V. — SYSTÈME GABBOnrÊBE
• «yDonyiiiie — Partie moyenne de la période anihraxifêre, Cordier, et du groupe carbonifère, Labèche. — Formation anthraxifère, Omaliusd'Halloy. — Formation carbonifère, Euot — Calcaire carbonifère^ Elie de Beaumont et la plupart des auteurs.
Bisioriqae. — Dans son traité de géologie^ publié en 1833^ Labèche réunissait ^ sous le nom de groupe carbonifère y trois terrains qui étaient de bas en haut le vieux grès rouge, le calcaire carbonifère et le terrain houiller. Les progrès de la science n'ont pas réellement modiflé cette classification : le vieux grès rouge^ étudié d'une manière plus complète, est
celle qai est à l'ouest pent prendre le nom général de Haînaut. Entre l'Ardenne d'une part, le Condros et le Hainaut de l'autre, s'étend comme un fossé une large vallée presque aussi stérile que TArdenne^ c'est la Famenne, sur la droite de la Meuse, la Fagne, sur la gauche. Vers le nord du plateau anthrazifère, on trouve une bande schisteuse accompagnée de nombreuses couches de houille qui font la richesse de la Belgique ; elie est creusée depuis Gharleroy jusqu'à Liège d'un profond sillon où coulent la Sambre et la Meuse. Plus au nord , se trouve le Brabant, contrée fertile formée de sables tertiaires. Dans quelques points, principalement au fond des vallées, on voit percer des roches analogues à celles de l'Ardenne ; ce sont, selon Texpression de M. d*0malius d*Halloy, les sommités d*un ancien monde enfoui sous des dépôts plus nouveaux ; c'est le prolongement extrême et^ pour ainsi dire^ sous maria des monts Hercyniens.
STSTÂUB GARDOIflFÈRB. 601
derenu le terrain dévonien ; quant au calcaire carbonifère et au terrain houiller, ils sont restés à peu près ce qu'ils étaient d'abord^ et c'est en vain que quelques géologues ont essayé d'établir leur syncbronisme*
I ffé«ffniFiaqBe ; men «e la vérlo«c cMrftMiAre. — Ce que
nous avons dit des changements qui se sont opérés dans le mode de répartition desmers^ vers le commencement de la période dévonienne, peut se répéter à propos de la période carbonifère. Pendant cette dernière période, la terre ferme a continué de gagner en étendue. En même temps, tandis qu'elles désertaient certaines régions, les eaux océaniennes en envabissaient d'autres. Dans leurs déplacements successifs, elles ont tendu, en France, à se porter de l'ouest vers Test et du nord vers le sud. Nous voyons, en effet, au commencement de la période carbonifère, la mer abandonner la presque totalité du massif breton et la partie orientale de la grande Bretagne pour envahir tout le nord est de la France et la région où s'élèvent actuellement les Vosges. La mer qui recouvrait le nord de la France se prolongeait en un petit golfe qui occupait sans doute à peu près le même emplacement que le bassin supérieur de la Loire et atteignait les environs de Roanne. Vers le nord est, elle recouvrait la majeure partie de l'Allemagne et allait peut-être se mettre en communication avec l'autre mer qui, en Russie, s'étendait d'Azof à Arkangel.
Les eaux océaniennes, qui occupaient les régions que nous venons d'indiquer, formaient la mer septentrionale de la période carbonifère. C'est surtout dans l'Europe méridionale que, pendant cette période, l'exhaussement du sol et le retrait de la nter se sont manifestés sur de vastes surfaces; le terrain carbonifère y est^ en effet, peu développé. Ce terrain ne
MK PRODROmb DE 6È0L0GIB.
s'observe guère que dans les eoTirons de Neffièz (Hérautt)^ où la mer carbonifère occupait sans doute à peu près le même emplacement que la mer de la période dévonienne^ et dans les Asturies^ entre Oviédo, Santandqr et Almanza; la mer des Asturies s'étendait probablement vers le nord et allait se confondre avec celle de TAngleterre.
