‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 63 sur 149 · DÉBÂCLES; GLISSEMENTS DE TEBRAINS^ ETC · texte numérisé non relu

DÉBÂCLES; GLISSEMENTS DE TEBRAINS^ ETC

avaient fait échapper une partie des eaux par une galerie artificielle. Malgré cela, a la quantité d'eau qui s'écoula par seconde, dit sir Lyell, fut cinq fois plus grande que celle qui coule dans le Rhin, pendant le même temps, au-dessous de B&le. Le torrent ressemblait à une masse mourante de roches ei de limon : sa vitesse , dans la première partie de son cours , était de 10 mètres par seconde, d

Il faut signaler ici une conséquence de rinfiltration de l'eau dans des couches perméables. Si une couche , ainsi pénétrée par l'eau, offre une forte inclinaison, la masse qui la recouvre, ne trouvant pas un point d'appui suffisant, glisse sous son propre poids. Il arrive quelquefois que la masse, ainsi en«tndnée, se déplace lentement sans que les arbres et les objets qu'elle supporte soient ébranlés. Le plus souvent elle s'écroule avec fracas, et ses débris, mêlés au cours d'eau, en accroissent l'action dévastatrice. Un phénomène de ce genre amena la destruction de la ville de Pleurs, dans la Valteline, en 1618, et d'une partie de Salzbourg , en 1669. Le 27 septembre 1806, après une saison tirès-pluvieuse , les couches de brèche placées sur les flancs du Rossberg se détachèrent de cette montagne, en formant une masse d'une lieue do longueur, de mille pieds de largeur et de cent pieds d'épaisseur; les vallées de Goldau et de Bousingen et quatre villages furent ensevelis en cinq minutes : dans la matinée du jour de cette catastrophe, un terrible craquement s'était fait entendre du côté de la montagne.

Les éboulemcnts de masses considérables peuvent encore résulter de fentes profondes qui se produiseni sur les hautes montagnes. Dans la soirée du 25 août 4835, un violent orage éclata autour de la Dent-du-Midi (Valais); on prétend même que la foudre tomba sur la cime à plusieurs reprises. Le

lendemain j vers onze heures du matin , une partie de la montagne se détacha avec un brui4 épouTantable^ en imprimant au sol une secousse semblable à un tremblement de terre. Elle se précipita sur un glacier^ dont une portion fut entraînée dans sa chute. Une masse énorme de pierres et de glace vint s'abîmer dans le ravin où coule le torrent de Saint- Barthélémy. Une boue noire et visqueuse^ à la surface de laquelle des blocs de roches de plusieurs mètres de côté flottaient comme des glaçons à la surface de l'eau ^ forma comme un courant de lave qui se dirigea vers les bords du Rhône ^ et parcourut un espace de quatre à cinq lieues dans une demiheure.

Les roches placées sur le flanc ou sur le sommet des montagnes^ surtout dans le massif des Alpes, sont^ pour ainsi dire^ dans un état d'équilibre instable^ et de nombreuses droonstances peuvent occasionner leur chute ^ — un tremblement de terre^ la foudre, le vent, le dégel, ou même la simple secousse résultant de la décharge d'une arme à feu.

Les avalanches sont des amas de neige qui se détachent subitement des hautes montagnes lorsque l'élévation de la température, à la fln de l'hiver, diminue leur adhérence avec le sol : le moindre ébranlement dans l'air sufBt pour hâter leur chute. L'accélération qu'elles acquièrent en tombant augmente leur puissance destructive : on les voit rouler avec fracas vers les vallées, renverser tout ce qu'elles trouvent sur leur passage, et entraîner après elles tout un cortège de troncs d'arbres et de débris de roches.

clrcnlftUoB ëc reaa ft la tortoce et tf ans l*lat«rte«r et rccoree las

rartre. — L'eau , après s'être éloignée de l'océan sous forme de vapeur, se condense dès qu'elle atteint les froides régions de

• CIBCULATION DE l'EAU, ETC. 34S

l'atmospbère^ se transforme on nuages^ puis tombe à la surrace du globe sous forme de neige ou de pluie , pour revenir, par des voles diverses^ vers son point de départ.

