‹ Prodrome de géologieChapitre 114 sur 170 · MÉTHODE PALÉ0NT0L06IQUE · texte numérisé non relu

MÉTHODE PALÉ0NT0L06IQUE

dent le dépôt a immédiatement précédé rapparition de ce système.

Ce qiH contribue à diminuer Timportance de la méthode orogénique^ c'est que les chaînes de montagnes^ au moment eu elles <mt surgir n'ont pas réagi sur le climat^ la faune et les phénomènes géologiques, comme ont pu le &ire les vastes protubérances déterminées par les mouvements oscillatoire et ondulatoire. L'emploi de l méthode orogénique offre donc plus d'avantages au point de vue spéculatif qu'au point de vue pratique.

Les systèmes de montagnes servent à personnifier les moments relativement très courts qui se placent entre la fin d'une période géologique et le commencement de la période suivante. Encore les lignes de démarcation qu'ils fournissent ne se placent-elles pas toujours de manière à concorder avec les classifications qui sont généralement admises et que l'on a établies en mettant en usage les autres méthodes. C'est ainsi que te système des Pyrénées, un des plus importants de ceux qui ont laissé leur empreinte sur le sol de l'Europe^ a surgi (si toutefois son âge est bien celui que lui accorde M. Elie de Beaumont) vers le milieu de la période nummulitique» de sorte que, ainsi qu'on l'a déjà dit, le terrain éocène est à cheval sur la chaîne de montagnes qui sépare la France de l'Espagne. C'est encore ainsi qu^ la période jovienne ou quaternaire, telle du moins qu'elle me parait devoir être comprise, avait commencé depuis quelque temps quand s'est montré le système des Alpes Principales que l'on avait d'abord considéré comme marquant la fin de la période tertiaire.

sptfMiitoioffiqae. — Les considérations qui ont trouvé place dans le chapitre précédent me dispensent d'insister ici

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l>our démonlrcr toute rîmportance de la niélhode paléoo* toiogique ; évidemment^ l'emploi de cette méthode n'est fn^ pdâsibto ibmiu'fl Réagit de terraine qiri^ par suite de leur natyre même ou de circonetances diverses, ne renferment pas de fossiles. Mais^ dans tous les autres cas^ c'est celte méthode que ron met le plus fréquemment en usage; c'est elle aussi qui sert de sanction et de contrôle aux autres méthodes^ et qui avertit le géologue de son erreur^ lorsqu'il réunit dea atirabcs offrantia môme composition minéralogique^ mais appartenant ù des époques distinctes^ ou lorsqu'il sépare des assises appar* tenant à la même époqne^ mais différant par leur composition . Quelquefois même la méthode paléontotogique est la seule à laquelle on puisse" aroir recours; il en est ainsi lors(|uc des strates nombreuses se siiecèdeat sans varier dans leur nalua* cl sans montrer de dîsoordance de stratification.

 mesure que la paléontologie stratigraphique progresse et que le nombre des fossiles s'accroit^ on voit de mieux en mieux que tofvles les fou nés passent, comme les couleurs de farcen cfol, des unes aux autres d'une manière insensible; on est de plus en plus conduit à penser qu'elles forment une série contrime, sans lacune et sans hiatus. Par conséqi>ent, lorsqu'on demande à la méthode paléontologique de nous indiquer les points par où Ton doit faire passer les lignes sépratives dcf tervainej les renseignements qu'elle nous fournit ne peuvenl pea avoir tovQours une netteté et une précision qui n'existent fvisdaiis la nature. Un certain arbitraire accompagne souveni le dieÎK de ces lignes, et, quelque soit le niveau par où on les fait pafser^ elles laissent presque toujours au deasous d'elles des espèces qui se retrouvent au dessus. Il ne faut donc pas acconler une valeur absolue aux raisons que les géologues, surtout les auteurs do monographies, sont encore portés à

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înfoquer lorsqu'ils réunissent des assises que rattachent entre ehe» des caractères paléontologiques communs; la conclusion è laquelle ces gMogues se trouveraient conduits^ s'ils étaient conséquents avec eux mêmes, ce serait la nécessité de réunir tous les terrains dans un seul et même ensemble.

Si Ton étudie une contrée de peu d'étendue, on Toit souvent les terrains qui se suivent immédiatement dans Téchelle géologique différer sous le rapport pétrograpbique. Cette différence dans la nature des roches indique que ces terrains ne se sont pas déposés dans les mêmes conditions; la différence dans les conditions de leur dépôt a dû aussi réagir sur les caractères de leur faune. II en résulte que les fossiles contenus dans Tun de ces terrains se distinguent de ceux queTautre terrain renferme non seulement sous le rapport spéciflque^ mais aussi parce qu'ils n'appartiennent pas aux mêmes familles ni parfois aux mêmes classes. (Tome 1^ page B64.}Ce qui^ dans une localité restreinte, contribue encore' à rendre moins nombreux les exemples de passages de fossiles d'un terrain au terrain suivant , c'est que chaque contrée est toi]UOurs loin de posséder la série complète des formations ; on conçoit que les formations entre lesquelles viennent se placer les hiatus et les lacunes ne puissent plus présenter des espèces communes; lorsqu'après une interruption plus ou moins longue^ l'action sédimentaire est reprise dans une localité déterminée^ la totalité des espèces qui auparavant habitaient cette localité ont eu le temps de disparaître delà surCeu^e du globe.