La mer carbonifère recouvrait aussi les régions où des couches d'origine marine alternent avec des bancs de houille ou sont placées au dessus d'eux. Il en est ainsi en Russie, dans le Valdaï et les provinces de Toula et de Kalouga; en Espagne, dans les Asturies ; en Angleterre , dans le Northum-* berland , à Newcastle et dans le Yorkshire. Dans toutes ces localités , les bancs de houille présentent dans leur allure générale et dans leur épaisseur une régularité trop grande pour qu'on puisse admettre qu'ils ont été formés par voie de charriage. Probablement^ ces localités se trouvaient prë» du rivage de la mer et, par conséquent, à une faible profondeur. Les moindres oscillations de Técorce terrestre suffisaient pour porter le sol au dessus ou au dessous du niveau des eaux. Lorsqu'il y avait affaissement, il se déposait, sur l'espace envahi par les eaux, des strates marines, ordinairement calcaires. Lorsqu'il y avait exhaussement, l'espace émergé se couvrait de deltas et de lagunes d'eau douce accompagnant le littoral; ces lagunes et ces deltas devenaient le siège de la formation du combustible. (Voir page 511.)
— Les roches dont se compose le système carbonifère sont des schistes, tantôt siliceux, tantôt argileux, rarement ardoisiers, des grès, des psammites et des grauwackes. Mais la roche prédominante est le calcaire qui abiHide aurtoot dans la partie moyenne de tout lesytèoie. Leaca^fes^u.
SYSTÈME CiRfiONIFiCRS. 503
terrain carbonifère sont gris bleuâtres ou noirâtres^ souTent veinés de parties blanches spathiques; ils exhalent sous le choc du marteau ou par le frottement une odeur fétide due aux substances dont ils sont imprégnés. Leur texture plus ou moins compacte et les accidents de coloration qu'ils présentent les font fréquemment employer comme marbre. C'est au terrain carbonifère qu'appartiennent les marbres de Flandres et de Belgique connus sous le nom de marbre des Ecaussines ou -petii granité, ainsi que le marbre de Namur et de Dinan^ exploité sous le nom de marbre de Sainte Anne ; le petit granité est d'un gris noirâtre avec des taches griser dues à des fragments d^entroquesetde polypiers. Le terrain carbonifère renferme quelquefois des couches de houille dont la présence dans cette formation ne doit pas nous étonner, puisque les sigillaires et les autres végétaux a racine stigmariée faisaient partie de la flore de la période carbonifère.
— La faune de la période carbonifère est caractérisée , comme celles des périodes antérieures , par l'absence des mammifères et des oiseaux; dans l'étiit actuel de nos connaissances^ elle ne possède pas non plus de reptiles, car les strates citées comme ayant fourni les débris d'Apateon et à'Archegosatirus appartiennent au terrain houiller proprement dit et non au terrain carbonifère.
Les poissons sont abondants; ils rappellent en partie la faune dévonienne. On n'y retrouve plus cependant quelques unes des formes étranges et bizarres de cette faune ; l'ordre des ganoides cuira^ssés a presque disparu. Le nombre des placoïdes en revanche a augmenté et l'on voit apparaître parmi les ganoïdes rhombifères quelques genres de formes |)Our ainsi dire plus n<i|Fmales,. comme les PalœotUscus et plusieurs groupes voi-
504 PRODROHB DB GiOLOGIS.
sids. Les crustacés se modifient beaucoup ; la variété augmente dans les familles de cette classe autres que les trilobites. Ceuxci deviennent rares et apparaissent pour la dernière fois; ils ne sont plus représentés que par les deux genres PfuUipsia et Triarthrtts, ce dernier spécial à la faune carbonifère. Les mollusques^ leséchinodermes et les polypiers rappellent encore par leurs traits principaux les faunes précédentes; un très grand nombre de genres se montrent pour la dernière fois. Parmi les mollusques^ les genres Eomphaltis, Ganiatites, Prth ductus, prennent un développement considérable. Les échinodermes continuent à être surtout représentés par le type des crinoîdes. Les foraminifères apparaissent pour la première fois ; ils montrent le genre Fusilina dont les individus remplissent des bancs entiers en Russie. (Pictet.)
