MORAINES, BLOCS ERRATIQUES, ETC. AU
des débris de tout volume, depuis le grain de sable jusqu'à des blocs de 10 à 15 îttèltes de longueur dans tous les sens. Ces débris forment au bord du glacier une traînée, cheminant comme un immense convoi avec le glacier qui les suj>porte; c*«st à cette accumulation de débris que l'on donne le nom de moraine latérûle. Lorsque deux glaciers se réunissent^ la moraine gauche de l'un se confond avec la moraitie droite de Tautre, pour n'en constituer qu'une seule, qu'on appelle moraine médiane. Evidemment, un glacier a autant de moraines médianes que d'affluents.
Les moraines latérales et médianes sont désignées, d'Une manière collective, sous le nom de moraines superfieiellês , par opposition aux moraines profondes , constituées par la réunion de tous les débris accumulés entre les glaciers et le sol sous-jacent. L'eau mêlée à ces débris provient de la partie du glacier qui est en contact atec le sol, et qui, d'après les calculs de M. Elie de Beaumont, donne origine, chaque année, sous l'influence de la chaleur interne, à une couche d'eau ayant (^,Cf06 d'épaisseur. Elle provient aussi, soit des sources qui jaillissent du solcaebé sous le glacier, soit des eaux qtii coulent à sa surface et pénètrent dans ses crevasses. Cette eau n'est abondante que pendant Tété, et c'est elle qui alimente en majeure partie les cours d'eau qui, comme le Rhôue, prennent naissance dans la région supérieure des Alpes. C'est sous l'in* fluence de ces sources jaillissMt des glaciers qile se sdnt accumulés les alluvinns glaciaires, et les terrains de transport plus spécialement désignés sous le nom de diluvium. (Voir p. 370.)
Les matériaux dont se composent les moraines superOdelles finissent par atteindre l'escarpement terminant un glacier. Ils tombent au pied de cet escarpement, et, p«r leur accumolatian, amènent ta formation de la moraine terminale ou frani^e.
Suivons maintenant le glacier dans ses mouvements d'extension et de retrait. S'il est stationnaire^ sa moraine terminale le sera également et croîtra en dimensions. S'il s'avance, il poussera devant lui sa moraine terminale. S'il recule, son mouvement de retrait pourra s'effectuer par saccades, et chacune de ses stations sera marquée par la formation d'une moraine. D'autres fois, ce mouvement de retrait aura lieu d'une manière continue; dans ce cas, le sol qu'il aura délaissé, au lieu de présenter une série de moraines, sera uniformément jonché de blocs dits erratiques y de gravier et de cailloux striés. Il déterminera un terrain glaciaire éparpillé, se distinguant par de nombreux caractères des alluvions et des terrains de transport proprement dits. Dans les deux cas qui viennent d'être examinés, les moraines latérales donneront origine à une traînée de blocs disposés , à différents niveaux , de chaque côté de la vallée qui renfermait le glacier disparu.
Les blocs erratiques n'ont aucun angle émoussé; ils atteignent quelquefois des dimensions telles que leur transport par l'eau n'est pas admissible. Les cailloux sont striés; souvent imparfaitement arrondis, ils ont conservé quelque chose de leurs anciennes facettes.
Tous ces matériaux sont disposés sans ordre; souvent les moins denses ou les moins volumineux sont au-dessous; chaque bloc erratique repose sur une couche de limon, de sable et de gravier. Cette disposition est incompatible avec ce que l'on sait sur la manière dont l'eau dépose les matériaux qu'elle charrie. Enûn, le sol qui supiK)rle ces débris porte les traces du polissage et du striage par les glaciers.
iict fiaciert «c Tépoqnc uiociie. — Les conditions qu'exige la formation d'un glacier sont au nombre de trois : l"" Il faut un
LES GLACIERS DE l'ÉPOQUE ACTUELLE. 413
massif montagneux présentant une certaine configuration; î^ ce massif doit pénétrer plus ou moins dans la région des neiges perpétuelles; 3° il est enfin nécessaire que^ dans la zone placée au-dessous de la ligne des neiges perpétuelles, la tem* pérature oscille autour de zéro. Cette dernière condition est remplie lorsque la ligne des neiges perpétuelles ne coïncide pas avec le niveau de l'océan.
