SÉRIE CRÉTACÉE
La série crétacée correspond à la troisième des cinq oscillations qui ont été imprimées au sol de l'Europe depuis les premiers temps géologiques jusqu'à nos jours. Le nom de crétacé (de creta y craie) a été introduit dans la science^ en 4808^ par M. d'Omalius d'Halloy.
La série crétacée se divise en trois systèmes : SYSTÈME CRÉTACÉ INFÉRIEUR, SYSTÈME CRÉTACÉ MOYEN, SYSTÈME CRÉTACÉ SUPÉRIEUR.
DMrlkaaoïi c«o«ni»hl«ac; mwê «€U période créucéc. — La mer.
un instant chassée de la France et , peut-être aussi , de toute l'Europe^ pendant le dépôt du terrain lacustre supra-oolitique, a recouvert, immédiatement après, la majeure partie de l'espace qu'elle occupait auparavant ; avec cet événement a coïncidé le commencement de la période crétacée. Les eaux marines, vers le commencement de cette période, avaient à peu près le même mode de répartition que vers la fin de la période jurassique. Elles formaient, en France et dans les régions voisines, trois bassins distincts. Le bassin anglo-parisien était limité par les Vosges, le plateau central et le massif anglobreton; le bassin pyrénéen se développait au sud du plateau central et recouvrait toute la vallée actuelle de la Garonne, ainsi qu'une partie de la région pyrénéenne; un troisième bassin , plus resserré que les précédents, contournait le massif
alpin en laissant ^ à Touest^ le plateau central et, au nord, le massif vosgien. Cette similitude entre le mode de répartition des mers pendant les deux périodes jurassique et crétacée démontre bien que le mouyement oscillatoire résulte d'une impulsion d'ensemble qui , chaque fois qu elle se manifeste, respecte la configuration générale du sol. Tout ce qui, au commencement de la période crétacée se trouvait au dessus des eaux , repi^étentait la totalité des acquisitions définitivement faites sous Finfluence du ifioutement d'intumescence. C'étaient les massifs montagneux actuels que des isthmes de terrain jurassique rattachent entre eux et qui sont tous entourés d'un ourlet constitué par le même terrain.
La mer ne s'est montrée vers le commencement de la période crétacée que pour reprendre ensuite un mouTement de retrait et occuper un espace de moins en moins étendu. La période crétacée s'est terminée , comme la période jurassique, par un soulèvement général du sol , et , comme elle , a en sa sous-période continentale.
CUHMit, iiiuic €t flore «€ la période créiocCe. — Le climat de la
période crétacée parait avoir été à peu près le même que celui de la période jurassique. Pourtant, pendant la période crétacée, la température a dû être un peu moins élevée et les pluies un peu plus abondantes que pendant la période antérieure. Cette opinion est basée sur l'importance plus grande prise par les grès et les roches détritiques dans la composition du terrain crétacé, sur les changements subis par la faune et la flore et sur le moindre développement des polypiers et surtout des polypiers édifiant des récifs.
J'ai déjà résumé les principaux caractères de la fauàë et de la flore de la période crétacée {antè, page 315); Je me boriierai
^Y>TÈMK CRitITACÉ INFÉRIEUR. 041
n dire quelques mots des rudislcs. Cette famille de bracliiopodes comprend les cinq genres Btppuriies, Caprina, Caprifmla, Caprinella (anciennement Jchiht/osarcoliies) ^ RadioKtes et Caprotina. Elle est complélemenl spéciale à la période crétacée et se montre pour la première fois avec Tépoque urgonienne. Elle disparait momentanément pendant les époques aptienne et albiennc pour se montrer de nouveau avec Tépoque cénomaniennc et persister jusqu'à la fin de la période crétacée. L'étude de la répartition chronologique des espèces appartenant à cette famille a conduit à distinguer dans la série crétacée des niveaux où olles prennent un développement considérable ; le nombre de ces niveaux ou de ces horizons de rudisies est en proportion de celui des étages que Ton distingue dans la série crétacée. Tandis qu'Aie. d'Orbigny n^admettait que quatre horizons de rudisleS; M. Coquand en reconnaît huit; notre classification en indique cinq (i). Lesrudistes vivaient, comme los huîtres, par groupes et formaient des bancs puissants dans toutes les mers de l'Europe, excepté dans le bassin angloparisien qu'elles paraissent avoir à peine habife ; celte particularité de leur distribution géographique provient sans doute do ce que la température était moins élevée dans le bassin nnglo-parisien que dans les bassins pyrénéen et méditerranéen.
(I) Les horixoDS de rudi>tes, que nous ajoutons à ceux admis par Aie. d'Or* bigny, correspondent à l'étage provencien que ce géologue ne distinguait pas de Tétage turonien , et à la craie de Maëstricht qu'il réunissait à l'étage sénonien. Dans la classiOcation de M. Coquand, il y a deux horizons de plus que d ins la nôtre h cause du dédoublement qu'il fait subir aux étages céftomanien et sénonien. Chacun des horizons de rudistes porte le nom de deux ou trais espèces, mais il ne faut pas oublier qu^ ces espèces peuvent se rencontrer iius i dans rhoriron qni précède ou dans cehi^ qui suit.
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64*2 PRODROME DR GéOLOGTK.