‹ Prodrome de géologieChapitre 134 sur 170 · VI. - SYSTÈME HOUILLEB · texte numérisé non relu

VI. - SYSTÈME HOUILLEB

synonymie. — Partie Supérieure de la période anthraxifèrey Cordier, de la période carbonifère^ I^bèche. — Terrain Ao?«7- /'?r, Omalîus d^Halloy et la plupart des auteurs. — Fof*mation hoxdllère ou partie supérieure du terrain carbonifère^ Huot. — Etage carboniférien, en partie, A. d'Orbigny.

Le (emfn honlllêr consntoe no éiaee Indépendant. — Jusqu'à Ces

derniers temps, des idées erronées ont eu cours dans la science soit sur les circonstances qui avaient présidé au dépôt du terrain houiller, soit sur le rôle que ce terrain joue dans la série jréologi(|ue. Ces idées ont trouvé des adeptes parce qu'elles ont été formulées, (juoique souvent dans des termes contradictoires, par des géologues du plus grand mérite. Pourtant, dès le commencement de ce siècle, quelques savants avaient des notions assez exactes sur l'origine du terrain houiller et sur ses relations avec le calcaire carbonifère. En 18H, l'ingénieur des mines Bouesnel, en s'occupant de la formation anthraxifère (le la Belgique, faisait remarquer que, tandis que le calcaire

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aliemâ Avec des bandes de schiste et de poudingue sans houille, le terrain schisteux à houille ne se trouve qu'au milieu du calcaire dont il est enveloppe de toutes parts; sa conOguration semble plutôt celle d'un bassin rempli que celle d'un système alternant avec les premiers. Il en concluait que le calcaire et le terrain schisteux non houiller sont contemporains^ tandis que le terrain à houille leur e^t postérieur. 11 invoquait à Tappui de son opinion cette circonstance que les deux premières roches renferment dus coquilles, tandis que la troisième ne contient que des empreintes végétales inconnues dans les autres. 11 faisait observer, en outre, que les fllons métallifères, très nombreux dans le calcaire^ se poursuivent sans înlerruption dans le terrain schisteux non houiller, et ne pénètrent jamais dans le terrain houiller proprement dit.

Les conditions stratigraphiques, pétrographiques et paléontologiques dans lesquelles se présente le terrain houiller dé* nM)ntrent jusqu'à l'évidence que ce terrain s est formé hors de la mer et dans des lacs ou des dépressions mai^écageuses. Les massifs de houille en exploitation ne sont pas des lambeaux d'un vaste dépôt jadis continu qui, après avoir été reçu dans un même océan, aurait été plus tard disloqué par les forces intérieures et en partie détruit par les agents de dénudation. Chacun d'eux correspond à un bassin distinct où la houille s'est accumulée. Le combustible appartenant au terrain houiller ne s'est pas formé à la suite d'un charriage de débris de végétaux dans des eaux douces ou salées; il s'est constitué sur place comme la tourbe de nos jours. Dans l'état actuel de nos connaissances, il est même impossible de dire où se trouvaient les mers de la période houillère. Enfin, le terrayi houiller n'est pas le terme correspondant du calcaire carbonifère, te faciès lacustre d'une formation dont ce calcaire serait le faciès

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marin. Le calcaire carbonifère et le terrain houiller proprement dit doivent être considérés comme deux formations indépendantes autant que peuvent l'être deux terrains quelconques; non seulement nous ne les réunissons pas dans un même étage comme Ta fait Aie. d'Orbîgny , mais nous les plaçons dans deux séries différenles. Lorsque le calcaire carbonifère et le terrain houiller existent simultanément dans une contrée quelconque, ils sont superposés; en Angleterre, on les voit même séparés Fun de l'autre par une formation intermédiaire, le mili stone grit. L'intervalle de temps qui s'est écoulé entée leur dépôt a même été assez long pour que deux systèmes de soulèvement, celui des Pays Bas et celui du Forez, aient pu surgir. Presque toujours, les deux terrains dont il est ici question se montrenten stratification concordante, lorsqu'ils sont superposés, mais on peut aussi constater entre eux une discordance d'isolement puisque, sur un grand nombre de points, chacun d'eux existe isolément. Quant aux motifs qui me portent à les rattacher à deux séries distinctes. Je ferai observer qu'ils n'ont ni la même flore, ni la même faune, ni la même constitntion pétrographique; le climat, la configuration du sol et les phénomènes géologiqties étaient loin de se ressembler pendant les périodes carbonifère et houillère. •

