‹ Prodrome d'une histoire des végétaux fossilesChapitre 5 sur 116 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

4, Détermination et histoire botanique des végétaux

fossiles. |

Avant de passer à l’examen spécial des diverses familles de végétaux qui ont été trouvées à l'état fossile, nous devons examiner en général quels sont les moyens d'arriver à leur détermination; les difficultés que cette détermination présente; comment on peut éviter les erreurs dans lesquelles elle peut entrainer; enfin, le degré de certitude de ces déterminations; car toutes nos conséquences seroient fausses ou douteuses, si la détermination des fossiles qui leur sert de base étoit elle-même inexacte : nous ferons ensuite conneître la marche que nous avons adoptée pour les énumérer métho= diquement , et les règles qui nous ont dirigé dans la nomenclature que nous avons établie.

Les végétaux que nous trouvons à l’état fossile ne sont presque jamais entiers : ce ne sont, dans la plupart des cas, que des organes isolés : il s’agit donc de déterminer d’abord jusqu’à quel point la connoissance d’un seul organe peut nous conduire à la détermination des autres organes, et, par conséquent, à celle de la plante elle-même. Ces principes ne peuvent pas s'établir d’une manière générale; il faut les déterminer suivant les classes des végétaux et la nature des Organes. |

Les végétaux peuvent se diviser en cinq ou six grandes classes, dont quatre surtout sont très-distinctes et comprennent la plus grande partie des espèces actuellement existantes; ce sont : les agames, les cryptogames, les monocotylédones-et les dicotylédones. Les organes des végétaux peuvent de leur côté se séparer en deux ordres; ceux qui ser vent à la nutrition de l'individu et ceux qui concourent à.

sa reproduction.

Parmi les plantes vivantes, les caractères des genres, des familles et même des classes, sont presque entiérement fondés

sur les organes de la reproduction.

A l'état fossile, au contraire, nous ne trouvons le plus souvent que les organes de la végétation et surtout les tiges ou les feuilles. I1 faut donc déterminer si nous pouvons toujours présumer avec quelque certitude la structure des organes reproducteurs, d'après celle des organes de la nutrition, et quels sont les cas où nous pouvons arriver à ce résultat avec le plus de précision.

Plus les êtres deviennent parfaits ou compliqués (car ces deux expressions sont à peu prés synonymes) et plus, en général , leurs organes deviennent indépendans les uns des autres ; plus, au contraire, leur structure est simple, et plus

les divers organes qui les composent sont dans la dépendance

les uns des autres sous le rapport de leur structure.

Ainsi, parmi les végétaux, la structure des organes de la végétation , des feuilles, par exemple , est liée d’une manière bien plus intime, bien plus apparente du moins, à celle des organes de la fructification dans les cryptogames que dans les monocotylédones, et dans les monocotylédones que dans les dicotylédones, de telle sorte que la forme et la disposition

des nervures peuvent souvent, dans les premières, nous con-

duire à reconnoitre des genres ou des espèces; dans les secondes, à distinguer quelques familles, tandis que dans les dernières elles ne peuvent nous mener aux mêmes résultats que dans des cas rares.

. Les organes de la fructification, au contraire # ayant servi de base à la formation des genres et des familles dans les plantesphanérogames, et présentant beaucoup plus de variétés dans ces plantes, nous conduiront plus facilement à leur détermination qu'aucun autre organe , lorsqu'ils seront toutefois en assez bon état pour qu’on puisse bien distinguer leurs diverses parties.

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Nous pouvons donc plus fréquemment et avec plus de

certitude arriver à la détermination des familles et TR s

quefois des genres parmi les cryptogames, au moyen de:

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caractères que présentent les tiges et les feuilles. Parmi les »

phanérogames, au contraire, nous ne pourrons parvenir à

des déterminations précises, dans la plupart des cas, qu'au dé

moyen des fruits ou des autres parfies de la fructification. Mais dans ces deux cas il ne faut pas se borner à une comparaison superficielle et à l’analogie des formes extérieures, formes très-souvent trompeuses. - Les végétaux, à l'exception des agames et de quelques cryptogames , sont formés de tissu cellulaire , et de vaisseaux accompagnés de tissu fibreux, qui constituent la véritable

charpente des organes et déterminent leurs formes essen-

tielles, que le tissu cellulaire ne fait souvent que masquer. C’est donc à la disposition des faisceaux fibro -vasculaires qui constituent les nervures des feuilles et les parties ligneuses du bois, qu’il faut donner une attention toute particulière pour déterminer les véritables rapports des végétaux entre eux. Malheureusement cette étude, quelquefois difficile même ‘sur les végétaux vivans, devieut d’une dificulté souvent presque insurmontable dans l’étude des fossiles. Il faut alors tàcher de retrouver dans les formes extérieures des indices de cette distribution des vaisseaux, et donner souvent plus d’importance à ces indices qu’à d’autres caracteres plus sensibles, mais moins essentiels.

Une assez, grande habitude de l'examen des fossiles végétaux est en outre nécessaire pour éviter les erreurs dans lesquelles pourroient conduire les changemens que la plante a éprouvés en passant à l’état fossile : ainsi il faut, 1.° déterminer les changemens dus à l’influence de la pression; 2° examiner s'il ne manque pas à l’échantillon quelques-unes des parties qui constituoient cette portion de plante à l'état vivant, si son écorce, par exemple, existe, ou si on na

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us les yeux qu’un noyau intérieur imparfait ; F3. s'assurer

‘euve dans la roche qui l'environnoit. a ‘rad cet examen minutieux on peut, en général, déter-

miner la sp” réelle de l'organe qui a été conservé à l'état

ouavoir la certitude qu’on n’a sous les yeux qu'un nt incomplet et indéterminable, dont il ne faut pas faire une espèce ou un genre particulier.

On doit ensuite chercher à déterminer quelle est la partie

échantillon représente la plante elle-même, ou sa sa contre-

de la plante qui a été ainsi conservée, si c’est la tige seule

ou avec ses féuilles, les feuilles, les fleurs, le fruit ou les graines, *d Puis ensuite , recherchant dans la distribution des vais-

seaux ou dans la forme extérieure qu’ils donnent aux organes, les caractères propres à faire reconnoître les grandes classes du régne végétal, on arrivera facilement, dans la plupart des cas, à déterminer la position de la plante fossile dans l’une de ces classes. La détermination des familles et Mes genres est fondée sur des caractères particuliers , que nous ne pouvons exposer ici; mais on voit qu'en donnant beaucoup d'attention aux caractères réellement importans de chaque organe , en connoissant bien l'ensemble du règne végétal, et en suivant une marche analytique qu'il est difficile de tracer d'avance, on arrive ainsi à exclure un grand

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. nombre d'êtres, parmi lesquels on ne peut chercher les

. analogues de la plante fossile qu’on étudie , et à la rapprocher “au contraire plus ou moins de ceux que nous connoissons éri desquels elle devoit se ranger.

La méthode que nous avons adoptée pour classer et dé- A nommer ces fossiles, est fondée également sur ces rapproche- mens plus ou moins intimes entre les plantes fossiles et Les “ plantes vivantes. se M Si l’analogie entre une plante fossile et une plante vivante “est telle que les différences ne sortent pas des variations

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