Dans le recensement de M. Gceppert^ la flore carbonifère comprend une espèce d'algueet 91 espèces de plantes terrestres; parmi celles-ci, il en est 7 qui passent dans le terrain houillen le Neuropteris Loshii persiste depuis le calcaire carbonifère Jusqu'au terrain permien inclusivement; parmi les espèces spéciales à toute la période carbonifère se trouvent: Co/omites transitionis , C. Roemeri et Sagenia Veltheimiana {Knorria imbricata).
Mvfiioo eu vfwutÊn carkoDiAre'en étate». — Le système carbonifère, considéré d'une manière générale , peut se diviser en trois étages: 4* les schistes carbonifères inférieurs; i* le calcaire de montagne ou calcaire carbonifère proprement dit qui forme la partie essentielle de tout le sytème; 3« le mUl stone grit, que je décrirai à part.
lit sytiftoM cuikoMlfir* «■ AatIcMm, «■ wmm ; de. — Le pie-
SISTJÙn CAlBOlflFtBB* 806
mier étage est surtout développé en Irlande. Dans cette. tie, on trouTe^ à la base du calcaire de montagne, un en«* semble d'argiles schisteuses et de schistes qui présente une épaisseur de plus de 300 mètres. Au dessous de ces schistes Tient le grès jaune {yellow sandstane) de Mayo^ que Ton considère aussi 'comme carbonifère en raison de ses fossiles marins, bien qu'il passe au dévonien sous jacent. Un grès semblablOi mais de puissance moindre, occupe une position identique dans le Gloucestershire et dans la Galles du sud. (SirLyell.)
Dans le sud ouest de la Grande Bretagne, dans le Somerset» shire et la Galles du sud, par exemple, le calcaire de montagne {Mountain Umesiane), ainsi nommé parce qu'il forme des montagnes assez élevées, est d'origine eiclusivement marine; il renferme beaucoup de coraux, de coquilles et d'encrines; il en est quelquefois pétri. Il supporte, comme en Irlande, le mill sianê grit. Il est aussi désigné par les géologues anglais sous le nom de calcaire métallifère (metallife* rouslimestonéjt parce qu'il renferme de nombreux filons dans le Derbyshire et le Cumberland.
En Belgique, le calcaire carbonifère (terrain condrusien de Dumont) comprend deux groupes: un groupe inférieur ou calcaire de Toumay et un groupe supérieur ou calcaire de Visé. Le groupe inférieur, que Ton peut, sous toutes réserves, placer sur le même niveau que le grès de Mayo, est moids épais que le groupe supérieur et occupe moins d'étendue que lui ; mais son importance industrielle est plus considérable : c'est lui qui fournit la pierre à chaux de Toumay, le marbre des Ecaussines, la pierre bleue de Marbaix, etc. Parmi les principaux fossiles, nous citerons, dans le calcaire de Tournay: Produetus Plemingii, Spirifer Mosquensis^ Terebratula
806 PBOifinoaar ns QioLOQis.
Moffsir, Orlhis Miàhelwif Leptcenà depressa, Eompfialus hèli* moitiés, CyathàpkyllUm mitratum, etc. ; -*- dans le calcaire 4^ Visé, Préductus giganteus^ P. semiretictUatus, P. striaiuSy Spirifer glader, Terebratula sàccxdm^ OrtMs resuppuUa, hq^tœm depressa, EomphalUs Dyonisii, etc. Les deux grou* pes sont séparés par une assise dolomitique , dont Dumont faisait Mît étage distinct. Parmi les accidents pétrograpbiques diA calcaire carbonifère de la Belgique, il faut signaler la pré- ^nce de la silice formant quelquefois de petits nodules de phtanite, qui rappellent les cherts qui existent dans le calcaire de montagne du Devonsbire et qui, conime ceux-ci, se mon- Irent, près de Dinanl, pétris d'entroques.
Le terrain carbonifère, qui manque dans TEifel, est représenté, dans tout le nord de FAllemagne, par un ensemble de coucbes schisteuses et siliceuses que caractérise la Posidanih mya Becheri. Au dessous des scbistes à posidonomies se trouvent la grauwacke de Culm, et plus bas le terrain carbonifère (kofdetîkalk); au dessus, la jeune grauwacke des Allemands (jungere grauwacke), avec plantes carbonifères..