Coiiêldérailoii4ffCnérales;lc terrain boaUlcr est, en quelque sorte» un

«imvfdiB. — C'est, avons nous dit, pendant la période houillère que le mouvement ascensionnel qui avait persisté pendant les périodes antérieures a atteint sa dernière limite. La France et presque toute l'Europe formaient alors un continent très vaste, mais peu élevé au dessus du niveau de la mer. L'océan , repoussé loin de ses anciens rivages, avait déserté l'Europe. Ce vasta continent était recouvert de lacs et de dépressions

marécageuses où croissaient de vastes et épaisses forêts de sigillaires et de végétaux à racine stigmariée; les débris de ces forêts, entassés sur place, étaient destinés à se transformer en houille, tandis que les dépressions qu'occupaient ces forêts devaient devenir nos bassins houiliers.

Il y a une grande analogie entre les périodes houillère el diluvienne. Pendant la période houillère, les masses continentales offraient, comble de nos jours, une vaste étendue, et, sur ces masses continentales, se montraient, comme maintenant dans le centre et le nord de l'Europe, dos lacs et des plaines couvertes de marais. Le climat, comparé à celui des périodes carbonifère et triasique, devait être assez froid, puisque, si la température avait été très élevée comme on l'admettait d'abord, la houille n'aurait pu se former. A chacune des deux périodes que nous comparons correspond un combustible spécial, et, pour akisidirc, caractéristi(|ue. Enfin, le terrain houiller, comme le terrain diluvien, est presque exclusivement formé de roches de transport, produites sous l'influence de courants énergicpics. On peut dire que le terrain houiller est un diluvium. La principale différence entre les périodes houillère et diluvienne |)rovient de ce que, pendant l'époque où la houille se formait, l'atmosphère n'était pas assez refroidie et les massifs montagneux assez élevés, pour que les neiges perpétuelles cl les glaciers pussent apparaître; tout au plus pourrait-on admettre (lue les hautes montagnes se couvraient, pendant les hivers froids, de neige dont la fonlc subite coulribuait à accroître rinifîorlancc des courants et, par suite, à rendre plus considérable la masse des matériaux détritiques charriés après chaque crue des rivières.

a Les poudingues, qui existent presque toujours à leur partie inférieure, montrent, jusqu'à l'évidence, que les terrain»

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houillers ont comineucé par une espèce de diluvium, fait aux dépens des roches cni^ironnantes (l). Souvent ces poudingues sont formés de la réunion de blocs gigantesques assez peu roulés^ qui n'ont pu être transportés de très loin (%)« Ces poudingues à grandes parties sont, en général^ formés de débris de roches anciennes qui entrent dans la constitution géologique de la contrée où on les observe, circoiislanccsqui indiquent que les terrains houillers sont le résultat de causes locales. La plupart des terrains houillers de l'Angleterre, ceux de la Belgique et de Yalencieniies, présentent une différence très importante à signaler dans la nature des poudingues qui constituent la partie inférieure. Ces poudingues, rarement composés de galets de plus d'un décimètre de diamètre, sont presque uniquement siliceux. Les roches du pays n'y sont que faiblement représentées. Cette différence si remarquable dans la nature des galets, qui prouve que les terrains houillers à poudingue quartzeux n'ont pas été formés, comme ceux à poudingue granitique ou schisteux, par des causes essentiellement locales, se lie presque toujours à la présence de couches plus ou moius

(!) Ainsi, Oans TAvovron, U poudingue est exclusivement granitique; an nord de Saint. Etienne et près de Rive de Gier, il est composé principalement de fragments de gneiss, do schiste micacé et de schiste talqueux. On y trouve bien quelques fragmenb granitiques, mais ils y sont rares. Dans le bassin houiller de Ségure, les fragments, presqu'î tous schisteux, sont en outre anguleux. (Elic de Beanmont.)

(9) Lei terrains houilUTS de l'Aveyron, de Saint Etienne etd'Epinac, ofinrent de beaux exemples de ces poudingues à grandes parties, et les blocs de rocbts anciennes, qui y sont à l'état de galets, ont fréquemment un volume de plusieurs mètres cubes. A Epinac, ce poudingue est à fragments tellement considérables, qu'un puits a été percé sur une longueur de plusieurs mètres dans répaissear d'un seul galet. Le ha ,sin houiller do Ségure, dans les Pyjpénôes Ofieutale^ offre des circoofiti^ncAs iiiM)ogtM)& (i Ue de Bc^umont^)

puissantes de calcaire marin, intercalées dans leur partie infé* rîeure. d (Elie de Beaumont.)

