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SYSTÈME OOLITIQUE SUPÉRIEUR

et de la Meuse; une zone d'oolite supérieure traverse ces départements. Ce terrain se montre encore, vers la partie centrale du bassin anglo-parisien, dans le Boulonnais et le pays de Bray, où il a été porté au jour, à la suite des dislocations de l'écorce terrestre. Le bassin jurassien occupait le fond d'une dépression ayant pour limites les Alpes , les montagnes du Lyonnais, celles du Beaujolais, la Côte d'Or et les Vosges. Il se prolongeait vers le centre de TAllemagne.

Une dernière impulsion a eu pour eOet de mettre ces trois bassins à sec ou du moins d'en chasser les eaux salées. A ces mers de la période oolitique supérieure ont succédé, dans chacun des bassins que nous venons de mentionner, des lacs qui ont reçu les strates lacustres supra-oolitiques du Jura, de la Charente, de l'Angleterre et du Hanovre.

vavoe Cl p«lroffra9Me de l*ooltce sopéiicare. — Dans le niassif jurassien, le terrain oolitique inférieur est formé d'alternances d'assises marneuses et d'assises calcaires; mais celles-ci sont beaucoup plus puissantes et la composition de ce terrain dans cette région est plutôt calcaire que marneuse. A mesure qu'on se rapproche de l'Allemagne, les assises marneuses diminuent d'épaisseur, puis elles flnis^nt par disparaître presque complètement. Ces calcaires blancs, constituant presque à eux seub le terrain oolitique supérieur, forment l'immense plateau de TAlbe qui s'étend entre la vallée du Neckar et celle du Danube, et dont la plus grande partie est désignée sous le nom de Rauh alp (albe stérile). Si du Jura on se dirige vers le nord-ouest, la composition de l'oolite supérieure devient, au contraire , de plus en plus marneuse jusqu'à ce que, en Angleterre, ce terrain se montre en majeure partie constitué par la puissante masse marneuse du Kimmeridge-clay.

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La faune de Toolite supérieure présente peu de caraotères gaulants. Les polypiers, les ammonites et les bélemnites y sont un peu moins répandus que dans les autres groupes de la série jurassique; les acéphales et les gastéropodes prennent un certain développement. Parmi les gisements de fossiles de Toolite supérieure Je mentionnerai : 1** LsBschisies deSolenhofen, ckins la Bavière, si célèbres par Tabondanoe et la parfaite conservation des fossiles qu'on y a rencontrés et qui ont fourni de nombreuses espèces de ptérodactyles, de sauriens, de tinrtues, de poissons et dinsectes; ^ le /iV de boue, dirt'4fed , de PurbeclL, où Ton a recueilli d'abondants débris déplantes, diaseotes, de reptiles et les restes de mammilères dont on a fàît sept genres nouveaux, tels que les Triconodon et Plagiaulax.

JLC lyglèiae oomit— — pértewr <— ■ le Hirta Jm— Hm- — Dans le

Jura, ce terrain peut se partager ordinairement en six assises alternativement marneuses et calcaires et disposées de telle sorte que. chacun des étages séquanien, kimméridien et portr landien comprend une assise marneuse et une assise calcaire. Les marnes, comme les calcaires, offrent le même aspect, et les diverses assises que ces roches constituent M peuvent 4e disr tinguer entre elles que par leurs fossiles et leur ordre de superposition. Les marnes sont grisâtres ou blanchâtres, sa* bleuses, plus ou moins grossières ; les calcaires sont compactes et de couleur claire. Ces six assises sont : l"" Les mame9 êéfuamermes ou à astartes, constituant des bancs qui alternent avec des grès schistoides et des calcaires en plaques reoûovnrtes d'astartes et de petites turriteUes^ Les fossiles aootnomr breux sur certains points et foçnent quelqœibîs hmachelle. Les principaux d'entre eux sont : Ammonites AchiUes, Naiica macrosioma , Ceromya infiuia, Trigoma s^/fnvjurmâis,^Mif^