En 1837, M. Hogard considérait le terrain dit de transition des Vosges comme faisant partie des systèmes cumbrien et silurien inférieur. En 1841, M* Elle de Beaumont le rattachait an système dévonien, etj en 1847, M. Pournet, le FsgeuAissant encore davantage, émettait l'opinion que ce terrain dépend dû systeme carbonifère. Cette manière de voir, adoptée par M. Kœchlin Schlumberger, a éte mise hors de doute depuis que M. Schimper a démontré que les plantes du terrain de transition des Vosges appartiennent incpntest^btement à la flore car)H>nifère, ^ surtout depuis que M. . Joiur(|an a renppiitré aux e^Yirons de Plancher les Mine^i des fos|si)es :t€^^ que frwfy^ti9 J^wH^^ P. gùg^fUeus, P: semr^icîU^J^t etje?^
STBTiOa CÂRBOlflFÈRB. 80T
plus quelques espèces appartenant aux genres AmjdexuSy Lep* tOBna, Orthis, Choneies, Spirifer, Eomphalus, PhUlipsùz, etc. Parmi les espèces de plantes décrites par M. Schimper> se Irourent: CtdamU^s tranntioms, Knorriaimbricata, Sagenafia Veliheimiana , Cydopteris polymorpha , Sphenapteris Schimperiaim. Le terrain de transition des Vosges forme la plupart des hautes cimes de ces montagnes et notamment le ballon de Guebwiler : la surface qu'il occupe est découpée sur ses bords par le nouveau grès rouge qui le recouvre, et, dans son intérieur, par les massifs de granité et de syéaite qui y sont intercalés. Il se compose de calcaires, de grès, de grau* wackes, de schistes argileux et de schistes ardoisiers. L'allure variable et irrégulière de la stratification du terrain de tran^ sition des Vosges n'a pas encore permis de retrouver Tordre dans lequel se succèdent ses diverses assises, ni d'apprécier sa puissance qui, dans tous les cas, n'est pas moindre de iâOO m^es.
Un terrain dit de transition se montre par lambeaux sur le versant occidental des montagnes qui séparent le bassin de la Saône de celui de la Loire. Il occupe une contrée qui^ pendant la période trilobitique, parait avoir eu la même histoire que les Vosges. Le terrain de transition des environs de Tarare^ de Roanne, tU^., qui d'abord avait été considéré par M. Grûner comme appartenant aux systèmes cumbrien et silurien, que d'autres géologues avaient cm plus tard dépendre du syat^me dévonien, -a été en dernier lieu reconnu par M. de Vernenil comme étant en totalité du terrain carbonifère. C'est aussi au système carbonifère que nous croyons devoir r^tta^obçr un lambeau de terrain schisteux des environs de Roanne quî, bieq que ne renfermant pas dç fo#si)es, avait d'abord été ^nsidéD^ par quelques géologues comme silurieu; ainsi disparaît
Tanomalie offerte par rexistence de ce lambeau de terrain loin des autres contrées où se montre la formation à laquelle on Tavait à tort primitivement rapporté.
Le terrain de transition de la Loire^ comme celui des Vosges^ se compose de conglomérats^ de grès, de grauwackes, de schistes talqueux, de schistes argileux, de schistes ardoisiers, de calcaires et d'anthracite ; mais, dans le bassin de la Loire, Tordre de succession des assises est plus facile à reconnaître. On peut 7 distinguer deux étages, séparés sur quelques points par une discordance de stratification. L'étage supérieur pai^tt correspohdre au mill stone grit, ainsi que nous le verrons tout à Theure; c'est cet étage qui renferme les gisements d'antbracite ; il a pour roche prédominante un grès éminemment feldspathique. L'étage inférieur se compose, de haut en bas, de schistes argilo-talqueux diversement colorés, de calcaire gris bleufttre contenant des fossiles et de plusieurs variétés de grès argilo-quartzeux; ce dernier étage représente tout ce qui, dans le système carbonifère, se place au dessous du mill stone grit. Les calcaires des environs de Tarare et de Roanne (Régny, Thisy, etc.) sont bitumineux et contiennent principalement des évompbales, des productus, des spirilères et des encrines. En descendant la Loire, on retrouve le terrain carbonifère au dessous de Digoin ; il est principalement constitué par un calcaire renfermant une grande quantité d'encrines , de coraux , et le Cyathophyllum helianthoîdes ; ce calcaire forme une bande étroite, dont le flanc parait dans la berge de la Loire, depuis Creux jusqu'au delà de Diou.
