VII. - SYSTÈME PERMIEN
•monymic. -— Etages des pséphttes et du zechstein ou partie inférieure de h période salino-magnésienne, Cordier. — Partie inférieure du groupe du grès rouge, Labèche. — Terrain pénéen, OtndAxusd'HBlloY-^' Terrain psammérythrique y Huot. — Système ou étage permien, Murchison et la plupart des auteurs modernes. — DyaSy Marcou, Geinitz.
■oMoHqae. — Du temps de Werner^ les strates comprises entre le terrain houiller et ce que l'on appelle aujourd'hui te trias, étaient dqà classées de la manière suivante : roth todt liegmdey kupferschiefer , zechstein, rauwacke et stinkstein.
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Ces diverses assises étaient confondues, avec le btitUer sandstein, le muschelkalk et le keuper, dans un même groupe que M. d 0malius d'Halloy appelait d'abord formation du grès rouge el plus tard terrain pénéen (Tcevr,;, pauvre), en faisant allusion à sa pauvreté, au point de vue minéralogiqae et paléontologique, par rapport aux formations houillère et jurassique entre lesquelles il est intercalé. La désignation de groupe du grès ronff était adoptée , en 1831 , par Labècbe. Conylieare, en ï%2% et W. Buckland, en 1836, proposaient de la remplacer par celle, l'un depœcilitic et rautre"* depoîkilitic (icoixiX<k, varié); mais ces deux désignations n'étaient pas admises, pas plus que celle de lervaiu psamménjthrique (lajxjjLoç, sable; ^puôpoç, rouge), créée plus tard par Huot.
En 1834, la publication de l'ouvrage de d'Alberti eut pour résultat d'amener les géologues à reconnaître l'indépendance du trias et à décomposer le groupe du grès rouge en deux formations distinctes. C'est à la formation inférieure que M. d 0malius d'Halloy laissa le nom de terrain pénéen j et que d'autres géologues réservèrent la désignation de nouveau grès rowje (new red sandstoné) ,
C'est en 1841 que M. Murchison a proposé de donner au groupe dont il est ici question le nom do terrain permie^i, emprunté à la ville' de Perm , située, dans la Russie orientale^ au milieu d'une région où les dépôts correspondant au nouveau grès rouge se montrent très riches en minerai ainsi qu'en fossiles et occîipent un espace double de celui de la Francr). Li désignation de terrain permien, à peine introduite dans la science, a été ra[)idement adoptée; aujourd'hui l'expression de nouveau grès rouge est rarement employée et celle de terrain pénéen est complètement tombée en désuétude.
Pour compléter cet historique , je rappellerai que M. J.
SYSTÈME PERMIBN. 539
Marcou , prenant en considération la possibilité de diviser le nouveau grès rouge en deux groupes^ a proposé de remplacer Texpression de terrain permien par celle de dyas.
DiscHi^aiion géoirayiiitae; moavemciito un loi. — Dès le Commencement de la période permienne^ un premier affaissement du sol a permis aux eaux océaniennes de reparaître en Europe. La mer a envahi toute la partie nord-est de la Russie ; elle a occupé en même temps une vaste zone se développant sans interruption depuis la Pologne jusqu'en Angleterre. Dans l'Europe centrale et méridionale^ presque totalement érner* gée^ les eaux ne se montraient que sur des surfaces peu étendues et sur des points très éloignés les uns des autres ; encore est-il permis de conserver des doutes sur la nature des eaux qui remplissaient les dépressions occupées aujourd'hui en France par le terrain permien. Les débris de corps organisés rencontrés dans le terrain permien de la France n'offrent nullement le caractère de ceux qui se présentent soit dans les formations marines de toutes les époques, soit dans les formations lacustres nettement caractérisées des périodes les moins anciennes : ce sont exclusivement des restes de poissons appartenant aux mêmes types que ceux que nous voyons de nos jours vivre indifféremment dans les eaux douces ou salées. Probablement les bassins où s'est déposé le terrain permien de la France et des contrées où ce terrain a le- même faciès que dans ce pays^ étaient placées à peu près au même niveau que l'océan^ et ne s'en trouvaient séparés que par des dunes ou des plages très basses. La nature saumâtre des eaux contenues dans ces bassins peut s'expliquer en admettant que^ comme dans les estuaires^ ils recevaient tout à la fois les eaux douces Tenant de l'intérieur des terres et les eaux salées fournies par
MO PRODROm DB GiOLOGIS.
la mer qui de temps à autre faisait inyasion. Pendant la période permienne^ les domaines des eaux douces et des eaux salées n'étaient pas encore partout nettement distincts Tun del'autre, comme ils devaient Têtre plus tard après l'exhaussement et l'extension des masses continentales.