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tUusjvrenm, Astarte mimma (A. gregarieay A. supra-corallinài, Ostrœa Sequana, 0. soUtaria^ O. sandalina, Exogyra Brunirutana, Apiocrinus Meriani. — S^» Calcaire séqtuxmen ou à astartes; calcaire compacte, grisâtre avec taches jAunàlrep^ offrant des parties apathiques et renfermant quelquefois de grosses oolites. Cette assise présente, dans plusieurs localités, des bancs de polypiers dont quelques espèces retrouvent d^à dans le terrain corfilliçn. Fossiles: NautUus gigoMeuSy AmmçnUes AchiUes, Nerineagosœ, N. Mosœ^ N- Bru^mtona, Car- (Hum corallinum^ Astarte minima, Ostr4easolHaria,Ex0ffyra Bruniruiana, E. virgula. — y Marnes kùnméridietmês ou a ptérocères , semblables aux marnes séquaniennes, mais plus sableuses^ moias puissantes et ne renfermant {dus d'amas ferrugineux. Fossiles : NautUus giganteus , Ammonites AchUlês, A. gigas y Nerinêa Gos^b , Pteroteras Oceam , Phoiadamya Pwteiy Ceramya eoscentrica , Mytilw jurensis, Ostrœa soHtaria. — 4^ Calcaire kimméridien ou à ptérocères, complètement analogue au calcaire séquanien. Fossiles : Natica hemisphœriea, N. macrostoma^ Nerifiea Gosœ, N» Bruntrutana, Pteroceras Oceani, Ostrœa solitaria^ Exog^a Bmntrutanay E. virgula. — S*" Mamesportléméiennes (md exogyreSyj^nnàtreB oo grises, avec taches blanchâtres, alternant avec quelques anses marno-calcaires. Les principaux sont : Nataiius giganr teuSy'A. langispinm, Natica hamsj^umsica, Pteroceras Oceani, Nerinea trinodosa, N> gremiSs, Pholadom/a aeuticostaia , Trigmia concentriea, O. solitarùif Exogyra tnrgula, E. Brunrtrutana. — Calcaire portlandien ou à exogyres. Ce calcaire, semblable à ceux des assises précédentes, présente quelquefois, surtout aux environs de Gray, des perforations ou tubulures qui, ainsi que M. Perron Ta démontré, occupent la place de polypiers disparus. Sur tout le Jura, cette assise s^ termine

par des calcaires plus où moins magnésiens^ en couches presque schistoîdes^ à texture compacte et quelquefois subcrislal- Une, avec nombreuses dendriles sur les plans de clivage : c'est cette partie de Tassise que Ton a désignée sous le nom de dolomie portlandienne. Une autre partie de cette assise a reçu le nom de groupe nérinéen à cause du grand nombre de nérinées qu'elle renferme. Fossiles principaux : Nerinea gosœ, N. Bruntrutana, N. grandis, N. trinodosa, Pteroceras Oceani, Pholadomyaacuttcostata, Astarte gregarea, Trigoniagibbosa, OstrcBa solitaria, Exogyra virgule, E. Bruntruiana, Hemicidaris Purbeckensis,

i«e sTMftme •otitl^ae Mpértenr éans ict antres partlct de lamacc. -

En France, le terrain oolitique supérieur forme une zone continue qui se prolonge depuis le département des Ardeones^ jusque dans le département du Cher. Ce terrain se montre à peine sur le bord oriental du massif breton ; il ne reparait que dans le Calvados^ où Yargile de Bonfleur avec Exogyra virgula représente le Kimmeridge-^lay. On en retrouve encore des affleurements vers l'embouchure de la Seine^ dans le pays de Bray et dans le Boulonnais.

Le terrain oolitique supérieur ne se prolonge pas au delà de l'extrémité méridionale du Jura ; il parait manquer dans tout le midi de la France (i). On le retrouve dans le Lot, la Charente et la Charente Inférieure. Dans ce dernier département, ce terrain débute par une argile schisteuse, avec cal-

(1) M. Coqtiand rattache au terrain oolitiqae supérieur une masse très puissaiiU de cui^aires sans fossiles placés entre le calcaire corallien à Diceras aneiinù elle calcaire infra-néocomien à StromLus Sautieri. Ces calcaires, que Ton obfi«ïrvc dans les environs de Marseille, se terminent par une dolomieport- JAUdJeani? c[ut, à la Nerthe, atteint plus de iOO mètres d'épaisseur.

