‹ Prodrome de géologieChapitre 152 sur 170 · PL.V · texte numérisé non relu

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8TSTÈMB CRÉTACÉ SUPÉRIEUR. 065

jusqu'à cent mètres de puissance et se compose de calcaires ordinairement durs^ subcristallins ^ blanchâtres^ avec fossiles fortement engagés dans la roche. Les principaux de ces fossiles sont : Sphasrtdites Movlinsi, S, angeiodes, Bippurites comuvaccinum, H. organisans^ H. bioctdatus, H, dilatatuSy Ra-diolites excavatus, R. acitticostatus, Caprina Aguilloni.

Le terrain à bippurites est très répandu dans le sud*ouest de la France ainsi que dans le midi de l'Europe ; il y occupe la place de la craie marneuse du nord de la France.

Dcrmcrt MpAïc «e la pértckie er«iaeée. — Les derniers dépôts de la période crétacée^ c'est à dire ceux qui constituent l'étage danien, sont : la craie de Maëstricht, la craie d'Atibeterre, dans la Charente, le calcaire pisoliiique des environs de Paris , le calcaire à bactdites du Cotentinet le calcaire de Faxoë, dans le Danemark. La faible extension offerte par ces dépôts résulte non seulement du peu d'étendue des bassins de la fin de la période crétacée , mais aussi des nombreuses dénudations auxquelles ils ont été soumis; leur épaisseur peu considérable et leur composition ont rendu plus facile l'action exercée sur eux par les phénomènes d'érosion. Tous ces dépôts ne sont pas rigoureusement synchroniques. La craie de Maëstricht^ dont les fossiles ont un faciès plus nettement crétacé, se place à la base de l'étage danien; peut-être même sa partie inférieure correspond-elle à l'étage sénonien. Le calcaire pisolitique, au contraire, appartient à la partie supérieure de l'étage danien^ car^ des divers dépôts que nous venons de mentionner, c'est celui qui renferme le moins de fossiles ayant un faciès crétacé.

Sous le nom de a'aie de Maëstricht, on désigne un ensemble de strates ayant 30 mètres d'épaisseur et superposé à la craie blanche avec silex. Au mont Saint Pierre, dans l'un des fau-

bourgs de Maëstricbt^ cet ensemble se compose d'an calcaire tendre, blanc, avec rognons de calcédoine ; plus haut ce calcaire devient jaunâtre et fournit des blo<*^ de construction ; plus haut encore apparaissent, sur une épaisseur de 6 mètres, des couches où abondent des polypiers et des bryozoaires. On a trouvé dans la craie de Maéstricht des débris de poissons, de tortues, de crocodiles et une tète presque complète de Mosasa feras. Les principaux fossiles sont : Baculites anceps, B. PaujasiiyBelemnitellamucronata, Jtnxira quadricostata , Ostrœa auricularis, 0. larva, 0. vesicularis, Crama stridtay Terebratula cametty Hemiaster prunella, Banipneutes radiatus, Hippnrites radiosiis, Sphœruliles Hœninghansiy S. Pmfjasii.

Dans les départements de la Charente et de la Dordogne, il existe des lambeaux d'un terrain qui correspond à la craie de Maéstricht. Les dénudations survenues après le dépôt de la craie, dit M. Coquand, ont respecté le dernier étage du terrain crétacé sur trois points du département de la Charente, et, notamment, sur le plateau qui domine Aubeterre. Près d' Aubeterre, cet étage, dont l'épaisseur n'est que de 15 mètres, est superposé à des bancs de calcaire crayeux avec Ostrœa vesinilaris; il secom()ose d'un calcaire grumeleux, Jaunâtre, renij»li de polypiers, d'Hippurites radiosus^ de Sphœrtdites cylmdraceusQÏ des Radiohtes Jouamietiy R. acuticostattts. Ces mèmesespèces, associées aux Sphœrtdites Bournoni^ S. Toueasn, Badhlites ingens, R. calceoHdes, se retrouvent dans les environs de Saint Mametz (Dordogne), et caraclérisentdans ce département, comme dans la Charente, l'étage le plus élevé de la craie.

