ORIGINE DES ÉLÉMENTS DU GRANITE
proYeDÎr d'une dissolution complète de Tacide silicique. Par la concentration lente de cette dissolution , il pourrait s'être produit du quartz cristallisé. i>
a De ce qui précède , il résulte qu'il existe pour Tacide silicique deux états particuliers : i® l'état amorphe , se formant tantôt par voie humide^ tantôt par voie de fusion ; ^® la silice à rétat cristallin ne se formant que par voie humide ou, au moins, à l'aide de l'eau : cette silice existe seule dans le granité. » (Annales de chimie et de physique, février 1860.)
M. Ch. Deville, tout en reconnaissant que le quartz n'a pas encore été cité dans une coulée de lave proprement dite, fait observer qu'il en existe dans les trachytcs du Siehenbirge et du Mont-Dore ; il en a trouvé aussi dans les roches doléritiques de la Guadeloupe. Mais ce sont là dt^ exceptions qui n'infirment nullement les faits généraux énoncés par M. H. Rose; peut* être prouvent -ils que l'eau n'est pas étrangère à la formation du trachyte et de la dolérite, et qu'elle a pu , tout au moins, se trouver accidentellement dans les éléments constitutifs de ces roches.
Quant aux expériences et aux remarques de-M. H. Rose, M. Ch. Deville pense qu'on ne peut en tirer des conséquences absolues : on ne peut, dit -il, comparer les conditions physiques auxquelles sont soumis, dans nos laboratoires, quelques grammes de quartz fondu et immédiatement refroidi, et les masses de cette substance enclavées dans un bloc de granité. L'état vitreux, selon lui, est, pour tous les corps susceptibles de l'acquérir, un état anormal que chacun doit tendre à abandonner pour atteindre un équilibre plus stable qui, en définitive , est rétat cristalHn.
Les circonstances dans lesquelles se sont etTectuées les expériences qui viennent d'être relatées ne sont pas aussi éloi-
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gnées des conditions de laboratoire que M. Cb. Deville semble le supposer. Dans tous les cas^ les objections de cet émîoent géologue ne sauraient être admises sans constituer une fin de noo-receyoir qui rendrait illusoire toute application des travaux de laboratoire à ce qui se passe dans la nature.
Le quartz pourrait-il y enfln , sans passer par Tétat de fusion, prendre l'état cristallin sous Tinfluence d'une haute température? Pour s'en assurer^ M. H. Rose a placé un cristal de roche dans un four à réverbère dont la température s'élevait à 2000^ C. Après 18 heures de séjour dans ce four à réverbère, ce cristal ne s'est nullement modifié, son poids absolu et son poids spécifique sont absolument restés les mêmes. Du quartz porphyrisé, placé dans les mêmes conditions , a perdu une faible partie de sa densité. De la pierre à feu» tout en conservant sa forme , est devenue de la silice amorphe.
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renferme plusieurs substances dont l'existence est incompatible avec une haute température, et qui fournissent, par conséquent^ un nouvel ordre de preuves contre l'hypothèse de l'origine ignée du granité.
Le quartz du granité contient quelquefois une matière bitumineuse qu'il perd sous l'influence d^me haute température. Le quartz des filons renferme, dans certains cas, des gouttelettes de deux liquides huileux, dont l'un est volatil à 37®.
Les roches granitiques, réduites en plaques très-minces et vues au microscope, ont montré à M. Sorby un nombre immense de cavités qui renferment de l'eau ainsi que des dissolotions salines. Ces cavités sont si nombreuses qu'il y en a plus de mille millions dans un pouce cube.