PÉNÉTRATION DE L'BAU DANS LB8 ROCHES
tenace. Mais ses autres caractères se modifient également, et TeBét produit est tout différent de celui dont il est ici question : il y a métamorphisme.
iumi «e l'eatn tfaiii les rociie». — « Une rocbe desséchée à Fair libre^ dit M. Delesse ^ telle que nous la voyons dans nos collections^ présente des caractères tout différents de ceux qu'elle a dans la nature. Dans Tintérieur de la terre, elle est
constamment soumise à Tinfiltration, ou tout au moins imbibée par l'humidité, car la capillarité fait pénétrer Teau jusque dans ses pores les plus ténus. Dans nos collections, au contraire, elle est à un état qu'on peut appeler exceptionnel , et qui ne ne donne même qu'une idée assez imparfaite de son état réel. Sa cohésion a beaucoup augmenté, et souvent aussi sa couleur a changé. »
Toutes les roches ne se laissent pas également imbiber par l'eau. D'après les expériences de Thurmann, les roches penvent se partager en trois groupes sous le rapport de leur degré d'hygroscopicité. Le degré d'hygroscopicité est compris, pour le premier groupe, entre 0 et 5; pour le second, entre 5 et 40; pour le troisième , entre iO et 30. Dans le premier groupe se trouvent les granités, les basaltes, les trachyles, les calcaires compactes et oolitiques, quelques roches schisteuses; dans le second, la plupart des grès, la mollasse, les calcaires crayeux, les limons graveleux ou sableux, les granités et les gneiss très kaoliniques, les basaltes très altérés; dans le troisième, les marnes et les argiles de tons les terrains. Dans ces apprécia^ tioBS, toutes approximatives , il est question de la perméabilité (tes roches en petit, et non de leur perniéabiHté en grand. Les calcaires sont très peu hygroscopiques ; mais les fissures qui les traversent dans tous les sens les rendent très perméables en grand.
Le degré de perméabilité des roches exerce une grande influence sur le régime hydrographique souterrain. La présence de Teau dans les roches^ en s'opposant au contact immédiat de leurs parties constitutives^ est une circonstance défavorable à leur consolidation. En6n, en les rendant plus souples ^ elle exerce sur elles une influence qui permet d'expliquer certaines particularités offertes par leur structure et leur stratification.
La disparition de Teau dite de carrière a toujours pour résultat d'augmenter la ténacité d'une rocbe^ soit en permettant à ses éléments constitutifs de se toucher immédiatement^ soit en laissant^ à la place de Teau évaporée^ un résidu plus ou moins cristallin qui fait fonction de ciment. Les carriers ont soin de tailler les pierres d'appareil avant que l'évaporation de l'eau de carrière en ait accru la dureté^ et les hommes primitifs^ qui se servaient d'instruments en silex, devaient travailler cette substance immédiatement après l'avoir extraite du sol. Le tuf, d'abord si tendre , devient plus tenace lorsqu'il est exposé à l'air. L'argile des lacs et des rivières, molle et quelquefois plastique, devient très dure lorsqu'elle est desséchée. Diverses substances , également très dures dans nos coUectionSi avaient, lorsqu'on les a extraites du sol, un certain degré de mollesse ou de flexibilité : telles sont l'émeraude, la calcédoine, l'asbeste, etc.
coiorauon des roches. — Certaines roches offrent une coloration qui leur est spéciale, et qu'elles tiennent de l'élément ou des éléments qui les constituent ; telles sont les roches talqueuses plus ou moins verdâtres, les roches ferrugineuses dont les couleurs varient du jaune au rouge plus ou moins brun, le bitume, le soufre, etc. Les roches calcaires et les argiles devraient être normalement blanches, et le sont quelquefois;