Diaprés les considérations précédentes, M. Elie de Beaumont est conduit a à diviser les terrains houillers en deux classes, lesquelles ont été déposées à la même époque, mais dans des conditions essentiellement différentes; les uns, existant dans des bassins circonscrits, sont comparables à des lacs comblés; les autres, qui appartiennent à un phénomène beaucoup plus général, ont été déposés dans de grandes mers. » Si le lecteur a bien saisi les idées que nous avons émises sur les diverses circonstances qui ont présidé à la formation de la houille, il comprendra que nous n'admettions pas complètement Topinion formulée par M. Elie de Beaumont.

On peut, parmi les bassins houillers, distinguer: 4** les bassins qui correspondent aux dépressions qui se sont formées sur les massifs déjà émergés pendant la période carbonifère; ces bassins, qui existent principalement dans le centre de la France, et que Ton a quelquefois appelés «bassins houillers lacustres, » sont les moins étendus ; leurs parois sont composées de roehes schisteuses ou siliceuses appartenant non au terrain carbonifère, mais à des formations plus anciennes. âP Les ba^ ^fis qui ont directement succédé aux mers carbonifères dans le moment même de leur disparition, et ont;, iiour ainsi dire, pris leur place. Ceux-ci, que Ton a quelquefois réunis sous la désignation impropre de « bassins houillers marins, » existent surtout en Belgique et en Angleterre; ce sont les plus étendus; leurs parois sont, en majeure pnrtie, constituées par le terrain carbonifère, qui leur sert également de substratum. Les dimensions plus grandes des bassins houillers de la Belgique el de TAngleterre, ainsi que la nature minéralogique de leurs parois^ expliquent l'absence chez eux d'un infrastratum de

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poudiogues à gros éléments granitiques et schisteux. Les débris de roches qui^ par leur accumulation devaient constituer cet infrastratum^ ayant un plus long trajet à parcourir» subissaient une destruction complète lorsqu'ils étaient de nature calcaire et diminuaient rapidement de volume lorsqu'ils étaient de nature siliceuse (tome I^ page 357). Dans ces grands bassins houillers, les poudingues à gros éléments n'ont pu s'accumuler que près des bords, mais on conçoit que les agents d'érosion lésaient détruits depuis longtemps.

Une chose sur laquelle nous ne saurions trop insister, c'est que, dans l'état actuel de la science, nous ne connaissons le terrain houiller que sous son faciès lacustre ou terrestre. L'océan, lors de la période houillère, était certainement quelque part et devait recevoir des sédiments qui constitueraient pour nous, s'ils nous étaient connus, le faciès marin du terrain houiller; mais les strates marines faisant partie de ce terrain se trouvent cachées soit au fond des mers actuelles, soit dans les contrées inexplorées du centre de l'Afrique et de l'Asie. En formulant cette opinion, je ferai une réserve pour le centre et le nord de la Russie ; il ne serait pas impossible que, dans ce pays, la partie supérieure du terrain carbonifère i, dont les caractères contrastent avec ceux de sa partie supérieure, appartint au terrain houiller proprement dit.

i»étroffra»iue. — Contrairement à ce que nous avons cons^ taté pour le terrain carbonifère, les roches calcaires manquent presque complètement dans le terrain houiller.

L'absence presque constante des calcaires ainsi que la rareté dea filons dans ce terrain indiquent que l'action geysérienne, qui devait se manifester de nouveau avec tant d'énergie pendant la période permienne , a subi , pendant la période

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houillère^ UYi ï'alcniissement^ sinon uiie suspension coni]^lète.

Le terrain houiller est principalement composé de rochfes dont Torigine délritiqne s'explique aisément loi*squ'on se rappelle quels étaient le climat et la configuration du sol pendant la période houillère ; ces roches sont des conglomérats polygénîques, des grès quartzcux et des schistes.

