‹ Prodrome d'une iconographie descriptive des ophidiens et description sommaire de nouvelles espèces de serpents venimeuxChapitre 24 sur 25 · L'ICONOGRAPHIE DENCRIPTIVE DEN OPHIDIEN · texte numérisé non relu

L'ICONOGRAPHIE DENCRIPTIVE DEN OPHIDIEN

par M. JAN,

directeur du musée de Milan.

La difficulté de saisir les caractères spécifiques des Ophidiens a, sans doute, beaucoup contribué à retarder leur connaissance, de sorte que bien des descriptions et figures données par les auteurs qui se sont occupés de cet ordre des Reptiles sont quelquefois si vagues et inexactes, et la synonymie si embrouillée, que la détermination de beaucoup d’espèces est difficile et souvent incertaine. Même, si l’on croit être sûr d’avoir déterminé une espèce selon les descriptions et figures que renferment les traités d’erpétologie ou les journaux scientifiques, on est bien surpris quand on a l’occasion d'examiner les individus qui ont servi pour établir la même espèce, c’està-dire les types, car on ne leur trouve que peu ou pas de rapports avec les descriptions et figures qu'on a voulu donner comme caractéristiques de l'espèce.

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En me dévouant à l'étude des Serpents avec persévérance pendant plusieurs années, je me suis bientôt persuadé que, si je voulais rendre quelque service à la science, la seule manière serait de me procurer le plus grand nombre d'individus de chaque espèce et les types principalement qui ont été décrits et figurés dans les ouvrages et sont devenus, par cela même, d’une grande importance (1), c'est ce que je n’ai pas manqué de faire toutes les fois que cela m’a été possible.

MM. Duméril, par la communication libérale de toutes les espèces contenues dans la riche collection du musée de Paris et qui manquaient à celle de Milan (laquelle, à présent, n’est inférieure à aucune des collections d'Europe pour le nombre des espèces de Serpents qu'on y conserve (2)) ou qui étaient douteuses pour moi, ont le plus contribué à m’encourager dans mes études.

C’est pourquoi je me suis proposé la publication, dans des circonstances favorables, d'une Iconographie, qui contiendra seulement les descriptions et les figures des

(1) Dans la collection des Serpents du musée de Munich, qn’on m'a envoyée entièrement pour que je pusse l’examiner, ik y avait tous les individus, types des espèces décrites par Wagler, étiquetés encore de sa main et qui ont servi pour tracer les figures dans l’ouvrage de Spix, Serpentum brasiliensium species novæ, 1824. J'ai aussi reçu, du musée de Gottingue, les types des espèces décrites par M. Berthold, et, de celui de Hambourg, les Serpents qui ont été décrits et figurés par MM. Schmidt et Fischer. Le riche envoi de Pinstitution Smithsonienne de Washington comprenait seulement des espèces nommées, par MM. Baird et Girard, dans le Catalogue of north American Reptiles in the museum of the Smithsonian institution. — Part. I. Serpents. — 1853.

(2) L'espèce la plus rare de notre collection est l’'Erpeton tenlaculatum, Lacépède, précieux cadeau de M. Enole Turati, un des conservateurs du musée. Le musée de Paris possédait seul ce singulier Serpent, probablement rapporté de Hollande en France, avec d'autres objets d'histoire naturelle du cabinet du stathouder, vers 1800, mais dont les couleurs sont effacées ; chez le nôtre, au contraire, qui est tout frais et dans un état parfait, elles sont très-bien conservées.

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espèces que possède notre musée ou qui m'ont été communiquées par les autres. Quoiqu'il soit toujours de quelque utilité pour l’étude des Serpents, si l'on traite consciencieusement de peu d’espèces, de donner soit des descriptions exactes, soit des figures soignées, qui sont préférables aux meilleures descriptions, lorsqu'elles sont de portrait fidèle de l'animal, et qu’elles sont accompagnées de tous les détails caractéristiques quelquefois grossis à la loupe, on ne doit pourtant pas supposer que, par la limitation sus-indiquée de mon travail, il reste trop incomplet, ainsi qu'on pourrait être porté à le croire.

