CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES MOOYEMENTS^ ETC
destiné à vivre dans l'océan^ eût pu acquérir sur les phénomènes atmosphériques? Nous avons même un avantage sur ce dernier; nous sommes convaincus de Texistence^ à une certaine profondeur, d'une zone où la matière est à l'état de liquéfaction ignée^ tandis que Thonime destiné à vivre dans l'océan n'eût pas même soupçonné l'existence d'une atmosphère. Or^ la notion d'une pyrosphère une fois admise, il ne faut pas perdre de vue que les plus faibles déplacements dans sa masse suffisent pour déterminer l'exhaussement du sol, exhaussement considérable pour nous, mais insignifiant par rapport à la longueur du rayon terrestre. Le mont Everest (Hymalaya), le plus élevé de la surface du globe, a une altitude de H 840 mètres. Si , à ces 8 840 mètres on ajoute 2 500 mètres pour la profondeur de l'océan , au commencement des temps {géologiques, on a une longueur de 11 340 mètres, qui représente l'exhaussement total du point culminant de la surface du globe. Cette longueur est, par rapport au rayon terrestre , comme i à 505. Par conséquent, pour expliquer la formation de l'Hymalaya, résultat de plusieurs soulèvements successifs, il suffit d'admettre que, sur le point où ce massif existe, la matière fluide interne a subi, pendant toute la durée des temps géologiques , un exhaussement qui n'égalerait pas uu millimètre sur un globe de plus d'un demi-mètre de rayon.
Les mouvements oscillatoire, ondulatoire et d'intumescence, ont un caractère commun, celui d'affecter des surfaces; cette circonstance ne permet pas toujours, dans une impulsion imprimée à une région de peu d'étendue, de déterminer sous l'influence de quel mouvement cette impulsion a eu lieu. Mais ce n'est pas une raison pour contester une autonomie réelle à chacun des trois mouvements précédemment mentionnés. Il suffit de porter un instant sa penrîée autour de soi
f38 VRODROMB DE GAOLOGH.
pour trouver de nombreux exemples de corps obéissant i la iois à plusieurs impulsions.
Ces mouTements ont un autre caractère commun , celui de donner ori>;ine à une impulsion de bascule. Puisqu'ils sont tous le contrewroiip de déplacements correspondants dans la pyrospbëre^ on œnçoit que celle-ci ne puisse se soulever sur un point sans s^affaisscr sur un autre.
La pesanteur^ considérée comme force dynamique sotliri* tant récorce terrestre^ est surtout une puissance négative ^ inerte 9 déterminant la forme du sphéroïde terrestre plutôt que les oscillations du sol. Elle ne produit d'effet réel que lorsque les forces, dont elle est en quelque sorte le contrepoids, se ralentissent sur un point donné. Alors, la contrée qui ayait été portée à une certaine élévation tend à s'affaisser de plus en plus. Les affaissements de l'éoorce terrestre ne sont pas, d'ailleurs, le résultat de la surcharge des sédiments, car si le poids seul de la croûte du ^iot)e suffisait pour lui imprimer un mouvement de haut en bas, ces affaissements, au lieu d'affecter les Imssins où les sédiments s'accumulent, s'exerceraient plutôt sur les contrées montagneuses, où la croûte du globe acquiert plus de densité et atteint une plus grande ététatlon.