Le calcaire de Faxoë^ dans l'île de Seelaod (Danemark), repose ^r la craie blanche avec silex; c'est un calcaire jaune employé comme pieiTe de construction, renfermant de nombreux coraux et des mollusques, les uns communs à la craie

STftTÉMB CRÉTACÉ SUPÉRIBUR. 667

blanche^ tels qweBaculttes FaujasiielBelemmiellamucranataf les autres analogues à ceux de la période, tertiaire et apparienaat aux genres Cyprœa^ Oliva, Mitra ^ Fwtis, Patella, etc. A ces fossiles se trouve mêlé le Nauiilus danieus, caractérîstique de Tétage danien.

Le dernier étage de la série crétacée^ dans le bassin de Paris^ est généralement désigné sous le nom de calcaire pisoliiique. Il se montre par lambeaux sur tout l'espace compris entre les Vertus (Marne) et Laversine tOise) dans un sens^ et entre Meudon et liontereau^ dans Tautre sens. Son épaisseur est de 45 mètres environ. Il se compose de calcaire grossier^ blanchâbne ou jaunâtre^ pétri de coquilles et de polypiers. La plupart des fossiles ont un feciès tertiaire ; on n'y trouve plus de rudistes, ni aucun genre d'ammonitidées; mais on y a rencontré le Pêcten guadricostaiuSf le Nautilus Danicus et deux ou trois autres espèces de la craie de Faxoë.

et

D'après M. Matheron , le terrain lacustre qui , en Provence , comprend le grand dépôt de lignites de Fuveau » est situé au dessous d'un autre terrain lacustre qui contient la Phf/sa prisca et correspond aux terrains lacustres de Moutolieu (Aude) et de Rilly. Or ces derniers sont généralement placés tout à fait à la base de la série tertiaire. Il est donc naturel de considérer la lignite de Fuveau comme faisant partie de la série crétacée, et jouant, par rapport à cette série, le mémo rôle que les couches de Purbeck par rapport à la s^ie jurassique. Pour compléter cette comparaison, il suffit d'^outer que les terrains lacustres de Rilly et de Monlolieu remplissent par rapport à la série nummulitique le même rôle que la formation wealdienne par rapport à la série crétacée.

668 PRODROHE DE GÉOLOGIE.

L'émersion générale du sol qui s'estproduite à la fin de la période crétacée a dû, comme celle qui a marqué la fia de la période jurassique, amener rétablissement de formations lacustres plus ou moins étendues. Ces formations, ainsi placées à cheval entre deux périodes consécutives, doivent être rattachées en partie à la période antérieure et en partie à la période postérieure, suivant les indications fournies par les fossiles qu'elles contiennent. Ces indications nous font encore défaut en ce qui concerne la formation lacustre de Rilly la Montagne que Ton s'accorde à placer à la base du terrain tertiaire. Le terrain lacustre de Rilly s'étend de Sézanne à Gompiègne et de Reims à Guiscard. Elle comprend deux assises : i'^hds sables de Rilly. Cette assise, dont l'épaisseur varie de 4 à 15 mètres, se compose d'un sable quartzeux très pur et très blanc^ surtout à sa partie inférieure. ^ Les marnes à Physa gigantea. Ces marnes, ordinairement friables, passent, dans certains cas, à l'état de calcaire marneux et forment une couche continue. Ce dépôt calcaire contient des fossiles terrestres et des fossiles d'eau douce, tels que : Physa gigantea, Paludina aspersa. Hélix hemisphœrica, Cydostoma Amoudii.

La formation lacustre de Rilly a pour terme correspondant, en Provence, un ensemble formé d'argiles et de marnes à la base et de calcaires marneux au sommet. Cet ensemble est caractérisé par de nombreuses coquilles d'eau douce et, notamment , par la Physaprisca. Il se retrouve , dans l'Hérault , auprès de Vallemagne, et, dans l'Aude, aux environs de Connues et de Montolieu, où il est recouvert par le terrain ntimmtilitjque, et où il est formé d'un calcaire blanc avec l^raadus physes et coquilles lacustres et terrestres.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE l-ERRAIN TERTIAIRE.