La mer carbonifère a laissé, comme témoignage de sa présence sur la partie orientale du massif breton, le calcaire de Régneville, dans le Ck>tentin, et celui de Sablé, dans le département de la Sarthe. Ces calcaires renferment des fossiles
8T8TÈ1CB CARBONIFteB. 809
appartenant tous à la .faune carbonifère, tels que Spirifet siriatus, Producins giganteus^ P. semireticulatus ^ Çhonetes papillionacea, Orthis resupinaia, etc.
Enfin, le terrain carbonifère existe dans les Asturies et à Neffièz (Hérault) , localité très intéressante parce que l'on y trouve, comme nous rayons vu, des représentants des principaux termes de la série paléozoîque.
MIU ttMM ffrtt; «ilkracite ém te Mire. — Dans leS IleS Britau*
niques, à la partie tout à fait supérieure du terrain carboni-* fère, il existe une assise, épaisse de 180 mètres environ, formée en majeure partie d'un grès analogue à celui qui domine dans le terrain houiller, mois à texture plus grossière; il passe quelquefois à un conglomérat; il est accompagné de schistes argileux dans lesquels on rencontre parfois des plantes houillères. Dans le nord de l'Angleterre, il est traversé par quelques bandes calcaire^, avec des peignes, des huîtres et autres coquilles marines; il oflre quelques minces lits de houille. Ce grès fournit des meules de moulin à toute TAngleterre, circonstance qui a valu le nom de mill stone grit (pierre à moudre) à Tassise dont il fait partie.
Le mill stone grit est une formation presque spéciale à l'Angleterre. Ses représentants sur le continent sont peu nombreux , et ne lui ont été rattachés que d'une manière douteuse. Pourtant l'indépendance du mill stone grit comme étage me paraît d'autant plus admissible que ce terrain est limité par deux systèmes de montagnes : en bas, par le système des Ballons, en haut par celui du Forez. En Angleterre, il se montre quelquefois en discordance d'isolement avec le calcaire carbonifère. (Tome II, page 471.)
«Les dislocations du système du Forez ont aflècté tous les
Sf0 pftoimoia de oéologib.
teifmns qui entrent dans la composition des montagnes de cette contrée^ y compris celui dans lequel sont exploitées les mines d'anthracite des environs de Roanne ; mais elles ne se sont pas étendues au terrain houfller qui existe près de Ià> à saint Etienne^ à Bert^ au Greusot^ etc. Elles datent^ par conséquent^ d'une époque intermédiaire entre le terrain anthraxifère de la Loire et le terrain houiiler. Le terrain anthraxifère de la Loire repose en stratification quelquefois concordante^ mais plus routent discordante^ sur un terrain schisteux dans la partie supérieure duquel sont intercalées des assises calcaires; M. de Yerneuil, après avoir étudié aux environs de Roanne ces calcaires^ les a tous reconnus pour des calcaires carbonifères comme ceux de Sablé. On doit renoncer^ d'après cela^ à voir dans le terrain anthraxifère de là Loire un équivalent du terrain anthraxifère de la Loire Inférieure qui est inférieur au calcaire de Sablé; on ne saurait non plus le placer sur le même niveau que le calcaire carbonifère puisqu'il en est séparé par une discordance de stratification ; on ne peut pas davantage le mettre en parallèle avec le terrain houiiler^ dont la constitution si constante dans tout l'intérieur de la France est si différente de la sienne^ et dont les couches n'ont pas été afiectées par les dislocations du système du Forez. De là il parait résulter que le terrain anthraxifère de la Loire représente le mill stone grit des géologues anglais^ auquel les poudingues inférieurs, des terrains houillers de Saint Etienne et d'Alais n'avaient été assimilés que d'une manière hypothétique.