Les poudini^Hies et les conglomérats polygéniqties se montrent principalement à la base du terrain houiller; toutefois^ on en voit queUjues couches alterner avec le grès houiller, mais alors ils sont composés de galets d'un petit volume. Le grès est la roche la plus abondante dans ce terrain; il est formé de grains quarlzeux avec feldspath en partie décomposé; îl passe quelquefois à Tarkose, au psammito, au poudingue; il peut être schisteux et micacé. Les schistes, presque toujours noirâtres, souvent micacés, présentent fréquemment entre leurs feuillets des empreintes de fougères; ils résultent de la transformation des masses argileuses qui, pendant qu^elles étaient encore molles, ont subi y\n mouvement de laminage et ont acquis la structure feuilletée.

La houille, si abondamment répandue dans le terrain honil* 1er, en est certainement la roche caractéristique et lexpressioii de terrain houiller, ainsi que je l'ai déjà dit, mérite d'être oonèervée. Le phénomène de la formation de la houille a été en connexion avec un ensemble de circonstances qui ne s'est présente qu'une seule fois {o?îté, page 190). Non seulement les matières charbonneuses se sont accumulées sur certains points pour donner origine à des amas de combustibles, mais elles ont encore pénétré toutes les roches dont se compose le terrain houiller et leur ont imprimé un aspect particulier et une nuance noirâtre ou grisâtre qui contribuent à les faire facilement reconnaître.

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Les matières végétales qui ont déterminé la production de la houille et les débris d'animaux dont elles étaient mélangées ont subi, dans qucl(|ues cas, une transformation particulière en donnant naissance à des substances bitumineuses; il s'est en même temps produit une sorte de distillation sans intervention d'une température élevée ; à la suite de celle distillation tente, le bitume est allé impréj^ner les roches voisines. G*est ainsi, sans doute, que se sont constituées les roches bitumineuses du terrain houillcr, (t, notamment, les schistes d'Àutun, dont on extrait une huile pour 1 éclairage.

Parmi les roches spéciales au terrain houiller, on peut encore mentionner le fer carbonate sédimentaire ou litboïde^ parce que ce n'est que dans ce terrain qu'il se rencontre avec quelque al)ondance. (Voir antè, pages idl et i<t2.)

»MMM;flore. — * Le système houiller, tel qu'il nous est donné de l'étudier en Europe et dans l'Amérique du nord, ne comprend que des formations terrestres on lacustres; le caractère le plus saillant de sa faune est donc l'absence d'êtres organisés complètement marins. Les débris d'animaux rencontrés dans les strates du système houiller appartiennent à trois classes: celle des reptiles (antè, page 289), celle des poissons, et celle des insectes {antè, [jage 289). Les poissons appartiennent presque exclusivement au type des Palœonisciis.

Quanta la flore de cette période, je l'ai décrite avec assez de détails pour ne pas avoir à m'en occuper une autre fois. ( Voir atUèf page 476.) Les espèces fossiles les plus répandues dans le terrain houiller sont : parmi les fougères, Pecopteris aquilina, P, gigantea, Sphenopteris elegans, S. latifolia^ Odoniopteris Brardii, 0. 7nînor, O, Schloteimii, Nevropteris heierophj/lla , N^ elegans, iV. heterophylla, Cyclopteris tri^

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chomanoïdes; parmi les lycopodiacées, Sigillaria leevigaia, Stigmaria /icotdes , Lepidodendron Stembergii, L, elegans ; parmi les équisétacées, Annularia brevifolia^ A. longifolia. Calamités Suckovii, Calamités carmœformis.

■■wnenillon dei »rtiiclp«oz tesslnii boolUera enBvropc. — Âprès

avoir indiqué sommairement quelle est la distribution géographique des bassins bouillers à la surface du globe {aniè, page 493), il me reste à mentionner les principaux de ceux d'entre eux que l'Europe possède.

L'Angleterre exploite une vingtaine de bassins bouillers qui se divisent en trois groupes : 4"" les bassins du nord de Tile ou de TEcosse ; â° les bassins du centre ; le plus important d'entre eux est celui de Newcaslle; d"* le bassin du pays de Galles^ le plus riche de TAngleterre.

La Belgique est traversée par une zone de terrain houiller qui se prolonge depuis les environs d'Eschweiler (pays de Juliers), jusqu'aux environs de Lens (Pas de Calais). Cette zone se présente sous la forme d'un croissant dont la largeur ne dépasse pas 42 kilomètres et dont la longueur est de près de S50 kilomètres. Sur toute l'étendue de cette zone, le terrain houiller s'est déposé dans un bassin dont le calcaire carbonifère constitue les parois. Entre Namur etHuy, les bassins se rapprochent et le terrain houiller disparait^ ce qui a conduit à partager la zone houillère de Belgique en deux parties: le bassin de Liège et le bassin de Mons.

