‹ Procès-verbaux et documents, Volume 5Chapitre 21 sur 106 · Guy XX de Laval, tué en Hongrie, le 3 décembre · texte numérisé non relu

Guy XX de Laval, tué en Hongrie, le 3 décembre

arrest de son privé conseil. Touttefoiz, nous sommes deuement advertiz que le dict Renard et ses partisans sont après à faire valider ce qui auroit esté faict par luy.

Nous vous supplions très-humblement prendre la deffence de nostre cause vers monseigneur de Rosny *, qui ne vous refusera jamais de chose si juste, et qui importe tant à vous et à vos subjectz. Ce faisant, Madame, vous obligerez de supplier à Dieu qu'il vous maintienne en vostre prospérité et santé, et de demeurer à jamais

Madame, vos très-humbles et très-obéissants subjectz et serviteurs.

Les eschevins, procureur sindicq, et habitants de Laval.

Dupont, grefier du conseil de la ville.

Ce XX* may 1606.

1606, 11 DÉCEMBRE, DE LAVAL. — LES ÉCHEVINS ET LES HABITANTS DE LAVAL A CHARLOTTE-BRABANTINE DE NASSAU.

A Madame.

Madame, nous espérions tousjours avoir ce bonheur de vous voire en ceste vostre ville de Laval, pour vous rendre grâces de tant de biens qu'il vous plaist nous voulloir, et principalement pour le subject de nostre collège, qui, depuys vingt cinq ans, avoit flory par le moien de la jouissance des fruictz de l'une des prébandes de vostre église de Saint-Thugal, destinée pour l'entretien d'un principal qui estoit tenu d'enseigner à la vertu et bonne meurs les enfans des pauvres sans aulcun salaire, fors

i. Maximilien de Bëthune, baron de Rosny, puis duc de Sully, né le 18 décembre 4559 ou 1560, mort le 22 décembre

depuis trois à quatre ans qu'en estans privez par la malveillance d'aulcuns, ainsi qu'avez entendu, il vous avoit pieu nous promectre, par vostre missive, la première vacante. Ce que n'estant encores advenu, c'est le subject que, l'exercice cessant dudict collège, les enfans de vos subjectz, principalement ceulx qui n'ont le moien de les faire enseigner ailleurs, sont nourriz en l'ignorance, l'origine de tous vices. Que s'il vous eust pieu, Madame, nous voulloir continuer en la jouissance de la première, ce eust esté la cause de faire cesser le controverse qui est entre messieurs vos Chanoines, le sieur de La Chaigne, le principal du dict collège et nous, et restaurer le dict collège en sa splendeur, pour nourir vos humbles subjectz à vous servir et obéir fidèlement, comme ilz y sont très afiectionnez. Et, s'il vous plaist nous faire tant de bien de nous en déclarer vostre volonté, nous demeurerons à jamais,

Madame, vos très-humbles et très-obéissans subjetz et serviteurs

Les eschevins, procureur sindicq, et habitans de vostre ville de Laval.

Dupont, grefier du conseil.

Ce XI« décembre 1606.

1608, 23 MARS, DE LAVAL. — LETTRE DE DUCHEMIN DE LA VAUZELLE* RELATIVE A DES BRIGANDAGES QUI SE COMMETTENT DANS LES ENVIRONS DE LAVAL.

 Madame.

Madame..., madame de Cricquebeuf ^ insiste fort pour

1. Duchemin, sieur de la Vauzelle, était protestant et homme d'affaires des seigneurs de Laval.

2, Claude de Saint-Mélaine, veuve de Jean de Criquebeuf, capitaine du château de Montjean, tué, dans la nuit du 6 au 7

les réparations de Mont-Jehan et particulièrement du moulin. Nous n'y ferons toutesfois travailler sans vostre exprès commandement.

La fidélité que j'ay vouée à vostre service me contrainct vous donner advis que un gentilhomme de ce païs, nommé le sieur de Beauvays Potterit, de son authorité et sans vostre permission^ faict enclore quelque quantité de journaux de terre des landes de La Gravelle, en l'enclos de vos foretz, et à vous primitivement appartenantes. Aucun des forestiers n'ozeroit en faire rapport pour les violences dont uze ledit sieur, la qualité et conditions duquel vous pourront estre représentées par monsieur de La Chane, s'il vous plaist prendre la peine de luy en rescripre. Vous luy manderés que sy aucun de vos oflSciers est frappé ou offensé que vous en prendrés à luy ; ce que je ne mande pour moy, mays pour beaucoup de sergeants et forestiers qui mesmes n'ozent faire plaincte des oultraiges qu'il leur tait. Et la licence de mal faire est tellement accreue, voere effrénée, que du jourd'hui il n'y a aucune seureté de sortir de ville, car on ne voit et n'oit-un (on) parler que de meurdres et volleryes. Dymenche dernier, un marchand d'Alencson fut voilé près de Montseurs de mile ou douze centz escuz et fut blessé d'un coup de pistolle ou d'un coup d'espée. Hier, un des sergeants de ceste ville, fermier de vos chastelanyes de Mont-Jehan, la Gravelle et Sainct-Ouan, fut aussy assassiné près du bourg Saint-Berthevin, et de jour à autre tels actes se commettent icy aux environs, et ne scait-on bonnement par qui, d'aultant que non seulement les volleurs prennent la licence contre et au préjudice des édictz du roy de porter

octobre 1591, par les Ligueurs qui s'emparèrent du château, sous la conduite de Pierre Le Cornu, seigneur du Plessis de Cosmes. Claude de Saint-Melaine se remaria en 1610, avec messire Guy des Vaux, seigneur de Loresse, protestant comme elle. Commission historique et archéologique de la Mayenne, t III, p.

des bastons à feu, mays la plus part de la noblesse ne va point sans armes, et non seulement les nobles mays d*autrès en nombre infiny, à quoy l'on ne peut remédyer, d'autant que la justice n'a la main assez forte... De vostre Laval, ce 23* mars 1608.

