‹ Procès-verbaux et documents, Volume 5Chapitre 91 sur 106 · Le Hericher: Avranchin monumental, 11. 509, 510, 5î · texte numérisé non relu

Le Hericher: Avranchin monumental, 11. 509, 510, 5î

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PIÈGES DE SOUMISSIONS DE HUGUENOTS PENDANT LES GUER- RES DE LA PREMIÈRE LIGUE. LES L ALLIER. JOACHIM DE LA CHESNAIE. 1577 A 1589.

1585. — Le 9 mars, devant Mathurin Grudé, notaire royal, à Angers, testament de noble homme Antoine Lallier, écuyer, sieur de la Roche-Noyant y demeurant dite paroisse, sieur de Courge ^ de Lespinay en la paroisse de Combres,flls de feu messire Guy Lallier, chevalier de Tordre du roi, sieur de la Chesnaye Lallier en la paroisse de Saint Martin du Limet^ et de dame Lancelotte de Saint Melaine, par lequel testament appert que led. testateur fut marié avec damoiselle Catherine de Mondamer fille aînée de ladite de Saint-Melaine et de Mathurin de Mondamer qui eurent encore pour fils Claude de Mondamer sieur des Escottais.

Il élit pour curateur de ses enfants n. h. Pirrus Lenfant sieur dé la Patrière son parent avec Robert Constantin sieur de la Fraudière, avocat au siège d'Angers 3.

i. Paroisse de Chailland (Mayenne).

2. Ce Guy Lallier nous paraît le Roi de Craon, qui dut être un partisan infidèle du prince de Condé, de 1560 à 1562, exécré des protestants, bon serviteur du roi pendant la plus grande partie de sa vie. Ancien chef d'argoulets dans larmée de Metz, capitaine remarqué dans le parti catholiaue après les troubles de 1562, sous le nom de la Chesnaie-Lallier. comme à Metz. Il aurait eu la tutelle des de Chateauneuf (de Rieux) enfants de Suzanne de Saint-Mélaine, ce qui lui attira un duel dans lequel il fut tué, 1579. M. de Bodard nous semble se tromper en disant

3ue ce malheur arriva au père de celui qu'on nommait le Roi e Craon parmi les huguenots : ce dut être à lui-même.

3. Extrait d'une note : archives d*Angers, Chercher le testament. Le testament d'Antoine n'est pas signe de sa mort ; il se disposait à voyager: « Antoine Lallier part en mars 1585, et ne » revient qu'en 1589, d'Italie, Pologne, Allemagne, Turquie et » autres nations estranges, pour mourir en octobre 1590. Sa » veuve Catherine de Mondamer... (Dict, de Célestin Port, III, » 110)^ i

27 novembre 1585. — Noble homme Robert Lallier, s' de Lespinay en sa maison de Viesves, paroisse de Quelaines, déclare devant Mathurin Grudé a monsieur le comte du Bouchage, gouverneur et lieutenant pour le roy en ce pays d'Anjou que pour avoir été nourri au service du roy de -Navarre duquel il est serviteur domestique il avoit eu volonté de Taller trouver au mois d'octobre dernier et pour y aller en plus grande assurance se seroit mis à la suite des troupes du sieur de Clermont qu'il pensoit devoir passer la rivière de Loire sans qu'il ait eu volonté de faire la guerre en ce pays d'Anjou, ni chose qui fut contre le service du roy et qu'aussitôt qu'il a entendu la volonté de Sa Majesté par sa déclaration sur redit de réunion de ses sujets à l'église catholique apostolique et romaine du mois de juillet dernier pour y obéir il se seroit retiré en sa maison voulant se tenir sous l'obéissance de Sa Majesté et lui demeurer très humble et fidèle serviteur ; de tout ce que dessus ledit Lallier a été cautionné par noble René Pelault sieur de Boisbernier ' .

