‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 31 sur 149 · MODE DE GROUP^ENT DES ÉLÉMENTS DU GRANITE · texte numérisé non relu

MODE DE GROUP^ENT DES ÉLÉMENTS DU GRANITE

Enfin, quelques-unes des. substances qui accompagnent lo granité perdent leur aspect et leurs propriétés, même lorsque la température à laquelle on les soumet est inférieure à leur point de fusion. Parmi ces substances^ se trouvent des minéraux que Scboerer a désignés sous le nom de pyrognomiques : ce sont des silicates d'yttria et de cérium (allanite, gadolinite, or^ thite], qui possèdent la propriété de produire instantanément une lumière plus ou moins vive , et de dégager de la chaleur, à une température peu supérieure au rouge-brun, c'est-à-dire à 700». Ces minéraux, s'étant solidifiés avant le quartz, auraient été soumis à une haute température après leur solidification. Mais, pendant leur combustion apparente, ils auraient subi des modifications très-sensibles dans leurs pijppriétés physiques, et auraient cessé d'être pyrognomes. La masse dans laquelle on les rencontre n'a donc jamais' été soumise, depuis sa solidification, à une température de 700®.

de gro«»enicnt de» él«nients da iranlie. — La pénétration

niiluelle des éléments du grimite ne permet pas de douter de leur formation simultanée; pourtant, les points de fusion de ces éléments sont extrêmeifient différents, et, chose remarquable, le quartz, l'élément le plus fusible, qui aurait dû se solidifier le premier, a reçu, au contraire, l'empreinte trèsnette du feldspath , minéral assez fusible , ainsi que celle des aiguilles de tourmaline, du grenat et d'autres silicates. Dans ^èes Etudes stw Vhistoirc de la terre, publiées en 1844, Boucbeporn , tout partisan qu'il était de l'origine ignée du gra* niie, renouvelait la remarque de Brcislak et disait : « C'est un (i\it général , caractéristique de la structure du granité , que les sul)stances les plus fusibles y sont le plus souvent enchâssées, et forment empreinte dans la moins fusible de

toutes. Voilà, ccrli's, un <;raud fail; sans aucun doute, un utile renseignement y est renfermé, et si Ton veut trouver quelque lumière sur i'ori«;ine du granité, c'est là qu'il faudra la chercher. »

L'explication de ce fait, en ap|)arcnce ])aradoxal, est trèssimple, si l'on admet une ori|.:ine en partie aqueuse pour le granité : elle est itnpossihie à trouver avec Thypottièse de l'origine ignée de ci'lte roche. Voyons, pourtant, comment les partisans de celte dernière hypothèse soutic4inent leur manière de voir, et, dans ce hut, examinons les théories successivement émises par Doucheporn et par MM. Fournet , Duroclier et E. de Beau mont.

Hypotti«i«c do itouciicporii. — lîoucheporu déclare d abord qu'il paraît impossihli^ par l'ensenihle des phénomènes géologiques et des caractères propres au granité, d'y méconnaître Tempreinte de l'action ignée : aucun géologue, dit-il, ne saurait aujourd'hui récuser les preuves de l'origine ignée du granité. Pourtant, celte roche lui send)le, sans contredit, celle dont les lois connues de la physique et de la chimie peuvent rendre conq)te le moins fiicilement. ce Ce qui frappe, surtout lorsqu'on examine les terrains d'ancieime origine, c'est l'impuissance où nous sommes d'assigner une ligne de démarcation tranchée entre les roches qui nous accusent [)ar leur aspect minéralegitjue l'action puissante de la chaleur, et celles (|ui portent l'empreinte caractéristiipie du dépôt [)ar les eaux, la stratification. Le granité massif le mieux caractérisé jjasse par gradations insensibles au gneiss clairement stratitié, et, par lui, au schiste ou limon endurci , [)roduil évident et encore actuel de l'action sédimentaire. Bien plus, il porte lui-même des traces nonéquivo(|ues de stratilieation, et on conçoit comment l'école neptn-

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