^ Les moiitements dont il vient d*èire question ne sauraient rompre ni fracturer le sol : ils impriment à Téoorce terrestre une flexion dont la flèctie de courbure est assez faible pour que cette écorce ptiisse la subir sans éprouver de solution de continuité. La croûte du gtobe offre, d'ailleurs, plus de souplesse que, de prime abord, on n'est porté à le penser. Pour qir'une impulsioa puisse amener la rui>ture de l'enveloppe solide de
MOUVEICENT OROGÉNIQUE. 239
la terre , il faut que cette impulsion se manifeste d^une ma** nière relativemcot brns(|ue et qu'elle affecte, non des surfu^^ maisdei lignes. L'impulsion susceptible de produire ce résultat est précisément celle qui amène le soulèvement des chaînes de mont;igm*s, et que, pour ce motif, on peut désigner sous le oojn de mouvement orogénique. L'apparition d'une chaîne de montagnes, s;ms constituer un événement violent et cataip* clystique, s'est Ofiérée d'une manière rapide. Tandis que les mouvements ondulatoire, oscillatoire et d'intumescence se manifestent avec lenteur pendant toute la durée d'une é|)oque géologique, le mouvement orogénique n^intervient qu'à certains intervalles, |»our man|uer la On de cette époque et le commencement de l'époque suivante. *
Le mouvement oro^'éniqne, si merveilleux dans ses effets, si mysléricui dans sa véritable cause, a«^it comme le ferait une charrue à la surface d'un champ, en traçai nt des sillons et des lignes dont M. Ë. de Beaumont, le premier, a reconnu les remar(|uables relations d'âge et de direction. Pendant que io ntouvement d'intumescence préside à Témersion de masses considénibles et à l'érection des continents; pendant que !• mouvement ondulatoire donne à chacun de ces continents la forme qui le caractérise , le mouvement orogénique trace à la surface du sol les grandes failles et les fractures générales de récorce terrestre, les rivages des mers^ la direction des vallées^ celle des cours d'eau dans la nuijeure partie de leur trajet, rorientatiou des archipels et des écueils, les bandes volcanniques, les chaînes de montagnes et tous les accidents topo* graphiques qui, par leur ensemble, constituent le modelé du globe. 11 intervient encore dans la structure intérieure d'un pays, en dessinant les parois des anciens bassins maritimes, les hgBcs suivant lesquelles les roches éruplives ont surgi, et,
enfin^ les directioDs plus ou moins générales et plus ou moins répétées des couches sédimentaires.
Les lignes marquant la direction et l'emplacement des accidents topograpbiques que je viens d'énumérer constituent des lignes stratigraphiques.
Un système de soulèvement est un ensemble de lignes stratigraphiques parallèles entre elles et formées à une même époque. L'expression système de soulèvemettt, qui indique que l'action dynamique dont ce système est le résultai, a opéré de bas en haut, est synonyme des expressions système de fracture, de dislocations , de montagnes, que l'on emploie si l'on a surtout en vue Teffet produit plutôt que le sens dans le(|uel la cause a agi. On dit encore système de direction lorsque, dans les accidents topographiques, c'est leur orientation qui préoccupe avant tout, et système stratigraphique lorsqu'on n'a égard qu'à l'orientation des strates. En réalité, ces expressions désignent une seule et même chose, et peuvent être indifléremment employées l'une pour l'autre.
La définition que nous avons donnée d'un système de soulèvement est, comme toutes les lois de l'histoire naturelle, sujette à certaines restrictions et extensions que je signalerai par la suite. Mais reconnaître, en thèse générale, que les lignes stratigraphiques qui existent à la surface du globe forment, pour la plupart, des groupes caractérisés par les conditions d'âge et de direction que j'ai rappelées, c'est admettre en principe la théorie des systèmes de soulèvement. Cette théorie, dont je viens d'indiquer le point de départ, plutôt que d'en donner une idée précise, est susceptible de développements que les progrès de la science feront connaître plus tard. Ainsi que plusieurs lignes synchrouiques et parallèles constituent un système de soulèvement, de même, plusieurs systèmes peuvent
AFFAISSEMBNT DE LA CROUTE DU GLOBE. 241
être liés eatre eux par des rapports qui en font des systèmes complexes. Ceux-ci y à leur tour^ se réunissent pour constituer à la surface du globe un réseau régulier^ basé^ d'après M. E. de Beaumont , sur la symétrie pentagonale.
Au début de ce chapitre^ j'ai appelé l'attention du lecteur sur l'utilité de l'étude des mouvements variés subis par réûorce terrestre. De tous ces mouvements , le plus important est, sans contredit , le mouvement orogénique, ainsi que le lecteur poiurra s'en convaincre par la suite.
Cette importance même m'amènera à consacrer un des libres suivants à l'étude du mouvement orogénique, considéré dans ses causes et dans ses effets. Je me bornerai, en attendant, à dire quelques mots, dans les deux chapitres qui suivent, sur le rôle que le mouvement orogénique joue dans la détermination du relief du globe.
taMMement pcrmaiiCBi de la erottte «a vlobc. — Le tableau
de la page 342 résume les considérations précédentes sur les mouvements généraux de la croûte du globe.