Octobre 1585. — 9 février 1588. — La Chesnaie de la Lande de Niafle. — Du 9 février 1588 devant Mathurin Grudé notaire royal à Angers serment de fidélité fait par noble homme Joachim de la Chesnaye sieur de la Lande de Niaphle entre les mains de haut et puissant messire Antoine de Silly, sieur comte de la Rochepot, chevalier de l'ordre du roi, capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur et lieutenant général pour sa majesté au pays et duché d'Anjou,

1. Archives d'Angers. Robert Lallier était fils de François Lallier et de Jacquine Pelault. La pièce qui le concerne semble émaner d'un battu de Tarmée de Gondé à Angers en ces mêmes jours. Voir ci-dessus la retraite de Condé vers Laval, la forêt de Fougères et Guernesey, avec La Trémoille, Davantigny, le sieur de Clermont, etc.

lequel de la Chesnaie lui a dit que pour être encore au service du roy de Navarre il avoit eu volonté de laller •trouver au mois d'octobre 1585 et pour y aller en plus grande seureté se seroit mis pour marcher devers les environs de cette ville lorsque le château de cette vil'e fut surpris par le deffunct sieur dd Hallot sans toutefois quil ait eu de volonté de faire la guerre en ce pays d'Anjou, ni faire chose qui fut contre le service de sa Maiesté royalle, finalement promet et jure par ces présentes audit sieur comte de la Rochepot qu'il gardera et entretiendra sur sa vie et son honneur la religion catholique apostolique et romaine sans jamais faire profession d'autre foy, en laquelle il veut vivre et mourir, suivant la profession qu'il en a ce jourd'hui faite et abjuration de la nouvelle opinion. Furent présens nobles hommes Simon de Chivre sgr dud. lieu, Jean-Baptiste d'Andigné s^ des Touches et de Ribou y demeurant paroisse de Gêné et ledit de Chivré en sa maison de Varannes paroisse de Feneu, Guillaume de la Saugère seigneur du Bourgdiré demeurant au lieu seigneurial de la Cointerie paroisse de Queré, Jean Le Liepvre s*" de la Mazure paroisse de Queré*.

1. Archives d'Angers. Ce de la Chesnaie no tarda pas à jouer un rôle important. Henri IV, en passant à Laval, finae 1589, lui donna le gouvernement do Château-Gontier, à la place de Louis de Champaçné, seiçncur do la Motte Forchaud, catholique ligueur. Il s y maintmt, et fut le chef des Royaux même en Craonnais jusqu'à la défaite des Princes à Craon. La Motte Ferchaud recouvra dès lors son gouvernement et ne le perdit plus. On voit ici que Joachim de la Chesnaie avait été, lui aussi, Tun des battus aAngers.

LIVRES DES COMPTES DE LA FABRIQUE DE SAINT-GEORGES DE VILLAINES-LA-JUHEL : COMPTES-RENDUS QUASI TEX- TUELS. 1561-1593.

Du 20 juillet 1561 au 4 juillet 156S.

Le 15 décembre 1563, il fut dépensé 3 sols « pour » achapter de la fleur et faire le pain pour communier le » peuple pour le jubile le dymanche ensuyvant. »

Pour le vin a communier à Pasques 6 sols en plus de ce qui est donné et pour du pain à communier 18 deniei's aussi en plus.

Le 22 avril 1562, tourmente de grandz ventz.

Entre avril et septembre de la même année, 40 livres payées au Mans du consentement et par permission des paroissiens, « pour une creue pour les harquebusiers. »

Du jour et festo monsieur S. Michel du Mont de la Tumbe 1566 à la Toussaint 1568.

Le procureur avait achapte quatre pottées de beurre pesant 70 livres a 20 deniers chacune livre, mesme 3 bécasses, 3 perdrix et 3 ramiers a 3 sols piecze pour porter et faire présent a messieurs les esleuz du Mainne

i. I/usage de donner du vin aux communiants de Pâques resta usité dans nos contrées jusqu'à la fin de ce xvi® siècle au moins, à s'en rapporter aux vieux livres de fabrique.

