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CHAPITRE II

périodb plutoiaque; formation du granite primitif, origine de

l'écorge terrestre.

CondensalioD progressive de Teau pendant les temps cosmologiques. — Circonstances qui ont favorisé le maintien de Peau à la surface , encore incandescente, de la terre. — Introduction de Peau dans Pintérieor do globe. -> Phénomènes chimiques qui ont été la conséquence du contact de Peau avec la masse incandescente du globe. — Il n'existe pas de roches exclusivement ignées. — Formation du magma gra* nilique. — Solidification de ce magma. ~ Ordre dans lequel s'est effectuée la formation de la zone granitique. — Origine de Pécorce terrestre. — Mode dont s'est opérée jadis la répartition des substances qui existent vers la périphérie du globe.

CMÉcaMilmi provrcMlvc tfc reau peotfant le» tempt eotmoloKl^iics.

— Dans le chapitre précédent^ j'ai démontré la nature hydro* thermale du granité. Je vais maintenant^ en prenant ce fait pour point de départ^ rechercher quelle a été l'origine de Pécorce terrestre^ et quelles sont les circonstances qui ont dé« terminé 1/apparition du premier revêtement solide de la masse du globe. Cette étude, en déflnitive^ sera celle des phénomènes généraux qui ont marqué la période plulonique.

A répoque où la terre constituait une nébuleuse^ sa température était d'abord aussi élevée que le nécessitait la volatilisation de toutes les substances dont elle est composée et^ notamment^ du fer et du quartz.

Plus tard, la majeure partie de cette chaleur primitive 8'élant dissipée dans l'espace^ il n'est resté que celle qu'exi-

geait le maintien du globe à rélnt de liquéfaction ignée. Dans ce moment^ celui-ci a pris la forme d'un corps à Tétat de fusion 9 enveloppé d'une atmosphère très-puissante. €ette atmosphère^ dont des épnratîons successives devaient faire l'atmosphère actuelle^ se cx)mposait d'oxygène^ d'azote^ des substances les plus volatiles et de toute Teau appartenant à notre planète. Du commencement de la période plutonique date la première manifestation des phénomènes, la plupart de nature chimique^ qui devaient avoir pour conséquence la formation du magma granitique, et, plus tard, sa solidification. La température régnant alors vers la périphérie du globe encore incandescent peut être supposée de 600<» à 700» : cette température est suffisante pour maintenir la plupart des siUcates à l'état de fusion , surtout lorsque leur mélange leur fait jouer, les uns par rapport aux autres, le rôle de fondants. L'eau s'était déjà condensée à la surface du globe, encore incandescent, et, dès le commencement de la période plutonique, l'enveloppait d'une nappe continue. Mentionnons les diverses circonstances qui peuvent expliquer le fait, eo apparence paradoxal, du contact de l'eau avec des masses encore en ignition. Ces explications sont d'autant plus nécessaires que^ d'après les idées admises jusqu'à ce Jour, cette condensation ne se serait opérée qu'après la solidification de la partie extérieure du globe.

CjrfitMifci tal ont ûiTorta€ le ■Mlnit^n de reeo à la earflice ém

09^ «vuit M premiêrr toiMiiicatfoB. — L'hypothèse du contact de l'eau avec la surface incandescente du globe, semble, au premier abord, complètement inadmissible; mais elle devient très-plausible, lorsque l'on se rappelle les phénomènes qui se produisent au contact des liquides avec les corps chauds : tous

MAINTIEN DE 1,'eAU A LA iiURFACE DIf GLOBE . ETC. 491

ces pbéQomëoes se rattachent d'une manière plus ou iwàm directe i oe qui a été désigné sous le no» de caléfactioo ou d'état Sj^tiéroïdal. L'oau versée sur une surface chauffée au roiige^ au lieu de mouiller cette surface ou d'être projetée sous forme de vapeur^ prend la forme de globules possédai une température inférieure à celle de son point d'ébuUition , et animés de mouvements variés. Une barre 'de 1er, chauffée au rouge blanc > plongée subitement dans l'eau , y reste éblouissante pendant quelques instants^ avant que l'ébullition du liquide se produise. 8i l'on plonge, dans un verre plein d'eau^ une sphère de platine également chauflée à blanc, on voit, entre la sphère et l'eau , s'interposer un espace vide probablement occupé par la vapeur d'eau. Dans des expériences laites par HML Résal et Minary, pour apprécier la chaleur totale de la fonle de fer en fusion, celle-ci, versée dans un calorimètre, s'est solidifiée après quelques instants, sans qu'aucune ébullition se soit manifestée; il y a eu seulement une très* faible découipositioa de l'eau.

Ces faits, dont je n'ai pas à rechercher la cause, nous démontrent la possibilité d'un contact de l'eau avec la masse incandescente du globe. Mais, dans les ex()ériences qui viennent d'être rappelées , il arrive un moment où le corps chaud s'étant refroidi, l'eau est projetée avec violence. Diverses circonstances se sont opposées à ce que ce phénomène de pn>* jection ou d'ébuUition ait pu se produire autour de koiasse du globe. Ces circonstances sont précisément ceUes qui retardent rébulUtion de l'eau. L'océan de la période plutonique contenait en dissolution un grand nombre de substances : or, le mébage de substances étrangères à toujours pour résultat de ralarder le point d'ébuUition des liquides; c'est ainsi que l'eau sfttQiée de nitrate d'ammoniaque ne bout qu'à iSOf. Re^

19^ PRODROME DE GKOLOtilE.

marquons aussi (jue cet occau a\ail une profondeur de 2 riOO mètres^ et (jue la couche d'eau placée à sa partie inférieure se trouvait soumise à une pression de 250 atmosphères.

Introduciion de reau dans riiiiérleur du globe. - L'eaU^ ainsi

maintenue en conlacl avec ie j^lohe, a pénétré [)eu à peu dans sa partie périphéricjue en virlu de s(»n afiinilé ï)our di>crses substances, et nolainnienl pour les silicates; les phénomènes volcanicjues actuels nous disent assez (jne l'eau esisolubled^ns les laves elles-mènies. Les uioiivenieiils de la masse incandescente, sans cesse a;iitée, et d'autres phénomènes, dont quelquesuns |^eu^enl se coin|)arer au roch;».^e de l'arf^ent, ont concouru au même hut. Les matériaiix existant vers la péripliérie du ^rlol)e, et d abord à l'étal de l'usi«)n ij^née, ont du former un mélanine intime avec Teau et constiluer une sorte de boue thermale, que nous appelons le iiuKjmn fjnniitifjue,

PhénonièiiCH cliluilques qui ont H^ la couH^^queiice du c'oniact de reau avec la maH«ie IncandrHcenie du «lobe — T/esl par l'inlervention de

l'eau (pi'il fjuit e\pM<juer toutes les cireonslauces qui ont accompagné la formation el la snljdiiieation du maumagraniti(pic. Avant d'aborder crtle (jueslion , c ilons (piebjues opérations de laboratoire propres à donner une idée de ce qui, pendant la période plutonitpie, s'est accompli dans la nature sur une inunense échelle.

M. Daubrée a oblemi la silice en cristaux dislincts par raclion de Teau siu- le verre sous rinlhience d'une Icmpéralure élevée et d'une forle pression. M. Scuby a reconnu que le Hint-glass d'Anglelerre est décomposé a>ec une grande facilité par l'action prolongée de l'eau à des leuîpératures inférieures à 100'' C; ces décompositions, dit-il, ont lieu sûre-

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