SOUPLESSE ET MOBILITÉ DE I.A CROUTE DU GLOBE
Remarquons aussi que la durée de l'effort qui s'est exercé contre certains points de l'enveloppe solide du globe, pour déterminer les gibbosiiés ou les dépressions du sol, embrasse souvent presque tous les temps géologi(|ues^ tandis que les terrains scdimenturos se sont constitués les uns après* les autres, de sorte que chacun d'eux, dans Tarte de son dépôt, s'est exactement adapté à la nouvelle configuration du sol. Il faut se rappeler enfin que la chaleur, la pression et l'eau ellemême augmentent la plasticité des roches, et, par conséquent, les rendent plus dociles sous l'impulsion qui agit sur elles. Or, la clialeur et la pression croissent avec la profondeur : nous avons vu aussi que 1 Vau pouvait pénétrer a de grandes distances dans Tintérieur de la terre, et qu'elle imbibait plus ou moins toutes les roches dont la croûte du globe est formée. Il y a, entre l'état hygrométrique des roches situées à une certaine profondeur et celui des roches existant près de la surface du sol, une différence considérable sur laquelle on ne saurait trop insister.
L'écorce terrestre est tellement souple qu'elle aurait pu, sans se fracturer, recevoir le choc des forces intérieures, même de celles dont le mouvement orogénique est le résultat, si sa structure intérieure, ainsi qu'on le verra dans le chapitre suivant, ne l'avait rendue facile à se disloquer. J'ai comparé récorce terrestre à un radeau, supporté par une mer incandescente, la pyrosphère : mais ce radeau est flexible et se compose de parties mal rattachées les unes aux autres, susceptibles de se séparer et de se disjoindre.