‹ Prodrome d'une iconographie descriptive des ophidiens et description sommaire de nouvelles espèces de serpents venimeuxChapitre 22 sur 25 · NT EE · texte numérisé non relu

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moins, en raison de la répulsion qu'ils inspirent et des difficultés, ainsi que des dangers que présente leur poursuite.

Peut-être ne connaissons-nous pas encore toutes les formes propres à ces animaux et ne sommes-nous pas arrivés au moment où 1l nous sera permis de les classer suivant la méthode dite naturelle, qui ne peut être établie tant qu'on ne possède pas encore bien la connaissance positive des caractères spécifiques vraiment distinctifs. Or la détermination de ces caractères peut être facilitée par l'examen des dents. Déjà, dans mon Catalogue du Musée de Milan, j'ai adopté, d’après les différences offertes par ces organes, trois grandes divisions : Aglyphodonta, Glyphodonta et Venenifica (Toxicodonta), et je les conserverai dans mon ouvrage. Seulement, je rangerai par séries parallèles, d’une part les Aglyphodontes et les Glyphodontes, et d’autre part, mais entre eux, certains groupes ou de la première ou de la seconde division. Afin de faciliter la recherche des espèces à déterminer, j'indiquerai par la même lettre, dans les deux groupes, les espèces qui peuvent être mises en parallèle (1).

Relativement à l'établissement des genres, je crois qu’il faut tenir compte des différences observées soit dans la forme et la disposition des plaques cutanées de la tête, soit dans l’ensemble des pièces osseuses du crâne. C’est, en effet, daps cette région que se trouvent les caractères les plus prononcés et les plus fixes, et, par conséquent, les plus propres à faciliter les coupes génériques, car cer-

(1) Supposons qu’on cherche à déterminer une espèce de Serpent qui ait la physionomie du genre Herpetodryas, lequel est un Aglyphodonte, mais dont la mâchoire supérieure soit armée, en arrière, de dents sillonnées, c’est, parmi les Glyphodontes, dans le genre portant la même lettre, savoir celui des Dryophylax, qui lui est parallèle, qu’il faut chercher sa place. M. Aug. Duméril (Revue de zoologie, 1854, p. 467 et suiv.) a déjà bien indiqué la convenance d’un semblabte classement par séries parallèles.

aines modifications extérieures correspondent toujours à celles de la boîte crânienne. On doit considérer comme moins importants les caractères fournis par les plaques sous-caudales ou urostèges, selon qu’elles sont entières ou divisées, et par les écailles, soit qu’elles portent une carène, soit qu’elles n’en aient point. Les Erpétologistes, d’ailleurs, conviendront que toujours de bonnes distinctions génériques offriront les plus grandes difficultés, puisque les espèces d’un même genre doivent porter une note distinctive semblable chez toutes. Au reste, le point important est d'arriver à bien distinguer les espèces, ce qui est rendu plus aisé par la division en genres quand ceux-ci sont signalés par une diagnose très-précise.

Dans mes descriptions, j'ai fait entrer uniquement ce qui est nécessaire pour faciliter les déterminations, en évitant les détails minutieux dont on est dispensé par l’exactitude des figures. Je dois faire observer ici que les couleurs étant ordinairement altérées ou effacées par l’action de l'alcool, elles ne peuvent pas servir comme moyen de distinction si l’on n’a pas vu l’animal vivant, et même alors on remarque de grandes variations tantôt purement individuelles, tantôt dues soit à l’âge, soit à des circonstances locales particulières. Les planches ne sont donc pas coloriées, mais elles portent les dessins dont les espèces sont ornées et qui, d'ordinaire, sont constants. Il y a même des genres, celui des Elaps, par exemple, dont on ne peut distinguer les espèces que par les différences que présentent les dessins des téguments.

Je considère comme étant de la plus haute importance tout ce qui concerne les plaques de la tête. L'examen de plusieurs milliers de Serpents ne m'a laissé aucun doute sur la fixité surprenante qui se remarque dans le nombre des plaques labiales, et surtout dans leur position relativement aux autres plaques avec lesquelles elles sont en contact; aussi me fournissent-elles un des caractères principaux pour la distinction des espèces, et j'ai, par ce

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motif, étudié toujours avec grand soin la position des labiales. J'ai même pu, par l'observation attentive des anomalies qu'on trouve souvent, reconnaître quel est, pour chaque espèce, l’état vraiment normal (1).

Le caractère principal se tire, lorsqu'on regarde de profil la tête du Serpent, de la position même des labiales, et spécialement de celles qui vont jusqu’à l’æil. On indique quelquefois, dans les ouvrages, ce fait que telle ou telle labiale se trouve sous l'œil, mais on ne parle jamais du contact des autres labiales avec les différentes plaques de Ja tête. Je suis persuadé, cependant, que cette indication serait également fort importante, et que même les particularités résultant de la position mutuelle des labiales d’une part, et, de l’autre, des nasales , ainsi que des plaques situées au devant de l'œil, doivent être plus spécialement encore prises en considération, à cause de la fixité des caractères qu’elles peuvent fournir (2).

(1) Par exemple, la plupart des individus appartenant à une même espèce ont 8 labiales supérieures; mais, si d’autres en portent 7 ou 9, j'ai trouyé, par mes recherches, qu’on peut indiquer avec certitude quelle est celle de ces plaques qui s’est soudée à une autre ou quelle est celle qui s’est divisée.