Parmi les nombreuses failles qui ont plissé et disloqué le terrain houiller en Belgique et dans le nord de la France, il en est une qui, bien plus importante que les autres, se prolonge depuis Liège jusqu'au delà de Valenciennes. Elle partage la zone houillère en deux bassins secondaires : le bassin

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septeiitrkHial, phi? étroit, mak ^enferoiantpresque toute Ik bouiUe exploitée sur toute retendue de cette zone; le bassia mécidîoQal, plus large, mais moins riche en combustible, parce que les agents d'érosion ont, dans celte contrée, fûrte*^ ment nivelé le sol, et fait disparaître la majeure partie du terraiq botiiller. En Belgique, le terrain tioniller se noirtro à découvert, mais, lorsqu'il pénètre eoJb'rance, il disparait sens la masse puissante des niorts tertaim, c'est a dire sous leq farmalions crétacé^ et tertiaire. Au delà de Douai, la Jiappe formée par les morts terrains offre, une épaisseur telle que d^ sondages n'ont pu être établis pour atteindre la. bouille; aussi ignore<^tton jusqu'où, pendant son trajet soutarain^ se prolonge /veis Touest la aonebouîUère de Belgique.

Les bassins de Rolduc et d'Escbweiler, sur la.rive gauche du Rhin, sont la continuation de la zone belge; le Bassin de la RQlur> sur la rive droite, peut aussi être considéré comme étant le prolongement de cette zone qui, après avoir disparu sous, les dép6ts modernes de la vallée du Ahin, reparaitrait au ileasus de cesiîépôts par Teffet de Vexhaussemeot duteprraw deitransition. L^s bassins bctuillersde la Saxe, sîtu^ 9ur 1q iversaot nord de J'EczgebirgCi et ceux de la Silésie.prussiepjoç continuent et terminent, vers Test de rEurope,. cettq série sporadiq4e de bassiùs houiUers, qui semblent devenir de pltts^n^plus rares à mesure/que Fou, s'avance dans cette direc** tion« Bn. dehors des houillères de la Bohème, rAutriche ne possède que des gîtes de peu d'importance.

Lorsqu'on étudie la manière dont les bassins houiUers. se disicibuent en France^ on voit qu'ils se coordonnent par rap* port aux massifs montagneux ; mais,, évidemment, ce mode 4e distrtbiition n'est quîapparent, et^ s'il nous était donné d'aper* oevoir les bassins houiUers cachés sous les dépôts (foslérieurs

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à la houille ; nous verrioift^ au contraire^ que ces bassins sont, dans les dépressions limitées par les massifs montagneux, plus nombreux et plus étendus que dans ces massifs eux mêmes. Les bassins houillers , qui se dérobent ainsi à noire observation, constituent, pour ainsi dire, une importante réserve où Ton ira chercher le combustible lorsque les gisements actuellement exploités seront épuisés.

Le terrain houiller ne forme dans les Vosges que des dépôts très peu puissants, qui paraissent avoir rempli les parties les plus creuses de deux bassins: Tun, situé au midi des Ballons^ comprenant les affleurements de Ronchamp; l'autre , placé vis à vis Schlestadt et comprenant les affleurements de Ville. Au nord des Vosges et au pied de la chaîne du Hundsruck se développe un vaste bassin houiller dont la largeur est de A à 7 lieues et dont la longueur est de 25 lieues; vers le sud-ouest, ce bassin disparait au dessous du terrain triasique et se prolonge jusqu'à une distance indéterminée. Les bassins houillers en connexion avec le massif breton sont au nombre de six : ce sont ceux de Plessis et de Litlry, dans le Calvados, de Saint Pierre la Cour (Mayenne), de Quimper (Finistère), de Chantonay et de Vouvanf , dans la Vendée; tous, à Texception de ces deux derniers, offrent à peine quelques kilomètres de longueur. — Des lambeaux de terrain houiller existent, à 8égure, prèsTuchan, et à Durban, dans le département de TAudc, ainsi que dans les montagnes des Maures et de l'Estérel.