0 Le terrain anthraxifère de la Loire présente vers labase un conglomérat souvent très grossier ; ce conglomérat passe, par la disparition des fragments^ à un grès feldspathique, dont la pâte peu différente de la sienne^ est une masse terreuse très fine^ le plus souvent d'une teinte foncée. Des noyaux angu-
OT9r«n <iAiiBOifirÈtB. ' 5flt
leux de feldspath lamellèux font souvent de ce grès otre mcte de mimophyre. Au milieu du grès on trouve des sohistes felds<palhiqaes avec empreintes végétales. Les couches â'anthradté qui y sont renfermées sont accompagnées au toit et an mur dé schistes très fins. Quelques parties des grès se sont truisfor-^ mées en roches extrêmement dui*es^ compactes et cristallines^ où tout indice de stratification a disparu^ mais où se manifeste ODe division en colonnes prismatiques qui leur donne Tappa-rence de porphyres verts. La nature et la forme de ces roches pétro-siliceuses rappellent complètement la pierre carrée du terrain anthraxifère de la Loire Inférieure et de Maine et Loire. EHes paraissent avoir subi de même un mouvement métamor« phique^ quoique aucune roche éruptive ne s'en soit approchée; un mouvement moléculaire opéré dans l'intérieur du sol sans élé?ation considérable de température. C^est seulement par leur composition qu'elles se rattachent aux porphyres graniioîdes qui semblent avoir fourni la plus grande partie de leurs éléments, d (Elie de Beaumont.)
On a considéré comme correspondant au mill stane grit les schistes alimifères qui, en Belgique^ se placent entre le calcaire carbonifère et le terrain houiller; ces schistes forment notamment deux bandes parallèles que Ton peut suivre de Nar mur jusqu'à Liège; ce sont des schistes bitumineux remplis desulfiire de fer; ils forment une assise qui repose quelque-. fois sur un banc de psammite; ce banc atteint^ sur certains points, une puissance de 30 mètres, mais il disparaît sur d'au* très. Dans quelques localités, ces schistes sont accompagnés de masses arrondies de calcaire noir qui renferme, entre autres fossiles particuliers : Productus carbonarius, GoniatUes aira-^ ^(s, Gontatites diadema ; ce dernier se retrouve à la partie supé*rieure du calcaire carbonifère de- Roanne. (Gosselet.) ^
Sf0 nio4>Raia i» céolooib.
terrans qui entrent dans la composition des montagnes de cette contrée^ y compris celui dans lequel sont exploitées les mines d'anthracite des environs de Roanne ; mais elles ne se sont pas étendues au terrain houiller qui ^iste près de là^ à Saint Etienne^ à Bert^ au Greusot^ etc. Elles datent^ par conséquent^ d'tne époque intermédiaire entre le terrain anthmifère de la Loire et le terrain houiller. Le terrain anlhraxilère de la Loire repose en stratification quelquefois concordante, mais plus soutent discordante, sur un terrain schisteux dans la partie supérieure duquel sont intercalées des assises calcaires; M. de Yerneuil, après avoir étudié aux environs de Roanne ces calcaires, les a tous reconnus pour des calcaires carbonifères comme ceux de Sablé. On doit renoncer, d'après cela, à voir dans le terrain anthraxifère de la Loire un équivalent du terrain anthraxifère de la Loire Inférieure qui est inférieur au calcaire de Sablé; on ne saurait non plus le placer sur le même niveau que le calcaire carbonifère puisqu'il eu est séparé par une discordance de stratification ; on ne peut pas davantage le mettre en parallèle avec le terrain houiller, dont la constitution si constante dans tout Tintérieur de la France est si différente de la sienne, et dont les couches n'ont pas été affectées par les dislocations du système du Forez. De la il paraît résulter que le terrain anthraxifère de la Loire représente le tnill stone grU des géologues anglais, auquel les poudingues inférieurs, des terrains houillers de Saint Etienne et d'Alais n'avaient été assimilés que d'une manière hypothétique.
