SYSTÈME DÉVONIEN
couches à J. cuboïdes, aliernativement schisteuses et calcaires, sont liées entre elles par une faune commune. La partie la plus remarquable de ce groupe est un calcaire compoicte, sans slratiflcation, gris veiné de rouge et de vert, quelquefois complètement rouge (à Fromelennes et dans les environs de Philippeville). Il semblerait au premier abord que ce caractère minéralogiquo n'a que peu d'importance; cependant, on le retrouve partout où le groupe existe. Le marbre griotte des Pyrénées, le calcaire rouge de Neffièz (Hérault), le calcaire gris d'Herz, près de Grund, dans le Hartz, appartiennent au même horizon géognostique. Quant aux schistes de la Famenne, ils différente peine par leurs caractères paléontologiques des couches à r. Cuboîdes; ce sont des schistes argileux d'un aspect très uniforme qui constituent le sol de la Famenne et de la Fagne.
Parmi les principaux fossiles existant dans le groupe de la Famenne, nous citerons: Terebratula cxiboides, Productm suba* cideatiis, Goniatites retrorsus, Cardium palmatum^ Spirifer Vemeuili, Bronteus flabellifer , Spirifer Archiaci , Orthis striatulUi Pentamerus galeatiis, etc.
Groupe du Condrosis. condrusien, Dumont). —M. d'Omalius d'Halloy lui a donné la désignation de psammite du Condros, non que le psammite en forme la roche dominante, mais parce qu'il en est le membre le plus frappant. Tel qu'on le trouve dans le Condros, c'est un grès noir ou rouge rempli de paillettes de mica disposées sur un même plan, ce qui le rend susceptible de se diviser en plaques minces, dures, sonores. La roch^ dominante de l'assise est un grès siliceux, gris verdàtre, très souvent un peu micacé ; à Huy, il présente une belle couleur rouge amarante. Il est souvent argileux et passe alors à la grauwacke ; dans certains cas, cette grauwacke est remplie d'empreintes de Spirifer Vemeuili. On voit fré-
quemment l'élément argileux dominer; on a alors un schiste grisfttre qui se distingue toujours des schistes de la Fàmenne^ parce quil n'est jamais feuilleté. Les fossiles^ très rares dans les psammites et les grès siliceux, sont plus abondants dans les schistes, surtout lorsque ceux-ci se trouvent dans le voisinage des grandes masses calcaires, comme à Etrœungt, près d'Avenues. Tout le long du bord nord du bassin septentrional, il 7 a aussi plusieurs assises puissantes de calcaire fossilifère qui alternent avec des roches quartzo-schisteuses, ce sont les calcaires de Rhisnes et de Golzinne.
Les principaux fossiles du groupe de Gondros sont : Phacops loti f tons, Avicuîa Damnoniensis, Terebratula concentrica, Spirifer Bouchardi, Cyathophyllum cœspitosum, Orthis Eifeliensis, etc. Quelques fossiles, tels que Spirifer Vemeuili, Prodtxctus subaculeatus, sont communs aux groupes de la Famenne et du Gondros.
■.e tyiiMMdévsBieii en Anficterre — Ce système, dans le Devonsbire, peut se partager en trois groupes qui, d'après sir Lyell, présentent les caractères suivants.
Le groupe inférieur paraît correspondre à la vieille grauwacke du Rhin, au spirifer-sandstein des Allemands et, sans doute aussi^ aux groupes d'Anor et de Burnotde la Belgique. Il comprend le grès de Torbay, les schistes chloriteux, et les grès verdâtres ou rouges de Linton et du Forefand; ces roches renferment des Spirifer^ des Orthis, etc.
Le groupe inférieur, qui est, en Angleterre, le représentant du calcaire de Givet, comprend les calcaires de Plyraoulh et de Torbay, calcaires remplis de coquilles, de trilobites et de coraux ; les espèces les plus communes sont : Favosites polymorpha, cyathophyllum cœspitosum, Beliolites pyrifor-
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mtSf Aulaparaserpens^ Strigocephalus Burtini, Branles, flabellifer, etc. Une vaçie accumulation d'ardoiaes et de scbiites toute pénétrée des mêmes fossiles occupe presque toutleDevoushire méridional et une grande partie de la Cornouailles. Uoe assise puissante de schistes et de grès se place, dans le Devon-r sbire septentrional^ vers la partie supérieure du groupe.
Le groupe supérieur est composé, dans le Devon septentrional, de deux assises : en bas^le grès de Marwood^ avec eiH quilles et plantes terrestres, et au dessus, les acbistesxle Piltoo et de Bamstapley schistes qui sont calcarifères et qui renfer* ment des fossiles dont plusieurs sont communs au système carbonifère. Les schistes de Barxistaplesont représeiités dans la Cornouailles par les calcaires et les schistes de Peterwyu qui afOeprent également de dessous le terrain carbonifère* Ces mêmes scbistes de Barnstaple correspondent probablement au. calcaire d'Etrœungt et le grès deMarwooda^ecCucti^/ea Bm^ dingiiy au psammite du Gondros où se trouve le même fossile. Dans ce groupe supérieur, on remontre le Spirifen Vé$mmtiH, fossile répandu sur toute TEurope, la Glymmia litmannis^ de* nombreuses goniatites (GomatUessubstÂCuloim)^ ek.