Le point de départ dans les recherches relatives au terrain tertiaire a été l'ouvrage publié, en 1808 , par G. Cuvier et Alex. Brongniart , sous le titre de : Essai sur la géographie minéralogique des environs de Paris, et réimprimé , en 1821, sous celui de Description géologique des environs de Paris. Peu après la première apparition^ de cet important travail, dans lequel le terrain tertiaire se trouvait nettement séparé des alluvions avec lesquelles il avait été confondu jusqu'alors, Texistence de ce terrain était successivement signalée dans un grand nombre de contrées, et notamment en -France et d'autres pays, par Alex. Brongniart lui même; dans le bassin de la Loire, par M. J. Desnoyers; dans le midi de la France , par Marcel de Serres; dans le bassin de Bordeaux, par M. Basterot; en Angleterre, par Parkinson et d'autres géologues anglais; en Allemagne, par Boue; en Suisse, par Studer; dans le bassin de Vienne, par C. Prévost; en Hongrie, par Beudant; eu Italie, par Brocchi. En même temps, on constatait que, sur plusieurs points, le terrain tertiaire atteint un développement plus considérable qu'aux environs de Paris; c'est ainsi que M. J. Desnoyers publiait, en 1825 et 18^9, deux mémoires pour signaler la présence de dépôts marins plus récents que le terrain tertiaire du bassin de la Seine; à cet ensemble, constituant une formation distincte, il donnait le nom de terrain qtiatemaire qu'il aban«

670 PROtROMB DB GÉOLOGIB.

donnait peu après ^ et qui était destiné à reparaître dans la nomenclature géologique avec une signification nouvelle. Enfin^ à une époque récente^ les dépôts nummulitiques de la zone asiatico-méditerranéenne étaient > après avoir dooné lieu à une vive controverse^ définitivement considérés comme appartenant à la série tertiaire.

L'expression de terrain tertiaire, bien que ne se rencontrant pas Akù^V Essai sur la géographie rrdnéralogiqtie des erwirans de Paris, était déjà employée lors de la publication de cet ouvrage. Labèche et Huot , chacun dans leur traité de géologie^ ont proposé de la remplacer par celles, le premier, de terrain supracrétacé, le second, de terrain 5tip^cfét0tf^; aucune de ces deux désignations n'est passée dans Tusage. On a également renoncé à se servir de la dénomination de terrain pa-léothérien qui était impropre, puisque les paléothériams sont loin d'avoir vécu pendant toute la période tertiaire.

Parmi les diverses divisions qui ont été successivemcni proposées pour le terrain néozoïque , mentionnons d'abord celle qui se trouve dans la Description géologique des environs de Paris y édition de 1821. G. Guvier et Alex. Brongmart parlagaient le terrain de sédiment supérieur (nommé aosst, disent-ils, terraia tertiaire) en six formations.

G. Guvier et Brongniart définissaient le terrain tertiaire, ou de sédiment supérieur, en disant qu'il s'étend depuis la craie exclusivement ou depuis les argiles plastiques et les iignites inclusivement, jusqu'à la surface de la terre, ou plutôt jus* qli'aux derniers dépôts marins de l'ancienne mer. M. J. Desnoyers ayant démontré , en 1825, que la série tertiaire n'était pas complète aux environs de Paris, il eu résultait t)0ttr loi que cette série se composait de deux parties distinctes : la partie inférieure, constituant le terrain de Paris pro^^tnent dit.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES fUR LE TBRRAIN TERTIAIRE. 674

et la iMirtte supérieure^ dont Tun des caractères les plus habituelSj disiût-il , est de contenir des ossements de grands mammifëres. Il «divisait cette partie supérieure en trois époques , dwt une seule , la plus ancienne , appartenait réellement à la période tertiaire. On va voir que telle est la division que nous croyons devoir choisir pour le terrain tertiaire > tout en étfr? blissaat notre classification sur une autre base que celle qui était adoptée par M. J. Desnoyers.

