RELATION ENTRE LES DIVERSES ZONES ^ ETC
semble que nous avous désigné sous le nom de dépôts super* flciels?
CSette disposition générale n'est certainement pas Teflét du hasard ; elle reconnaît deux causes , Tune réelle et Tautre ap« parente.
La cause apparente^ c'est Tordre dans lequel se sont eflTectués rémergement des dépôts d'un même bassin et leur destruction successive par les agents extérieurs. Pour donner une idée de rinfluence que ces deux circonstances ont pu exercer sur le caractère général des terrains^ non pas tels qu'ils se sont formés, mais tels qu'ils se présentent à nous^ je ferai les remarques suivantes. A cause de son peu d'ancienneté^ l'ère jovienne a conservé tous ses dépôts superficiels ; ceux-ci impriment d'autant mieux leurs caractères au terrain quaternaire que les couches marines qui font partie de ce terrain sont encore sous les eaux. Le terrain jurassique , au contraire^ a complètement perdu ses dépôts superficiels et n'a conservé qu'une minime partie de ses dépôts littoraux.
Cette relation remarquable entre la série chronologique des terrains et celle des zones superposées d'un même bassin est, comme je vais le démontrer^ la conséquence immédiate de la manière dont se sont effectués les mouvements de Técorce terrestre depuis l'époque triasique jusqu'à nos jours.
Bassin parisien. — On désigne ainsi la dépression dont Paris occupe le centre ; elle est limitée par le massif central et par les massifs breton et ardenno-vosgien. J'ai déjà cité ce bassin comme exemple d'un centre de sédimentation , c'est-à-dire d'une contrée où l'action sédimentaire n'avait été suspendue que par intervalles. Cette dépression date du commencement de la période triasique ; alors le sol a pris la configuration générale qu'il devait conserver jusqu'à l'époque actuelle. Ifit
massifs montagneux ont persisté en s'exhaussant de plus en plus et en finissant par se souder les uns aux autres. La partie centrale de cette dépression s'est aussi graduellement exhaussée, et la mer^ chaque fois qu'elle est revenue après une absence plus ou moins prolongée^ a offert moins d'étendue et moins de profondeur que lors de son apparition antérieure. Puis, lorsqu'elle s'est retirée pour la dernière fois , elle a laissé derrière elle, comme pour occuper sa place, le bas«n hydrographique de la Seine.
Le bassin parisien a reçu d'abord une vaste nappe de sable, de gravier et de cailloux roulés arrachés aux régions montagneuses qui Tentouraient. Ces débris ont formé, par leurac^ cumulation, le terrain triasîque qui est un véritable infrastratum. Au-dessus de ce terrain , vient la longue série des assises jurassiques, dont l'ensemble a tous les caractères d'un interstratum. Pendant que leur dépôt s'effectuait, le sol sousmarin s'affaissait de plus en plus ; lorsque ce dépôt s'est terminé, une impulsion ascendante a occasionné l'émergement du baapin parisien , et cet émergement a persisté pendant tout l'intervalle de temps correspondant à la période tria-jurassique continentale. Puis, ce bassin a repris son mouvement descendant, la mer est revenue, et l'édification de Tinterstratum, un instant suspendue , s'est complétée par la superposition des assises crétacées aux assises jurassiques. Le même phénomène d'exhausement et d'affaissement s'est reproduit à la fin de la période crétacée ; mais lorscjue la mer de la période tertiaire s'est montrée, diverses circonstances, telles que la faible profondeur de cette mer, la grande extension des terres émergées, un refroidissement du climat, ont imprimé aux dépôts reçus dans le bassin parisien, pendant cette période tertiaire, un faciès détritiijue qui fait de ces dépôts un superstratum. Enfin, après
RELATION ENTRE LES DIVERSES EONES^ ETC. 61 i
la digptritmi de la mer tertiaire y se sont moiilrée les dép648 superficiels (alluvions anciennes et modernes^ terre végi* tale^ etc.)-
Les coBSidârations précédentes permettent de Yoir^ dans la dépression dont Paris occupe le centre^ un seul et même bas» sin f éogénique^ qui a persisté depuis le commencement de la période triasique jusqu'à Tépoque actuelle ; les deux impulsions ascendantes qui ont terminé chacune des deux périodes tria*jurassiqne et crétacée ne se sont pas produites de façon à rendre inexacte cette manière de voir. Les assises reçues dans ce bassin géogénique se sont succédées dans le même ordre que si leur dépôt n'eût pas subi d'interruption.
La figure 31 (page 601) résume k composition générale de la Ibrmatfon qui a été reçue dans le bassin parimen; c'est une coupe allant des environs de Paris au sommet des Vosges et montrant au^essus des terrains anté-triasiques i« llnfraslrar tum (trias) ; 2» Tinterstratum {terrains Jurassique et crétacé) ; 3* le superstratum (terrain tertiaire); ¥ les dépôts superficiels.
