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LES TERRAINS SONT CARACTÉRISÉS PAR LEURS FOSSILES

mais trouvé en défaut jusqu'à présent^ Tautre est un axiome dont on ne saurait contester Téyideuce.

<• Les végétaux et les animaux dont on retrotwe les débris dans les strates sédimentaires n'ont pas occupé en même temps la surface du globe; ils ne s'y sont montrés que les uns après les autres et s'y sont succédé d^une manière régtdière. (Voir livre XI, chap. VI.)

*» L'ordre dans lequel les terrains se sont constitués n'est autre que celui de leur superposition, les plus anciens se trouvant, sauf les cas de renversement postérieur à leur origine y au dessous des plus récents.

On voit que la recherche de Tordre de superposition des terrains réclame le concours simultané de la paléontologie et de la stratigraphie. Dans cette recherche, la méthode purement pétrographique peut quelquefois aussi trouver son emploi ; il est évident, par exemple, que tout terrain est postérieur à celui dont il renferme les débris.

■.et terrains sont earactérisés par leors fossiles. — Comment la

science a-t-eUe pu se reconnaître en présence de cette longue série de couches superposées les unes aux autres comme les feuiltets d'un livre? Faire cette question, c'est rappeler le problème que la géologie, à Thonneur de llntclligence humaine, a complètement résolu. Le livre, que le géologue a pour mission de traduire, semblait d'abord ne porter aucun caractère sur ses pages laissées en blanc; toutes les strates varient bien dénature, mais les variations dans l'aspect et la composition des strates n'ont pas toujours une relation nécessaire avec leur âge et ne peuvent servir à les caractériser au point de vue chronologique. Un examen attentif a conduit à la découverte de caractères empreints i\xv un grand nombre des pages

du livre de la nature; ces caractères, à demi effacés, ces hiéroglyphes, se sont trouvés reconnaissables et des lors il a été permis de lire dans ce livre que les générations antérieures n'avaient pas osé ou n'avaient pu entr'ouvrir (0.

Le phénomène de la sédimentation s'accomplit dans une zone où la vie anime des êtres infiniment nombreux; il n'est donc pas étonnant que chaque strate puisse renfermer des débris plus ou moins abondants de corps organisés. D'un autre côte, l'espèce ayant, comme l'individu, une existence limitée et l'organisme étant sujet à varier constamment dans ses manifestations sans reproduire les mêmes types, il en résulte que chaque strate ne peut renfermer que les débris d'animaux et de plantes ayant vécu à l'époque où elle se formait. Par conséquent, ainsi que je l'ai déjà dit (tome I, page 211), chaque couche porte son millésime avec elle; et les fossiles qu'elle contient nous fournissent le moyen de la reconnaître. Toutes les strates offrant les mêmes fossiles sont réputées 9j/nchro-

(1) cf L'extérieur de la terre^ dit Bronn , est un grand livre ; sescouchei: en sont les feuillets ; les pétrifications on les fossiles» les lettres de Talphabet; le contenu, l'histoire de la création , dont aucun témoin oculaire ne nous ;i transmis le récit. Ces feuillets sont plus ou moins mêlés, déchirés ou aliérês ri h's caractères que la nature y a tracés plus ou moins effacés. Il faut donc les restaurer souvent par la pensée comme les papyrus et les palimpsestes d>> l'antiquité humaine, relativement si moderne. L'alphabet de ce livre est resti! longtemps inconnu, sans interprétation réelle , comme les hiéroglyphes do TEgyple, comme les caractères cunéiformes de la Perse ; le merveilleux, l'iin • possible, l'absurde même, ont tour à tour été invoqués pour son explication. Ce ne fut que lorsqu'on chercha à l'interpréter en le comparant avec celui dt^ la nature actuelle que Ton vit que la langue des anciens âges de la terre , qiii' les anciennes lois qui avaient dû présider au développement des êtres organisés, ne différaient pas de celles de nos jours. Les caractères seuls de l'alphabet avaient, comme à l'ordinaire, subi avec le temps quelques modification^ dont il était d*aiUcnrs facile de suivre et d*apprécier l'importance, et que nou^ devons chercher à préciser. (D'Archiac, Cours de Paléontologie,)

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niqties, quelles qne soient 4* leurs différences d'aspect et de composition et 2* les solutions de continuité qui les séparent, profondes vallées , océan et hautes ir ., itagnes.

