‹ Prodrome d'une histoire des végétaux fossilesChapitre 8 sur 116 · EE A · texte numérisé non relu

EE A

Conferva linum. On peut donner à cette espéce fossile le nom

de Confervites fasciculata (Hist. des végét. foss., tom. 1, p. 35,

lu

pl. 1,fig.1, 2,5). L'autre forme des masses arrondies, cotmposées de filamens courts, simples, roides, entrecroisés dans tous les sens : elle ressembleroit pour la forme générale au Conferva ægagropila, mais les filamens ne partent pas en rayonnant du centre; ils paroissent entrecroisés irréguliérement, ou bien ils forment peut-être des réseaux, comme dans les Hydrodiction; ce qui établiroit assez de ressemblance entre cette plante fossile et le genre que nous venons de citer, c’est qu’elle ne paroît pas avoir formé une masse trés-épaisse, mais une boule lâche, qui s’est aplatie complétement, et dans laquelle cependant on distingue encore les filamens qui la composent. Nous désignerons cette espèce par le nom de Confervites ægagropiloïdes (Hist. des végét. foss., p.36, pl. 1, fig. 4 et 5).

Le calcaire de Monte Bolca, si riche en fossiles marins, animaux et végétaux, paroît aussi renfermer des plantes de cette famille. J’ai observé dans la collection de M. Gazola, à Vérone, plusieurs impressions de cette localité célèbre, qui appartenoient probablement à des Ceramium ou à des Conferves marines; mais ces impressions étoient trop déliées et trop peu nettes pour qu’il fût possible de les dessiner et d’en bien étudier la structure : sur quelques-unes cependant on voyoit les traces des articulations, et l’une ä'entre elles portoit, vers les extrémités des rameaux, des grains noirs, semblables à la fructification des Céramiaires. On pouvoit y distinguer plusieurs espèces différentes, mais qu’il seroit trés- difficile de caractériser : elles se rapportent toutes aux Ceramium à filamens dichotomes ou simples, ét non pas à ceux dont les rameaux sont verticillés. Depuis j'ai vu dans la collection de M. le marquis de Dré une espèce de cette famille qui se rapproche beaucoup des Thorea et même de l'espèce la plus commune dans nos eaux douces, à laquelle M. Léman lavoit déja comparée. Cette analogie m’a engagé à lui donner le nom de Confervites thoreæformis (Hist. des végét.

foss., tom. 1, p.86, pl. o bis, fig. 3, 4).

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On avoit indiqué depuis long-temps des Conferves fossiles . dans les calcédoines et autres agathes arborisées; mais aussi beaucoup d'auteurs avoient pensé que toutes ces prétendues plantes étoient dues à des infiltrations inorganiques. Plus récemment M. Macculloch, qui a fait des recherches spécialessur tive sujet’, a admis que dans plusieurs cas il y a de véritables végétaux renfermés dans ces calcédoines; il assure y avoir quel- "quefois reconnu desarticulations : il a figuré en outre quelques plantes analogues à des Jungermannes, observées dans ces méê- . mes pierres, et qui, si les figures étoient bien exactes, sembleroient indiquer une origine végétale ; mais j'ai cherché inutilement de ces filamens d’origine végétale dans les calcédoines que j'ai pu observer : tous ceux que j’ai vus, offroient au contraire des caractères incompatibles avec ce qu’on connoît dans les Conferves, et qui semblent annoncer des infiltrations d'origine inorganique : tels sont en particulier l’irrégularité des

rameaux ou des filamens et leurs anastomoses sans ordre. Je viens d'indiquer les seules traces que je connoïsse de végétaux confervoïdes à l’état fossile : les uns, comme on voit, se … trouvent dans la craie et dans des couches qui paroitroiént ré-

ah la craie moyenne ou craie tufau de France; les autres

ppartièennent à des formations qui font partie des terrains de sédiment supérieurs. Je n’en connois jusqu'à présent aucun in- dice dans des terrains plus anciens que la craie, à moins qu’on ne voulût regarder comme appartenant à cette famille, des lamens épars ou fasciculés, simples ou plus souvent rameux , u’on observe quelquefois dans les schistés houillers, mais

« sur lesquels je n'ai jamais pu distinguer aucune trace d’arti-

* tro, et qui sembleroient devoir plutôt se rapporter à | des racines fibreuses et tres-déliées, analogues à celles de Dplusieurs plantes qui croissent dans l’eau.

