GLACES CIRCUMPOLAIRES PENDANT LES TEMPS ANCIENS
et les bassins de TOder, de i'Ëlbe et du Rhin avaient également leurs glaciers. Ceux-ci ont transporté les blocs qui , vers le sud de la zone embrassée par le phénomène erratique du nord , se mêlent à ceux Tenus de la Scandinavie et occupent quelquefois des régions distinctes.
Ce fait ne prouve pas que les massifs montagneux de l'Europe^ situés à une latitude plus élevée que celle des Alpes ^ eussent une plus grande altitude que de nos jours. Les uns , tels que les Vosges, n'ont pas sensiblement varié de hauteur; les autres, tels que les Alpes Scandinaves, avaient une éleva* tion moindre que maintenant. L'abaissement considérable des lignes perpétuelles pendant Tère jo vienne était en relation avec la constitution topographique du nord de l'Europe. Les eaux marines y occupaient une plus vaste étendue que de nos jours; elles rendaient le climat de l'Europe sinon plus froid, du moins plus favorable à l'abondance et à la conservation des neiges ainsi qu'au développement des glaciers. C'est également par la plus grande étendue de l'espace recouvert par les eaux marines que s'explique le vaste développement des glaciers , des banquises et des glaces flottantes dans l'hémisphère austral , à l'époque actuelle.
citacM drenmpolalrefi pendant les teot»* uicMiift. — tl existôj
autour de chaque pôle, une zone où l'eau est toujours à l'état de neige ou de glace. Cette zone est approximativement limitée par un cercle dont le centre est au pôle, et qui a pour rayon la distance comprise entre ce pôle et le point où la ligne des neiges perpétuelles vient rencontrer le niveau de l'océan. Dans Thémisphère boréal et à l'époque actuelle, cette limite se trouve vers le 78» de latitude , mais nous venons de dire que , lors de la période qui a précédé l'époque actuelle, ce point de
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rencontre était plus éloigné du pôle et se trouvait probablement vers le 65° de latitude boréale. La zone polaire^ alors reoouTerte par Teau à Tétat de neige ou de glace^ avait une plus grande étendue que de nos jours. Sa limite était marquée par une ligne passant un peu au nord d'Arkhangel^ et travei^ sant rislande.
Pendant chacune des deux périodes glaciaires y les phénomènes que nous voyons se produire vers les pôles se manifestaient déjà^ et leur zone d'action était bien plus vaste qu^à présent. Toutefois , ce serait une grave erreur de rattacher le phénomène erratique du nord de TEurope à racaimulation des glaces vers le pôle. Ce phénomène se coordonne par rapport aux massifs montagneux et non par rapport au pôle; les stries et les traînées de débris que Ton observe sur le sol de la Scandinavie irradient autour des hauts sommets de cette contrée; à l'extrémité septentrionale de cette presqu'île^ on les voit se diriger du sud vers le nord^ c'est-à-dire dans un sens opposé à celui qu'elles auraient dû avoir d'après les théories, nullement fondées^ qui ont été formulées dans ces derniers temps.
J'ai déjà dit^ page 304^ quelques mots des neiges et des glaces polaires; je ne dois pas insister davantage à leur sujets puisque^ dans oe troisième livre^ j'ai eu en partie pour but d'étudier les variations de température considérées^ non en elles-mêmes^ mais quanta l'inQuence qu'elles exercent sur les phénomènes continentaux d'ordre inorganique.
Pour résumer les principaux faits que j'ai eu l'occasion de rappeler^ j'ai dressé un tableau que le lecteur trouvera à la page 433; il 7 verra dans quel ordre quelques-uns des phénomènes de l'ère jovienne se sont succédés en se modifiant en même temps que les climats.