2. Cette creue ou augmentation non prévue de taille, fut demandée pour l'entretien de 300 harquebusiers à cheval ordonnés alors par le roi pour la défense du pays (Assé le Boisne par M. Pierre Moulard, page 360).

au Mans pour et affin davoir rabattre et estre modères aulx tailles et creues du Roy notre sire.

Honorable Julian Martiniere, chargé de la commission, monte à cheval, se rend au Mans, offre les presens, fait requestes aux esleuz destre modérez et pour ses trois jours de vacations reçoit 4 livres 40 sols ; même en plus 12 deniers qu'il avait dépensés, pour mieux informer encore « messieurs les esleuz des adversitez et paouvre- » tez qui estoient en ladite paroisse. »

Deux sols tournoys « a celui qui portoit la croix quand » la paroisse fut a Esvron en voiaige. »

Compte de 1567 à 1568 : aux dits termes.

Messager envoyé au Mans pour savoir comment se gouverner au sujet d'un adjournement que Monseigneur de Levare* avait fait donner à la généralité des paroissiens pour se comparoir, et les exécuter d'une commission dudit gouverneur de Mayeone qui contenait la demande de 100 livres. Il en avait coûté 2 sols et demi pour une pinte de vin aux commissaires de l'exécution, venus de Mayenne. Une perdrix fut offerte au Mans à Monsieur de la Peleriniere- et deux sols 6 deniers dépensés pour faire écrire la défense, après consultation de Monseigneur le Sénéchal du Maine et du Conseil pour s'informer ce qu'il en serait bon de faire.

€ Pour avoir garde porte et rapporte chez lui les aour- > nements de l'église Saint-Georges, et d'iceulx faict 1 ; » garde, » François Sourtel reçut 12 deniers.

i. Jean iv, des Vaux, gouverneur de Mayenne, fidèle aux Guise, seigneurs de cette ville. On lit dans V Annuaire de ta Sarthe pour 1835 : « Le seigneur de Lévaré, commis par sa » Majesté à la garde de la ville de Mayenne, pendant les trou- > bles: sous Tannée 1568. >

â. Un Vasse : famille de Villaines et du Maos. Michel Deleles, le comptable ou procureur de cette année-là, était aussi d'une famille très considérée à Villaines.

Pour insinuer a Boullevré, sergent royal, la défense que fit M. du Mans, au procureur de payer les 100 livres de la commission, en donner copie aud. Boullevré et lui faire signifier par deux sergents celui d'Averton et celui du roi, € de non plus passer outre, » ce fut une dépense de 25 sols.

Cinq sols, « pour faire une information et remonstrer » a messieurs le Seneschal du Maine et les Esleuz les » brullements voUeryes et pilleryes que les gendarmes » dictz Huguenotz ont faict en ceste paroisse. » De plus : à Louis Deleles qui fit Tinformation 2 sols ; a Mathurin Lamy pour avoir copié lintitulation de ladite information 12 deniers ; item a loustellerye du Lyon dor la ou elle fut faite 4 s. 6 deniers pour deux pintes de vin et demi pain.

Item 15 livres tournois pour une creue envoyée pour les charrettes au Mans.

Item six livres à Jehan Deleles greffier, pour porter les 25 livres, mesme lad. information et icelle monstrer a messieurs les esleuz et autres nos amys et pour faire présents auxd. esleuz.

Pour avoir fait nettoyer et serrer le clou de la grande église 23 sols 6 deniers. (La grande église était Saint- Georges, l'église paroissiale : elle venait d'être brûlée et il y a dans les livres de comptes de très intéressants détails au sujet de son déblaiement et de sa reconstruction).

BouUevreue sergeant royal, pour une creue envoyée de Monsieur le Senechal du Maine montant la somme de 32 livres, lequel sergeant prit quatre beufs et les mena à Javron a 50 sols de frais.

Aux deux enfants de la veufve Ferre qui suivoit lesd, beufs pris chez elle leurs dépens pour trois jours et les dépens des beufs 31 sols.

