CHAPITRE m
QosMOGoms : passé st avenir du globe : permanence de sa constitution SIDERALE PENDANT LES TEMPS GEOLOGIQUES.
Origine do globe : hypothèses de Buffon , de Laplace et d'Herschel. — Période cosmogoniqae : apparition du nacléus; la terre passe de Tétat de nébaleuse à celai de soleil. — Période platonique : la terre devient Qo astre non lamineax par lui-même; apparition de Técorce terrestre ; iccomalation des eaux sous forme d'océan. — Période géologique : le globe à rétat de planète ; apparition de la terre ferme et do la vie à la surface du globe. — La terre destinée à passer à Tétat de lune, et à perdre son atmosphère et son océan. — Variations dans la forme elle volume du globe : abaissement progressif du niveau de l'océan. — Les conditions de Texistence sidérale de la terre n'ont pas sensiblement varié pendant les temps post-cosmogoniques : preuves géologiques ; preuves astronomiques.
0MsM«rmllOB« etMmofonltaes: liypotlièftet de Baflén cl de i.apl«ce.—
Tous les indices de Tunité d'origine du système solaire n'avaient pas échappé au génie de Buffon et avaient conduit ce grand naturaliste à formuler Thypothèse suivante. Le soleil existait antérieurement aux planètes ; il aurait été heurté obli* quement par une comète> dont le choc aurait eu pour résultat de projeter dans l'espace un torrent de matière fluide et incandescente. Les parties les moins denses de ce torrent, entraînées à une plus grande distance, en vertu de leur faible pesanteur spécifique, auraient fourni les éléments des planètes les plus éloignées. Les parties les plus denses se seraient maintenues très-près du soleil et auraient formé Mercure , Vénus ,
la Terre et Mars. Je crois inutile d'insister sur Timpossibilité d'admettre la théorie cosmogonique de Buffon.
Il est presque certain que tous les corps dont le système planétaire se compose constituaient jadis une seule masse, qu'une température très-élevée maintenait à l'état gazeux. Quant au mode dont le partage et la condensation de cette masse se sont opérés, il a été émis deux opinions un peu différentes que je vais mentionner.
Dans une note placée à la fin de son Exposition du système du monde, Laplace formule sa théorie cosmogonique de la manière suivante.
Dans son état primitif, le soleil ressemblait aux nébuleuses que le télescope nous montre composées d'un noyau plus ou moins brillant, entouré d'une nébulosité qui, en se condensant à la surface du noyau, le change en étoile. Si l'on conçoit, par analogie, toutes les étoiles formées de cette manière, on peut imaginer leur état antérieur de nébulosité, précédé luimême par d'autres états dans lesquels la matière nébuleuse se montre de plus en plus diffuse , le noyau étant de moins en moins lumineux. On arrive ainsi, en remontant aussi loin quil est possible, à une nébulosité tellement diffuse que ron pourrait à peine en soupçonner l'existence.
L'atmosphère solaire ne s'étendait pas indéfiniment; sa limite se trouvait au point où la force centrifuge, due à son nMMivement de rotation, balançait la pesanteur. Mais à mesure que le refroidissement resserrait cette atmosphère et condensait à la surface du soleil les molécules qui en étaient voisines, le mouvement de rotation de cet astre augmentait. La force eentrifbge due à ce mouvement croissait aussi, et la limite où la pesaoteiir lui est égale se rapprochait du centre du soleil. Celui-ci abandonnait tes molécules situées à cette limite et aux
CONSIDÉRATIONS GOWOOONIQUBS. iltt
limites successiTes produites par raccroissement de sa rotetiod. Les zones de vapeurs y abandonnées Tune après Tauttë, ôdt tormé, par la condensation et l'attraction mutuelle de leurs molécules^ dirers anneaux concentriques de vapeurs circulant autour du soleil. Chaque anneau de vapeurs s'est rompu en lilusiettfs masses^ qui ont pris une forme sphéroïdale et ont eootiiiué de circuler autour du soleil. Un refroidissement ultérieur a dà former^ au centre des planètes en vapeurs, un noyau s'accroissant sans cesse par la condensation de Tatmosphère qui Tenvironnait. Dans cet état^ chaque planète resaemUait parfaitement au soleil , centre de la nébuleuse primitive; le refroidissement a donc pu produire^ aux diverses limites de son atmosphère^ des phénomènes semblables à ceux qoe nous avons décrits^ c'est-à-dire des anneaux et, par âuite, des satellites circulant autour de son centre.
et tv. ■crtcbci. — Exposons maintenant, en peu de mots, la théorie cosmogonlque de William Herschel qui, que^ qaes années avant Laplace, avait rattaché également Torigine da système solaire à une nébuleuse.
W. Herschel avait fait, le premier, une étude approfondie des nébuleuses qu'il divisait en nébuleuses résolubles, c'est-àdire susceptibles de se décomposer en étoiles à l'aide de forts télescopes, et en nébuleuses proprement dites : celles-ci se sQbdivisaient à leur tour, suivant leur éclat et leur grandeur, en nébuleuses planétaires, nébuleuses stellaires et étoiles nébdleoses. Presque jusqu'en 1791, ditHumboldt, W. Herschel atalt paru disposé , comme l'est aujourd'hui lord Rosse , à toir, dans les nébuleuses qu'il n'avait pu parvenir à résoudre, ded groupes d'étoiles très-éloigdées; mais, entre 1799 et 1802, 11 hit ramené à la théorie de la noratière diffuse et à l'hypothèse
il6 PRODROME DE GÉOLOGIE.
de la formatioD des étoiles par la condensatioo successive de la nébulosité cosmique.
D'après W. Herschel^ les différents aspects que présentent les nébuleuses correspondent aux différentes phases par lesquelles un monde passe depuis sa première formation, a De méme^ disait-il, que pour faire l'histoire du chêne, l'homme n'a besoin que de parcourir une forêt et d'y observer des chênes dans tous les états par lesquels ils passent successivement , depuis le développement de leurs cotylédons jusqu'à leur décrépitude et à leur mort; de même, il suffirait de trouver dans le ciel des nébuleuses qui représentassent les différentes époques de la formation d'un monde, pour en déduire les différents états successifs par lesquels chacun d'eux a passé ou passera. »
<K Or, dit Arago, d'après la théorie confirmée par Tobservation , voici quels sont les étals successifs qui se montrent sur toute l'étendue d'une seule et vaste nébuleuse offrant plusieurs centres d'attraction : 1*» Çà et là, disparition de la lueur phosphorescente; naissance de solutions de continuité, de déchirures dans le rideau lumineux primitif, résultat nécessaire du mouvement de la matière vers les centres attractifs; 2® agrandissement des déchirures, c'est-à-dire transformation d'une nébuleuse unique en plusieurs nébuleuses distinctes, peu distantes les unes des autres, et liées quelquefois par des filets de nébulosité très-déliés; df" arrondissement du contour extérieur des nébuleuses séparées; augmentation plus ou moins rapide de leur intensité en allant de la circonférence au centre; i® formation à ce centre d'un noyau très-apparent, soit par les dimensions, soit par l'éclat; 5» passage de chaque noyau à l'état stellaire avec la pei*sistance d'une légère nébulosité environnante; 6<> enfin, précipitation de cette dernière nébulosité, et, pour résultat définitif, autant d'étoiles qu'il y avait, dans