DÉBÂCLES^ GUSSBMENTS DE TERRAINS^ ETC
cielle des terrains^ ajoutent beaucoup à sa stabilité et facilitent sa conseryation. En général , la conservation de la terre Tégétaie sur les pentes peut être attribuée en grande partie à Texistence des racines des végétaux qui , constituant dans Tinteneur des terres comme une espèce de feutrage^ en retiennent les parties les plus ânes: lorsqu'on défriche un terrain en pente, il est quelquefois dépouillé de terre végétale par un seul orage. Dans beaucoup d'endroits où l'on a défriché des forêts pour les remplacer par des champs cultivés, la terre Tégétale a été entraînée par les eaux, et le sol est devenu incultivable pour un temps qui sera très-long, parce que les phénomènes relatifs à la reproduction de la terre végétale sont très-lents. Mais il faut remarquer que l'état de culture est l'état exceptionnel. Nos travaux tendent à faire prédominer Texception sur la règle; mais l'état naturel du globe a été d'être couvert de végétation, de manière que, quand on rai*^ sonne sur la terre végétale, on raisonne sur une surface qui a été pendant très-longtemps couverte de gazon ou de forêts, b (Elie de Beaumont, Leçons de géologie pratique, tome I.)
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que je viens d'énumérer détruisent molécule à molécule, usent et rongent lentement la surface du sol émergé : il en est d'autres qui ne se manifestent que par inlen^alles, et ont pour résultat de démanteler les continents et de les détruire , pour ainsi dire, en bloc.
<i Un livre relié se gftte beaucoup la première année où on s'en sert, un peu moins la seconde, moins encore la troisième; puis quand il est parvenu à un certain état, qu'on caractérise vulgairement par le nom de bouquin, son usure annuelle est imperceptible. La surface de la terre a été généralement plus
3i2 PRODROME DE GÉOLOGIE*
OU moins usée^ dans toutes ses parties^ par l'effet des agents extérieurs; elle est parvenue généralement à un état comparable à celui de la reliure d'un bouquin^ et c'est pour cela qu'elle se dégrade très-lentement. » (Elie deBeaumont^ Leçons de géologie pratique, tome I.) Un vieux livre, mis par un long usage à Tabri d'une usure rapide, n'en est pas moins exposé à des accidents qui peuvent le détériorer complètement : il en est de même pour la surface du globe. Je vais mentionner quelques-unes des circonstances qui, de nos jours, amènent tout à coup la destruction de parties de l'écorce terrestre assez considérables.
Si la barrière qui retient les eaux d'un lac, permanent ou accidentellement formé, vient à être rompue, celles-ci se précipitent vers la vallée inférieure pour y exercer des ravages d'une importance dont il serait quelquefois difflcile de se faire une idée. Les cours d'eau, surtout ceux des pays de montagnes, prennent également un caractère dévastateur lorsqu'ils augmentent subitement de volume , à la suite d'une trombe, d'un orage, pendant la fonte des neiges, et, sous les tropiques, pendant la saison des pluies. La tradition et l'histoire ont conservé le souvenir de désastres survenus dans ces cas, et souvent désignés, lorsqu'ils remontent à une époque éloignée, sous le nom de déluges.
En 1818, les avalanches ayant formé un barrage dans la vallée de Bagnes (Valais), les eaux provenant de la fonte des neiges s'accumulèrent dans la partie supérieure de cette vallée : elles y formèrent un lac qui, sur certains points, atteignait une profondeur de 60 mètres et une largeur de SOO mètres. Au commencement de l'été, la barrière de glace qui retenait les eaux s'étant rompue, le lac fut vidé en une demi-heure. Dans la prévision de celte catastrophe, les habitants de la vallée