COMMENT LES OSSEMENTS ONT-ILS ÉTÉ INTRODUITS , ETC
Ternes et les caTités existant près de la surface du sol. Je citerai les petits carnassiers insectiyores^ tels que la taupe; les carnassiers carnivores , tels que l'hyène y Tours ; les animaux vivant dans les terriers , tels que le renard , le blaireau y le iapin, etc. On ne conçoit pas pourquoi, lorsque leur fin arrive, ces habitants des cavernes ne laisseraient pas leurs débris dans leur demeure, après y avoir accumulé les os des animaux dont qndques^nns d'entre eux avaient (bit leur nourriture.
H. Paul Mares a décrit une caverne située près de Toasis de Lagfaouat^ (sud de la province d'Alger) et servant de repaire à des hyènes : « L'entrée de cette caverne a I", 50 de diamètre et donne accès dans une excavation à pic, dont les parois offrent de fortes saillies qui en rendent la descente et la montée assez praticable. Au fond de cette excavation vient un couloir étroit, conduisant à une salle de six mètres de longueur sur trois de hauteur et quatre de largeur. Sur le sol de la caverne sont répandus des ossements nombreux, les uns entiers, les autres brisés ou rongés, portant quelqu^ois encore des lambeaux de chair desséchée. Ces os appartiennent tous aux divers animaux sauvages ou domestiques qui se trouvent dans les environs, et que nous avons reconnus, tels que chiens, chacab, gazelles, antilopes, lièvres, chameaux, moutons, autruches, chèvres. Plusieurs têtes humaines sont mêlées à ces déturis, au milieu desquels sont répandus de nombreux excréments de hyène. Dans cette première salle se trouvent deux orifices. Le premier descend peu à peu dans le sein de la terre, et conduit à une suite de salles très-petites où , au dire de plu* sieurs personnes qui Tont parcourue, on trouve des ossements très-nombreux et plusieurs têtes humaines. Les hyènes fuient le jour et les bruits du dehors : aussi emportent-elles volontiers leur proie dans les plus profonds replis de leur sombre
repaire. Le lion et la panthère vivent exclusivement dans les pays boisés et arrosés de cours d'eau permanents. Le second couloir descend presque à pic dans le sein de la montagne ; il s'y est produit une ou deux fissures dans lesquelles ont glissé , pêle-mêle j des ossements et des matières terreuses de la première salle. »
Dans les contrées où Técorce terrestre est formée de roches calcaires et caverneuses^ les cours d'eau s'engouffrent quelquefois tout à coup dans les cavités souterraines ; en reparaissant à des distances plus ou moins éloignées^ ils constituent les sources si abondantes de ces contrées. Lorsque ces cours d'eau sont grossis par les pluies, ils entraînent le limon, les fragments de roche et toutes sortes de débris qui recouvrent le sol. Les sources ne perdant nullement leur limpidité lorsque les eaux qui les alimentent deviennent troubles ou boueuses , il faut en conclure que ce limon , ces fragments de roches et ces débris s'accumulent dans les cavités souterraines. Ce phénomène s'observe dans le Jura et dans divers pays ; mais il se produit d'une manière très-remarquable en Morée, où il a été étudié par MM. Boblaye et Yirlet, qui ont fait partie de l'expé* dition française en Grèce.
La Morée présente des bassins profonds, complètement fer* mes par des montagnes calcaires dont les couches sont trèsdisloquées. Dans chacun de ces bassins, des gouffres ou kata-^ vothra se montrent à différents niveaux. En Morée , comme sur une grande partie du littoral de la Méditerranée et sous les tropiques , l'année se partage en deux saisons , l'une sèche et l'autre pluvieuse. Pendant la saison sèche, les gouffres s'entourent d'une végétation vigoureuse, et servent de retraite aux chacals et aux renards, qui y entraînent leur proie. Pendant la saison pluvieuse, les torrents se précipitent dans ces gouf-