Dans son Manuel géologique (1832), Labècbe n'incfique aucune division pour son groupe supracrétacé ; dans ses descriptions, il se borne à appliquer la classification de G. Cuvier et Alex. Brongniart. — Dans leur Description géologique de la France^ Dufrénoy et Elle de Beaumont divisent le terrain tertiaire en trois groupes , inférieur, moyen et supérieur, ainsi que rindique le tableau de la page 408. — Rappelons , enfin , la division adoptée par Aie. d'Orbigny, qui partageait le terrain tertiaire en quatre étages, auxquels il affectait les désignations de suessamen, parisien^ falunien et subapennin.

C^est vers 1890 que la division ternaire, généralement suivie jusqu'à présent pour la série néosoîque , a été introduite dans la science par M. Deshayes. Laissant de côté tous les caractères empruntés, soit à la nature des terrains, soit à leur superposition , cet éminent paléontologiste divisait le terrain tertiaire en trois systèmes , où la proportion des espèces analogues avec les espèces vivantes était d'autant pins grande que ces systèmes étaient plus récents : le systèmeinférieur renfermait 3 ^\^ d'espèces qui ont leurs analog)ies vivantes , te système moyen 48 ^1^ et te système supérieur oO ^/q. En même tanps , M. Blie de Beaunwnt divisait également le terrain tertiaire en trois étages, correspondant asses exactement aux trois systèmes de M. Deshayes et caractérisés par les débris de

673 PRODROMR DE GÊOLOGIB.

mammifères qu'ils contenaient^ savoir : les paléothérioms^ dans le premier; les mastodontes^ dans le second; les éléphants, dans le troisième. Ce dernier caractère indique assez que, dans la pensée de M. Elie de Beaumont, le troisième étage comprenait une partie des dépôts que nous savons aujourd'hui appartenir à Tère jovienne.

a En 4828, dit sir Lyell, je conçus l'idée de classer toute la série des couches tertiaires en trois groupes, et je m'efforçai de trouver, pour chacun d'eux, des caractères qui pussent exprimer leur différents degrés d'afQnité avec la faune actuelle. Ayant fait connaissance , en 1829, avec M. Deshajes, j'appris de lui qu'il était arrivé à des vues tout à fait semblables aux miennes sur l'arrangement des formations tertiaires. A ma demande, il dressa, sous forme de tableau, des listes de toutes les coquilles qu'il savait se présenter à la fois dans quelque formation tertiaire et à l'état vivant , afln que l'on pût établir le nombre proportionnel des espèces fossiles identiques avec les espèces récentes qui caractérisent les groupes successifs ; j'ai publié , en 1833 , ce tableau que nous avions rectifié en commun. Je proposai de donner des noms techniques très courts à ces groupes. J'appelai le premier, ou le plus ancien, éocène; le second, miocène; le troisième, pliocène. Le premier de ces mots est dérivé de é^ç, aurore, et xaivbc , récent : en effet, les coquilles fossiles de ce gronpe ne comprennent qu'une très petite proportion d'espèces vivantes, et l'on peut le considérer comme indiquant l'aurore de l'état actuel de la faune testacée, aucune espèce récente n'ayant été jusqu^à présent découverte dans les roches secondaires. Le mot miocène, de lAûoy, moins, et xatvoç, récent, exprime une proportion moindre d'espèces testacées récentes. Le mot pliocène, de nXsTov , plus, et xatvoç, récent, indique un plus grand nombre de ces espèces. *

CONSIDÉUATIONS OÉNÉRM.ES SIR f.E TERRAIN TERTIAIRE. 673

M. Paul Gcrvais, en étudiant le mode de répartition des mammifères dans le terrain tertiaire^ a été conduit à modifler de la manière suivante la classiGcation proposée par sir Lyell. Pour lui, le système éocène se partage en trois groupes : 1® le groupe orthrocène ( ôpOpoç, aube ); 2*» le groupe éocme proprement dit; 3<» le groupe protcène («pcoT, le matin). Il ne fait subir au système miocène aucune coupure^ mais^ entre le système pliocène et le terrain quaternaire, il distingue un groupe pseudo-pliocène qui, pour nous, fait partie du terrain jovien.