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caire sableux ou oolitique. Une deuxième assise, correspondant au Kimmeridge-clay, comprend des marnes scbistoîdes, grisâtres, recouvertes par un calcaire marneux, blanc jaunâtre. Ces deux premières assises, dont l'épaisseur totale est de 80 mètres, renferment de nombreux fossiles et notamment Exogyra virgtda, Ostrœa solitaria^ Natica macrostoma, Pieroceras Oceani, Au dessus vient une dernière assise, épaisse de 70 mètres environ , comprenant des calcaires dont la texture varie beaucoup et qui sont quelquefois tubulaires. Celle assise, que l'on considère comme l'équivalent du Portland-stone renferme, entre autres fossiles. Ammonites rotundus, Nerinea Bruntrtitana, Trfgonia gibbosa, Ostrœa BruntrtUana.

mfwÊèmm oouutne sap^rtcw ea Aarieierre. — Dans ce pays ce système peut se diviser en trois étages qui correspondent assez exactement à ceux que nous avons distingués dans le Jura. Le premier étage est constitué par le calcareous grit supérieur, qui se compose d'argile ferrugineuse un peu oolitique et de sable ferrugineux ; on retrouve dans cet étage une partie des fossiles du calcareous grit inférieur. C'est dans le district de Weymouth et dans les îles de Portland et de Purbeck que les deux autres étages atteignent tout leur développement. V argile de Kimmeridge, Kimmeridge-clay ^ ainsi nommée de la baie de Kimmeridge, dans l'ile de Purbeck, est principalement composée d'argiles schisteuses, bitumineuses, renfermant des sep^ taria et des pyrites de fer dont la décomposition donne lieu à des pseudo-volcans. Cet étage atteint sur certains points jusqu'à 200 mètres de puissance. Ses principaux fossiles sont : Ammonites rotundus j Pleurotomaria elongata, Trigonia elongata^ Ostrœa deltoïdea , Exogyra virgtda. On distingue dans le troisième étage deux assises : r le Portland-sandj qui

n'a IMS moins de 95 mètres d'épaisseur^ et qui se compose de marnes sableuses alternant avec des grès ; les principaux fossiles sont : Ammùfùtesgtganteus, A, triplex, Ostrcea Icevigoia, Chyphcea nana, Trigotda clétvellata, Serpula plexus. ^ Le Fartland^stonej comprenant un calcaire tantôt compacte, tantôt oolitique^ avec silex gris vers la partie inférieure. Cette assise renferme un banc d'où Ton extrait une pierre d'appareil très renommée en Angleterre. Les principaux fossiles sont : Ammonites biplex, Cerithium excavatam, Pema guadrata, Pecêen lamellosus, Trigorm gibbosa, CticuUcsa crassatwa, CunUtapectunculariSy Crassatdla compressa.

be sytièBM ••UU4M Mp«ric«r eo aucomcm. — Dans le Wurtemberg et la Bavière, ce système offre un médiocre développement et n'a pas encore présenté aux géologues de divisions nettement tracées. C'est à ce système, en totalité composé de roches calcaires, qu'appartiennent les couches à crustacés du Wurtemberg elle calcaire schisteux de Solenhofen, dans la Bavière ; ce dernier est très recherché pour la lithographie.

Le système oolitique supérieur existe aussi dans le nordouest de l'AUenoagne, où il est représenté notamment par des cateaires blanchâtres, tantôt compactes, tantôt ooUtiqùes, avec Exogyra virgula, Pteroceras Oceani, Ammonites ^i§mùtvs. Ces calcaires supportent quelquefois des calcaires magnésiens, et, plus haut, des couches à Serpula coacervites.

m^nunnm îmmttnn nm^n-^mÊgym. — lAformatiotèdeFut^àeck, qui a uae puissance de SO mètres environ, peut s'observer avec facilité 9ir les falaises qui, dans le Dorselshire, acoompagoeai la côte comprise entre Weymouth et Swanage. Elle débute par une oouche iacuatte qui possède des caractères aùnémlogiqMS