Les remarques qui précèdent ont pour objet de faire comprendre que les difficultés inhérentes à l'emploi de la méthode paloontologique se rencontrent surtout lorsqu'on a en vue des régions d'une vaste étendue^ des continents tout en-

tiers. C'est alors surtout qu'après airoir dressé les listes des fossiles de certains terrains peu différents par leur âge, on constate sur ces listes la présence de fossiles comnraiis plosou moins nombreux*

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viens de faire rénuméraUon des divers phénomènes et des principaux événements géologiques qui ont laissé après eux des traces susceptibles d'être mises à profit dans la classiication des terrains. Il me reste à mentionner les difficultés qui se présentent quand on veut se servir des indications que ces traces nous fournissent^ difficultés qui résultent du non synchronisme dans les époques où se sont effectués leschangemeois (le divers ordres qui viennent d'être indiqués. Le géologue doit autant que possible baser son travail sur les données paléonlologique, slratigraphique^ géogénique, etc. Lorsque ces diverses données sont concordantes^ ainsi qu'on le constate pour la ligne de séparation entre les terrains crétacé et ter-* tiaire^ rbésilalion n'est guère possible et l'accord s'élabUl naturellement parmi les géologues. Mais lorsque ces données fournissent des indications contradictoires^ le géologue, à moins qu'il ncsoit influencé par des idées systématiques, pewt bien se trouver dans l'embarras et ne savoir à quelle indication donner la préférence. Il en est ainsi ^ notamment, lorsqu'on veut tracer la limite entre les terrains mésosoïque et paléozoîque ; ces deux terrains montrent en eftet, à leur point de contact des strates qui , par leurs caractères, sont en quelque sorte des strates de transition ou de passage; Il arrive encore que la donnée paléontologique , même lorsqu'on se borne à la consulter seule, laisse dans l'indécision ; c'est ainsi

GHANGEMENTS SERVJiNT VB BASE AUX CLASSIFICATIONS. 425

que la faune triasicpie se rattache à la faune permienne par certains caractères et à la faune jurassique par d'autres.

Les ditÛMUés que je viens de signaler se présentent quand on étudie une seule et même région d'une étendue limitée. Mais des obstacles d'une autre nature surgissent chaque fois que^ daiis une classification des terrains, on a en vue plusieurs contrées plus ou moins éloignées les unes des autres, et, à plus forte raisrâ, lorsque l'on considère toute la surface du globe. On voit dans ces cas que les changements géologiques marquant la fin d'une période et le commencement de la période surnmte, même lorsqoils ne sont pas d'ordres différents^ ne se manifestent pas partout d'une manière générale et simultanée. Les forces intérieures peuvent, par exemple, transformer le relief de certaines o(»itrées pendant qu'elles laissent tranquilles des régions voisines. Les espèces de plantes et d'animaux n'apparaissent pas en même temps dans toutes les régions où elles sont destinées à vivre; elles ne les abandonnent pas toutes à la fois ; en d'autres termes, la transformation d'une faune peut être complète sur un point avant de commencer à se manifester sur un autre. Aussi le géologue a-t«il une tâche difficile à remplir puisqu'il doit autant que possible faire correspondre entre eux les échelons d'échelles qai ne sont pas exactement semblables ; il se trouve à peu près dans la même situation qu'un historien qui devrait faire concorder les diverses périodes de pays qui, éloignés les ans des autres, auraient été soumis à des vicissitudes différentes et dont chacun aurait été le théâtre d'événements n'ayant pas exercé d'influence sur les psiys voisins.

Ennmérons maintenant quelques uns des obstacles qui, dans la pratique, se présentent au géologue, lorsqu'il recherche les limites des étages, soit qu'il veuille établir des

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lignes de séparation qui n'aient pas encxHre été signalées, soit qu'il recherche la place ou, si Ton veut, le prolongement de celles de ces mêmes lignes dont l'existence a été reconnue sur des points plus ou moins rapprochés. Les terrains sont ordinairement liés les uns aux autres par des passages insensibles, aux points de vue aoolc^ique et pétrographique; il n'est pas toiûours facile de dire où Tun finit et où l'autre commence. On ne doit pas s'étonner si l'esprit ne divise pas sans un certain effort un ensemble dont la nature a intimement lié les parties tout en les rendant distinctes à des distances suffisantes de leur point de conLict. Souvent aussi une couche ne foamit aucune trace de fossile et le géologue doit suppléer à cette absence par des indications que lui inspire sa sagi^té. Plus souvent encore une discordance de stratification ou d'isolement ne vient pas placer de ligne de démarcation entr^ deux formations distinctes ; les couches, ainsi mises à l'abri d'un soulèvement opéré loin d'elles, ont conservé leur horizontalité antérieure ou, tout au moins, leur parallélisme primitif. Si, sur ce point, les matériaux qui ont concouru à leur formation continuent d'être les mêmes, si l'organisme n'a pas brus(|uement varié dans ses manifestations, le géologue aura devant lui deux terrains distincts sans qu'il hii soit possible de constater leur indépendance et de placer entre eux une ligne de démarcation. D'autres chances d'erreur se présentent lorsque les slitates sont contournées ou renversées sur elles mêmes ou lorsque, par suite de phénomènes d'intermittence dans la vie des espèces (antê, peige 363 )> oerlains fossiles se trouvent en dehors de leur horizon habifaiel. Mais les difficultés que l'on rencontre dans la pratique ne sauraient infirmer ni amoindrir les princi|)cs généraux qui sf^ivcnt ilo base à la géologie syslémati<|ue.

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