Tel est le moyen d'investigation dont la géologie se sert lorsqu'elle divise Técoi ce terrestre en parties superposées dans un ordre déterminé qui n'est autre que celui de leur formation. Sa méthode est certaine dans son principe, mais elle offre, dans son application, des difficultés de détail que je vais mentionner.

L'espèce , en zoologie comme en botanique, est bien loin d'être nettement définie. Il en résulte un grave embarras pour le géologue qui, recherchant la situation relative de divers dépôts, trouve dans les uns et les autres des formes ori^aniques très rapprochées, mais non rigoureusement identiques. Il ne sait si les différences qu'il constate doivent le conduire à l'adoption d'espèces distinctes et, par conséquent, à la séparation des terrains qu'il compare, ou si ces différences doivent être considérées comme insignifiantes et ne s'opposantpas à ce qu'on réunisse ces formes organiques en une seule espèce et, par suite, ces terrains en un seul horizon paléontologique. On voit par là que la manière dont l'espèce doit être comprise est très importante, car de l'idée plus ou moins juste que s*en fait le géologue dépend l'exactitude plus ou moins grande de ses appréciations dans l'étude comparée des strates sédirnentairos.

Lors des premiers temps géologiques, les êtres organisés avaient un mode de distribution bien plus uniforme que de nos jours; chatiue espèce occupait une aire bien plus vaste. Aussi les mêmes fossiles peuvent-ils, dans les terrains anciens, canxtériser des dépôts situés à de graudes distances les uns

des autres et placés sous des latitudes très différentes. A mesure

que l'on s'éloigne des premières périodes, les lignes isothermes

s'accentuent de plus en plus; les stations^ même sur des points rapprochés^ se différencient davantage (^). Ces variations dans les conditions vitales se reflètent dans les caractères des êtres organisés, et ce n'est qu'après de longs tâtonnements qu'il est permis au géologue d'établir le synchronisme de formations qui n'ont qu'un petit nombre d'espèces communes.

Par suite du mode de répartition des terres et des mers pendant la période tertiaire, les formations datant de cette période sont séparées les unes des autres par des espaces très étendus correspondant aux continents qui limitaient les bassins où ces formations se dépos^iient. Rarement, pour constater la situation relative de strates situées dans des régions différentes, on peut avoir recours au procédé qui consiste à suivre leur prolongement jusqu'au point où elles se rencontrent. Par suite d'une Tariété plus grande dans les conditions biologiques, les faunes, pour un même liorizon gcognostique, varient beaucoup d'un pointa un autre; des t(Trains appartenant à la même époque n'ont pas toujours absolument la même faune et des terrains différents par leur âge peuveut posséder des fossiles communs. Ce qui est vrai pour les formations plus anciennes que le ter* rain tertiaire lest à un plus haut degré pour ce terrain lui même. En comparant entre eux des terrains réputés synchroniques, il faut consulter toute la faune que chacun d'eux renferme et non quelques fossiles isolés, à moins que l'expérience n'ait démontré que ces fossiles appartiennent à des espèces guides, c'est à dire à des espèces très caractéristiques ne se

(1) Ces! ainsi que la mer Rouge et la Méditerranée, bien que séparées par Visthme de Soez seulement , sont habitées par des espèces difrérent«s( ; lorsque les dépôts que ces mers reçoivent seront émergés, des strates synchroniques, bien qne ne présentant pas les mêmes fossiles, se moatreront sur des points très rapprochés les uns des autres.

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