‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 109 sur 149 · TEXTURE DES BOCHES · texte numérisé non relu

TEXTURE DES BOCHES

Touraine est un calcaire blanchâtre ou jaunâtre , non traçant^ sableux^ à texture grossière.

Texture compacte, — Une roche est compacte , lorsque ses éléments sont excessivement atténués et ne laissent entre eux aucun vide. Cette texture existe dans les marbres et dans un gi^nd nombre de calcaires appartenant à tous les terrains. Certains calcaires compactes présentent des parties cristallines sous forme de lamelles miroitantes et de veines spathiques. Ils établissent ainsi un passage entre la texture compacte et la texture cristalline.

Texture cristalline, — Le sel gemme et la plupart des roches silicatéeset siliceuses ont une texture cristalline. Parmi lesautres roches^ cette texture apparaît moins souvent : elle existe notamment dans le calcaire saccharoîde et dans quelques calcaires des périodes azoîque et paléozoîque. Le gypse est aussi une roche normalement cristalline. L'albâtre proprement dit^ ou albâtre gypseux, est du sulfate de chaux à texture serrée, très blanc et translucide , quelquefois veiné de gris ou de blanc jaunâtre.

Texture fibreuse, — Une roche cristalline a une texture fibreuse lorsque ses éléments forment des séries rectilignes ou des fibres placées les unes à côté des autres. Elle a une texture rayonnécy lorsque les fibres convergent vers un même point. La texture fibreuse ou rayonnée appartient aux stalactites^ aux stalagmites et aux roches dites concretionnées. L'albâtre cal^ Caire ou albâtre antique est du calcaire concrétionné, que Ton recueille dans les grottes ou dans les anfractuosités des cal* caires stratifiés.

Texture vitrettse. — Cette texture, quil ne faut pas confondre avec la texture cristalline , appartient à quelques roches volcaniques^ mais ne s'observe pas dans les roches de sédiment,

Texture oolitique, — Voir page 499.

498 PRODROBfE DE GÉOLOGIE.

CMMorc. — Le choc du marteau nous fait conuaitre le degré d'adhérence qui existe entre les divers éléments d'une roche* * Il est inutile d'expliquer ce que l'on entend par roche friable ou tenace. Une roche est aigre ou fragile, lorsqu'elle se partage aisément en fragments , de sorte qu'il est difficile d'en pré* parer des échantillons convenables.

La surface des fragments séparés par le coup de marteau offre diverses particularités que l'on doit mettre au nombre des caractères distinctifs des roches. Une roche montre une cassure :

Unie, lorsque la surface des fragments est parfaitement lisse; cette cassure indique que les parties de la roche sont très ténues ou si fortement cimentées entre elles^ que le plan de séparation les coupe sans être dévié de sa direction. Exemple : le calcaire lithographique.

Grenue, lorsque la surface des fragments offre des aspérités plus ou moins arrondies; dans ce cas, le plan de séparation ne coupe point les grains, mais en suit tous les contours.*

Esquilleuse : la surface des fragments présente des parties à demi détachées sous forme d'esquilles ou d'écaillés; celte cassure s'observe dans le quartz et dans beaucoup de calcaires compactes.

Plane, anguleuse y conchoïde : il y a, entre ces trois sortes de cassures, la même relation qui existe en géométrie entre une surface plane , une surface brisée et une surface courbe. La cassure conchoïde est ainsi nommée parce que les deux frag-ments en contact ont, l'un une partie convexe, et l'autre une partie concave qui se correspondent de manière à simuler l'empreinte d'une coquille bivalve.

Les parties dont une roche se compose forment quelquefois un tissu tellement serré que l'eau ne peut circuler dans sa

TfiXTURC OOLITIQUE. 499

masse. D'autres fois, des vides imperceptibles à l'œil mi existent dans une roche qui est dite poreuse : c'est la porosité au maximum qui fait la propriété des roches filtrantes. Quand les ▼ides sont visibles^ la roche est dite bidletise, alvéolaire, cel^ Itdiaire, spongieuse, etc., suivant la forme et le nombre de ces vides. La texture du tuf est spongieuse. Celle du travertin est bulleuse ou cellulaire : les vides y sont arrondis ou afTectent la forme de tubulures allongées, produites par les gaz que contenait le travertin pendant sa formation.

VBitnrc oonu«M. — Certaines roches , surtout les roches cal* caires et ferrugineuses, contiennent des grains arrondis qui ont été appelés oolites (a>ov, œuf; XtOoç, pierre), soit à cause de la ressemblance de ces grains avec des œufs de poisson , soit parce qu'on les a considérés comme résultant en réalité de la pétrification d'œufs d'animaux marins. Ces grains sont quelquefois si nombreux que la roche à laquelle ils appartiennent, et qui est dite oolitique, en est exclusivement composée.

Les oolites ont , dans certains cas, d'un à quelques millimètres de diamètre; leur volume et leur dimension sont alors uniformes dans toute l'étendue d'un^ ou de plusieurs couches.

Mais on rencontre souvent des oolites qui ont un plus fort volume. Dès que ce volume égale celui d'un pois, le nom d'oolite se change en celui de pisolitc (iricrov, pois; Xi6o<, pierre). A mesure que leur dimension augmente, les pisolites cessent d'être parfaitement sphériques; elles tendent à prendre une forme irrégulière et à devenir ovalaires , tubereuleuses ou aplaties.

Les pisolites sont formées par la juxtaposition de couches concentriques par rapport à un corps intérieur, qui est presque toujours de nature étrangère, et souvent un fragment de coquille.

Elles peuvent^ en même temps, posséder une texture rayonnée. Cette disposition s'observe aussi dans les oolites, mais devient de moins en moins discernable à mesure que leur volumediminue.

Diverses causes ont été successivement invoquées pour expliquer la formation des oolites et des pisolites. Les anciens géologues y avaient vu des jeux de la nature ou des grains de sable arrondis par l'action des eaux. D^autres leur supposaient une origine organique : ils les considéraient , les uns comme des graines de plante y les autres comme des œufs de poisson ou d'animaux marins. A ce dernier ordre dt causes se rattache une opinion émise par M. Yirlet d'Aoust. Dans le lac salé de Texcuco, près de Mexico , se trouve en voie de formation un calcaire marneux renfermant souvent des oolites identiques d'aspect, de forme, de grosseur, avec les oolites miliaires du terrain jurassique. Ces oolites sont des œufs de mouches recouverts et incrustés enstiile par le sédiment calcaire que déposent journellement les eaux du lac. Ces œufs, qui servent d'aliment aux Indiens, sont pondus par deux espèces d'hémiptères du genre Cortxa. Les individus appartenant à ces deux espèces plongent au fond du lac, et déposent leurs œufs sur les corps qu'ils trouvent à leur portée.

Sans contester l'exactitude et le mérite de l'observation de M. Yirlet, je ne saurais en déduire, comme il le fait, la théorie de la formation des oolites. Tout au plus peut-on dire que, dans le lac de Texcuco, les œufs de corize fonctionnent comme centres d'attraction , au même titre que les fragments de coquilles placés au milieu des oolites et des pisolites. Il ne faut pas, en eflTet, perdre de vue que l'explication de l'origine des oolites doit être également vraie pour les pisolites, qui ont souvent un ou deux pieds de diamètre, et que l'on ne saurait considéra comme ayant été des œufs.

Page 1