Le procureur obligé de se rendre à Javron pour accorder avec le sergent et délivrer les beufs, reçut 7 sols 6

deniers et Jacques Vasse qui porta les 32 livres tournois au recepveur eut 6 sols.

Item a Loys Torreton mareschal pour avoir ferre les chevaux de monsieur de Jarze quand ses gens vindrent détourner les gendarmes 5 sols.

Item a Marie Le Riche pour ravoir neuf nappes quelle auroit eu des huguenotz 40 sols.

Item a Julien Bouhourt pour avoir rabillé les coffres qui ont estez rompuz en nostre église de Saint-Georges 15 sol*!.

Pour 12 chapons a faire présent a monsieur de Jargé 72 sols. — Pour présent an même 6 pièces de gibier 27 sols.

« Item poye pour mener ung homme cognoisseur pour » choisir 12 moutons a la maison de Pierre Martinière » pour iceulx moutons en faire présent audict monsieur » de Jargé (Jarzé), auquel homme cognoisseur pour les » mener et ramener fut donne 2 sols 6 deniers. A ung » hommc^ qui porta les chapons joucques a la maison de » monsieur de Jarge 3 sols. Pour moy davoir este au » logis de Pierre Martinière et conduit joucques a Cour- » cite lesdits moutons et les présenter aud. sieur 5 sols.

« Item ai baille au petit Jehan Collet pour avoir » asserre des vitres dépecées et rompues 2 sols. »

« Item je baille a Guillaume Collet par le commande- » ment de plusieurs des paroissiens pour soy estre mys » en danger de sa personne pour estraindre le feu qui » estoit en notre esglise ce qu'il flst pour ce 6 sols. »

« Item plus ay baille a Franczois Beucher qui se mist > en pareil danger pour estraindre le feu avecques led. » Collet 6 sols. »

» Item je baillé à Jehan Deleles serreurier pour avoir » rabille nostre benoistier de leglise 6 sols. »

Ce compte manque mais on découvre dans les autres que Michel Deleles,le procureur au cours de cette gestion, avait « vendu le veyl boys de la ruyne de leglise de > S. Georges, » et qu'il resta beaucoup de recettes en retard des années 1568 et 1569, recueillies après par François Gouppil, son successeur.

Pour lever le pavé de la grande église il en coûta 27 sols. Il fallut relever la cloche qui était tombée, transporter les fonts, réparer la charpente et la couverture du clocher, retirer les pièces de Teschelette et la custode qui était d'argent « des mains de ceux auxquels les Huguenotz les avoient venduz. »

Acte envoyé au siège présidial du Mans portant qu'il n'y avait aucun gentilhomme en cette paroisse qui ne fût au service du roi.

Lettres a Sillé pour savoir là par où tourneroyent les gens de guerre qui passoient et estoient loges audit Sillé.

Pour ung présent qui fut faict a Monseigneur de Jarzé le 28® janvier 1570 de 4 chappons gras 2 connins (lapins), 3 perdrix et 3 beccasses quatre livres.

A René Bardenne qui alla a Esvron pour scavoir là par où tourneroyent les gendarmes estant aud. Esvron et a ung homme qui l'accompagnait 20 sols.

A Galocher de Crennes qui alla à Villiers porter une lettre à madame de Jarzé pour la supplier de mander là part ou tourneroyent les gens de guerre estant a la Crosille*.

1. Comme il s'agit ici du château de Villiers en Sainte-Gemmes où résidait pour lors Françoise de la Chapelle, femme de

bOCUllBNTS è2l

Un brochet offert a mond seigneur de Jarzé le 9 février 1570 avait coûté 36 sols. Pour ung lepvrault destiné au même gentilhomme 10 sols et 6 sols en plus que dépensa le procureur allant à Villiers et à Foulletourte. Quatre sols au messaiger qui porta lettre a mondit seigneur pour le supplier de rescripre a monsieur de Vassé pour sa compaignee qui estoit icy. Dix soU a Mathurin Chesnay pour quand il alla à Guéory au devant des gendarmes. Trois chevaulx conduits à Mayenne afin de laisser choisir le melieur pour fournissement au désir de la commission : 110 sols pour 3, hommes, les 3 chevaulx et deux journées. Aucun cheval ne fut trouvé convenable dans toute la paroisse et le procureur eut à dépenser cinquante livres à la place.

