GLACES POLAIRES
Tandeone. Cette tie ne présente pas de sources^ et les eaux provenant de la fonte estivale des neiges et des glaœs s'écoU" lent à la surface des glaciers. C'est surtout la partie suf^rieure des glaeiers qui se meut; ce mouvement s'effectue en vertu des mêmes causes qui ont été indiquées pour expliquer les mouvements des glaciers des Alpes.
«tacM »«tairM. — Lorsque le navigateur atteint les hautes latitudes, il voit flotter des Mocs de glace qui^ à mesure qu'il se rapproche du pôle, se montrent de plus en plus nombreux^ augmentent de volume , et finissent par entraver la marche de son navire. Ces blocs proviennent en partie de vastes nappes que Yoû dés^ne sous le nom de champs de glace, et dont voici le mode de formation.
Dans les mers polaires, à une grande distance des côtes aussi bien que près des rivages, dès que la température de l'eau de mer descend à — â*,6, on voit apparaître de petits cristaux isolés qui ressemblent à de la neige que l'eau très-froîde ne pourrait fondre; la houle s'apaise comme si on eût converties flots d'une couché d'huile. Les cristaux s'unissent entre eux pour former des noyaux plus volumineux, et même, sous l'in* flueoce des vagues, ils acquièrent de 3 à 4 pouces de diamètre. Ces petits glaçons, constamment heurtés les uns contre les autres, s'arrondissent, se relèvent par leurs bords, s'unissent, et présentent bientôt de petits platc*aux d'un pied d'épaissenr et de plusieurs mètres de circonférence. Dès que la houle a complàtement cessé, ces divers glaçons s'unissent et fSormenI des champs immenses qui occupent quelquefois plus de cent lieuss carrées. (W. Scoresby, Anacconnt of the ortie régions,)
La première couche de glace s'accroît de haut en bas par suite de la congélation de l'eau de la mer ; elle s'augmente
aussi par la superposition de la neige qui tombe sur les champs de glace. M. J. Grange^ dans ses Recherches sur les glaciers, a calculé que les glaces qui se forment à la mer sous le pôle de froid ne peuvent pas^ en un seul hiver, atteindre une épaisseur de plus de vingt pieds^ parce que^ d'une part^ il tombe très-peu de neige sous des latitudes très-élevées et à des températures très-basses, et que, d'autre part, la glace est un trèfr-mauvais conducteur du caIori(|ue.
Vers le mois de juin , par suite de l'élévation de la température , du mouvement de la mer ou d'autres circonstances, les champs de glace les moins rapprochés du pôle et des côtes se disloquent tout à coup en fragments qui ont de i 00 à 200 mètres carrés. Les autres résistent à ces chances de destruction , et peuvent croître pendant un temps plus ou moins long. Ils présentent alors des strates alternantes de neige, de névé et de glace compacte. Le passage de la neige au névé s'effectue de la même manière que dans les glaciers des Alpes ; d'autres fois , il peut provenir soit de l'infiltration de l'eau de mer dans la neige par voie de capillarité, soit de la pression qui, d'après les expériences de J. Forbes, transforme la neige en glace.
Lorsque, pendant l'été, le navigateur a franchi la région des champs de glace temporaires, il trouve devant lui de véritables montagnes de glace se présentant sous forme d'Iles , et désignées sous le nom de banquises. La navigation à travers ces banquises devient de plus en plus dangereuse , et bientôt apparaît la limite qu'il n'a pas encore été donné à l'homme de franchir. Pourtant, on aurait tort de penser que le manteau de glace qui recouvre la région polaire croit en puissance jusqu'au pôle. Les champs de glace qui persistent pendant plusieurs années n'augmentent pas indéfiniment d'épaisseur par leur surface inférieure; la neige et la glace conduisent mal le calo-