‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 134 sur 149 · NOTAS ET RECTIFICATIONS. 6S · texte numérisé non relu

NOTAS ET RECTIFICATIONS. 6S

dans l'intérieur de la grotte. Telles sont les caves froides. Dans le fond de ces grottes ^ il y a toujours des ouvertures plus ou moins apparentes , mises par des fissures en communication avec Tatmosphère. Dans la saison chaude^ la colonne d'air qui traverse Tintérieur de la montagne et participe à la tempéra* ture moyenne de celle-ci, est plus lourde que la colonne extérieure correspondante; l'équilibre ne peut exister; un jeu de siphon se produit; l'air descend continuellement dans Tintérieur de la montagne, et s'échappe en courant frais par l'orifice de la grotte. En hiver, c'est le contraire qui a lieu , parce que l'air extérieur est le plus lourd. Saussure attribuait la basse température de certaines grottes, en été, au froid produit par révaporation de l'eau découlant du sol. A. Pictet crut même que cette évaporation pouvait suffire pour abaisser la température au-dessous du point de congélation de l'eau, et c'est ainsi qu'il expliqua la formation de la glace dans les cavernes durant la saison chaude.

J.-A. Deluc, le neveu, adressa, en 1822, à l'ingénieuse théorie de A. Pictet les objections suivantes: i^Dans plusieurs cas, l'observation montre que la glace fond en été dans les grottes au lieu de s'y former. 2® L'explication de A. Pictet suppose qu'il y a toujours en été des courants d'air dans les grottes, et, de plus, des ouvertures intérieures autres que l'ouverture principale. Or, dans plusieurs cas, il n'y a pas de courant d'air. Dans la glacière de Saint -Georges, près de Genève , l'air est tout-à-fait calme, a^" Il est de fait que , dans les grottes , les grandes accumulations de glace succèdent aux longs hivers bien plus qu'aux étés caniculaires. 4® Enfin , dans aucun des cas cités par Saussure dans son explication des caves froides^ le froid, en été, n'est assez grand pour donner lieu à une production de glace.

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Après avoir ainsi critiqué la théorie de Piciet^ J.-A. Deluc accepte celle que Pierre Prévost , après avoir visité la gladère de la Grâce-Dieu, avait formulée, en 1789, de la manière sui* vante : — La formation de la glace est le résultat du froid de rhiver ; le froid pénètre aisément dans une grotte ouverte, et il se forme plus de glace en hiver qu'il ne s'en peut fondre en été.

Voici maintenant comment Deluc complète et développe la théorie de Pierre Prévost. Lorsque l'hiver survient , Tair frdd étant plus pesant que l'air chaud , descend dans la caverne ; plus l'hiver est rigoureux, plus l'air tend avec force à descendre dans la cavité et à y rester. Les eaux qui s'y rassemhlent se gèlent alors. Quant le printemps et l'été succèdent à l'hiver, Tair chaud extérieur ne peut aller déloger l'air glacé du fond, a cause de la plus grande pesanteur spécifique de celui-ci. La chaleur ne peut donc se propager que très lentement. Le rayonnement des voûtes transmet également la chaleur, mais la glace, en se fondant, absortie 60* de chaleur; la glace formée retient, pour ainsi dire, prisonnier le froid de l'hiver.

La saison la plus favorable à la formation de la glace , dans les glacières naturelles, est le printemps; l'eau commence à y pénétrer par l'ouverture de la grotte ou à travers le sol ; elle se gèle sous l'influence du froid enmagasiné pendant l'hiver. En hiver , l'air contenu dans la glacière est très froid , maïs Teau n'y pénètre pas habituellement , parce que , tout autour de la grotte, elle est ordinairement gelée. Pour les glacières naturelles comme pour les glaciers des montagnes , l'hiver est la saison du repos. Pourtant si, pendant la froide saison, des suintements amènent l'eau dans l'intérieur de la grotte, il devra évidemment s'y produire de la glace. -^ Enfin, pendant

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