‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 36 sur 149 · SOLIDIFICATION DÛ MAGMA GRANITIQUE · texte numérisé non relu

SOLIDIFICATION DÛ MAGMA GRANITIQUE

eau et se dépose à l'état cristallin^ surtout si Ton fait interyenir rélher siliciqiie. C'est probablement vers la température de i50 ou de 200 degrés que la solidification du magma granitique a commencé à s'opérer.

. Pendant la solidification du magma granitique y les silicates^ notamment le feldspath et le mica y se sont constitués les pre* miers. Puis la silice^ laissée en excès à l'état gélatineux, a pris à son tour l'état solide par la disparition de l'eau que ne retenaient plus les circonstances qui avaient amené son introduction dans la masse du globe.

L'eau a été chassée du magma granitique^ 1® par suite du passage à l'état cristallin des substances qu'elle tenait en disso* lution; ^ en vertu de la pression qui s'est exercée sur le magma granitique^ comme sur une éponge mouillée^ à mesure qu'il acquerrait une certaine consistance; 3^ par la chaleur intérieure qui donnait lieu à une évaporation plus ou moins rapide, principalement sur les points où Técorce terrestre, en voie de formation , se tuméfiait et se rapprochait de la surface de Tocéan.

J'ai essayé de donner, de la formation du granité, une idée aussi exacte que le permet l'état actuel de la science. Certains détails qui trouveront mieux leur place dans les livres suivants, achèveront de convaincre le lecteur que la théorie de l'origine hydro-thermale du granité est seule soutenable. Je Tai exposée dans son ensemble; il reste à pénétrer dans les détails , qui sont la pierre de touche des théories. Il faut , par exemple, déterminer exactement à quelle température se produisent quelques-uns des phénomènes qui viennent d'être mentionnés. Quand d'autres faits seront acquis à la science , OD s'expliquera notamment comment l'eau a été d'abord attirée dans le milieu où le granité allait se former, puis repoussée

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de nouteau. a II est probable^ dit M. Daubrée^ que certaios minéraux^ par exemple les silicates anhydres^ ne se produisent facilement dans Teau qu'à des températures déterminées. Une chaleur trop élevée^ aussi bien qu'un manque de chaleur, nuit à leur formation; Texpérience semble nous faire voir que les feldbpaths tantôt se produisent^ tantôt se détruisent dans Teau selon les températures. 0

Orëlre «ans iHloel s*eftt effcetoêe la formatloa ëe la aone granlll^ae.

«— Les phénomènes successifs qui ont eu pour résultat la formation de la partie de la croûte du globe que Tou peut désigner sous le nom de zone primitive ou granitiqtie, se sont eOéctués dans un ordre que je vais sommairement indiquer.

Dans une même région^ la pénétration et le départ de Teau, ainsi que la solidification du magma granitique > se sont effeo^ tués de haut en bus.

Si Ton considère le globe tout entier^ on Toit que ces mêmes phénomènes se sont produits dans le sens des pôles vers l'équa^ teur. 'Sous les pôles^ la déperdition de chaleur par voie dt rayonnement n'est pas en partie compensée, comme sous réquateur, par l'arrivée d'une certaine quantité de chaleur d'orige solaire. C'est sous les pôles que l'eau a commencé à se condenser sous forme de pluie ou d'océan; c'est là que, pour la première fois, elle a pénétré dans l'intérieur du' globe et â donné naissance au magma granitique.

C'est également sous les pôles que l'eau, à une époque relativement récente, a pris, pour la première foisi l'état solide; les calottes de glace qui recouvrent les régions polaires sont destinées à croître d'étendue et à se souder sous l'équa* teur, ainsi que je l'ai déjà dit (voir page 407) : la consolidation de l'eau, à la surface du globe > suivra donc une marche

ORIGIIIB DE l'ÉCORGE TERRESTRE. 199

analogue à celle du magma granitique dans sa formatioD et dans sa solidification.

aHgiM 4% rcc«K€ lerrefttM. *- L'origine de Fécorce terrestre est éTÎdemment liée à celle du globe ^ mais seulement dans une certaine mesure; ce serait une grave erreur de supposer que les considérations cosmologiques, déjà si iucertaines par elles* mêmes, peuvent, à elles seules, conduire à un résultat satis^ faisant, lorsque Ton recherche comment Técorce terrestre a commencé. Dans cette étude, nous avons dû remplacer la méthode cosmologique par des considérations exclusivement empruntées à la chimie; il a fallu nous adresser à l'observation directe et non à l'hypothèse ou à une idée préconçue.

Taudis que, pendant la période cosmogonique , s'opérait la condensation des matériaux constituant la masse du globe encore à l'état incandescent et lumineux, les moins denses de ces matériaux tendaient à se placer vers la périphérie de la planète en voie de formation ; c'étaient eux qui subissaient surtout l'influence de la basse température des espaces interplanétaires, et qui, en passant à l'état solide, allaient former la croûte de ce soleil en voie de s'éteindre. L'éoorce terrestre peut donc se comparer, tout à la fois, à la mince pellicule qui apparaît, par voie de refroidissement, sur les corps en fusion, et a la couche de glace que sa faible densité maintient au-dessus de Teau. 8i nous réunissons ces deux idées en une seule, nous dirons que l'écorce terrestre est comparable au laitier qui lurroonle la fonte dans les bassins où elle est reçue à la sortie du haut-fourneau. Cette comparaison semble d'autant plus naturelle que l'écorce terrestre, comme le laitier lui-même, est, en majeure partie, formée de silicates ; mais nous avons TU quelles étaient les modifications que les progrès de U

science permettaieot d'apporter à cette manière de voir. Dans le chapitre suivant, nous démontrerons que Técorce terrestre présente une structure et un mode d'accroissement encore bien plus compliqués que ne pourrait le faire supposer ce que je viens de dire : nous verrons qu'elle n'est pas une œuvre d'un seul jet.

La première pellicule solidifiée à la surface du globe a été disloquée dans tous les sens, et plusieurs fois recouverte par les masses éruptives provenant des réf^ions sous-jacentes non solidiflées. Le même phénomène s'est reproduit plusieurs fois; puis, une écorce terrestre rudimentaire, mais définitivement constituée, a offert asses de puissance pour ne plus être complètement détruite par les forces intérieures, ni entièrement noyée dans les masses sous-jacenles, encore à l'état pâteux. Alors ont commencé les temps géologiques proprement dits^ pendant lesquels l'écorce terrestre n'a cessé de croître de haut en bas par voie de refroidissement et de solidification, et de bas en haut, par suite de la superposition des matériaux s'ac«* cumulant au fond des mers.

La formation de la zone granitique date, comme nous l'avons vu, de la période plutonique. Pendant cette période^ Teau et la chaleur avaient en quelque sorte confondu leur action et leur domaine. Mais, depuis lors, le rôle de ces deux grands agents géologiques est devenu de plus en plus distinct. Non-seulement leur action a cessé d'être concomittante , mais aussi leurs centres d'activité ont tendu à se déplacer et a s'écarter, de plus en plus ,• l'un de l'autre. L'eau a établi peu à peu son règne a la surface du globe, tandis que celai de la chaleur s'est trouvé au-dessous de l'écorce terrestre.

«Mit ft'Mt opérée Jaëis la réparti iton ëca Mikslanccs vU estateat

la périphérie ûm globe. — Avant de terminer ce chapitre , je

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