Un grand nombre de bassins houillers sont parsemés sur le plateau central; je me bornerai à mentionner les principaux d'entre eux. Le terrain houiller semble former autour du Morvan une zone continue, à laquelle appartiennent les affleoremenls d'Autun et d'Epinac, de Sincey, de Decize et le vaste bassin de Saône et Loire. Dans celui-ci , la partie décou-

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verte da terrain houiller constitue deux lignes d'affleurement parallèles qui paraissent former les deux lisières longitudinales du bassin , dont la partie centrale a été recouverte par le trias. Les pendages dominants de ces afflcuremenls tendent Tun. vers Tautre et conduisent naturellement à Thypothèse d'un raccordement souterrain. Le gîte de Blanzy appartient a la zone méridiouale et celui du Creuzot à la zone septentrionale. Le bassin de Saône et Loire ne doit pas se prolonger beaucoup vers le nord-est, si Ton en juge par Tétat d'appauvrissement où se trouve le combustible de ce côlé^ dans les environs de Cbarecey ; vers le sud-ouest , ce bassin semble^ après un trajet souterrain sous la vallée de la Loire^ se terminer par Taffleurement de Bert; s'il en csi ainsi ^ le bassin de Saône et Loire aurait une longueur de plus de 80 kilomètres. — Le bassin houiller de la Loire est le plus Important de la France par son étendue^ rexcellénco du charbon qu'il produit et le développement qu'y a pris l'exploitation ; il s'étend du nordest au sud-ouest sur une longueur de plus de 42 kilomètres. 11 est divisé en deux parties (le bassin de Saint Etienne et le bassin de Rive de Gier) par la ligne de partage entre les eaux de la Loire et celles du Rhône. Le terrain houiller du bassin de Rive de Gier réparait de l'autre côté du Rhône ^ à Ternay et à Communay ; on le voit encore affleurer un peu plus loio^ au milieu du terrain bressan^ à Champagnieu (Isère). —Les bassins houillers les plus importants situés sur le versant sud du pla« tcau central sont ceux d'Alais, de Graissesac et de DecazeTille.

En Espagne^ des bassins houillers existent à San Juan 4e las Abadesas (Catalogne)^ dans les Asturies^ les provincesdeLéon et de Palencia et dans la Sierra Morena.

La Scandinavie > l'Italie , la Grèce et la Turquie d'Eufiope paraissent êtro complètement dépourvues de terrain houiller.

532 PRODROME DE CiÉOLOOIE.

conMimaoïi fféogiiottlqiic et unittfnipiytiie 4ii temta feo«lller.—

Le terraia houiller peut avoir pour substratum^ suivant les localités^ les diverses formations qui le précèdent dans l'échelle géologique. Dans les Alpes et la France centrale^ il repose sur le granité ou les schistes azoîques, tandis qu'en Belgique il est supporté par le calcaire carbonifère.

Au dessus des poudingues et des conglomérats qui forment rinfrastratum de chaque bassin, viennent les alternances de houille^ de schiste et de grès dont le terrain houiller se compose presque exclusivement. Les couches de houille sont indifféremment intercalées dans les assises de grès et d'aiigile schistoîde ; dans le premier cas, elles sont presque toujours séparées du grès par de minces lits d'argile qui en forment le toit et le mur. On ne connaît point de couches de houille dans les poudingues; le charbon n'y existe qu'en veinules.

La puissance du terrain houiller est très variable; très faible dans certains pays, elle atteint 3600 mètres dans la Galles du Sud et dépasse 4000 mètres en Amérique. Dans la baie de Fundy (Nouvelle Ecosse), des falaises permettent de constater que le terrain houiller a, sur ce point, une épaisseur de plus de 4440 mètres; les fossiles marins y manquent com^ plétement. On y observe dix neuf couches de houille de 5 centimètres à i",20 d'épaisseur"; des arbres, débris d'anciennes forêts, apparaissent, placés dans leur situation primitivement verticale, à dix sept niveaul différents. On fixe à 85 le nombre des couches qui existent dans le bassin de Liège ; leur épais* seur moyenne ne dépasse guère un mètre, mais sur quelques IK)ints, elle est de 4 ou 5 mètres. Dans les bassins houillers du midi de la France, les couches, moins nombreuses, mais plus épaisses^ atteignent quelquefois jusqu'à 30 mètres de puissance.