Li figure i3, qui représente la direction de la ligne des neiges perpétuelles, indique aussi l'altitude des principales chaînes de montagnes de l'Europe. Le lecteur peut aussi reconnaître d'un coup d'oeil les pays montagneux qui ont des glaciers et ceux qui n'en ont pas.
En Europe, les glaciers se montrent encore dans les Pyrénées; ils existent dans les montagnes de la Scandinavie, où de vastes plateaux, appelés fonden, sont uniformément couverts de névé. Les grands glaciers du sud de l'Islande s'étendent sur une largeur de 6 à 7 lieues, et sont séparés de la mer par une large moraine terminale formée de cailloux. Lislande est le siège des deux phénomènes géologiques les plus remarquables de l'époque actuelle : les glaciers et les volcans. Elle nous donne, sur une petite échelle, l'image de ce qu'était jadis l'Europe , lorsque tout autour du plateau central de la France, siège d'une action volcanique si énergique, se dressaient, avec leurs vastes glaciers, les Pyrénées, les Alpes et les Vosges.
Dans les Alpes, les glaciers se partagent en deux zones : Tune supérieure, où la glace est encore à l'état de névé et qui constitue les mers de glace ou glaciers-réservoirs; l'autre, inférieure, occupée par les glaciers proprement dits ou glaciers d'écotdemefit. Les glaciers réservoirs n'ont pas de moraines; les blocs de roches pénètrent et se maintiennent dans
leur ni^$89j tandis que les glaciers proprement 4it& OQ coo- Uennent jamais de corps étrangers.
A mesure que Ton se rapproche du pôle^ la limite infërieure des neiges perpétuelles et^ avec elle^ celle des mers de glace ^ s'abaissent de plus en plus. On conçoit que cette ligne doÎTO finir par coïncider avec le niveau de Tocéan, et, qu'à une cer* taine latitude, il ne puisse plus exister que des mers de glace. C'est ce qui s'observe pour le Spitzberg , lie située eotre les 78^ et 80^ de latitude nord. D'après Durocher, les glaciers ne paraissent pas s'y élever à plus de 400 à 500 mètres au-dessus de la mer : plus haut, il n'y a que des neiges qui ne fondent pas et qui ne passent point à l'état de névé ou de glace. Llle se termine par un plateau dont l'altitude est de 1000 à 1^00 raètresi. Les moraines des glaciers du Spitzberg sont très-pe^ développées et toutes latérales ; l'absence de moraines médianes est en relation avec celle des afQuents. Les moraines latérales sont mêniie peu élevées, et constituent plutôt des torrents de bwe placés et se mouvant sur les deux côtés du glacier. Quant aux moraines terminales, elles disparaissent au fond de la mer. D'après M. Ch. Martins, la partie des glaciers du Spitzberg qui regarde la mer forme toujours un mur vertical > dont la hauteur varie entre 30 et 120 mètres. En Suisse, l^s glaciers inférieurs ont de 10 à 25 mètres d'épaisseur, et les supérieurs de 40 à 60, ce qui montre une nouvelle analogie entre ces mers de glace et celles du Spitzberg. Ceux qui sont situés an fond des baies ne s'arrêtent pas au bord du rivage ; ils sfavancent dans la mer, et, sans glisser sur le fond de ceUe-ci , ito la suirplombent, de sorte que leur face inférieure est en contact avec la surface de l'eau. D'après M. £. Robert, la couche infé* rieure des glaciers du Spitzberg est adhérente avec te sol, et peut être considérée comme une nouvelle roche superposée à.