Mirofrvuie. — Nous avons vu que, pendant la période houillère, il ne s'était déposé que des roches d'origine détritique. Nous constaterons, au contraire, la prédominance des marnes et des calcaires pendant la période jurassique, ainsi que la rareté des roches détritiques. Les roches du terrain permien, considérées dans leur ensemble, accusent une double origine; lorsque ce terrain se déposait, les phénomènes geysériens et les phénomènes d'érosion superficielle se dévelop» paient avec uneégale intensité.
Les roches du terrain permien sont surtout desxonglomérats et des grès le plus souvent fortement colorés en rouge foncé, des marnes d'un aspect terreux, des schistes marnobitumineux pénétrés dans quelques localités de matières cuivreuses^ des calcaires compactes, fréquemment magnésiens et alors plus ou moins celluleux, et, enfin , de véritables dolomies; sur certains points , le gypse et le sel gemme s'associent à ces divers éléments. — Les roches détritiques sont plus abondantes à la partie inférieure du terrain permien que dans sa partie moyenne et supérieure; elles prédominent lorsque, ainsi que cela s'observe en France , ce terrain se présente sous son faciès lacustre.
Mvinon ûm icmta 9«noicB«i éii«M. — On peut partager le système permien en trois groupes ou étages : — 1. L'étage inférieur ou des rothliegendes (étage des pséphites, Gordier
SYSTÈME PERIflEN. SUl
gris rouge des diTers auteurs). — IL L'étage moyew ou du zechstein (partie idù calcaire alpin des anciens auteurs; c(d- Caire magnésien des Anglais); c'est le plus important des trois. — in. L'étage supérieur ou vosgien.
La puissance de chacun de ces trois étages varie de 100 à 900 mètres. Le premier étage a jusqu'à iOOO mètres d'épaisseur dans le Hartz et le troisième acquiert quelquefois 500 mètres de puissance dans les Vosges.
MVM et flore de le péHo«e peraileme Pendant cette période,
les mammifères continuent à manquer complètement ; il en est probablement de même pour les oiseaux. Les reptiles commencent à prendre une importance réelle ; ils jouent un rôle bien supérieur à celui qu'ils avaient dans les périodes carbonifère et déyonienne. Les sauriens lacertiformes sont représentés par les genres Protorosaurus (i) et Thecodaniosaurus,qm sont spéciaux ; les énaliosauriens n'existent pas encore et les labyrinthodontes ofhrent un genre qui est spécial, le genre Zygosaurus. Les poissons sont moins abondants que dans les deux périodes précédentes ; cette circonstance ^ du reste ^ peut tenir à la moindre étendue géographique du terrain per*mien; les poissons téléostéens continuent à manquer complètement; les ganoïdes cuirassés paraissent pour la dernière fois (3). Les crustacés de la période permienne sont presque inconnus. Les mcdlusques sont moins nombreux que pendant la période carbonifère^ probablement en partie par les motifs
(i) On en connaît deux espèces t le Protot^osaurus Spetteri {Moniteur fos^ iile de la Thurio^} et le P. macronyx,
(2) Les Palœonitcus du zechstein sont moins norobreui que ceux du terrain carbonifère. Parmi les espèces connues, je citerai les P. Freieslebeni et magnus, da Uansfold ; les P. elegans et longinimua, de I^Angleterre.
o4i PRODROMK DR GÊOLOOIS.
qui ont été indiqués à propos des poissons. Les céplialopodt> ont perdu leur grande variété , caractéristique des premiers uges de la période paléozoïque, et ils n'ont pas pris encore cell de la période secondaire. Les gastéropodes et les acéphales diffèrent peu génériquement de ceux de la période carbonifère. Les brachiopodes conserviint leurs caractères paléczoïques ; ils n'acquièrent aucun genre nouveau et plusieurs y paraissent pour la dernière fois. Les bryozoaires ont égalemci.t encore leurs caractères paléozoïques. Les échinodemoes el lc5 polypiers sont très rares.
