vous en seriez advertie. Ce que croyons avoir jà esté faict par monsieur de La Motte. Non obstant nous vous supplions. Madame, de nous vouUoir maintenir et conserver en la possession et jouissance des fruictz de ladite prébande, tant pour le passé que pour l'advenir, et nous en faire vostre déclaration par vostre responce qu'il vous plaira nousj.faire.

Davantaige, nous oserons vous donner advis que le sieur Renard, conseiller au Grand-Conseil, commissaire deputté pour la réformation des gabelles en la générallité de Touraine, a l'apetit du marchant fournisseur, avoit en Tannée présente redoublé l'impost du sel sur ceste ville, forsbourgs et plusieurs lieux en vostre comté, chose qui eust esté tellement insuportable qu'on eust esté contrainct quicter le païs et se habituer ailleurs. Ce que le Roy ayant recongnu, il nous auroit deschargé par

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