Dans tout4iS les autres parties des Iles Brifanniquts, on trouye^uoe grande masse de grès qui, d'après M. MurcblsoD» comprend tout renseral>le du terrain dévonien de la Belgique, mais qui, pour M. Scbarpe, ne représenterait que les assisss inférieures jusqu'aux schistes à calcéoles exclusivement. On n'y a encore trouvé que des poissons; aussi n'y a-t-il point de comparaison certaine à établir avec les couches de l'Ardenne où les fossiles de cette classe sont très rares. (Gosselet.)
DeTautrecôtédelaSevem, dans les comtés d'Hereford, de Worcester, de Shrop et dans la Galles du sud, le terrain dévo^ nien reparait, mais avec un faciès tout différent de celui qu'il
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possède dans le Devonshire. Il a une puissance de £400 à 3000 mètres^ et se compose: 4<>d'un conglomérat passant, à sa partie inférieure^ à des grès ou à des marnes rougefttres ou verdâtres; ^ des marnes argileuses tachetées de rouge et de yert, avec des accidents irréguliers de calcaire impur^ concrétionné^ auquel on a donné le nom de comstone. On trouve dans cette dernière assise des débris de poissons des genres Onchus et Cephalaspis. —Dans le sud des Grampians^ on peut diviser le vieux grès rouge en trois groupes: i«> grèstégulaire et grès à paver très micacés, avec Cg)A^a5/}t5;*» conglomérat recouvert par un schiste rouge avec grès et comstone; a"" grès jaune du comté de Fife^ traversé de bandes de grès blanc, avec jP/ericArty5, Holoptychius^ etc. Toute la région septentrionale de TEcosse se compose d'un noyau de granité et de gneiss recouvert sur plusieurs points parle terrain dévooien^ qui peut s'y partager en trois groupes: 1*" le groupe inférieur, montrant de bas en haut un conglomérat, des schistes bitumineux avec débris nombreux dcPtericIithys, Asterolepis, etc., et des grès rouges et variés; î"* le groupe moyen, formé d'un grès mince, fissile , gris, avec Cephalaspis\ 3* le groupe supérieur^ comprenant des grès et des conglomérats rouges recouverts par des grès qui sont du même âge que celui du comté de Fife et qui ont fourni près d'Elgin, dans le sud du Morayshire, le Telerpeton Elginense. (Sir Lyell.)
M •ystème dèrouien en rrance — Le terrain dévonien forme une bande fort allongée depuis Doué jusqu'à Nort; il montre encore plusieurs lambeaux sur le plateau méridional, dans les environs de Brest, dans le Ctotentinet dans les départements de la Mayenne et de la Sarthe.
C'est du terrain dévonien que dépend la bande anthraxifère
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qui borde la Loire entre Nantes et Angers; cette iMuade^ qui a une épaisseur moyenne de 1000 à 1500 mètres ^ renferme Tingt cinq couches d'anthracite dont huit seulement ont pu être exploitées ayec avantage. Les roches associées à Tanlbracite sont des schistes argileux, des grauwackes et des grès extrêmement durs. Les argiles contiennent fréquemment^ en outre, du fer carbonate en rognons. Presque au contact des couches de charbon, on trouve, au toit et au mur, une roche éU/àpûrre carrée à cause de la forme que prennent ses fragments. Cette roche otEre de l'analogie avec le pétrosilex, mais elle n'a pas une origine ignée, car elle s'étend avec régularité sur une grande longueur et renferme des empreintes végéta* les. Une seconde bande anthraxifère , en tout semblable à celle qui loi^e les bords de la Loire, traverse les département» de la Sartbe et de la Mayenne.
Le temdn dévonien existe aussi dans le Boulonnais (voir paaità, page 513), aux environs de Nefflèz (Hérault)i et le long des Pyrénées, où il est constitué par des schistes argileux, des schistes ardoisiers, des quarzites et des calcaires amygdalins ( marbres de Gampan) avec goniatites, clyménies, orthocëres» entroques, etc.
Sur le plateau méridional de la Bretagne, la partie inférieure du terrain dévonien apparaît seule ; elle est représentée par le calcaire et la grauwacke fossilifère dizé correspondant au calcaire de Néhou (Manche)i si connu par ses nombreux fos&iles. Ce dernier repose sur des grès verdâtres et est recouvert par des schistes à Spirifer.