Les musées de Milan et de Paris ont été les sources principales où j'ai pris les figures des espèces admises dans mon {conographie. Mais ce ne sont pas les seuls, et, dès ce moment, je suis très-heureux de pouvoir exprimer ma plus vive reconnaissance aux directeurs de musées et aux possesseurs de belles collections particulières, qui ont bien voulu m'envoyer, en pleine confiance, tous les Serpents que je désirais, et souvent même les collections entières, pour les étudier et les déterminer tout à mon aise. Beaucoup de musées m'ont fait, plusieurs fois, des communications alors qu'ils avaient fait des acquisitions nouvelles. De mon côté, j'ai toujours effectué le renvoi dans le temps le plus court qu'il m’a été possible. Ce généreux secours prêté par les naturalistes a été d’une incalculable importance pour le perfectionnement de mon travail. Voilà les noms des villes où se trouvent les musées et les collections d’où l’on m'a fait des envois: dans l’année 1856, Zurich, Pavie, Mayence; 1857, Paris, Gottingue, Leipsick, Bonn; 4858, Francfort, Turin, Bologne, Pesth, Halle, Vienne, Trieste, Munich, Breslau, coll. de M. Wespthal-Castelnau, à Montpellier, Prague, Dresde, Amsterdam, Strasbourg; 1859, Giessen, Hamboure, Bâle, Leyde, Institution Smithsonienne, à Washington. D'autres envois intéressants m'ont été promis, surtout par S. À. le prince Maximilien de Wied-Neuvwied, à Neuwied,

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et par M. le D' André Smith, à Londres, possesseurs de riches collections de Serpents.

Par ces marques de confiance et par ces communications libérales reçues dans le cours de quatre années, lenombre des espèces déjà figurées et décrites dépasse 900 (1). J'espère qu'en y joignant les espèces du musée de Leyde et d'autres, qui voudront bien, à ce que j'ai lieu de croire, répondre à mon appel, les espèces parvenues à ma connaissance seront bientôt au nombre de 1,000 au moins, ce qui est le double de celles qu'on trouve jusqu'à présent décrites dans les ouvrages.

Dans le Prodrome des Serpents venimeux (Rev. zool., 1858, p. 514; 1859, p. 122 et 148), 11 s’est glissé quelques fautes qui, les plus graves au moins, réclament des rectifications. En même temps, je dois prévenir que M. Aug. Duméril, qui m'a fait la faveur de revoir les épreuves pendant l’impression de mon travail, a désiré y joindre l'indication des espèces du musée de Paris qui ne m’ont pas été communiquées, parce que je ne les avais pas demandées. Mais, comme je l’ai dit dans le Prodrome (1858, p. 515, et p. 4 du tirage à part), je voulais nommer seulement les musées et les collections particulières où se trouvent les individus qui ont servi pour les descriptions et pour les figures dont elles sont accompagnées. Je regrette, par conséquent, que l'addition de M. Duméril m’ait empêché d'atteindre le but principal que je me proposais et qui était de faire connaître les collections où se trouve individu qu'on a figuré, l'indication de plusieurs musées devant correspondre précisément au nombre des

(4) Le nombre des espèces de Serpents venimeux qui sont figurés jusqu’à présent pour mon Zconographie est de 136, et, comme souvent les détails exigent deux feuilles de dessins, et qu’en outre on a figuré aussi toutes les variétés, le nombre des feuilles, format in-4, est de 366. — Ayant eu en communication les têtes osseuses que possède le musée de Paris, en y comprenant celles de notre collection, le nombre total des têtes dessinées est de 296.

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divers portraits qu'on à faits de chaque espèce. La confusion à ce point de vue spécial, et qui est résultée de cette addition, aurait été évitée, si les espèces que je n’ai pas reçues avaient été signalées d’une manière différente des autres, par exemple avec des P. en lettres cursives, ou hors des parenthèses, qui devaient comprendre seulement l'indication des figures. Une rectification est donc devenue indispensable, etje ne crois pouvoir mieux faire que de signaler par leurs numéros respectifs les espèces qui existent au musée de Paris, mais que je n’ai pas reçues en communication. Elles sont indiquées en note (1).

