III. Premier retrait des glaciers. — Blocs erratiques dans o
le Jura. — Diluvium à quarzites du bassin du Rhône. H
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Après le dépôt du drifl^ il s'est produit, dans tout le nord de l'Europe , un soulèvement du sol ; ce phénomène a persisté jusqu'à nos jours, en se manifestant par saccades; il a eu pour résultat la séparation de la mer Baltique de la mer Glaciale ; il n'est pas encore arrivé à son dernier terme, comme le prouvent les mouvements que l'on observe encore dans le sud de la Suède.
Pendant que la mer comprise entre la Scandinavie et l'Europe centrale diminuait d'étendue, l'action sédimen taire n'en persistait pas moins sur les points non abandonnés par les eaux marines. Elle donnait origine à des dépôts qui se distinguent du drift ancien , non-seulement par leur situation rela* tîve^ mais aussi par les coquilles qu'ils renferment. Ces coquilles sont identiques avec celles qui vivent actuellement dans la Baltique ; elles indiquent que la température s'était élevée après le dépôt du drift ancien : le terrain où elles sont contenues, et qui peut être distingué sous le nom de drift supé^ rieur, correspond à la période interglaciaire h cette manière d'apprécier son &ge est une conséquence naturelle de ce fait que nous avons admis^ en reconnaissant que les modifications de température s'étaient manifestées en même temps et de la même manière sur toute la surface du globe.
La deuxième période glaciaire est représentée^ dans la Suède et la Norwège, par les trsdnées de saUe et de gravier, qui sont d'anciennes moraines, et qu'on appelle raer en Norwège, et àsar (pron. osar) eu Suède. Les motifis qui noua ont engagé à considérer les moraines des Vosges et des Alpes comme le dernier effet de l'action glaciaire, dans ces contrées^ doivent également nous conduire à voir dans les âsars le dernier terme du phénomène erratique du nord de l'Europe. Cette opinion est d'autant mieux fondée que les âsars contiennent, non-seule-
PHÉNOMÈNE ERRATIQUE DU NORD 0B l'EUROPE. 435
ment des coquilles Yivant encore dans la Baltique^ mais aussi des débris de rindustrie humaine.
En 4836, M. Selfstrœm avait émis Thypothèse d'un courant chargé de pierres roulantes^ ou courant péiridtitwien, dont les traces,. selon lui, pouvaient être suivies jusqu'à Textrémità méridionale de TAfrique. Depuis lors , la théorie de M. Selfs* Irœm, qui avait été adoptée avec peu de modifications par Durocher, a été abandonnée, et, maintenant, il n'est aucun géologue Scandinave ou danois qui s'en déclare le partisan.
L'intervention des glaciers peut seule nous rendre compte de toutes les circonstances du phénomène erratique du nord : par elle, on peut notamment s'expliquer pourquoi les stries > au lieu d'être parallèles aux moraines, leur sont quelquefois perpendiculaires.
D'après sir Lyell, les glaces flottantes seraient seules inter^ venues dans le phénomène erratique du nord de l'Europe; elles auraient tout à la fois déterminé le burinage des roches et le transport des blocs erratiques. Charpentier et M. Agassi» pensaient que ces deux phénomènes étaient le résultat d'an* ciens glaciers qui auraient recouvert, noo*seulement la 8can<' dinavie, mais aussi le nord de l'Allemagne et le nord-ouest de la Russie. La vérité se trouve entre ces deux opinions. Les glaciers ont poli et strié les roches de la Scandinavie, tandis que le transport des blocs erratiques s'est effectué par les glaces flottantes. On voit que le phénomène glaciaire du nord de l'Europe et celui des Alpes sont synchroniqucs, mais ne se sont pas manifestés dans des circonstances absolument identiques.
Les phénomènes dont le nord de l'Europe a été le théâtre, pendant l'ère jovienne , se sont également manifestés dans le nord de l'Amérique septentrionale; Us s'y sont produits dans le même ordre. Le sol y a obéi à un mouvement lent d'ascen*
8ion , et le striage des roches y a précédé le transport des blocs erratiques. Dans un mémoire^ publié en i841, M. Darwin a décrit le terrain erratique des terres magellaniques; il a montré que ce terrain y présente les mêmes caractères que dans le nord de l^urope.
Anelenne limite des neiges perpétoelles. — NoUS avonS admis
que^ dans le massif alpin ^ la ligne des neiges perpétuelles, lors de la première période glaciaire, se trouvait à mille mètres environ au-dessous de sa situation actuelle (voir figure 20). Dans la figure 43, on a tracé l'ancienne ligne des neiges perpétuelles, en supposant, ce qui n'est vrai que dans une certaine mesure, qu'elle se trouvait partout dans la même situation relativement à la ligne actuelle et qu'elle lui était parallèle. Dans cette figure , les hauts sommets de la Ck)rse dépassent assez l'ancienne limite des neiges perpétuelles, pour expliquer les traces de glaciers qui existent dans cette île, et pour permettre de supposer que ces traces pourront également être observées dans la Sierra -Nevada. Mais les Vosges, dont les glaciers étaient si étendus, n'atteignent pas cette limite; d'autres massifs montagneux, situés au nord des Alpes, la dépassent à peine.
n faut conclure de là que la ligne ancienne des neiges perpétuelles s'abaissait, vers le nord, d'une manière plus rapide que ne le fait la ligne actuelle; elle s'abaissait un peu plus que ne l'indique la figure 13, où on la voit rencontrer le niveau de l'océan vers le 67" 30' de latitude, tandis que cette rencontre s'effectuait à une latitude moins élevée et probablement vers le 65". Cet abaissement des lignes perpétuelles une fois admis, on est conduit à déclarer que les Carpathes, et les chaînes de montagnes qui se placent entre le bassin du Danube