SYSTÈME TRIASIQUE
et allant se soucier au massif anglo-breton , qui n'était p<is comme aujourd'hui scindé en deux parties par la Manche^ le niassif ardcimo-vosgien se développant vers l'intérieur de l'Allemagne^ les montagnes des Maures et de TEstérel , en Provence, faisant partie d'un continent qui s'étendait sans doute jusqu'en Corse, et la partie orientale des Pyrénées,
Sur tout l'espace compris entre ces régions le trias existe, mais est recouvert par les formations plus récentes. La partie de ce teriain qui se présente à l'observation constitue autour des massifs que je viens de nommer une zone qui n'a pas partout la même largeur, qui se rétrécit quelquefois et éprouve même des solutions de continuité. Pour se rendre compte des variations que l'on remarque dans la largeur de cette zone , il faut se rappeler dans quelles conditions les mouvements du sol se sont opérés le long des rivages de la mer triasique, lorsque la période du lias allait commencer. Certaines parties de 1 ecorcc terrestre se sont exhaussées; d'autres, sans doute par suite d'un mouvement de bascule, se sont affaissées. Sur les points où il y a eu exhaussement, le trias, émergé et mis à découvert au moment de l'invasion des eaux de la mer infraliasicjue, oc<!upe une étendue plus ou moins grande; sur les points où il y a eu affaissement, ces mêmes eauxonidébordé sur le trias ; aussi les strates jurassiques passent-elles alors au dessus de ce terrain pour aller se mettre en contact avec les formations anté-triasiques.
Si le lecteur suit attentivement sur la Carte géologique de la Franc'j le tracé dus lignes straligraphiques qui ont été mentionnées comme se rattachant aux systèmes du Thuringerwald cl du Mont Seny (tome II, pages 478 et suivantes), il verra que ces lignes rencontrent précisément ou laissent à peu de distance les localités où le triasse montre à découvert. Or, celte coïncidence ne doit pas nous étonner, puisque les systèmes
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du Mont Seoy et du Thuringerwald sont immédiatement postérieurs au dépôt de ce terrain dont Témersion est due en partie à leur apparition. D'un autre côté, le mode de distribution du trias vient à Tappui de Topinion que nous avons adoptée relativement à l'âge de ces deux systèmes.
Lors de la période triasique, les eaux océaniennes formaient au centre de l'Europe une sorte de mer intérieure au milieu de laquelle s'élevaient sous forme dites le massif ardennais et un autre massif occupant l'emplacement de la Bohême. Cette mer intérieure se trouvait limitée par des régions émergées soudées entres elles et déterminant une enceinte continue. Ces régions étaient le plateau central de la FYance , le massif breton, l'Irlande, l'Ecosse et le Pays de Galles, la presqu'île Scandinave et presque toute la Russie (1). Cette mer atteignait sa plus grande extension, et , sans doute aussi , sa plus grande profondeur, si nous en jugeons par la puissance des dépôts qu'elle y a reçus, dans une zone comprenant le nord de l'Itelie et toute la région des Alpes, depuis Grenoble jusqu'en Autriche. Cette mer pénétrait en France en passant au nord des moutegncs de TEstérel; elle allait baigner le versant sud du plateau central, puis se dirigeait en Espagne après avoir recouvert la partie ouest des Pyrénées.
i^drvffTMlito elpalMUiee ûu terrain iriMttae. — Le trias OttrC ,
(1) II paraît aujourd'hui certain que le trias manque dans toute la partie centrale de la Russie d'Europe, car, entre la rive droite du Volga et la Bal- Uque, comme du gouveruement de Wladimîr à la vallée du Dniester, les dépôts jurassiques, crétacés on tertiaires recouvrent directement les roches carbonifères, dévoniennes ou granitiques. Ce n'est qu'au nord-est, à Test, et en un point du sud de cette vaste région, qu'on peut rencontrer des traces de la formation qui nous occupe. (D'Archiac.)