D EROSION KT DB COMBLEMENT
TerraÎDS de traDsport formés sar le sol émergé : atterrissements; alla- Tîons. — L'action alluviale aa point de vue chronologique. — Les alluvions datent du commencement de Père jovienne. ^ Première période glaciaire : conglomérat bressan , ancien terrain de transport da yeraant septentrional des Pyrénées, plaine de la Grau , allutioos anciennes du val de TArno et du littoral méditerranéen. — Période jovienne moyenne, ou ioterglaciaire : diluvium alpin, alluvions an«ciennes à ossements, alluvions aurifères, lehm du Rhin, etc. — Deuxième période glaciaire : alluvions modernes. — Caractères distinctifs des alluvions et du diluvium. — Phénomènes alternatifis de comblement et d'érostoiK: alluvions remaniées. — Dernières remarques.
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êrntrwé. — Les débris détachés du sol ^ à la suite des actions dont j'ai essayé de donner une idée dans le deuxième chapitre, sont, t6t ou tard , saisis et transportés par les courants d'eau jusqu'à ce que ceux-ci, ayant perdu par le ralentissement leur puissance de transport, laissent tomber les objets charriés par eux.
La puissance et la Titesse des cours d'eau restant la même , la distance à laquelle les détritus de roches peuTent être entraînés dépend de leur densité, de leur forme et de leur Tolume. Evidemment, les corps les plus denses parmi ceux qui ont le tnême Tolume , et les corps les plus volumineux
))arini ceux qui ont la même densité y doivent tomber les premiers au fond de Teau. Si de deux corps ayant le même volume et la même pesanteur spécifique, l'un est sphérique et Tautre en lamelle , celui-ci restera plus longtemps en suspension dans l'eau parce qu'il éprouvera de sa part une plus grande résistance : c'est lui qui sera entraîné le plus loin.
Ces principes , sur lesquels est basée la méthode employée dans le traitement mécanique des minerais, sont mis en œuvre par la nature sur une échelle immense. Les courants exercent ainsi, sur les matériaux qu'ils charrient, une sorte de triage ou de lavage qui a pour résultat de déposer aux mêmes endroits ceux de ces matériaux qui se ressemblent par leur densité, leur forme ou leur volume. C'est pour cela que, dans les alluvions aurifères, l'or, en pépites ou en paillettes, se trouve concentré sur certains points; c'est pour cela également que, dans plusieurs pays, et notamment dans la Franche-Comté , les grains de minerai de fer se montrent plus ou moins débarrassés de l'argile ferrugineuse qui leur servait de guangue, lorsqu'ils sont arrivés à la surface du globe en vertu d'une action geysérienne très-énergique.
Les alluvions sont toujours le résultat d'une sédimentation mécanique. La rareté des éléments à l'état de molécule chimique est facile à comprendre. Sous l'influence des agents de transport , ces éléments finissent par atteindre le bassin des . mers , le seul point où leur dépôt puisse s'effectuer. Ils sont accompagnés, dans leur trajet, parles corps flottants, comme le bois, quand ceux-ci ne sont pas rejetés par accident sur les bords du cours d'eau qui les charrie. Les grands ifeuves, comme le Gange, le Nil, le Mississipi, ne portent plus, dans la partie inférieure de leur cours, que du sable très-fin ou du limon.
Les graviers , les cailloux et les blocs charriés par les cours
ALLUVIONS : TERRAINS d'aTTERRISSKMËNT. 357
d'eau ^ à mesure qu'ils s'éloignent de leur point de départ^ diminuent de Tolume el prennent une forme de plus en plus arrondie, dédouble résultat est dû au frottement qu'ils exercent les uns sur les autres ^ et Ton conçoit pourquoi les corps les plus durs et les moins attaquables chimiquement par les agents atmosphériques peuvent persister le plus longtemps. Nous
avons là Texplication d'un caractère assez constant présenté
par beaucoup de terrains de transport et consistant en ce qu'ils sont composés^ en totalité ou en majeure partie^ d'éléments siliceux sous forme de cailloux roulés^ de sable ou d'argile. Je pourrais citer de nombreux exemples de cette persistance de l'élément siliceux dans la composition des terrains de transport ; j'en mentionnerai un seul que j'emprunterai à une localité du Jura que j'ai déjà nommée (voir page 325).
On a vu que le plateau qui s'élève au sud de Besançon^ entre la Lone et le Doubs^ présentait les traces d'une puissante dénudation , à la suite de laquelle avait disparu une série d'assises comprenant les marnes oxfordiennes , le calcaire oxfordien^ le terrain à chailles et l'étage corallien. Le terrain à chailles doit sa désignation aux rognons siliceux qu'il renferme y et ses fossiles sont aussi ordinairement pénétrés de silice. Or, les roches et les fossiles des terrains que je viens d'énumcrer ont tous disparu, à l'exception des rognons siliceux et des fossiles du terrain à chailles : ceux-ci ont donné naissance à une couche qui peut recevoir le nom de terrain à chailles remanié. Le même fait s'observe sur un grand nombre d'autres points du Jura bisontin. Quant à l'époque de ce remaniement, elle coïncide avec celle des phénomènes de dénudation qui se sont produits dans les mêmes localités.
I^ causes qui déterminent, dans les terrains de transport, la prédominance de l'élément siliceux , ont aussi pour consé-
quence d'y amener Tabsence presque complète de fossiles. Les coquilles^ en se heurtant contre les débris de roches transportés avec elles ^ sont bieniôt triturées > à moins qu'en Tertu de leur faible pesanteur le courant ne les entraine à une plus grande distance. Les ossements des mammifères, surtout ceux de grande taille , ont plus de chances de s'y rencontrer et s'y présentent quelquefois.
Les alluvions et les terrains de transport sont caractérisés^ non-seulement par leur situation toujours superficielle^ par la manière incohérente dont leurs matériaux sont réanis , par l'absence habituelle de ciment entre ces materiaux^ mais aussi par leur stratification presque nulle et toujours irrégulière.
On a TU que les terrains , reçus au fond des eaux douces ou marines, ne formaientpas , même sur un point restreint, une masse continue, et qu'ils éteient séparés par des plans limitant les couches ou strates. Ces plans, dans un même ensemble , sont parallèles entre eux, et, primitivement, étaient horizontaux.
Les alluYions , de même que les terrains de sédiment , ne constituent pas des masses non divisibles; mais les lignes de séparation qu'elles présentent n'offt-ent aucune régularité. Elles sont plus ou moins recourbées ou ondulées, rarement parallèles, jamais horizontales au moment de leur dépôt. Elles présentent divers degrés d'inclinaison , se placent en retrait les unes par rapport aux autres, se croisent dans tous les sens et s'interrompent mutuellement à chaque instant. Tout démontre, dans une alluvion, qu'elle s'est déposée sous des eaux agitées, sujettes à des remous, à des contre-courants, et possédant des vitesses très-diflérentes sur des points rapprochés.