‹ Prodrome de géologieChapitre 106 sur 170 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DÉTERMINATION DIS TERRAINS. — NOMKNCLATURI OÉOLOOIQUB.

Les terraios aa point de vae de la géologie systématique. ^ Objet de la géologie systématique. — Comment oo détermine Tordre de snperposition des terrains , et comment on les caractérise. — W. Smith , Alex. BroDgniart, etc.— Les terrains sont caractérisés par leurs fossiles.— Difficultés que Ton rencontre dans Tapplicalion de ce principe. — Emploi de la méthode pétrologique. >- Détermination de Tàge des rocheo cruptives. — Nomenclature et terminologie géologiques.

i<cft CeiralDs an polni de ^ne de la féoiOiçle syfttémailqac. *"* D une

manière générale^ on dc>nnc le nom de terrabi à toute portion plus ou moins considérable de Técrrcc terrestre formée de roches que rattache entre elles un caractère commun ordinairement indiqué par le mot qui accompagne celui de terrain. Les expressions — terrains arqileuXy calcaire, granitique, etc., — terrains lacustre, marin^ de transport, etc., — terrains dénudé, tourmenté, etc., — font voir que ce caractère commua à plusieurs roches est fourni par leur nature

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minéralogique, ou par leur origine, ou par quelque circons" tance particulière.

En géologie systématique, on désigne plus spécialement sous le nom de «terrain» tout efisemble de roches éruptivesvu sédimeritaires formées dans le même intervalle de temps. Si Ton suppose la série des âges géologiques partagée en un certain nombre de périodes^ à chacunes d'elles se rattachera un terrain dont Timportance, ou, en d'autres termes, l'épaisseur totale, sera , à conditions égales, en relation avec la durée (voir tome 1, page 218) de la période correspondante.

objet de la féolofle syscf maUqne.- La géologie doit, COmme tOUte

science ayant pour objet Tétude des êtres organisés, se résumer dans une classiQcalion rationnelle, classification qui, d'ailleurs, reste toujours susceptible de recevoir les modifications ultérieures rendues nécessaires par les progrès de la science. Le travail, dont cette classification est le but, conduit à un double résultat: il marque, pour chaque terrain, la place qu'il occupe dans l'échelle géologique et dans l'écorce terrestre; en même temps, il détermine l'ordre chronologique des nombreux événements antérieurs à la venue de l'homme sur la terre ou, du moins, à la tradition écrite ou parlée. Par conséquent, les mêmes recherches, qui conduisent à la connaisse . i de la slrujliii'j et de la composition de l'écorce terrestre, apportent chaque jour une page de plus à Thistoire physique du globe.

Une classification générale des terrains doit faire l'objet du premier et du dernier chapitre d'un traité de géologie. Elle vient se placer à la fin de l'ouvrage comme une conclusiou naturelle; mais il faut encore qu'elle le précède, afin de rendre plus précise l'exposition des faits ou des théories et afin aussi

DÉTERMINATION DE L'aGE RELATIF d'UN TERRAIN. 387

de montrer la relation qui existe entre le caractère d'un phénomène géologique et l'époque où il s'est manifesté. Une classification générale des terrains est comparable à renoncé qui précède et qui suit la démonstration d'un théorème; cette démonstration peut elle même se comparer au corps de Touvrage.

L'exposé des principes qui servent de base à la géologie systématique comprend trois parties sur lesquelles je vais successivement porter mon attention. J'indiquerai : V comment on caractérise chaque terrain et comment on trouve sa place relative dans la série géognostique; 2» comment, une fois qu'il est caractérisé, on le dénomme; 3« enfin, dans le chapitre suivant, j'expliquerai comment, à l'exemple du naturaliste qui avec les espèces fait des genres , puis des familles et enfin des classes, le géologue réunit les terrains en groupes de plus en plus importants.

DéCemUnatlon de Vàgt relatif d'an terrain. — Si l'on SC représente

tous les terrains actuellement connus superposés les uns aux autres, on aura un vaste ensemble que l'on désigne sous le nom d'échelle géologique. Au premier abord, il semble que, pour connaître la place qu'un terrain occupe dans cette échelle ou, en d'autres termes, son âge relatif, le moyen le plus direct et le plus sûr serait de le suivre pas à pas et de retrouver son point de jonction avec d'autres terrains préalablement étudiés et pris pour termes de comparaison. Mais on conçoit que ce moyen exigerait une grande perte de temps ; d'ailleurs , dans la plupart des cas, on ne peut pas le mettre en pratique. Les terrains éprouvent dans leur allure et dans tous leurs caractères généraux des modifications rapides (]ui dépistent bientôt le géologue. Même lorsque ces terrains conservent un

aspect uniforme^ ils sont soumis à des solutions de continuité complètes^ les unes datant de Tépoque où ils se sont constitués, les autres postérieures à leur dépôt. Les terrains déposés en même temps, mais dans des bassins différents, sont séparés les uns des autres par des massifs correspondant aux continents qui limitaient ces bassins. Les deaudations produites par les phénomènes d'érosion, les larges vallées comblées par les terrains de transport, les vastes dépressions occupées par les eaux de la mer ou recouvertes par des strates plus récentes que celles que Ton considère, déterminent autant de solutions de continuité , les unes réelles, les autres apparentes, toutes postérieures au dépôt du terrain qui formait jadis un même ensemble et qui est aujourd'hui divisé en lambeaux distincts.

Pour déterminer Tâge relatif des terrains, de même que pour les caractériser, il faut avoir recours aux fossiles. Une faune E, par exemple, rencontrée dans une formation, sert non seulement à la caractériser, mais aussi à démontrer qu'elle est postérieure ou antérieure à d'autres formations renfermant les débris des faunes A, B, C, D,.... F, 6, H, etc. On a pu, en etTet, après des tâtonnements multipliés, établir l'ordre de succession des fossiles maintena^jk décrits et celui des faunes qu'ils constituent en se groupant entre eux.

Il n'est aucune contrée qui possède la série complète des formations géologiques; mais les pays voisins les uns des autres présentent toujours à l'observateur une ou plusieurs formations du même âge qui permettent d'établir entre ces pays des termes de comparaison. C'est en mettant ces termes de comparaison à profit qu'il a été possible de constater dans quel ordre s'étaient succédé les faunes et les flores. Les recherches entreprises pour arriver à ce but ont été basées sur les deux principes suivants : l'un de ces principes ne s'est ja-

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