Le 12 novembre 1573, le comptable Julien Vasse paya Jean Le Villain qui alla a Charchigne scavoir si les gendarmes y estoient et quelle part ils eussent tourné ; le même jour François Penard fut envoyé à Champgenes-

Rcué Bourré, sgr de Jarzé, on doit croire que la Croisille ici visée est le village de ce nom en Voutré.

René Bourré mourut vers 1580. Nous devons dans ce travail, pour compléter une note précédente qui paraîtrait mal à propos a la charge de ce çrand seigneur, rappeler que le nom de Jarzé fut relevé après lui par René du Plessis, seigneur de la Roche- Pichemer, qui avait épousé Renée, fille de ce Bourré et de Françoise de la Chapelle. Du Plessis appartenait à Tune des plus anciennes familles du Maine, et servit dans le parti du duc d'Alençon dont il était chambellan, puis dans celui des Royaux. Henri ni rappela près de lui après la mort du duc son frère, 1585. Des lettres patentes d'Henri iv portaient : « Il nous a servi di- » gnement et fidèlement tant près de nous à toutes les occa- » sions qui s'y sont présentées qu'en nos pays d'Anjou et du > Maine. > Il mourut à son château de la Koche-Pichemer, paroisse de S. Ouen des Vallons. Son fils épousa Catherine de Beaumanoir, fille du maréchal de Lavardin, dont René du Plessis de Jarzé, surnommé le Fou des Fous de la Fronde. Du Plessis de Jarsay : de gueules à la rencontre de cerf d'argent surmonté de deux croissants de même Vun sur Vautre, voir ci-dessus et dans D. Piolin ce qui est dit des sieurs de Jarzé et d'Epernon.

â2â COMMISSION HlSTORIOUE

teux pour le même motif ; le 18 décembre Marin Mestivier alla à Saint Cyr aussi pour les gendarmes afin d'y donner ordre ; le 24 décembre, deux messagers partent de Villaines l'un pour Mayenne et l'autre pour Lassay scavoir si les gendarmes y estoient.

Estienne Panneau reçut 6 livres du consentement et ad vis de la plus grande et saine partye des paroissiens € pour la despence et fournissences de vivres que cer- » tains gendarme? eulx disans de la compaignée du » prince de Condé » avaient obligé à faire. Pour le même exploit Ambroise Martinière eut à être remboursé de 18 livres, Jehan Couppé de 4 livres 13 sols, honneste Jehan Delesles Lhourmeau 18 sols et le curateur des enfants de François Martinière 61 sols. Ce fut Julien Vasse le comptable ou procureur qui en prit charge et remboursa des deniers des paroissiens.

René Bresteau envoyé à Lassay pour veoir si les Huguenots y estoient le second jour de mar? 1574.

Julien Eschivart et Michel Rivière pour estre allés de nuict à Soulgé veoir si les gendarmes y estoient comme le bruict en estoit reçurent 6 sols.

René Bresteau pour estre allé le 13 avril an susdit avec mondit sieur le prieur de Villaines (Michel Chappin) et autres à Lassay par devant le capitaine Lachaulx * le prier ne venir avec sa compaignée en ceste paroisse.

Au serviteur dudit prieur 3 sols de despens pour les chevaulx dud. prieur et 4 quand ils allèrent encore à Champsegre.