La quantité d'eau apportée par la Seine à l'océan n'est que le huitième de celle qui tombe dans le ba»in qu'elle arrose. Cette même quantité n'est que d'un dixième pour le Mississipi. Qœlque approximatifs que soient ces calculs^ ils n'en démon<* trent pas moins qu'une faible partie de l'eau tombée dans un bassin se dirige vers la mer par les courants superficiels , torrents^ ruisseaux, rivières et fleuves.

Plus le cours d'un fleuve est étendu, plus le volume de l'eau qu'il amène vers la mer est faible, relativement à celui de Feau qui tombe dans son bassin sous forme de neige ou de pluie. Les chances d'atteindre l'océan diminuent, pour une goutte d'eau, à mesure que la distance entre la mer et le point où cette goutte d'eau est tombée augmente.

Or, la diflërenœ entre les volumes de l'eau provenant de l'atmosphère et de celle qui est reçue par l'océan ne saurait être compensée par celle qui est .reprise par Tévaporation. Le retour de l'eau vers son point de départ doit donc, en ms^eure partie, s'effectuer par les conduits souterrains.

Les sols argileux s'opposent seuls à l'absorption de l'eau plu* viaie par le sol. Celle-ci filtre avec facilité à travers les sols sableux. Quant aux roches calcaires, si elles ne se laissent pas facilement imbiber par l'eau , les terrains qu'elles constituent n'en sont pas moins, à cause de leur structure caverneuse, très-perméables. Ces terrains présentent des gouffres qui por-tent les noms à'enionnoir ou de puits dans le Jura , de sinkhole dans la Jamaïque, de kataootron en Grèce, A'aoën dans le midi de la France. Ces gouffres, où se perdent des cours d'eau assez puissants pour faire aller des moulins, sont trèsr

nombreux dans le Jura ; ils y rendent impossible l'existence de rivières, si ce n'est au fond des vallées très-encaissées. D'après M. Thomassy^ qui a publié un remarquable travail sur rhydrok^e du Hississipi^ les formations calcaires qui accompagnent le cours de ce fleuve et celui de son affluent , le Missouri , présentent une multitude d'orifices absorbants ou smk-Jioles; ils sont en forme d'entonnoirs dont TouYerture a jusqu'à cent mètres sur une profondeur de quarante pieds ^ et où s'engoutTrent les pluies torrentielles. Ces entonnoirs se trouyent quelquefois sur le trajet des fleuves : ils expliquent pourquoi, dans certains sondages, le courant du Mississipi a été reconnu plus rapide au fond qu'à sa surface. Ils expliquent aussi pourquoi les inondations du Mississipi supérieur restent le plus souvent inaperçues pour la Nouvelle-Orléans.

Tant que l'eau, en pénétrant dans la croûte du globe, n'a pas dépassé le niveau correspondant à La profondeur maximum de Tocéan, elle peut, en suivant sa pente naturelle, revenir vers le bassin des mers et y donner naissance à des sources sous-marines. Idais dès que. ce niveau est atteint, et même avant, l'eau peut encore retrouver son point de départ en passant à l'état de Tapeur sous l'influence de la chaleur intérieure. Elle remonte yers les r^ons supérieures de l'écoroe terrestre, douée d'une température plus ou moins éleyée, et tenant un grand nombre de substances en suspension ou en dissolution.

Il y a donc lieu de distinguer deux circulations intérieures : 1* une circulation souterraine ou sous-superficielle, commençant avec le moment où l'eau pénètre dans le sol et finissant avec celui où elle revient, par les sources émergées et sousmarines, avec une température assez peu élevée pour autoriser à penser que l'eau n'a pas atteint une grande profondeur;

Page 1