Les assises dont se composent les bassins hbuillers présen-

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tent une stratification en fond de bateau dont on s'explique la raison d'être en admettant que les mouvements qui avaient donné origine à ces bassins (antê, page 487) ont persisté après le comblement de ceux-ci ; les parties centrales de ces bassins ont continué à s'affaisser^ et les parties voisines des bords à s'exhausser. Ces assises présentent^ en outre, des failles nombreuses et des plissements tels que, dans certains cas, un même puits traverse plusieurs fois la même couche. Elles montrent également des étranglements et des renflements dus aux actions dynamiques qui se sont exercées sur elles après leur dépôt. (Voir livre K, chap. I et II.)

Les alternances de grès, de schiste et de bouille se produisent non seulement dans le sens vertical, mais aussi dans le sens horizontal; une même couche, lorsqu'il est permis de la suivre à la piste, peut se présenter successivement à l'état de houille, de schiste et de grès, et varier insensiblement de nature. Les bancs de combustible peuvent se dédoubler, se confondre, et, quelquefois, cesser brusquement; il est même probable que ces bancs de combustible ne se prolongent pas jusqu'au centre des bassins très étendus. Ce que j'ai dit en décrivant Vaspect général d'un bassin houîller à l'époque de son comblement (antè, page 187) suffit pour faire comprendre comment ont pu se manifester ces variations dans l'allure des strates qu'il a reçues.

i«e terrain nonuter «ani les Alpes. — Dans le massif alpin , notamment dans sa partie occidentale, on constate l'absence complète des terrains appartenant à la période trilobitique , d'où l'on doit conclure que , pendant cette période, ce massif était émergé. Au dessus des schistes cristallins dépendant de la série azoïque vient immédiatement le terrain désigné , dès le

commencement de ce siècle, sous le nom de terrain anthraxtfère. En 4823, tandis que fiuckland ne parvenait pas à reconnaître le terrain houiller dans le massif des Alpes, son compatriote Bakewell n'hésitait pas à retrouver le terrain houiller dans le terrain anthraxifère, le terrain triasique dans le gypse et le lias dans le calcaire et les schistes à bélemnites. En 4828, M. Elie de Beaumont fit à Petit-CkBur l'observation qui fut le point de départ d'un débat dont j'ai déjà donné un court résumé, ainsi que la conclusion ttome II, page 588); après une discussion qui avait duré près de trente quatre années, la science a été ramenée au point où elle se trouvait d'abord pour Bakewell.

« Le terrain anthraxifère est composé à sa partie inférieure de poudingues plus ou moins grossiers (poudingue de Valorsine) ; au dessus on voit des schistes argileux renfermant de l'anthracite et les débris d'une nombreuse flore fossile identique à celle du véritable terrain houiller. On le trouve également formé d'une énorme série de grès micacés qui constituent notainiueiit le massif houiller d'Aimé^ en Tarentaise. Ces grès aut un caractère particulier qu'ils partagent avec les grès des terrains houillers des parties de la France les plus rapproc\\è^^. Le calcaire carbonifère manque complètement dans les Alpes, u (Alph. Favre.)

L'anthracita des Alpes est exploité dans un grand nombre Ail localités et surtout à la Mure (Isère) , où se trouvent les meilleures qualités. Il forme des strates peu nombreuses et d'une putssaacc moyenne d'un mètre environ. Ces strates, iwrfaitanient rtjguUères lors de leur dépôt, ont été disjointes, bouleversées, étirées, amincies sur certains points, renflées sur d'autres, k la suite des puissantes dislocations que le sol in a éprouvées. Ce combustible doit ses caractères , non à

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une action métamorphique qui Taurait privé de ses matières bitumineuses^ mais aux conditions mêmes qui ont présidé à sa formation. Le terrain antbraxifère occupe une zone qui se développe depuis le Valais jusque dans le département des Hautes Alpes (i)> et qui, vers Test et l'ouest^ est limitée par deux lignes à peu près parallèles allant d'Aoste à Briançon et de Saint Maurice à Grenoble; sur le bord occidental y le terrain antbraxifère plonge sous les formations plus récentes, pour aller sans doute se mettre en relation |plus ou moins directe avec les lambeaux de terrain bouiller de Ternay et de Communay (an/è^ pages 217 et 534). Les espèces végétales du terrain antbraxifère des Alpes ^ ainsi que son origine évidemment lacustre ou terrestre^ m'engagent à le placer dans le système bouiller^ et non à la partie supérieure du terrain carbonifère ainsi que j'en avais eu d'abord la pensée.