La flore permicnne^ dont j'ai déjà dit quelques mots {anh page 3iO)^ est intermédiaire par ses caractères entre la flir houillère qui Ta précédée et la flore trîasique qui Ta suivit elle se distingue surtout de la flore houillère par l'absence (it> sigillaices et le plus grand développement des Walchia.Oo^mh. formes de passage , on peut citer les Psaronius et le Calœvit' m^enaceiis : les Psaronius ont été signalés dans le roihliegew de Saxe et de Bohème ^ mais ce sont des espèces différentes il celles qu'offcnt les schistes d'Autun ; quant au Calamités np naceus^ espèce du trias, il fait sa première apparition dans 1 grès vosgien. Nos connaissances relatives à la flore permiem: ont en pour base l'étude des débris fournis par les grès pormiens de Russie, les schistes bitumineux de la Tburingo «t les schistes ardoisiers de Lodève.
Les fossiles les plus caractéristiques sont, parmi les atii maux : Panopœa lunula , MyUhis Hausmatmi , Schizvdi SMotheimii y Pecten pusillus, Productus Cancrini, P. k»^ridtis j Rhynchonella Schlotlieimiî, Spirifer imdtdatus, /'nestella retiformis. Ces espèces et la faune qu'elle repré^tMi tent appartiennent exclusivement à la partie moyenne d'' terrain pei mion , Vtsl à dire à tout ce qui est au dessus lii
SYSTÈME PERMIBN. 543
rothliegende et au dessous du grès vosgien. Parmi les espèces végétales les plus répandues , je citerai : Walchia hyp^ noîdes, W. Siembergii, W. piniformis^ W. Schlothemii, Nœggerathia cuneifolia, N> expansa , Armularia fioriàunda, Lepidodendron elongatum, Calamités gigas , Nevropteris salicifolia, Sphenopieris erosa, etc.
tJÊ icrrafai»erniien en ROMie. - D'après M. de Verneuil^ a le terrain perroien forme en Russie un vaste dépôt qui est évidemment supérieur au terrain houiller et qui s'étend , entre le Volga et rOural, d'Orembourg jusqu'au 60« degré de latitude. Il se compose d^altemances de calcaires^ de marnes et de grès, disposés de telle sorte que les plus grandes masses de caN caires sont à la base et la plupart des grès à la partie supérieure. Les calcaires et les grès qui alternent renferment de petits Prodîictiês différents de ceux du calcaire de montagne ., plusieurs autres fossiles qui leur sont propres et quelques plantes du terrain houiller ; on y rencontre aussi de petits amas de houille. C'est à ce terrain qu'il faut rapporter la plupart des grands dépôts de gypse de la Russie; dans ce terrain se trouvent aussi plusieurs sources salées et les magniflques salines dlletsk Zastchita , où le sel est exploité dans d'immenses carrières à ciel ouvert. Les grès de la partie supérieure sont pauvres en coquilles fossiles, mais on y trouve des ossements de saurieng et des poissons du genre Palœoniscm. Ces grès sont connus^ depuis longtemps sous le nom de grès cuivreux; car, à quelques exceptions près, ils fournissent la plupart des minerais de cuivre de la Russie. » La partie de leur ouvrage que MM. de Verneuil, Murchison et de Keiserling ont consacrée au terrain permien a été l'objet de plusieurs critiques de la part de M. J. Marcou, qui a notamment exprimé la crainte que
5U PRODROMB DB OiOUIGUS.
ces éminenis géologues n'afent réuni au terrain permien une portion du trias.
