CHAPITRE III
CLASSIFICATIONS r.ÉNKnSLBS DES TERRAINS.
ClaâsiricaUoQfi ajicieones : Sténoo , Arduino , etc. -^ Classification wernerienno; Lehman, Wernor, Fuchsel. — Glassi6cations postérieures à celle do Werner : Alex. Brongniart, Omalius d'flalloy, Cordier, Ubèche, 11 :o(. — Dufrénoy el Elie de Bcaumonl. — Classifica lions récontes ; d'Orbigny , Lyell , d'Archiac ; — Caries géologiques de la France et de l'Angleterre.
i;ArttaiM, lietaMv» werner.— Le premier essai d'une division de Técorce terrestre en parties distinctes par leur composition et leur origine remonte à 1756^ année où Lebmao^ dircQteur des mines de Prusse, poUîa un ourrage où il groupait les terrains en trois classes, comprenant : t' les rocher prùnitives , 2^ les roches secondaires , 3^ les r(H:hes inondées. Les terrains primitifs dataient du commencement du monde el étaient antérieurs à la création des animam; ils résultaient d'im dépôt effectué chimiquement au ^n d'un liquide primordial, et ne renfermaient aucun débris d être organisé ni aucun fragment d'autres roches. Les terrain» secondaires étaient le résultat d'un dépôt effectué mécaniquement aux dépens des roches préexistantes dont ils contenaient les débris à l'état de sable et de gravier; pendant leur formation , la terre était couverte de plantes et d'animaux. nnfin , les terrains inondés devaient leur origine à des révolulions locales el au déluge de Noo. Les progrès de la science ^nl complété, mais n'ont pas modifié la ciassirication des
4^ PRODROUB DE GÉOLOaiE.
terrains imaginée par Lehman et ridée qu'il se faisait de leur origine. Cette généralisation hardie, remarque sir Lfell, bien qu'entrevue déjà par Sténon (4), en Italie, un siècle auparavant, marque dans les progrès de la géologie une étape importante et fournit à la classification des roches uoe sorte d'esquisse exacte de quelques unes de ses divisions principales.
Plusieurs mémoires, publiés vers le milieu du dénier siècle, démontrent que l'idée de diviser les roches ou les montagnes en trois groupes, se distinguant les unes des autres par leur âge comme par leur mode de formation, commençait à se répandre parmi les savants. L'habitude où l'on est de personnifier certaines découvertes par certains noms explique seule pourquoi le mérite d'avoir eu le premier cette idée est attribué à Lehman et à Werner , quelquefois même à eeloi-ci au préjudice du premier.
En 4759, c'est à dire presque en môme temps que Lehman faisait connaître sa classification des roches, Ardnino divisait les montagnes du Padouan et du Véronais en prùmtîves, secondaires ei tertiaires. Les montagnes primitives, d'après lui^ sont composées de schistes qui s'étendent sous les montagnes calcaires qu'elles supportent et sont, par conséquent, plus anciennes. Les montagnes secondaires sont pour la plupart formées de calcaires compactes et disposées en couches suivies; elle renferment des corps organisés pétrifiés. Les montagnes tertiaires ou collines peu élevées sont postérieures aux secondaires et reposent en partie au dessus et en partie à côté.
(I) SténoD soutenait, vers 1669, époque de la publication de son Prodromus, que la Toscane avait eu, avant Tépoque actuelle, six configurations différentes. Ce pays, disait- il^ a été deux fois complètement couvert par les eaui« deux fois rois à sec avec une surface uniforme, ct^ enlln, deux fois sillonné par des chaînes de montagnes.
CLASSIFICATIONS ANCIENNES ; ARDUINO, LEBMAN^ WERNER. 429
La classiQcaUon dite de Weiuei* û est autre que celle de Lehman perfectionnée et surtout Tulgariséc par l'illustre professeur de Freyberg. Le perfectionnement introduit par ce dernier consiste dans rintercalation du terrain de transition entre les terrains primitif et secondaire. Dans ce terrain de transition, il comprenait les couches dont les caractères participent de ceux des terrains entre lesquels elles sont comprises ; elles possèdent quelques uns des caractères minéralogiques du terrain primitif, et notamment Taspect cristallin de ses roches, mais, comme les roches du terrain secondaire, elles renferment des fragments d'autres roches et des débris de corps organisés.
Tons les terrains superposés à la craie, et que Werner classait parmi les terrains inondés , se partagent en deux groupes bien distincts. Le groupe supérieur comprend les terrains d'alluvion, c'est à dire des dépôts d'un caractère nettement tranché; mais, entre ce groupe et la craie, il existe un ensemble quelquefois très puissant de couches à stratification régulière , résultant d'une sédimentation plus ou moins tranquille, renfermant de nombreux fossiles, d'origine marine ou lacustre , en un mot présentant les principaux caractères du terrain secondaire. C'est cet ensemble supérieur à la craie, mais inférieur aux terrains inondés^ que Cuvier et Alex. Brongniart étudiaient soigneusement dans le bassin de Paris peu après le commencement de notre siècle et qui recevait, vers celte époque, le nom de terrain tertiaire. Plus tard, la désignation de terrains inondés ou d'alluTion était rempla* cée par celle de terrain quaternaire. Dès lors, la classification et la nomenclature wemérienne étaient définitivement établies.
Plus récemment^ on a introduit^non dans la classification de Werner qui est généralement adoptée, mais dans sa nomencla*
ture, des modifications indiquées dans le tableau synonymique ci-joint : *
f Alluvial Quaternaire .... Honucoiqoe.
[Tertiaire Tertiaire Néozoique.
[ Secondaire ..... Secondaire Mésozoîqae.
De transition .... Primaire Palôozolque.
^Primitif. Cristallin Azoique.
ClassIfleaUeiift posléiieorcs à celle de ivcmcr; Ad. BroasBlarl, L«-
Mciie» omauas d*HaiioT, Haoï. — Pendant que cette division des terrains en cinq grands groupes s'établissait peu à peu, l'étude progressive de la strucliu-e de Técorce terrestre amenait la connaissance des terrains moins importants dont se composent les groupes principaux. C'est ainsi que, dès 1795, Humboldt employait l'expression de calcaire du Jura et considérait ce calcaire comme formant un terme de la série secondaire. Déjà Lebman , en 1750, avait déterminé , en Allemagne, la position relative des formations suivantes :