-MM. Mur-
chtson et de Vemeuil ont regardé comme étant dévoniennes des roches arénacées , grès ou poudingue , qui , en Suède,
paraissent correspondre au vieux grès rouge de l'Angleterre; cette appréciation. est basée non sur la nature des fossiles puisque ces roches n'en ont pas fourni^ mais simplement sur des analogies pétrograpbiques. Ces roches recouvrent les couches du système silurien supérieur; elles ont, aux environs de Christiania^ une puissance de plus de 300 mètres.
En Russie^ les couches dévoniennes s'étendent sur une région plus vaste que les Iles Britanniques. Lorsqu'elles se composent de grès, comme le vieux grès rouge de l'Ecosse et de l'Angleterre centrale, elles contiennent des poissons fossiles souvent identiques pour l'espèce, mais plus souvent encore pour le genre, avec ceux de l'Angleterre ; au contraire, lors^ qu'elles sont formées de calcaires, elles fournissent des coquil* les semblables à celles du Devonshire. Cette circonsLince remarquable confirme l'origine contemporaine d'abord assignée à ces formations qui montrent deux types minéralogiques très distincts en différents points de TAngleterre. Les roches calcaires et arénacées de Russie alternent avec elles, de telle sorte qu'il ne saurait subsister aucun doute sur leur synchronisme. (Sir Lyell, d'après Murchison.)
Dans l'Eifel, on trouve très développé l'étage des schistes à calcéoles [cajceola schiefer), dont les fossiles si bien conservés font l'ornement des collections. Le calcaire de Givet (Eifelen kalk) y est moins net parce qu'il a été en grande partie transformé en dolomie, mais il existe cependant. Les couches à Terebratula cuboïdes y sont représentées par les schistes de Bûdcsiieim et par les calcaires qui les accompagnent. Les schistes de la Famenne ni aucun des étages plus élevés n'y ont pasencore été signalés. — Dans laWcstphalic,dL's schistes de la Leone sont les représentants exacts des schistes à calcéoles. Le calcaire de Paffirath est identique avec celui de Givet. Les diffé^
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rentes couches réunies sous le nom de schistes à cypridines {(ypridinen schiefer) sontVéquiyalGnt du calcaire à Terebra^ tula euôoides. Les schistes de la Faoïenne et les psammites du Condros ne paraissent pas s'y trouver. — Dans le Hartz, les équivalents des schistes à calcéoles et du calcaire à strigocépbales ont été constatés. On trouve à Grund tous les fossiles des couchesà T. citboîdes et desscbistes delà Famenne. Je ne parle pas des analogies que Ton peut constater entre la grauwacke de rAUemagne et celle de TArdenne, parce que Tordre même de ces couches en Allemagne est encore un sujet de discussion entre les géologues les plus éminents (Gosselet) (0.
(1) Oa désigne sous le nom de monts Hercyniens un massif montagneux qui s'étend du nord de la France aux plaines de la Pologne, et dont les principaux membres sont l*Ardenne« le Hundsrûck, le Taunus, le Thuringerwald, l'Erzgebirge et le Riesembirge. C'est moins une chaîne de montagnes qu'un plateau élevé, coupé de fentes étroites qui livrent passage à la Meuse, au Rhin', à l'Elbe, etc. l.e sol des monts Hercyniens est en couches presque toujours inclinées, souvent même perpendiculaires. Les roches qui le composent appartiennent au terrain paléozoïque, tandis que cdies qui se montrent tout autour du massif hercynien dépendent des terrains plus modernes. L'Ardenne est rexCrémit^ occidentale des monts Hercyniens. Elle ^'étend sous forme d'aue large bande un peu cour))e du S.-O. au N., depuis les environs d'Hirsoi^ et de MéKièree, jusqu'à ceux deStolberg et de Gemûnd (Prusse rhénane). Elle va en 8*étevant dans cette même direction depuis Hirson, où elle n'a que 220 mètres, jusqu'aux hautes Fagnes, entre Malmédy et Spa, où elle atteint 689 mètres. Elle est surtout formée par les terrains silurien et dévonien inférieur et flanquée an N.-O. d'un escarpement calcaire (calcaire de Givet) qui s'élève comme un mur au dessus de la plaine voisine. Au N.-O. de l'Ardenne, te trouve le plateau ou bassin antbraxifère de la Belgique, formant un triangle dont le sommet est près de Liège et dont la base s'étend entre Tournay et Avesnes. Ce bassin, formé des terrains dévonien et carbonifère, disparaît à l'ouest B0Q8 le terrain secondaire. La Meuse le traverse, du nord au sud, dans une fente profonde. La partie qui est à l'esl du Ueuve porte le nom de Condros
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Le terrain dévonien existe aussi en Espagne. D'après M. de Verneuil^ on le trouve dans les Asturies et les provinces de Léon et de Palencia^ où il se montre très riche en fossiles. Il est peu développé dans la Sierra Morena.