1 Transact. géol., 1." série, vol. 2, p.50.

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2 Famiite. ALGUES.

Les végétaux vivans qui appartiennent à cette famille habitent presque sans exception le fond des mers; un petit nombre d'espèces seulement, appartenant à la tribu des Ulves, : croissent dans les eaux douces ou à la surface de la terre humide : tous sont caractérisés par une fronde continue, mem- ” braneuse, charnue ou coriace ; tantôt plane et disposée dans un même plan, tantôt cylindrique et irréguliérement rameuse , quelquefois présentant des feuilles distinctes de la tige qui les supporte. On n'y observe jamais aucun vaisseau; des cellules plus ou moins grandes et de forme variable composent seules le tissu de ces végétaux ; quelquefois cependant ce tissu, devenant plus dense, forme des sortes de nervures qui simulent celles des végétaux vasculaires, mais qui n’ont jamais la ténuité et la régularité de ces derniéres.

Les organes de la fructification consistent dans des capsules réunies dans l’intérieur de tubercules placés à la surface de la fronde, ou en séminules éparses ou réunies en groupes dans le tissu même de cette fronde. Cette différence sert à séparer la tribu des Fucacées de celle des Ulvacées, et peut même engager à les regarder comme deux familles distinctes. Mais ces caractères, ainsi que ceux qui ont servi a établir les genres, étant impossibles à observer dans la plupart des cas sur les fossiles, nous sommes obligés de considérer toutes les espèces de cette famille comme un seul genre, que nous désignerons” sous le nom de Fucoides. Nous avons seulement cherché à les distribuer autant que possible en sections naturelles qui cor- : respondent à un ou à plusieurs des genres qu’on a établis dans cette famille ; mais ces rapprochemens étant souvent un peu douteux , à cause de l'absence des caractères de la fructification dans la plupart des fossiles, nous avons préféré ne pas les adopter comme coupes génériques ; aussi n’avons-nous donné à ces sections que des caractères déduits de la forme

de la fronde. Les personnes qui voudroient étudier avec plus de détail les caractères des genres de cette famille, pourront avoir recours aux ouvrages publiés sur ce sujet par plusieurs savans botanistes, etparticuliérement par MM. Lamourouxet Agardh.

Les végétaux de cette famille qui habitent maintenaut les mers, n'y sont pas répandus avec uniformité, et, quoique nous soyons loin de connoître toutes les espèces qui croissent dans les mers des régions éloignées du globe, cependant on peut facilement remarquer que certaines tribus ou certains genres sont beaucoup plus fréquens dans telle région que dans

x telle autre, ou même sont restreints dans des limites qu’ils ne

dépassent plus actuellement.

* Ainsi, dans la tribu des Fucacées nous voyons le genre Sargassum, extrêmement abondant au milieu des mers équato- * riales , s'étendre jusqu'aux côtes d'Espagne et à la Méditerranée, et ne pas dépasser la latitude de 43°. Les genres Amansia , Thamnophora, sont presque dans le même cas; tandis que les vrais Fucus, et notamment les Laminaires , sont béaucoup plus fréquens dans les mers tempérées et surtout dans les mers qui approchent des pôles. Les Chondria, Spliærococcus, Delesseria

. et autres genres de cette section, dominent dans les mers des

M... M de: Ne . régions tempérées, et paroissent diminuer lorsqu'on s'éloigne

de cette zone pour s'approcher des tropiques ou du pôle. Dans la tribu des Ulvacées on observe également que les Ulves proprement dites sont beaucoup plus nombreuses dans ‘les mers des pays froids et des pays tempérés que dans celles » de la zone torride, tandis que le genre Caulerpa, l’un des plus

