GOMMENT LES OSSSMNBTS ONT-ILS ÉTÉ INTRODUITS^ ETC
frçs; ils y entraînent du gravier, du limon rouge ^ des ossements d'animaux et des débris de végétaux.
Par conséquent, si nous observons ce qui se passe de nos jours, nous voyons fonctionner les deux modes d'enfouissement de débris d'animaux dans les cavernes; ce qui se passe en Morée nous semble indiquer comment les brèches osseuses se sont produites, tandis que les cavernes habitées par les byènes sont un exemple de la manière dont les grottes se sont remplies d'ossements. Et comme les grottes se rattachent sou- Teot à des brèches, il faut en conclure que, sur certains points, l'enfouissement est le résultat de deux causes difiérentes.
Si l'on n'admettait pas les idées émises par Buckland , on ne saurait s'expliquer pourquoi les nombreux ossements renfermés dans certaines cavernes appartiennent tous à la même espèce. En 1837, on retira de la grotte d'Osselle quatre grandes charretées d'os, appartenant tous à VUrsus speltBtis : il n'y avait point, parmi eux, de débris d'hyène. Dans la grotte de Kiriedale, les ossements appartenaient à un grand nombre d'espèces : ceux A'Ursus spelœus étaient très -rares, tandis que les restes d'hyène se rapportaient à près de trois cents individus. Aussi , Buckland a-t-il attribué à l'hyène seule l'accumulation des ossements dans les cavernes, en déclarant que dans les grottes où ne se trouvent pas d'ossements d'hyène , les os ont été introduits avec le limon et les graviers. Les ours vivent de graines et de fruits ; ils sont bien moins sanguinaires que les autres carnassiers, et ils ne se nourrissent de chair que lorsqu'ils y sont poussés par la nécessité. Cette différence de régime explique parfaitement pourquoi, dans certaines grottes , les débris d'ours ne se montrent pas accompagnés d'os d'herbivores.
On a remarqué que les ossements de carnassiers sont pins
fréquemment intacts que ceux d^berbivores. Ceux-ci sont souvent marqués d'impressions généralement considérées ccnnme des traces de dents. Dans certaines carêmes, on trouve des ooprolites {album vêtus) qui sont probablement les excréments des hyènes et des ours.
Les ossements accumulés dans les cayernes ont pu 7 être remaniés {kir les eaux, à la suite d'inondations passagères; c'est pour cela que les squelettes ne [s'y montrent pas entiers , et que les ossements de carnassiers ne vivant jamais ensemble, tels que les hyènes, les lions et les ours, se trouvent pêle-mêle sur le même point. L'intervention des courants d'eau, dans le phénomène qui nous occupe, rend compte de la conservation des ossements, qui sans cela se seraient déccHrnposés. Ces ossements, enveloppés par le limon et les graviers comme le sont ceux que Ton renconfa^e dans les alluvioos anciennes , ont dû leur conservation , d'abord au limon qui leur sert de guangue , et ensuite au glacis stalagmitique qui a intercepté le passage de l'air atmosphérique dans le magma dont ils ccHistituent un des éléments. Ce fait nous explique pourquoi les ossements n'existent pas dans les cavernes où il n'y a pas de limon et de cailloux roulés.
— De tout temps , des fissures et des cavités ont existé dans l'intérieur de l'écorce terrestre et ont reçu des débris des roches encaissantes : c'est ainsi que se sont comblées les fkiilles se montrant dans tous les terrains et appartenant à toutes les époques géologiques. Pourtant le phénomène du remplissage des fissures et des cavernes par des débris d'animaux est relativement récent; tous les ossements que l'on rencontre dans les cavernes appartiennent à des animaux de la période dite
CAVBRNBS ET BRÈCHES OSSIFÈRBS^ ETC. 351
quaternaire^ et les mollusques dont on y trouve les coquilles se rattacheot à des espèces actuellement yivantes. Cette loi sonfllre à peine quelques exceptions pour les brèches.
Quelle que soit Topinion que Ton adopte sur le mode dont s'est produit le remplissage des brèches et des cavernes à ossements^ on est toqjours amené à conclure que c'est là un phénomène essentiellement continental. Ce phénomène n'a pu se manifester qu'après l'apparition des mammifères^ et non lorsque la plupart des animaux qui vivaient i la surface du globe étaient aquatiques ou amphibies.
Dans certaines fissures^ et notamment dans celles du terrain sidérolitique , on a recueilli , mais rarement^ des débris de lophiodon , de paléotherium , etc.^ c'estrà-dire de mammifères de la période éocène.
Pendant la période miocène , les eaux recouvraient la majeure partie de l'Europe^ et ce n'est que lors de la période plicKrène que le phénomène dont nous venons de nous occuper aurait pu se produire. Il ne date pourtant que du commencement de l'ère jovienne ^ et c'est là un fait dont il est aisé de trouver la raison.
Nous avons vu que l'introduction des ossements dans les cavités de l'écorce terrestre reconnaissait deux causes^ le transport par les courants et l'intervention des animaux.
Pour ceux qui admettent une relation immédiate entre les phénomènes de transport et le remplissage des cavités intérieures par les ossements, il est évident que ce remplissage n'a pu s'effectuer qu'à dater du moment où Faction alluviale ou diluvienne s'est manifestée sur une large échelle , c'est-àdire pendant l'ère jovienne.
Si l'on admrt que les débris d'animaux existant dans les cavernes y ont été introduits par les animaux eux-mêmes^ il
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devient encore plus certain que le remplissage des cavernes par les ossements n'a pu se manifester que pendant Tère jovienne. La plupart des genres dont on y a signalé les débris^ et que leur mode d'existence attirait dans les cavités souterraines ^ ont eu une apparition récente. Pendant les périodes éocène et miocène, la faune mastozolque était surtout composée d'herbivores, ruminants et pachydermes. La faune plio* cène, moins connue ou plus pauvre que celles qui l'avaient précédée ou suivie , offre des caractères intennédiaires. C'est pendant l'ère jovienuc que les carnassiers se sont montrés nombreux en espèces, en individus, et surtout en individus de grande taille. Le genre Ursus ne date que de la période pliocène, et les débris d'espèces de ce genre sont très-rares dans les terrains de cette période. On a vu que les hyènes avaient joué, dans le remplissage des cavernes, un rôle très-important; or, ce que nous venons de dire du genre Ursus s'applique également au genre Hyœna.
Des raisons semblables à celles qui viennent d'être données peuvent nous expliquer pourquoi, dans les Pyrénées, les Alpes et le Jura, les cavernes ne contiennent plus, au delà d'une certaine altitude, ni limon, ni ossements. Elles ont été inaccessibles aux courants d'eau ^ et peut-être moins habitées par des animaux qui trouvaient dans la plaine un climat plus doux.
Quant à l'abondance des brèches autour de la Méditerranée, elle a , sans doute , sa raison d'être dans les nombreuses dislocations du sol produites par les tremblements de terre qui , pendant l'ère jovienne comme de nos jours ^ semblent s'être manifestés de préférence dans cette région.
floftaiiici» paiMecBtteft et lacuires. -* Les formations fluviatiles sont dues aux mêmes agents qui déterminent l'éta-