Tout en professant la plus haute estime pour le travail des auteurs de la Carte géologique de la Russie, je crois que le moment n'est pas venu de prendre dans ce pays le type du terrain permien. Sans doute, ainsi que M. de Yerneuil le fait remarquer, le gouyernement de Perm est la partie de TEurope où les mers qui ont succédé immédiatement à la période houillère ont eu le plus d'étendue et où, par conséquent, les dépôts approchent le plus de Tétat normal. Mais le terrain permien de Russie n'a pas encore été étudié dans tous ses détails et les termes de comparaison entre ce terrain et les formations correspondantes de l'Europe nous font d'autant plus défaut qu'il existe de part et d'autre, comme le dit M. deVerneuillui méme^ une différence Uthologique très grande. Pendant quelque temps encore, le type du terrain permien sera pris en Saxe et en Thuringe, où il a été l'objet d'études minutieuses. ^
Lc lemltt permien en AUemaiae. — Dans le nord de l'Aile* magne , le premier étage du terrain permien ou le rothr liegende (i) est tantôt un conglomérat ou poudingue à gros fragments de quartz, de lydienne, de porphyre, de schiste, etc., tantôt un grès à grains fins, tantôt une argile rouge imprégnée de fer; ce grès et cette argile servent de ciment
(1) Ed créant Texpression de rothtodt liegende , on a eu en vue, dans rassise qu'elle sert à désigner, sa situation relativement aux schisies cuivreux , sa coloration rouge et sa pauvreté soas le rapport métallurgique. Cette expression des mineurs, qui signifie le mur ou la couche (liegende) rouge (roth) morte (todt) , est écrite très différemment par les auteurs. Ainsi Wemer écrivait rothes todtes liegendes; d'Alberti| rothiiegende ; Qnenstedt, todtliegendes : d'autres, rot/tes todtliegende, etc.
SYSTÈMB PERMlBIi. 545
aux poudingues. Les bancs supérieurs sont ordinairement formés de grès gris (grauliegetide) ou de grès blancs (wies-liegende). Cet étage ne contient d'autres débris de corps organisés que des empreintes de calamités et de- fougères et des troncs de conifères silicifiés.
Vétage moymi ou zechstein se compose de bas en haut des assises suivantes: 1* V^m^A?^ schistesmamo-bUimiineux {mergelschtpfery, formée de marnes schisteuses, très fissiles, parfois mêlées de sable ou de bitume. La partie moyenne de cette assise forme une couche qui n'a que de iO à 20 pouces d'épaisseur, mais qui est remarquable par la constance de ses caractères sur de vastes étendues et par sa composition; c'est une marne imprégnée de bitume^ contenant en outre da sulfure de fer^ ainsi que des pyrites de cuivre argentifères qui sont exploitées et qui ont fait donner à celte couche le nom de schistes cuivreux (kupferschiefer) ; celte couche est encore remarquable par les empreintes de poissons que Ton y a trouvées en abondance, avec des débris de monitors, des fucoîdes, et des fougères assez semblables à celles du terrain houillcr. V Le zechstein (en allemand, pierre de mine) proprement dit est une roche magnésienne, ordinairement compacte à cassure conchoïdc, à texture quelquefois cellu* leuse, et à structure tantôt massive , tantôt scbistoïde ; sa couleur varie du gris de fumée au brun rougeâire; il renferme des veines de calcaire spatbiqueet de gypse et quelquefois des substances métalliques, telles que le cuivre carbonate, la galène, etc. Sa puissance est de 20 à 30 mètres environ. 3'' L'assise de la rauwacke constituée par un calcoire dolomi* tique, compacte, de couleur sombre, grisâtre ou noirâtre, dont le caractère essentiel est d'être celluleux, et même caverneux; tes cavités sont longues et couchées dans le sens de lastra-^
3tt
54(> PRODROIIB DB QÉOLOOIK.
tîflcation; ou remarque que la puissance de la ooodie, qui varie de i à 15 mètres^ est en raison du o(mibre et de la grandeur des cayités. Ce calcaire prend quelquefois une structure brécboide. 40 L'asche (cendre) forme une coucbe de 1 à 2 *mètres d'épaisseur; c'est un calcaire friable > donnant une poussière grise, lorsqu'il est desséché. ^ Le stinkstein (pierre fétide) est un calcaire brun, noirâtre ou verdâtre, bitumineui, essentiellement fétide par percussion ou frottement, à structure massive, bréchoîde ou schistoïde. Sa puissance varie de i à 30 mètres. Il renferme du fer hydraté, du gypse et peutêtre aussi du sel gemme, car on en voit sortir des sources salées. 0*Le leiian est une coucbe de marne argileuse, gris bleuâtre ou gris verdâtre, contenant quelquefois des rognons de dolomie et des cristaux de sulfate de chaux; son épaisseur est d'un mètre environ.
