PÉRIODE COSMOGONIQUE. H
h nébulosité originaire^ de centres d'attraction distincts. » La différence essentielle entre les idées cosmogoniques de Laplace et celles d^Herschel y c'est que ^ pour Tun ^ les centres d'attraction se sont montrés successivement de la circonférence vers le centre, tandis que, pour l'autre, ces centres d'attraction ont existé simultanément dans toute la masse de la oébuleuse. Cette différence ne persiste pas lorsque Ton considère isolément un centre d'attraction ; il ne sera donc pas nécessaire d'en tenir compte dans l'étude des transformations successives subies par notre planète.
p«rl«tfe eof moffoiiHiiie : la lem patte de rétai «e iiébale«te à celai
le Miea. — La terre, après avoir formé une masse gazeuse, était devenue, par la condensation progressive de ses éléments constitutifs^ un corps offrant une structure semblable à celle qui actuellement appartient au soleil. Elle se composait, lors de la période cosmogonique, d^un corps intérieur, lumineux par lui-même, et à l'état de liquéfaction ignée. Ce nudéiis était enveloppé d'une atmosphère très-puissante, se partageant sans doute en deux parties. La partie inférieure participait à l'incandescence du nucléus lui-même. L'autre, plus éloignée^ n'était lumineuse que par réflexion. Le lecteur comprendra sans peine comment^ par suite d'un refroidissement continu, la zone, non lumineuse par elle-même, a été en croissant sans cesse d'étendue aux dépens de l'autre , et a fini par composer à elle seule toute l'atmosphère terrestre.
Dans le nucléus, de même que dans l'atmosphère, la température augmentait vers le centre de la terre. Mais les matériaux constitutifs du globe , libres de se mouvoir dans tous les sens, obéissaient à un déplacement moléculaire qui avait pour résultat de rendre la température assez uniforme dans le
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oucléus d'une part, et, d'autre part^ dans l'atmosphère. Nous trouYOPS dans ce fait une nouvelle raison d'admettre I^iniformité de température dans la masse interne du globe ^ nonseulement pendant la période cosmologique ^ mais aussi pendant les temps actuels.
Dans le nucléus , ces déplacements moléculaires^ qui s'etteotuaient de la circonférence vers le centre^ et réciproquement^ étaient d'ailleurs en partie modifiés par le mouvement de rotation terrestre. Cette cause modificatrice devait se manifester avec plus d'énergie dans l'atmosphère y et n'y agissait pas seule. L'action calorifique du soleil déterminait un double courant du pôle à l'équateur et de l'équateur au pôle. Je laisse au lecteur le soin de faire appel à son imagination pour se représenter quelles devaient être^ dans ces circonstances^ les conditions météorologiques de notre planète {g).
J'ai comparé la constitution physique de la terre, pendant la période cosmogonique ^ à celle qui est actuellement inhérente au soleil. Je viens de mentionner la seule différence qui empêche cette comparaison d'être rigoureusement exacte; elle consiste en ce que les mouvements de l'atmosphère solaire ne sont nullement influencés par le voisinage d'un corps plus chaud que le soleil lui-même; dans cet astre^ la température doit être la même aux pôles et à l'équateur.
La période cosmogonique a fini avec le moment où le nucléus conservait seul son éclata et où l'atmosphère avait cessé d'être lumineuse par elle-même. L'épaisseur de cette atmosphère et l'accumulation de la vapeur d'eau dans sa masse devaient alors contribuer à affaiblir l'éclat du globe pour un observateur qui aurait été placée par exemple^ sur le satellite de notre planète. La lune, depuis longtemps éteinte, avait sans doute déjà atteint la période que, pour la terre, nous distinguons sous le nom de
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période géologique. Alors^ elle avait encore une atmosphère et un océan ; probablement elle était habitée.
9iai«aHl«e : la icriv devient m Mtre nu» Iwbém«x p«9 loi*
u — La période plutonique a vu la terre perdre complètement ion éclat lumineux , et se recouvrir peu à peu d'une croûte. Ce phénomène a été la conséquence de son refroidissement. Un grand nombre de substances , en passant de l'état gaseux à Tétat liquide, ou de Tétat liquide à Tétat solide, ont dû cesser d'être lumineuses par elles-mêmes. En même temps, l'eau, accumulée en nuages vers les parties supérieures de l'atmosphère, a fini par se transformer en pluie, et par atteindre la surface incandescente du globe; d'abord, repoussée, sous forme de vapeur, vers son point de départ, elle est revenue en plus forte proportion, et le même phénomène, lépété un grand nombre de fois, a eu pour résultats définitîfis : <* Textinction de tout éclat lumineux à la surface de la terre ; ^ la possibilité pour les eaux de commencer à s'accumuler autour du globe, et de pénétrer dans sa masse. Les contacts répétés de l'eau et de la masse incandescente ont donné origine à une sorte de boue ou de magma, qui, en se soKdiflant, est devenu le granité primitif, et a constitué une écorce terrestre rudimentaire plusieurs fois détruite et rétablie.
A la fin de la période plutonique, le globe présentait la stmcture suivante, qu'il a conservée jusqu'à l'époque actuelle.
Autour d'une masse centrale ou nuelém, se superposaient Qoe série de zones concentriques et parallèles qui étaient de bss en haut :
!• La pyrosphère, zone où la matière existait à Kétat de liquéfaction ignée, et qui devait devenir le siège des phénomènes éruptifs et volcaniques. Jadis , comme aujourd'hui ,
elle était formée par la partie du nucléus immédiatement sous-jaœnte à Técorce terrestre.
^ Vécorce terrestre, la seule zone où la matière se présentât à rétat solide. Elle a commencé par former aux pôles deux masses qui ont fini par se souder sous Téquateur. Elle est des* tinée à croUre indéfiniment de puissance aux dépens du nucléus ^ jusqu'à ce que la masse entière du globe soit solidifiée.
^ V océan, constituant une zone exclusivement occupée par Teau^ et formant autour du globe, lors de la période plutonique ^ une nappe non interrompue^ une mer sans rivages.
4*' Vatmosphèrey zone où la matière est presque exclusivement à rétat gazeux.
v«rl«de ffColoffl^oe : la terre à rétat de planète. — * Cette période
commence avec le moment où les premiers dépôts sédimentaires se sont superposés à Técorce terrestre définitivement constituée; elle persiste encore. Nous avons vu^ dans Hntroduction y qu'elle pouvait se décomposer en trois sous-périodes. Ce n'est pas ici le moment de décrire^ même sommairement, les phénomènes qui se sont produits pendant les temps géologiques. Je me bornerai à faire remarquer que, pendant cette période , Técorce terrestre a crû de puissance , qu'elle s'est disloquée dans toutes ses parties, et a été portée audessus du niveau des eaux : c'est ainsi que la terre-ferme a commencé. En même temps, l'écorce terrestre et l'océan ont cessé de constituer deux zones concentriques et parallèles : les continents, en se réunissant les uns aux autres , ont scindé l'océan primitivement sans rivages , et ont déterminé l'apparition de golfes et de mers intérieures. Enfin, \\o\xv achever de caractériser la période géologique de l'histoire de la terre, rappelons que la vie s'est montrée peu de temps après le commen-