Il ne me reste plus, pour compléter l'exposé des faits que je voulais mentionner dans ce chapitre, qu'à dire quelques mots du mouvement d'affaissement général aut|uel toute l'écorce terrestre obéit, pendant que chacune de ses parties subit les impulsions diverses que j'ai énumérces.
Ce mouvement dont j'ai déjà parlé (voir p. 130 et suivantes) s'effectue sous l'influence de deux causes.
Depuis la formation d'une première pellicule à la surface de
la terre, chaque zone qui, en se solidifiant, a cessé d'appartenir
à la pyrosphère pour se rattacher à l'écorce terrestre, n'a pas
conservé, en changeant d'état, son épaisseur primitive. Les
roches diminuent de volume , non-seulement en passant de
249 PBOi>RiNlitE DE OÉOLOaiB.
rétat liquide à l'état solide^ mais ausâ en cristalUfiant , ooimne le font les matériaux qui viennent s'adapter à la face inférieure de réoorce terrestre. Il en résulte, dans la aiasse du gkkbe, un mouvement de contraction qui, de plus en plus, rapproche récorce terrestre du centre de la terre. Nous avons dit déjà que, par suite de la cause qui vient d'être rappelée, la surfeiee du globe, d'après M. Elle de Beauroont, s'était rapprochée dn centre de la terre d'une quantité qui n'est peoi^tre pas inf^
f Des oscillations verticales, horizontales ou circu- I laires, toujours instantanées et plus ou moins violentes
OA
Pi
alternatifs dans leur direction.
2 / Des surfaces 0 1 d'une étendue ^ - * variable ,
on
vpersistanis dans leur direclioa.
Des lignes, et s' exerçant rapidement (phém^
O \mène essentielleoieni périodique)
Une attraction qui sollicite Técorce terrestre toute entière vers le centre de la terre
AFFAISSBMBNT DS LA CROUTE DU GLOBE. 943
rieurs à réléyatioQ des plus hauts sommets de FHysialaya. L'autre cause qui oblige Técorce terrestre à s'afibisscr sur ell^mène par un mouvement d'ensemble provient du départ d'une quantité considérable de matériaux qui y par voie érop^ tite ou geysérienne , désertent la pyrosphère et la croûte du globe, et viennent porter à l'action sédimentaire les éléments qo^elle met en auvre. Ces matériaux laissent des vides, et i'écorce terrestre^ n'étant plus supportée sur les points où ces
M. snsMiQfm ov viBiiAToias. Tremblemenis de terre.
Périodes d'émergement et M. osaixAToiBx { d'immergement dans les contrées d'une vaste étendue.
Modifications dans la forme M. ONDULATOIRE Ict danslaprofondcurdesbossins géogéniques.
Centrés de soulèvement et H. D'umiifBscEifCB {de sédimentation .-masses continentales,
I Systèmes stratigraphigueê :
M. QROGÉNIOUB •••••• o « «
I chaînés de montagnes,
[M. ii'atfaissxiiekt GENERAL I Par voie de solidification [ DE LA caooTE OC GLO0E. .[et dc cristallisation^
yides se sont établis , tend à s'affaisser de plus en plus. Si Ton accorde à la zone sédimentaire une puissance moyenne de trois kilomètres^ il en résulte que Técorce terrestre s'est déplacée d'une longueur égale ^ sous Tinfluence de la cause que j'ai en vue. Rappelons*nous ^ en effets le principe que nous avons posé en admettant qu'au début des temps géologiques, l'océan ne contenait aucun des futurs matériaux qui allaient concourir à la formation des terrains stratifiés; ces matériaux, avonsnous dit, appartenaient encore à la pyrosphère.
La cause d'affaissement (|ue je viens d'indiquer n'a pu modifier le volume du globe, puisqu'elle n'a fait que transporter au-dessus de la croûte terrestre ce qui était au-dessous; aussi, n'ai-je pas dû m'en occuper lorsque j'ai examiné (page li8) les circonstances qui tendaient à diminuer le volume de notre planète.
flonplcsM et mobnilé de la croûte da fflobe. — LeS nombreuses
impulsions que l'écorce terrestre subit, et qui ont pour résultat de rendre sa surface si inégale et si accidentée, nous disent suffisamment que celte écorce terrestre non -seulement est très-mobile, mais aussi jouit d'une grande flexibilité.