1 . Michel de, Montreul, dit de la Chaux-Montreul, seigneur de la Chaux, chevalier de l'ordre, gouverneur de Cherbourg et Grand-Bailli d'épée du Gotentin, se distingua dans les guerres de la Ligue rangé au parti des royaux. Voir son article au dictionnaire de Le Paige ii, 365, son exploit contre les Ligueurs à Cherbourg et son éloge. G. Le Hardi. Hist, du Protestantisme en Normandie, le cite sans éloge, page 389 : c'est une réserve de bon aloi de la part de ce prudent historien.

t)OCUMBNtS 2èâ

Compte de 1574 à 1576.

Ambroise Vasse et Michel Souatin, procureurs, rendent leurs comptes de deux années du 2 novembre 4574 au 1®' novembre 1575 :

« A este paye pour deux coqs dinde, troys liepvres, » quatre ramiers et deux bécasses trente soudz une » livre dragée sortie * et une livre confitures quarante six » soudz six deniers dont a este faict présent au nom des > pï^roissiens et par leur consentement et advis au sei- » gneur de la Merserye a lasemblee du banquet des nop- » ces de son filz aisné en recompense de ses faveurs » bonté et courtoisie dont il a use en faveur des habitans » de cette paroisse pour l'avoir exempte de plusieurs » compaignees de gendarmerye pour ce six livres seize » souds six deniers tournois. »

Compte de 1575-1576 : de novembre à novembre.

Nouvelles diflScultés entre les habitants de Villaines et ceux de Mayenne, pour une commission d'argent de nouveau réclamée par ceux-ci, juges et autres, disent les comptables, et refusée par ceux-là. Les gens de Villaines cherchent donc à s'en exempter en faisant appel à l'influence de monsieur de la Pelernière du Mans et à Monseigneur de Rambouillet, gouverneur du pays du Maine, qui leur donne lettres pour faire défenses aux Mayennais de passer oultre a la poursuite du paiement. Villaines envoie un exprès René Morin sergent royal jusqu'à Mayenne € signifier lesdites lettres de defienses ce qu'il ne » fit pour la crainte des menaces desdits habitants de » Mayenne ainsi qu'il a rapporte. » II n'en reçoit pas moins pour sa peine un pistollet vallant 64 sols.

\ . Dragées assorties.

ài24 (Commission historique

L'affaire fut expédiée sur Paris, où elle retrouva le premier procès à propos des cent livres qu'avaient réclamées déjà naguères le gouverneur de Mayenne : la bravoure du sergent Morin fut remise aux épreuves, et m® André Bouju lieutenant du bailli de la ville de Villaines reçut 6 livres tournois « pour faire les frais d'aller » au Mans porter plaintes et doléances en l'assemblée et » convocation des Estatz qu'estoint lors termez a tenir en lad. ville. »

Pour l'effaict des gensdarmes qui lors estoient par le paj's et pour les fraiz du voyage de Brouassin pour obtenir « lettres de faveur de Monseigneur le Comte * > il y eut grandes dépenses : en voici le compte-rendu :

Baille au Lyon dor le jour Sainct NicoUas en ladite année pour le disner de monsieur de Langonniere, de maistre Louys Vasse, de Pierre Vasse le jeune sieur de la Racinière comptable, avec deulx hommes de pied qui touz ensemble estoient allez ledict jour a Saint Pierre de la Court pour parler a une compaignee de gensdarmes qui y estoint ensemble pour autres despens faits ledit jour par messieurs de la Fresnaie qui estoint venuz pour nous y faire plaisir : cinquante sols.

A Marcillé la Ville despens faits par monsieur des Champs, ledict m* Louys Vasse, Ambrois Vasse et led. Vasse comptable qui allèrent pensant parler a la compai-

1. Louis de Champagae comte de la Suze, était fils aîûd de Nicolas de Champagne, seigneur de Villaines-la-Juhel, premier comte de la Suze et de Françoise de Laval-Lezay ; le père fut tué à la bataille de Saint-Denis 1567, du côté des protestants. La mère fit élever ses deux fils dans la religion catholique et ils y demeurèrent ; l'aîné est le comto vers lequel les Villénais envoyaient leurs messagers, et le jeune, nommé dans nos titres monsieur le baroîi, monsieur le marquis, eut Villaines en partage ; au lieu alors d'être titré baron de la Suze comme cadet de Louis, il fut titré marquis de Villaines par érection de cette terre en marquisat pour récompense de ses services : c'est Brandelis de Champagne ii, souvent rapporté en ce travail.