0 Le terrain anthraxifère de la Loire présente vers la base un conglomérat souvent très grossier ; ce conglomérat passe, par la disparition des fragments, à un grès feldspathique, dont la pâte peu différente de la sienne, est une masse terreuse très fine, le plus souvent d'une teinte foncée. Des noyaux angu-
leux de feldspath lainelléuxfont souvent de ce ^rès une sorte de mimophyre. Au milieu du grès on trouve des sofaistes (élds<pathiques avec empreintes végétales. Les couches d'anthracite qui y sont renfermées sont accompagâées au toit et au nànr dé schistes très fins. Quelques parties des grès se sont transfor*' mées en roches extrêmement dures^ compactes et cristallines^ où tout indice de stratification a disparu, mais où se manifesta une division en colonnes prismatiques qui leur donne Tappa-* rence de porphyres verts. La nature et la forme de ces roches |)étro-siliceu8es rappellent complètement la pierre carrée du terrain anthraxifère de la Loire Inférieure etde Maine et Loire. Elles paraissent avoir subi de même un mouvement métamor^ phique, quoique aucune roche éruptive ne s'en soit approchée; un mouvement moléculaire opéré dans Tintérieur du sol sans éléTation considérable de température. C^est seulement par leur composition qu'elles se rattachent aux porphyres granitoîdes qui semblent avoir fourni la plus grande partie de leurs éléments. » (Elie de Beaumont.)
On a considéré comme correspondant au mill stone grit les schistes alunifères qui, en Belgique, se placent entre le calcaire carbonifère et le terrain houiller ; ces schistes forment notamment deux bandes parallèles que Ton peut suivre de Nar mur jusqu'à Liège; ce sont des schistes bitumineux remplis de sulfure de fer; ils forment une assise qui repose quelque* fois sur un banc de psammite; ce banc atteint, sur certains points, une puissance de 30 mètres, mais il disparait sur d'au* très. Dans quelques localités, ces schistes sont accompagnés de masses arrondies de calcaire noir qui renferme, entre autres fossiles particuliers : Productus carbonarius, Goniaiiies atra* tus, Goniaiites diadema ; ce dernier se retrouve à la partie supé*" Heure du calcaire carbonifère de Roanne. (Gosselet.) . . . ^
ttlt PAOMOIfE AB QiûLOBa.
TiiirtB €Mf»titf ftrt ém HwtlulUrty ém ■■■!■— ■Ht éi AHartf d ** u ■Mtte. -* La période houillère, telle que nous la d^nirons tout à rheure, est nettement caractérisée par un phénomène important^ la formation de la houille, et par le f&dès eiclusivement terrestre ou lacustre de la tsuine, de la flore et des depftts qui lui correspondent Mais cet état de choses spécial à la période houillère ne s'est pas montré tout d'un coup; il est eonTenable d'indiquer comment il s'est étabU peu à peu pendant les périodes antérieures et surtout pendant la période carbonifère.
Avec le terrain dévonien de la Suède apparaît la première sigillaire; dans celui de llrlande^ on a trouvé des débris de lépidodendrons , ainsi que des coquilles dont la forme rappelle le genre Anodante et qui ont probablement vécu dans l'eau douce. En Belgique^ le calcaire carbonifère supérieur renferme, au nord de Namur, une petite couche d'anthracite avec fossiles d'eau douce. Dans lesAsturies, le Yorksbire, le Boulonnais et la Russie^ le terrain carbonifère dou> montre des couches marines alternant avec des bancs de houille et, par conséquent» avec des strates reçues dans des eaux douces. L'apparition des deltas et des lagunes où ces bam^ de combustible se formaient était la première oopséqueucë de l'extension des masses continentales, extension qui devait avoir pour résultats définitifs le retrait des mers et raoeumulation des eaux douces dans les dépressions du soL
A mesure que l'on s'éloigne du pays de Galles pour se rapprocher de l'Ecosse, on voit le calcaire carbonilère et le mil! sione grit se pénétrer, tout en conservant leur faciès marin, de couches de houille accompagnées des mêmes schistes et des mèmesgrès qui composent le terrain houiUer pn^rement dit. Gelui-d persiste à se montrer au dessus du mUl stone grit el
SYSTÈME CARBONIFÈRE. v 513
du calcaire carbonifère y ce qui démontre Tindépendance de ces trois formations.
