‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 108 sur 149 · TEXTURE DES ROCHES · texte numérisé non relu

TEXTURE DES ROCHES

jaunâtre de la roche^ qui en forme toujours l'enveloppe extérieure^ parait avoir été produite par l'altération de la partie bleue. La couleur bleue aurait été^ dans l'origine, répartie dans toute la masse^ et l'on remarque en effet que les couches les plus éloignées du sol sont celles dont la coloration s'^t le mieux conservée. J'ai trouvé que le calcaire bleu de l'oolite inférieure (cornbrash) contenait environ deux millièmes de bisulfure de fer (pyrite à l'état bleu d'Ebelmen), tandis que le calcaire jaunâtre qui forme l'enveloppe n'en renferme pas. La coloration bleue parait due à cette petite proportion de bisulfure de fer disséminée dans toute la masse, et qui disparait lentement sous l'influence oxydante des eaux d'infiltration. »

Quelle que soit la substance qui colore une roche, sa nuance est toujours plus vive et plus foncée par un temps humide ou pluvieux. C'est ainsi que les marnes, d'un gris bleuâtre par un temps sec, deviennent d'un noir bleuâtre lorsqu'elles sont mouillées par la pluie.

— Parmi les causes qui déterminent la texture d'une roche, il faut signaler, en première ligne, le volume et l'homogénéité de ses éléments. De ces deux circonstances résulte d'abord la distinction essentielle qui doit être établie entre les roches détritiques et le» roches formées par voie de précipitation chimique. Quant à celles-ci , les circonstances qui leur impriment leur aspect et leur texture sont non seulement le degré d'homogénéité de leurs éléments constitutifs, mais aussi et surtout le mode dont s*est effectué leur dépôt.

Si la précipitation des éléments constitutifs d'une roche s'effectue soit d'une manière rapide, soit dans une eau agitée, la roche qu'ils édifieront offrira une texture grossière, un

aspect plus ou moins terreux, une consistance friable. Si larrÎTée de ces éléments s'effectue d'une manière lente et r^:ulière, si les eaux où ils se réunissent sont tranquilles, il 9e proproduira une roche à grain serré, à texture compacte, à consistance plus ou moins tenace. Or, les eaux sont d'autant plus tranquilles qu'elles sont plus profondes, car^ dans ce cas, elles se trouTent en dehors de l'influence des vagues et des courants. On voit comment le degré de compacité d'une roche est, pour ainsi dire» fonction de la profondeur des eaux qui Font reçue.

Je vais successiTement indiquer les termes employés pour caractériser la texture des roches.

Texture terrettse. — C'est celle des marnes et des argiles, lorsqu'elles sont sèches ou qu'elles offrent une consistance friahle. Le limon possède cette texture au plus haut degré.

Texture crayeuse. — Elle a pour type la craie, improprement appelée blanc d Espagne. La craie , dont on connaît les usages, est un carbonate de chaux pulyérulent et tachant. Vue au microscope, elle se montre composée de deux parties : Tune, inorganique et cristalline, formée par du carbonate de chaux: l'autre organique , résultant de l'agglomération des dépouilles d'animaux microscopiques; un pouce cube de craie contient un million de ces dépouilles.

Texture tufacée. — Je renvoie le lecteur à la page 329, où j'ai déjà parlé du tuf et du travertin.

Texture grossière. — Cette texture est celle de certains calcaires qui ne sont pas compactes et qui, pourtant, n'ont l'aspect ni du tuf ni de la craie. Le type de cette texture nous est fourni par le calcaire en usage à Paris pour les constructions. Ce calcaire est ordinairement formé de débris de polypiers et de coquilles réunis par un ciment calcaire. La croie tuftai de

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