DOCUBlBNïS 225

gnee de monsieur de Lavardin qui allait en garnison à Lassay; 33 solz.

Le landemain pour autres dépens par Jacques Espinay et led. Vasse comptables qui seroint allez en lad. ville de Lassay porter des lettres de monsieur de Jarzé au capitaine de ladite compaignee pour leur soupper aud. Lassay et pour ung garson 25 solz.

Pour aultre despence faitte par les susdits le landemain qui seroint ailes dud. Lassay a Maienne pour entendre des nouvelles du capitaine Stroce qui estoit près de Laval que on doubtoit venir par decza pour leur disner audit Maienne et pour le garson de pied qui ne put revenir ledit jour parce quil estoit trop lasse 2i s.

A deux garsons qui portèrent le landemain deux chapons a monsieur de Jarze.

Pour aultre despence dun aultre garhon de pied qui fut renvoyé le landemain devers ledit sieur de Jarze pour scavoir au certain quelle part tournoint les dites compaignees lequel garson couscha a Bas pour avoir este retarde par led. sieur parce quil navoit encore de certaines nouvelles desdites compa ignées 7 s. 6 d.

Pour aultres fraiz et despences par Jacques Vasse et led. Vasse comptable avec ung homme de pied avec eux qui seroint allez par devers mondit seigneur le conte audit Brouassin ^ par ladvis desdits habitants pour obtenir lettres de faveur adressantes a mondit seigneur de Lavardin que aultres lettres de sauvegarde premier.

Pour leur soupper a Conlye en allant 45 soûls.

Le landemain pour leur disner a la Suze 19 soûls.

Ledit jour pour leur soupper couscher et desjeuner le lendemain a Ihotellerye de la Foucauldière près Brouassin 40 soulz.

1. Brouassin, château de la paroisse de Fay (Sarthe), était au comte de la Suze.

Pour le secrétaire de mondit seigneur pour ses peines et escriptures desd. lettres 2 testons valant 30 soulz.

Le inesine jour pour leur disner a Malicorne ou ils présentèrent les lettres de mond sieur le Conte à monsieur de Lavardin qui y estoit 22 soulz.

Pour leur soupper et couscher a Bruslon 26 s.

Le landemain pour leur disner a Assé 18 s.

Pour aultres frais et despenses par Louys Vasse et le même comptable qui seroient allez a Saint-Mars avec. un homme de pied parler à la compaingnee de monsieur de Saint-Phalle qui y estoient logiée tant pour les despenses que pour six pièces de gibier qui coustoit 7 s. la pièce 47 s.

Pour unir homme de pied envoyé à Sille par devers maistre M ace Pinart pour descouvrir ou estoit le dessaing de lad. compaingnee de pied et quelle routte elle vouloit prendre pour quoi faire led. homme de pied avoit cousche aud. Sillé.

Compte de 1579 a 1580: de janvier a janvier,

A maistre André Bouju un escu et 2 soulz pour envoyer a m® René Vasse advocat qui lors estoit a Paris pour scavoir en quel estât estoit le procès d'entre les habitans de Maienne et ceulx de Villaine.

Pour despens du comptable Jacques Espinay et René Chesnay qui seroint ailes exprès de cheval en la ville dAUenson par devers monseigneur le baron dud. Villaine^ qui lors estoit aud. lieu pour obtenir par son moyen exemption des compaignies des gensdarmes de monseigneur le duc ung escu et cinq sols ^.

Six pièces de gibier que portaismes avec nous pour

1. Brandelis de Champagne, baron et depuis marquis de Villaines.

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