(i) Le terrain anthraxifère des Alpes occideiitalei s'est déposé lar une sotface égale à trois fois au moins la somme des surfaces de tons les terrains bonillers de France. Aucun des bassius booillers de TEurope, considéré indiiridaellenent, n*a une surface égale, à beaucoup prës^ à ce bassin. On peut citer des bassins carbonifères plus grands encore que ce dernier, et propres k faire comprendre que son étendue n'a en elle même rien d'improbable. Le bassin carbonifère du Donetx, dans la Rnssie méridionale, a une étendue d'en* iriron S>500^000 hectares. Le bassin carbonifère des Etats d'illinois et d'Indiana a une étendue d*environ 16,200,000 hectares. (Elie de Beanmont.)

Les dépôts anlhraxifères s'étendent encore à travers le canton de Glaris, dans l'Engclberg, au Todi et probablement dans les Alpes de TAutriche. On fes a signalés en Styrie, daqs le Saltsbourg, en Garinthie et en Carniole. Les recherches de M. Unger prouvant que les anthracites des Alpee de TAn* triche sont contemporains de ceux des Alpes occidentales. Là anssi les sohiatea noirs à empreintes de fougères reposent sur le schiste talqneux et le gaei9« sans renfermer aucune trace d'organisme marin. (D'Archiac.)

Dlvltloo ûu syitèiiie Hoalller en deux étaffes : schlstcft «c ■■•« cl

d*Aatitit. — Les alternances des diverses assises du terrain houilter sont assez régulières et assez uniformes pour qu'il ne soit pas possible^ en se basant sur les caractères géognostiques et paléontologiques, d'établir une division de ce terrain en étages, à moins de tenir compte de ce que Ton observe aux environs d'Autun^ de Muse, etc. On est alors conduit à diviser le système houiller en deux étages : — I. L'étage inférieur, comprenant le coal measures des Anglais et la majeure partie des bassins houillers exploités en Europe. — U. L'étage siq)é' rieur, formé par les schistes d^Autun et par quelques assises qui> sur d'autres points de l'Europe^ paraissent se placer sur le même niveau géologique.

J^ formation que nous désignons sous le nom de schistes de Muse se montre à la partie supérieure du terrain houiller du bassin d'Autun ; on l'observe notamment à Muse , à Igomay^ à Surmoulin , près d'Autun , etc. Cette formation repose en stratiflcation concordante sur le terrain houiller auquel elle se rattache par des alternances qui ne permettent pas d'établir entre eux une ligne de démarcation bien nette. Elle se compose de schistes bitumineux intercalés dans une masse de poudingues et d'arkoses ayant près de 100 mètres d'épaisseur; quelquefois, ils alternent également avec un calcaire gris compacte qui , à la Comaille , près d'Autun , semble constituer à lui s€iil toute la formation. Les schistes sont noirs , et renferment de petits amas lenticulaires de fer sulfuré; leur richesse moyenne en matière huileuse varie de 9 **/o jusqu'à une pauvreté absolue. Ces schistes contiennent de nombreux débris de végétaux appartenant à la flore houillère , beaucoup de troncs du conifères siliciflés (ce qui ne s'observe pas dans teê autres )>assins houillers)^ des psaronites^ etune quantité

immense de débris de Palœoniscus aYec écailles colorées; à ces débris de poissons se irouTent mêlés de gros coprolites. Les schistes bitumineux de Muse et d'Autun ressemblent complètement aux schistes bitumineux de Thuringe et le calcaire qui les accompagne a Taspect du zechstein ; c'est ce qui d'abord avait fait rattacher les schistes de Muse au nouveau grès rouge; mais actuellement tous les géologues sont d'accord pour les placer à la partie supérieure du terrain houiller. L'observation suivante achève de corroborer cette opinion. Tous les Palœoniscus du terrain houiller, excepté ceux du calcaire carbonifère de Bourdiehouse, près d'Edimbourg^ ont les écailles lisses^ tandis que ceux du nouveau grès rouge les ont striées et ponctuées ; or les écailles des Palœoniscus des schistes de Muse n'ont jamais de points ni de stries. Cette formation, caractérisée par sa situation géognostique, sa faune, sa flore et ses relations avec le terrain houiller, se retrouve dans le bassin de Saarbruck et près de Lodève.

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