ËJt tfiièaia pcrmlc» c« ABgleierrc, ca macc , hc; leldttcftéc i^Mèvc
— Dans le nord de l'Angleterre, le terrain perroien forme une bande s'appuyant contre la chaîne carbonifère qui se dirige, dans cette contrée , du nord au sud. On y dislingue six assises qui correspondent assez exactement a celles dont ce même terrain se compose dans le nord de l'Allemagne. Le roihliegeîide est représenté par des grès inférieurs associés a du gypse et à des marnes rouges ; les schistes mamà-lritumineux , par des schistes mametix alternant avec des lits calcaires très mi nccs et renfermant des débris de Palœoniscus, de Pygoptertis cl de Cœlacanthus; le zechstein , par un calcaire compacte et fossilifère , avec Fenestella retiformis et Producius horridus comme en Allemagne ; la rauwacke, par un calcaire bréchatde. Aux assises supérieures du terrain permien de TAllemagne cor^ respond, en Angleterre, une assise dont la stratification est irès
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irrégulièfe elqui est constituée en majeure partie par un cal- ~ caire concrétioBné [Hissant quelquefois à une dolonûe grenue ou à des lits pulvérulents et terreux. L'ensemble des diviMvetf assises superposées aux grès inférieurs est réuni sous la désignation de calcaire magnésien (magnesian limestoné.)
Dans la partie inférieure du grand dépôt arémcé des Vofges, ou observe quelquefois des couches qui diffèrent très notablement du reste de la masse > à laquelle ils se lient cependant par une dégradation insensible des caractères et par la conti'- Duitéde la stratification. Elles sont moins solides et contiennent peu ou point de ces galets de quartz arrondis qui se font si généralement remarquer dans le grès des Vosges. Leurs élé* ments sont ordinairement plus grossiers , moins bien aggluti^ nés et plus diversement colorés que dans le restant de la masse. Souvent leur couleur rouge est plus foncée, et souvent aussi elles oiirent des parties jaunes ou d'un gris blcuâ-tre. Certaines couches sont presque argileuses, et présentent des strates fissiles et couvertes de mica blanclifitre^ qu'on ne rencontre que très rarement dans le grès des Vosges propre* ment dit y mais qu'on retrouve en al)ondance dans le grès bi« garré. En général , celte partie inférieure, du dépôt arénacé des Vosges a une ressemblance frappante avec le rothliegetide des Allemands. (Elle de Beaumont.)
Le terrain permien se retrouve à la montagne de la Serre , où il repose directement sur le gneiss, et où il se montre composé de poudingues , de grès d'une couleur rougefttre très foncée, alternant avec des argiles sableuses, micacées, lie de vin ou verdâtrea. On y rencontre des empreintes de Watchia Schlotheimii çt kypnoides : j'y ai recueilli un fragment de m&choîre me paraissant appartenir au Protarosaums Speneri, de b Thuringe. C'est encore an terrain permien que se rat-
ri48 PROLROMB DE GÉOLOGIE.
tachent une partie des grès supra-houiilers de Saône et Loire et^ notamment^ ceux qui , dans la carrière des Thérots^ près de la Gatté, contiennent en très grande abondance les Walehia Schlotheimii et hypnoides. Le terrain pemiien existe, enOn, près d'Alboy (Ayeyron) et dans les environs de Lodève; dans ces deux localités^ de même que dans Saône et Loire , il pré* sente des caractères pélrographiques assez uniformes pour montrer que, sur tous ces points^ il s'est formé sous rinflueoee de circonstances à peu près identiques. Le terrain permien recouvre immédiatement le terrain boniilcr et débute par des poudingues; puis viennent dans Saône et Loire, des argiles schisteuses^ noires^ avec fer carbonate et des grès jaunâtres avec Walchia ScMotlieimiielhypnoides; — à Alboy,des schistes bitumineux avec plantes fossiles et rognons de fer carbonate ; — à Lodève , des dolomies et des schistes bitumineux , recouverts par des schistes ardoisiers , avec W. Scidothehnn et hypnoides. Enfin le terrain permien se termine par des grès rouges dans Saôue et Loire^ des calcaires^ près d'Alboy, et des schistes noirâtres^ près de Lodève. (Coquand.)
En Espagne^ l'existence du terrain permien est douteuse; quelques grès rouges et poudingues sans fossiles de la base du trias pourraient y être rapportés. (De Verneuil.)