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tout à tait sfimblables à ceui du Portkmd-stûne sur Ie(|u«l elle repose. La farrAation de Purbeck parait être d'origiue flinriOmarine; die se compose de marnes et de calcaires cMstîtuàM des couclies qui ont été reçues les unes dans des eaux douces, les autres dam des eaux HiariDes ou saumAtres; Forbes^ ea se basant smr Tétude des espèces^ a été conduit à dfviéer cette fovmatian en trois groupes. Le groupe inférieur est caractérisé par la Cypris Purbeckensis et une serpule semblable à la Serpula coacerviles des lits du méoie âge du Hanovre. Le groupe moyen contient la Cypris fasciculaia avec la Physa Brist&wii, et le groupe supérieur la Cypris gibbosa. C'est vers la base du groupe moyen que se trouve le fameux lié de boue (dirt bed). Vftrs la partie moyenne existe la couche dite Hi de cendre {einder-beil} , formée d'une agglomération à^Osirma distoria; cette couche contient un échinoderme appartenant au genre BemicidariSy caractéristique de la période oolitîque^ et à une espèce (H. Purbeckensis) qui se distingue à peine d'une autre espèce du terrain oolitique déjà connue. (Lyell.)

Sous le nom de terrain lacustre supra^oolitique {marnes de KtWar^, Renevier; terrain dubisien de quelques géologues suisses) , nous désignons une formation contenant des fossiles d'eau douce, reposant toujours^ dans le Jura, sur la dolomiè portlandienne et servant de base au terrain néocomien^ excepté dans les régions basses du Doubs et dans la Haute SaAne^ où le terrain néocomien repose directement sur le terrain juras*sique. Ce terrain se prolonge depuis Neuchâtel jusqu'à Belley; sa puissance moyenne est de 15 mètres. Il se compose de marnes argileuses, grumeleuses, d'un gris un peu foncé, tirant sur le verdfttre, et de calcaires gris, compactes, qui alternent avec les marnes et finissent par dominer à la partie supérieure. Les environs de Villars le Lac ont fourni de nombreux débris de

corps organisés présentant un mélange de formes terrestres (tortues)^ d'eau douce^ telles que Physa Bristowii, P. wealdiaruij Planorbis Loryi, saumâtres y telles que Carbtda altUa, et enfin marines ^ telles que gastéropodes indéterminés et poissons; on y a rencontré également des gyrogonites. A la Bréyine^ à la Rivière^ à Foncine, etc.^ le terrain lacustre supraoolitique contient des amas de gypse exploité, avec dolomies cloisonnées et marnes bigarrées (<).

Le terrain lacustre supra-oolitique se retrouve dans le Hanovre^ où il acquiert une grande puissance et dans le dépar* temént de la Charente. Les formations^ en totalité ou en partie lacustres^ qui viennent d'être mentionnées sont synchroniqties entre elles; pourtant la présence, dans le terrain portlaadien de la . Franche-Comté, de VHemicidaris Purbeckensis qui se retrouve dans la formation de Purbeck, permet de penser que la partie inférieure de cette formation pourrait bien correspondre à la partie supérieure du terrain portlandien du Jura (S).

(1) G*e8t en 18^7 que Texistence des strates comprises dans le Jura entre le calcaire portlandien et le terrain néocomien fut signalée pour la première fois par M. Pidancet. C*est en 1849 que M. Lory rencontra dans ces strates des fossiles d'eau douce et reconnut ainsi que les terrains jurassique et crétacé sont séparés par une formation lacustre.

(2) Dans la description du terrain jurassique , je me suis principalement aidé de V Histoire des progrès de la géologie, tome VI et VII , par M. d*Archiac ; j*ai fait de fréquents emprunts à cet ouvrage si utile pour les géologues. En ce qui concerne spécialement le Jura, J*ai eu recours aux travaux de M. Marcou. Les détails relatifs à la faune des cinq systèmes de la série jurassique sont empruntés, en partie, au Traité de Paléontohgie de M. Pictet.

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