PHÉNOMÈNES CHIMIQUES, ETC
meiAj mais plus lentement à une température moins élevée.
En thèse générale^ on peut dire que Teau surchauffée décompose^ avec une grande facilité^ certains silicates^ solubles ou insolubles^ et en isole du quartz. Une dissolution de silicate de potasse dans de Veau surchauflée laisse Tacide silicique se dégager de sa combinaison sous rinffuence des acides nitrique ou chlorhydrique : l'acide silicique, ainsi mis en liberté^ reste en suspension dans Teau sous forme de gelée transparente et peut être séparé par filtration.
C'est donc par l'intervention de l'eau que le quartz s'est séparé de la masse dont il faisait partie et qu'il a cristallisé. C'est aussi sous son inQuence que se sont opérées la séparation et la cristallisation des autres éléments du granité. «Grâce à l'eau^ dit H. Daubrée^ ces éléments ont donné lieu, non à des masses uniformes comme la fusion en produit, mais à des mélanges de substances cristallisées différentes, anhydres ou hydratées; dont le mode d'enchevêtrement est tout à fait indépendant de leurs degrés respectifs de fusibilité. Dans les laves ellesmêmes, l'eau intervient |K)ur les faire passer à l'état cristallin^ à peu près comme dans les expériences de laboratoire, iK)ur transformer l'obsidienne en feldspath cristallisé et déposer le pjroxène en cristaux parfaits. Dans l'un comme dans l'autre cas, l'eau parait favoriser le départ de substances qui, sans sa présence^ resteraient mélangées, et provoquer la cristallisation des silicates à une température bien inférieure à leurs points de fusion. C'est aussi par l'influence de cette sorte d'eau-mère que les mêmes silicates peuvent cristalliser dans une succession qui est souvent opposée à leur ordre relatif de fusibilité. On sait, par exemple, que l'amphigène, silicate d'alumine et de potasse qui est infusible, s'est développé, dans les laves de
ntalie, en cristaux souvent très-volumineux^ qui empâtent de
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nombreux cristaux de pyroxcno, substances dont on connaît la fusibilité. Ces anomalies apparentes se présentent d'une manière encore plus frappante dans le granité^ qui diffère de tous les produits de fusion sèche que nous connaissons. » ^
La présence de Teau nous fait comprendre comment, à côté d'un silicate tri-basique, le mica, il ait pu se séparer de Tacide silicique pur à l'état de quartz. M. H. Rose fait observer que^ par voie humide, le mica et le quartz peuvent fort bien s'être constitués l'un après l'autre, car, par voie humide, l'acide silidque présente, à la température ordinaire, une réaction acide très-peu énergique, et, par la force de l'affinité, il se rapproche des acides les plus faibles.
a Enfin, ajoute M. Daubrée, la remarquable association de silicates anhydres et de silicates hydratés que présentent le basalte et d'autres roches, n'a rien de surprenant après les expériences que j'ai faites, car, dans la même opération et dans le même tube, j'ai obtenu des cristaux de pyroxène disséminés au milieu d'une zéoiithe, c'cst-^-dire simultanément deux éléments constitutifs du basalte , l'un anhydre, l'autre hydraté, »
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raisonner qu'hypothétiquement sur la nature des roches placées à une grande profondeur. Quant à celles qu'il est permis d'observer directement, il n'en existe aucune, pas même celles que les volcans rejettent à l'état de lave ^ qui ne portent, à un degré plus ou moins grand, l'empreinte de l'action aqueuse. Je vais transcrire les remarques que M. Daubrée fait à ce sujet: a On ne trouverait peut-être pas aujourd'hui sur le globe des rocties dont on puisse affirmer, en toute certitude, qu'elles aient été formées exclusivement par la voie sèche , sans aucun concours die l'eau. Ck^pendant il est un exemple qui nous montre ce