… naturels de cette famille est entièrement propre aux mers

‘’équatoriales ou australes ; uné seule espèce, assez différente des autres , s’avançant jusque dans la Méditerranée. Si de ces considérations sur la distribution de quelques-uns

de ces genres dans les mers actuelles nous passons à l'examen des genres qui dominent parmi les fossiles, nous verrons que

dans les terrains antérieurs à la craie nous trouvons plusieurs

espèces qui appartiennent à des genres maintenant entièrement propres aux zones les plus chaudes du globe, tels sont les Sargassum, qui se trouvent fossiles jusqu’en Suède, tandis qu’on n’en trouve aucune espèce vivante au-delà de 43° de latitude : tels sont surtout les Caulerpa que nous retrouvons dans presque tous les terrains de sédiment moyen, à l’île d'Aix, à Hôüganes, dans les schistes bitumineux du pays de Mansfeld , tandis qu’actuellement les espèces qui se ra chent le plus des espèces fossiles, ne croissent que dan

mers équatoriales ou dans l’hémisphéère austral. Dans les terrains de sédiment supérieurs, au contraire, ce sont desgenres et même des espèces des mers tempérées qui paroissent dominer : nous retrouvons bien à Monte-Bolca quelques espèces qui se rapprochent encore de ces Caulerpa des mers équatoriales, mais elles sont en petit nombre, tandis que la plupart des autres espèces appartiennent aux genres Delesseria, Dictyota, Chondria, etc., qui abondent dans nos mers. Quelques espéces même ne paroissent pas différer de celles qui

les habitent actuellement. Pour s'assurer de ce résultat, il

4e DEN AE e . . . Là 2 suffit de remarquer les indications de gisement que nous indi-

querons à la suite du catalogue que nous allons donner des es-

pèces fossiles de cette famille, ou de recourir à l’énumération que nous en donnerons par terrain, en traitant de la distribution des végétaux fossiles dans les diverses couches du globe."

Plusieurs des espèces que nous allons énumérer, avoient déjà été décrites depuis quelques années , soit par MM.

Sr

1 J'ai souvent adopté dans ces citations de gisement la nomenclature géologique établie par mon père, dans l’article THÉORIE DE LA STRUCTURE DE L'ÉcoRGe pu czose de ce Dictionnaire, auquel je renvoie pour la définition de ces diverses dénominations. Lorsque l’époque de formation est douteuse ou inconnue, j'ai cité à la suite les localités ; dans les autres cas on les trouvera indiquées dans l’énumération par terrain que je donnerai dans le second chapitre.

( 49 ) Agardh , Sternberg ou Schlotheim, soit par moi, et je viens de donner des descriptions détaillées et des figures de toutes ces espèces dans mon Histoire des végétaux fossiles.

FUCOIDES.

$. 1.” Sarcassrres. 79e portant des expansions foliacées, marquées de nervures.

… 1. Fucoines seprentrionaus , Hist. | Mines de charbon de

à a des vég. foss. , 1 > P- 5o , pl11, fig. 24; Hüganes en Scanie. … Sargassum septentrionale, Agardh, Act.

“ Holm., 1823, tab. 2. ga.

* 2. Fucoives Sternsereir, Hist. des | Terrain de sédiment

vég. foss., 1, p. 51,pl.5, fig. 1; Alga- | supérieur?

cites caulescens, Sternb. , F1. der Vorw.,

fase. 3, p. 37, tab. 36, fig. 1; Sargassum

bohemicum, Ag. , in Sternb. , ed. gall.,

fasc. 3, pag. 44; Fucoides bohemicus,

Sternb., T'ent. flor. prim., pag. 6.

$. 2. Fucrres. Fronde presque plane, rameusé, coriacé;

parcourue par une forte nervure moyenne.

À F 4 * » « LA 3. Fucoives srricrus, Hist. des vég. | Terrain de glauconie

foss., tom. 1, p. 52,pl.11,fig.1—5;| sableuse(Green-sand). Rhodomela diluviana, Ag., Sp. alg., 1,

$. 3. LaminariTes. Âronde membraneuse, cortace, dépourvue de nervure ou (raversée par une nervure simple. |

* % 4. Fucoipes Tusercurosus, Hist. des

Terrain de glauconie vég.foss. , tom. 1, p. 54, pl. 7, fig. 5.

sableuse.

) FU $. 4. Excœrrres. ronde simple, cylindroïde, renflée,

ponctuée à sa surface. d

Terrain jurassique schistoïde.

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