Le bas Boulonnais forme un ilôt de terrain jurassique qui s'élève au milieu de la plaine crayeuse de la Picardie. Le terrain jurassique, très épais vei*s le sud-ouest^ s'amincit vers le nord-est. De ce côté on le voit reposer en stratification discordante sur les roches fortement inclinées du terrain primaire ; celles-ci ne sont visibles que sur une faible étendue, car à peine se sont-elles dégagées complètement du terrain Jurassique qu'elles sont recouvertes par rescarpement de craie qui limite au nord-est cette petite région naturelle. Dans cette région, le système silurien parait être représenté par des schistes qu'on a trouvés dans un puits creusé à Caffiers, et qui portaient des empreintes assez sembla))Ies à des graptolites. Le terrain dévonien montre, de bas en haut : des schistes rouges et des grès verts, le calcaire de Blacourt avec Spirifer Bouchardi, des schistes à polypiers, des dolomies caverneuses, le calcaire de Ferques et de Fiennes correspondant au calcaire de Rhisnes et riche en fossiles {Spirifer Verneuili, Productiis subaculeattiSf etc.], enfin, le grès jaune et rouge de Fiennes avec Cucullea Bardingii. — Le terrain carbonifère comprend des bancs très puissants d*un calcaire que ses fossiles conduisent à placer sur le même niveau que le calcaire de Visé; ces bancs sont divisés en deux groupes par une assise de grès, de schistes noirs et bitumineux et de houille exploitée surtout à Hardinghem. C'est dans le groupe supérieur que se trouvent les carrières de Luncl et de Napoléon, ainsi que celle du Haut Banc, où le calcaire se montn; pétri de Productus cora^ et renferme, en outre, Chonetes papillionacea , Productus giganteiis , etc. Tous les géologues ont admis que le terrain houiller du Boulonnais appartient au système carbonifère comme les deux mas-
514 PiK^BROMB DB atohoan.
9i& caicaires eatre lesquels il esl iuleicalé^ et qu'il est placé dans les mêmes conditîoas que celui de TAngleterre. M. Gosaelet (p^à qui nous empruntons les détails qui précèdent, pense que le combustible du Boulonnais appartient au terraio bouilLer proprement dit^ et il attribue son intercalation dans te (terrain carbonifère à un accident de stratification par suite duquel les couches reployées auraient formé un •< couché. C'est une hypothèse que nos connaissances actuelles sur le mode de distribution des mers, pendant la période houillère, ne permettent pas d'admettre; on ne saurait comment s'expli* qner Tisolement de ce lambeau de bassin houiller marin au milieu de Tensemble des bassins houillers exclusivement la- Ctistres qui, dans le même moment , étaient répartis sur le «ol de rEurope.
Le système carbonifère est très développé dans le centre et le nord de la Russie. Les couches inférieures sont des grès et des schistes bitumineux contenant de rares impressions des plantes bien connues du terrain houiller; elles sont surmontées de bandes calcaires. Le calcaire de montagne de la Russie semble avoir été déposé dans une mer peu profonde ; il est ordinairement très riche en fossiles, parmi lesquels on retrouve les espèces les plus caractéristiques du calcaire de montagne de rEurope occidentale. Les bancs inférieurs, contenant les Prodtœtus ontiquatus et kemisphencus^ si abondants en Ecosse, ressemblent au calcaire de montagne de TEnropc occidentale; les autres bancs affectent les caractères des roches les plus récentes.
(i) La majeare partie des faits qui ont été mentionnés dans les p^iges précédentes et qui ont trait aax terrains dévonien et carbonifère de la Belgique et du nord de la France, se trouvent dans le travail de M. Gossclet, professeur À la faculté des sciences de Lille, sur les terrains primaires de la Belgique et du Boalonnaiii