Les plissements et les contourncuienfs, dont les strates schisteuses des terrains anciens et les couches calcaires du terrain jurassique offrent des exemples nombreux, peuvent nous donner une idée de la souplesse de l'écorce terrestre. Diverses circonstances, que je vais mentionner, augmentent même cette souplesse et contribuent à rendre |)lus efficace la rcsistance que l'écorce terrestre oppose à toute rupture.
La croûte du^globe se compose, dans sa zone stratifiée, de parties assez distinctes, susceptibles, jusqu'à un certain point, de glisser les unes sur les autres.
SOUPLESSE ET MOBILITÉ DE r.A CROUTE DU GLOBE. 245
Remarquons aussi que la durée de l'effort qui s'est exercé contre certains points de Tcnveloppe solide du globe, pour déterminer les gibbosilés ou les dépressions du sol, embrasse souvent presque tous les temps géologi(|ucS; tandis que les terrains sédimenlaires se sont constitués les uns après» les autres, de sorte que chacun d'eux, dans l'acte de son dépôts s'est exactement adapté à la nouvelle configuration du sol. Il faut se rappeler enfin que la chaleur, la pression et l'eau ellemôme augmentent la plasticité des roches, et, par conséquent, les rendent plus dociles sons l'impulsion qui agit sur elles. Or, la chaleur et la pression croissent avec la profondeur : nous avons vu aussi que I Vaii pouvait pénétrer à de grandes distances dans l'intérieur de la terre, et qu'elle imbibait plus ou moins toutes les roches dont la croûte du globe est formée. Il y a, entre l'état hygrométrique des roches situées à une certaine profondeur et celui des roches existant près de la surface du sol, une différence considérable sur laquelle on ne saurait trop insister.
L'écorce terrestre est tellement souple qu'elle aurait pu, sans se fracturer, recevoir le choc des forces intérieures, même de celles dont le mouvement orogénique est le résultat, si sa structure intérieure, ainsi qu'on le verra dans le chapitre suivant, ne l'avait rendue facile à se disloquer. J'ai comparé l'écorce terrestre à un radeau, supporté par une mer incandescente, la pyrosphère : mais ce radeau est flexible et se compose de parties mal rattachées les unes aux autres, susceptibles de se séparer et de se disjoindre.
yides se sont établis y tend à s'affaisser de plus en plus. Si Fon accorde à la zone sédimentaire une puissance moyenne de trois kilomètres, il en résulte que Técorce terrestre s'est déplacée d'une longueur égale, sous l'influence de la cause que j'ai en vue. Rappelons-nous, en effet, le principe que nous avons posé en admettant qu'au début des temps géologiques, l'océan ne contenait aucun des futurs matériaux qui allaient concourir à la formation des terrains stratiflés; ces matériaux, avonsnous dit, appartenaient encore à la pyrosphère.
La cause d'affaissement (|ue je viens d'indiquer n'a pu modifler le volume du globe , puisqu'elle n'a fait que transporter au-dessus de la croûte terrestre ce qui étiit au-dessous; aussi ^ n'ai-je pas dû m'en occuper lorsque j'ai examiné (page ii8) les circonstances qui tendaient à diminuer le volume de notre planète.
floopICMC et mobilité de U croûte da fflobe. — Les nombreuses
impulsions que l'écorce terrestre subit, et qui ont pour résultat de rendre sa surface si inégaie et si accidentée, nous disent suffisamment (pie celte écorce terrestre non -seulement est très-mobile, mais aussi jouit d'une grande flexibilité.
Les plissements et les contournoments, dont les strates schisteuses des terrains anciens et les couches calcaires du terrain jurassique offrent des exemples nombreux, peuvent nous donner une idée de la souplesse de l'écorce terrestre. Diverses circonstances, que je vais mentionner, augmentent même cette souplesse et contribuent a rendre plus efficace la résistance que l'écorce terrestre oppose à toute ru[)ture.
La croûte du^globe se compose, dans sa zone stratifiée, de parties assez distinctes, susceptibles, jusqu'à un certain point, de glisser les unes sur les autres.