Vostre plus humble serviteur.

DUCHEMYN.

1621, 23 NOVEMBRE, DE LAVAL. — LETTRE DE TAR- TROUX, AVOCAT FISCAL, A MADAME DE LA TRÉMOILLE, € SUR LE SUBJECT DE L'ÉTABLISSEMENT DES RECOLLEZ € SOUBZ COULEUR DE RÉFORMATION DES C0RDEL1ER8 » DE LAVAL.

A Madame.

Madame, obligé de vous donner advis de touttes nouveaultés préjudiciables, comme je pense, à Monseigneur, duquel vous estes le naturel et entier conseil, j'ay ausé supplier Vostre Grandeur de détourner l'intention des Pères Recollés qui veulent changer et transmuer vostre maison de sainct Francoys de vostre ville de Laval en un couvent de pauvreté et mandicité, le tout à la charge de vos pauvres habitans qui jà surchagéz de l'entrée concédée par vostre authorité aux Pères Capucins. Les Pères Cordeliers sont rentes et questent au logis le reste de leur viaticque,et les Recollés de jour en autre mandient aux portes. Les Cordeliers font le service à haulte voix, pour vostre prospérité et santé et celle de Monseigneur et Madame. Les Recollés méditent à basse voix. [Les Cordeliers] sont polliticques et assistent à touttes solemnitez funèbres. Les Recollés sont inutiles en ce chef parcequ'ilz denyent toutte assistance. Brief , Madame, les Pères Cordeliers entretiennent et augmentent vostre maison, l'une des mieux ornée et servye de France, et

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les Recollés par leur pauvreté ne peuvent tendre qu'à la ruine du bastiment d'icelle. Ce qui vous doibt esmouvoir, Madame, à leur entretien et au refus de l'entrée des ses Pères Recollés, qui n'ont cognoissance de la pauvreté du païs,des taxes et surcharges, des tailles dont le peuple est tellement affessé qu'à peine se peult-il entretenir.

Vos habitans. Madame, se sont opposés à ce changement et résolu d'implorer voz authorités et grandeur pour leur soustien et maintien. Je joindre mes humbles supplications et prières avecq leur juste requeste, protestant autre chose ne me mouvoir qu'un juste zèle de servir fidellement vostre maison et rechercher la prompte exécution des commandemens d'icelle, comme,

Madame, vostre ofScier très-humble et très-obéissant serviteur et subject.

Tartroux, advocat fiscal.

A Laval, ce XXIII* novembre 1621.

1621, 24 NOVEMBRE, DE LAVAL. — LETTRE DE SAINT- LAURENT, PROCUREUR FISCAL, A MADAME DE LA TRÉ- MOILLE € SUR LE SUBJECT DE L'ÉTABLISSEMENT DES € RECOLLEZ ET RÉFORMATION DES CORDELIERS » DE LAVAL.

€ A Madame, à Thouars.

€ Madame, le général de ceste ville, ayant eu naguères advis que, par la venue en France d'un général des Cordeliers de France, Espagne et Italie, l'on prétendoit, soubz ombre de reformation, changer les Cordeliers de tous les couvents en Recollés, s'est assemblé en corps et résolu, pour leur intérest, de s'y oposer en l'esgard des couvons de ce lieu, et de suplier vos Excellences de faire le semblable comme y estant intéressez avec eux, en ce que ce petit paysjà assez chargé de mendiantz,n'a besoin

d'une nouvelle fouUe dont ilz seroient opressés par la substitution des Recollés aux Cordeliers, lesquels, en Tordre de leur religion, contentent grandement chacun, prient publicquement et journellement Dieu pour vos prospérités, confesent les malades et honorent les sépultures, ne demandent aux habitans qu'une légère assistence quatre fois Tan seulement, entretenus d'ailleurs tant de vos dotations que fondations des particuliers, dont les intentions seroient frustrées. Or, l'estroicte union des Cordeliers avec les habitans leur en faisant souhaiter la continuation, ilz ont désiré de nous, Madame, que, par la présente, nous informassions Vos Excellences de l'extrême incomodité que le public ressentiroit par telle inversion de leur establissement. C'est pourquoy ce que nous devons à vostre service et au tesmoignage de la vérité nous faict vous dire. Madame, sans toucher à la Religion, qu'il est expédient au public, et par réflexion et conséquence à Vos Excellences, que les choses demeurent en Testât qu'elles sont en ce lieu et que, s'il vous plaist en cela correspondre à l'intention des habitans, ayant esgard à leur humble requeste, vous leur tesmoignerez que vous ressemblez tousjours à vous-mesmes, et que vos volontéz sont tousjours enclines à leur bien. C'est le subject de la présente que je clorraj par ma suplication à l'Eternel pour la prospérité de Vos Excellences, estant,

Madame, vostre très-humble et très-obéissant serviteur.

S* Laurent.

De Laval, ce 24* novembre 1621.

(Ces cinq lettres missives, communiquées par M . Tabbë Ambroise Ledru, proviennent des Archives de M. le duc de La Trémoille : dossiers Dupont, Duchemin, Tartroux et Saint-Laurentj.

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