Page 521, Rev. z0ol., 1858 (page 5 du tirage à part), Elaps multifasciatus (n° 4) est peut-être un jeune individu de l'E. semipartitus, Dum., Bib., dont l'E. decussatus est une variété.

Page 517, Rev. zool., 1858, on doit exclure l'Elaps caligaster, Wiegm. (ne 47), et p. 518 (pages 6 et7 du tirage à part), l'E. collaris, Schleg. (n° 23) des espèces américaines, et les placer tous les deux avec les Elaps asiatiques.

Le mot Carthagène, par lequel on a indiqué la patrie de l'Elaps caligaster, appartient, en effet, à l'E. Dumerilii, décrit dans l'Erpétologie générale sous le nom Æ. WMarcgravir, tandis que le véritable Æ. Marcgravii de Merrem y porte le nom d'£. frontalis D. B. L’E. caligaster ainsi que l'E. coliaris sont indigènes de Manille. Quant à cette dernière espèce, j'ai été induit en erreur par l'Erpétologie générale où (vol. VII, p. 1212), en parlant de l’£. gastrodelus D. B. {synonyme d’Æ. collaris, Schleg.), on trouve ces mots : & Origine inconnue, peut-être vient-il des Antilles. »

(1) IE, 1, 7, 11, 14, 27, 28. — IV, 1. — VI, 1. — VII, 1. — X, 3 — XI, 1, 2. — XII, 2 — XII, 2 et var. ægypliaca. — XV, 1, 2. — XX, 1, 12, 19. — XXI, 1, seulement l'espèce. — XXII, 1. XXII, 1et var. presler, 2, 3, 4, 8, 11, 15. — “HN, 1, seulement l'espèce, 2, id., 3, 5, 6. — XX, 1, 2, 3, 4, 6, 7, 9, 11, 12, 17,; 20,22;

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On voit dans la coloration même de ces deux espèces une tendance des anneaux à disparaître, formant ainsi un beau passage aux espèces à raies longitudinales. Elles doivent donc précéder les autres Elaps asiatiques de la

manière suivante :

Espèces asiatiques.

A. Bandes entières alternant avec des demi-bandes ; labiales, six; temporales, 3 — 2/1.

E. caligaster, Wiegm. (P.).— Manille.

B. Sans bandes dessus, des demi-bandes dessous, qui montent sur les flancs ; sept labiales, la sixième touchant aux pariétales ; une seule temporale.

E. collaris, Schleg. (P. Stuttgard. Vienne). — Manille.

Page 518 (1858), et page 7 du tirage à part, l’Elaps lubricus, Laur. (n°28), s’éloignant beaucoup des autres Elaps par nombre de caractères très-saillants, et se rapprochant davantage des genres Sepedon et Causus, je sépare maintenant cette espèce des Elaps africains pour former, avec les Sepedon et Causus, un seul genre très-naturel auquel je donne le nom Aspidelaps, déjà employé par Fitzinger pour l’Elaps lubricus (1).

(1) J'ai oublié, en parlant des Serpents colubriformes de Schlegel, que le Sepedon hæmachates n’est pas le seul qui ait les écailles carénées ; les Causus rhombeatus et Lichtensteinii ont aussi des carènes sur le dos. Cette dernière espèce, nommée par moi, est signalée dans une Étude sur les Reptiles et les Poissons de l'Afrique occidentale, que M. Aug. Duméril fait paraître dans les Archives du muséum, t. X, où sont indiqués tous les Ophidiens de cette région venus, jusqu’à ce jour, à ma connaissance. Son travail renferme une planche exécutée d’après des dessins de mon Zconographie descriplive maauscrite. Cette planche présente les caractères essentiels de cinq Typhlopiens que j'ai nommés Typhlops Troscheli et T. cæcatus, Onychocephalus Kraussi, O. Hallowelli et Stenosloma Sundevalli.

En examinant plusieurs individus de l'Aspidelaps lubricus, j'en

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Division du genre.

A. Une pré-oculaire; 2 ou, par anomalie, 3 post-oculaires ; les 3° et 4° plaques labiales touchant l'œil. * Ecailles lisses.

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