BoBSin jurassien. — Ce bassin^ dont le Jura forme la partie centrale ; est compris entre le massif vosgien^ les Alpes et l'arête montagneuse qui se prolonge du Morvan vers le BeauJo< lais et le Lyonnais. Les dépôts accumulés dans ce bassin, depuis la période triasique Jusqu'à nos Jours ^ s'y sont succédés dans le même ordre que ceux qui ont comblé le bassin parisien. Mais une différence, qu'il est intéressant de signaler, résulte de l'émergement définitif du Jura , après la période crétacée , c'est-à-dire au moment où allaient apparaître les assises consti* tuant le superstratum. Ces dernières n'ont pu se déposer que dans les deux dépressions helvétique et bressanne. Elles forment le nagelflube de la Suisse , la mollasse lacustre et la mollasse
612 PRODHOKE DE GÉOLOGIE.
marine^ Targile à lignite du Dâuphinéet de la Bresse, etc. (Voir figure 32 , page 601 .)
Les différences qui viennent d'être signalées rappellent celles que nous ayons déjà constatées (yoir chapitre Yl). Le terrain nummulitique de Catalogne et Tensemble des dépôts reçus dans le bassin de Paris sont des formations complètes. Pour le plateau du Larzac comme pour le Jura, il y a eu arrêt de développement; mais cet arrêt de développement n'infirme nullement les faits généraux dont j'ai voulu démontrer la réalité.
L'étude des autres contrées de l'Europe et de TAmérique septentrionale nous conduirait à observer les mêmes faits, et à poser les conclusions su i van tes .
1» Tous les terrains postérieurs à la série paléozoîque constituent un même ensemble se divisant en parties superposées qui se montrent dans le même ordre que les assises reçues dans un bassin géogénique.
2^ Tons les bassins où ces terrains se sont déposés ont subi en même temps deux impulsions, l'une descendante et de peu de durée, l'autre ascendante et ayant persisté jusqu'à l'époque actuelle.
3» Le mouvement d'intumescence, qui a eu pour effet d'accumuler les terres vers l'hémisphère boréal, a commencé dans la seconde partie de la période tria-jurassique, pour se continuer jusqu'à l'ère jovienne inclusivement ; il avait été précédé d'un affaissement général, qui avait coïncidé avec la fin de la période paléozoîque, et avait mis un terme à Tancien état de choses.
Ces mouvements généraux ne doivent pas nous faire perdre de vue ceux qui se sont produits sur une plus petite échelle ; (|e même, les formations générales ne doivent pas nous faire
sS
es
vgil
•4 Ai ''''**ylpl '
^Bï H
APPLICATIONS A UNE CLASSIFICATION DES TERRAINS. 6i3
oublier qu'il existe des formations plus restreintes qui en reproduisent eu petit tous les caractères. CTest ainsi que le terrain nummulitique méditerranéen^ par l'ensemble de ses caractères pétrographiques^ se rattache à l'interstratum de Téchelle géologique > ce qui ne Tempéche pas^ dans des bassins restreints^ comme en Catalogne^ d'avoir son infrastratum ^ son inter^ slratum et son superstratum.
ApyMeaUoDs à nne ctaMifIcattoii «et terrains. — Dans le livre
précédent; l'observation des phénomènes qui s'accomplissent à la surface des continents nous a conduit à partager la série des temps géologiques en deux grandes périodes, l'une comprenant rère neptunienne et l'ère tellurique, l'autre correspondant à rère jovienne. L'ère jovienne est la |)ériode des dunes, des deltas, des glaciers, du diluvium, des alluvions, etc. Pendant l'ère neptunienne et l'ère tellurique, ces phénomènes ne se sont pas produits, ou se sont manifestés sur une très petite échelle, sans laisser de trace de leur existence.
Le tableau de la page 614 résume, au point de vue chronologique, les considérations qui ont trouvé place dans cette rapide étude des phénomènes dont le siège est au sein des eaux. Il nous montre les terrains sédimentaires partagés en trois grandes classes qui correspondent respectivement à l'ère nep^ tunienne, à l'ère tellurique et à l'ère jovienne. C'est là une division fondamentale que nous pouvons, dès à présent, consi* dérer comme étant acquise à la géologie systématique. Les phénomènes qu'il nous reste à décrire ne modifieront pas cette classification; ils viendront, au contraire, la corroborer.
Le tableau de la page Bi4 reproduit également la division des terrains en deux grandes séries : la série paléogénique et la série néogénique. Cette classification est la conséquence des
tu rs
«r. 'il