(2) La réalité de cette assertion peut être facilement démontrée. En voici quelques exemples : ainsi, chez aucun individu des nombreuses espèces du genre Elaps, la première labiale n’est située en arrière des narines ; toujours, au contraire, elle est parallèle à l’orifice nasal, qui est ouvert entre deux plaques.

L'espèce que je considère comme le type d’un genre est toujours placée la première. L'Elaps corallinus, prise comme type, possède : labiales supérieures, 7; inférieures, 7; frénale, manque; præ-oculaire, 1; post-oculaires, 2; temporales, 2, l’une derrière l’autre, 1/1.

De ces 7 labiales supérieures, la 1'° va jusqu’à la narine, la 2° va tout à fait ou presque complétement jusqu’à la fin de la nasale. Dans le premier cas, la 3° touche la præ-oculaire et l'œil ; dans le deuxième cas, elle touche aussi un peu la nasale ; la 4° arrive à l’œil et à la post-oculaire inférieure; la 5° est en contact avec cette même postoculaire et avec la temporale en avant; la 6° atteint Ja même temporale, mais à son angle postérieur, ainsi que la temporale suivante; la 7° est en rapport seulement avec cette dernière.

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Pour la dénomination des différentes plaques sus-céphaliques, j'ai adopté les termes employés par MM. Duméril et Bibron, excepté pour les Typhloïdes, dont la détermination devient plus facile si l’on fait usage, pour ces pièces de l’écaillure, de noms différents. Je dois faire observer, en outre, relativement aux temporales, que j'ai nommé ainsi uniquement celles de ces plaques qui arrivent jusqu’à l’angle de la bouche, et que je ne mentionne pas dans mes descriptions les autres plaques voisines de ces dernières, mais qui dépassent cet angle. J'indique toujours si les temporales sont situées régulièrement ou, au contraire, avec irrégularité, et enfin si, dans le premier cas, elles forment une, deux ou plusieurs séries. A la région inférieure de la tête, il importe surtout de tenir compte de la première paire des infra-maxillaires, c’està-dire de celle qui suit la mentale, car il y a une grande constance dans ses rapports de contact avec les labiales.

Des 7 labiales inférieures, la 4° est la plus grande, et il y en a trois qui touchent la première paire des infra-maxillaires.

Dans les autres espèces d’Elaps, les déviations constantes de ce type sont des caractères différentiels tout à fait positifs.

Il suffit quelquefois d'examiner une seule des labiales pour distinguer l’une de l’autre deux espèces voisines. Ainsi il n’y a que deux espèces du genre Elaps, qui en renferme vingt-huit à ma connaissance, où la 6° labiale touche directement la temporale, qui est unique, ce sont les E. colluris, Schlegel, et E. decoratus, mihi; elles offrent, d’ailleurs, entre elles, d’autres différences.

Le Naja haje, si semblable quelquefois, dans l’ensemble de ses caractères, au Naja tripudians, est distinct cependant de ce dernier par la position même de la 6° labiale. Dans la première de ces deux espèces, en effet, cette plaque est haute et touche les post-oculaires, tandis que, chez la seconde, elle est basse et entre en contact seulement avec la temporale. Il faut même noter, ainsi que l’a fait observer M. Aug. Duméril dans sa Note sur les Reptiles du Gabon (Rev. de zoologie, 1856, p. 554), que les individus appartenant à l’espèce dite Naja haje, et originaires du Cap ou de l'Afrique occidentale, ont trois post-oculaires, et que chez ceux d'Égypte il y a, en outre, deux plaques sous-oculaires, ce qui constitue un anneau de cinq plaques, de sorte que l’œil n’est pas en contact immédiat avec les labiales,

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Relativement aux dénominations des espèces déjà connues, j'ai, autant que possible, respecté le droit de priorité. Quand, parmi les espèces nouvelles communiquées par les Musées, il s’en est trouvé que certains Erpétologistes ont considérées comme distinctes, sans les avoir cependant décrites, les noms donnés par eux ont presque toujours été conservés.

Quelques mots encore sont nécessaires pour expliquer ce qui concerne les figures, par mon élève M. F. Sordelli, qui ont été dessinées sous mes yeux et dont j'ai dirigé l’exécution.

Pour chaque espèce, il y a une représentation de l’animal entier avec les dessins caractéristiques soit de la région supérieure, soit de l’inférieure. La tête, isolée, est vue en dessus, en dessous et de profil, et il en est de même pour les crânes, auxquels des planches spéciales sont consacrées. Les anomalies que j'ai observées dans les plaques et dans leur position, sont aussi figurées, ainsi que les différentes variétés ; c’est ce qui a motivé pour l’Herpetodryas carinatus, par exemple, l'exécution de 26 planches. Toujours est joint un dessin séparé de la plaque rostrale, si souvent caractéristique, ainsi que de quelques-unes des écailles du tronc, amplifiées quand il est nécessaire, dont le nombre sérial est exactement indiqué. Ces séries, dans mes descriptions, sont ordinairement comptées près de la tête, à la partie moyenne du tronc, puis immédiatement en deçà et au delà de l’orifice anal, régions où les nombres sont constants ; elles sont comptées, en outre, au milieu de la queue et à sa pointe. Quoique la numération des plaques abdominales et sous-caudales n’ait qu’une importance secondaire en raison des différences qu’elle permet de constater, j'en ai cependant mentionné avec soin les résultats. Enfin les Serpents sont représentés dans leur grandeur naturelle toutes les fois que le format in-4°, adopté pour l'ouvrage, l’a permis.

Je me borne ici à ces observations préliminaires, réser-

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