«afèt det Tosges cl ffr«s klfarrC Inférleor. — Le noyaU Central
des Vosges est entouré par d'autres montagnes^ dont les formes aplaties et carrées contrastent avec les profils arrondis de ce noyau : ces montagnes sont composées d'une roche connue sous le nom de grès vosgien ou de gi'ès des Vosges. Les carac* tères généraux de ce grès sont à peu près les mêmes dans toute l'étendue qu'il embrasse; il est toujours essentiellement formé de grains de quartz, dont la grosseur varie depuis celle
d'un petit grain de millet jusqu'à celle d'un grain de chénevis. Ils sont généralement recouverts d'un enduit ferrugineux , rouge de brique qui donne sa nuance à la roche. Au milieu des grains quarizeux, on observe d'autres grains moins nombreuxj d'un blanc mat, qui paraissent des fragments de feldspath en décomposition. Ce grès renferme quelquefois des galets quartzeux , d'une nature particulière y propres au grès des Vosges, qui en font souvent un véritable poudingue. Il ne renferme pas de débris d'animaux; les fragments de végétaux sont très rares : on y a trouvé quelquefois des empreintes de Calamités arenaceus et des tiges de calamités. Ce grès des Vosges qui , à Raon-l'Etape^ atteint 500 mètres de puissance^ est en couches dont l'épaisseur varie deO",SO à 1 mètre. Il est en stratiûcation concordante avec le grès rouge ou permien ; tantôt il repose immédiatement sur lui^ et l'on constate alors un passage insensible de l'un à l'autre; tantôt il en est séparé par des amas de dolomie que quelques géologues ont considérés comme représentant le zechslein. (Elie de Beaumont.)
Voltz rattachait le grès des Vosges au grès bigarré. M. Elle de Beaumont; dont nous adoptons ici la manière de voir^ le considère comme une formation indépendante , distincte du grès bigarré et du zechstein entre lesquels il vient se placer dans l'échelle géologique. Le système du Rhin (voir tome 11^ page 475) a surgi entre le dépôt du grès vosgien et celui du grès bigarré. Ce dernier forme autour des Vosges une zone presque continue , qui s'étend en général au pied des montagnes de grès des Vosges^ comme une mer au pied d'une falaise^ ce qui indique, dit M. Elie de Beaumont, que le dépôt du grès bigarré n'a pas succédé sans interruption , ou du moins sans secousse , à celui du grès des Vosges.
Avec M. Coquand , nous considérons, comme étant le pro-
longeinent du grès vosgien , Tarkose de la montagne de la Serre (Jura) et celle du bassin de Blanzy. A ht montagne de la Serre^ Tarkose^ dont la puissance est de 25 mètres au plnsi se montre en stratification discordante avec le grès permien et quelquefois en discordance d'isolement avec le grès bigarré^ ce qui prouve son indépendance; elle recouvre en eoucbes horizontales les strates redressées du grès permien ou du gneisé et, sur certains points^ ne supporte aucune autre formation. Dans le département de Saône et Loire^ l'aftcfse est supcr|H)sée , eu stratification discordante^ sur la ((ninwackc^ le grès bouitler et le grès permien; aux environs d'Autun>et du Mont Saint Vincent , elle couronne les plateaux granlfîqtics sans être recouverte par aucune autre roche. (Coquand.)
Dans la Thuringe^ en Saxe et dans la Hesse y les géologues out divisé le grès bigarré en deux parties; M. Hiirchi90n et Morris sont portés à rattacher le grès bigarré inférieur au système permien; 11 nous parait permis de considét^r^ atrmoius provisoirement^ ce grès bigarré inférieur comme correspondant au grès vosgien; il se trouve dans une situation semblable et^ comme lui, renferme le Calamités arenaeetis.
Le grès vosgien, que nous inscrivons dans notre clâssiflca* tion à titre d'étage, n'a pas été signalé sur d^iutres pmbts que ceux où nous venons d'indiquer sa présenoe. Il n'a fourni aucun débris appartenant au règne animal et sa flore , d'une grande pauvretéi ne renferme aucune espèce caractéristique. Si ce n'était [ts conditions stratigraphiques dans lesquelles il se pircscDte, son autonomie ou, tout au moins, son importance pourraieijt ôtre contestées. Peut-être une 'étode'dètaiilée du terrain permien de la Russie fournira- t-elle les moyens d'apprécier le rôle qUe le grès vosgien jone dans la série
SERIE TRIASWUE
Comprenant un seul système.