Le moi A' oligocène (ôXiyo^;, peu) est employé par quelques géologues pour désigner un terrain qui comprend le grès de Fontainebleau^ et dont la place est indécise en Ire les terrains miocène et éocène.

J'ai déjà dit quelle est la division qui me paraît préférable pour le terrain tertiaire (*) : c'est celle qjii consiste à le scinder on deux systèmes correspondant aux deux oscillations que le sol de l'Europe a subies pendant la période néozoïque. Les détails, qui vont trouver place dans les pages suivantes, justifieront complètement cette division fondamentale du terrain tertiaire, division que M. J. Desnoyers avait déjà proposée il y a trente ans. Un des reprocbes que l'on peut adressera la classification du terrain néozoïque, telle qu'elle est admise , c'est de scinder ce terrain en trois groupes dont le plus ancien a une importance bors de toute proportion avec celle des deux autres.

(J) Nous employons de préfL^rence, p. ur dt">igner ce terrain, l'Opith-He d* ;.'c'io77M^ qui, par sa désinence et son (ftymol-^'io, se liouve en relation nve. 1 » mot p.iliîozolqu» f éiiL'ia^cment admis et avec les termes corr»^pponda!.(<doi.l se omposôîa no:nenclalure que nons avons adoptée.

SÉRIE NUMMULITIQUE.

La série nummulitique commence avec les formations lacustres qui^ en Europe, précédent immédiatement les plus anciennes couches à nummutites et se termine avec te gypse de Montmartre et les diverses assises qui se placent sur le même niveau. Elle correspond àlaquatrième des cinq oscillations qui servent de base principale à notre classement des terrains. Elle comprend tout le terrain éocène ou tertiaire inférieur des divers auteurs. Elle se divise en deux systèmes : le SYSTÈME SUESSONIEN et le SYSTÈME PARISIEN.

BistrIkoUoB fCocm^M^oe , mers et laci 4e la péiioëe ■■■!

— Dès le commencement de cette période, une vaste mer se développait, sans solution de continuité, depuis le centre de l'Espagne jusque sur les confins de la Chine. Ck;tte mer venait baigner le versant sud d'un continent constitué par le plateau central soudé au massif breton et accru des régions jurassienne et provençale. Au milieu de cette mer asiatico-méditerranéennc s'élevaient plusieurs tles ou presqulles : de ce nombre étaient celles que constituaient les Pyrénées orientales et le massif alpin. Un détroit partait de la mer qui recouvrait le nord de Tltalie, contournait les Alpes vçrs le nord-ouest et allait rejoindre le bassin nummulitique de Vienne.

Pendant toute la période tertiaire, la vaste dépression que limitaient les montagnes du pays de Galles et de Cor-

SÉRIE NUMMULITIQUI. 675

neuailles^ le massif breton^ le plateau central, les Vosges et les Ârdennes^ a constitué un centre de sédimentation où des bassins^ changeant de rivage d'une époque à l'autre^ ont été alternativement remplis par les eaux douces et par les eaux salées. Ces bassins ont reçu les strates appartenant aux séries nummulitique et proboscidienne. Cette vaste dépression était divisée en deux parties par la protubérance du Weald qui se continuait par le pointement du Boulonnais et se prolongeait^ vers les Ardennes^ par un seuil souterrain de terrain jurassique. Chacune des deux régions placées^ Tune au nord^ Tautreau sud de Taxe duWeald^ est actuellemetit séparée en deux parties par la Manche^ le Pas de Calais et la Mer du Nord. Il en résulte que les terrains déposés dans la dépression anglo-parisienne peuvent se grouper^ au point de vue géographique , en quatre bassins : 1" le bassin de Paris; ^^ le bassin de Bruxelles; 3' le bassin de Londres; 4^ le bassin du Hampsbfre.

Tandis que le bassin asiatico-méditerranéen ne recevait que des formations marines^ et que^ dans le bassin anglo-parisien ^ se dé()Osaient des strates alternativement marines et lacustres^ dans une petite région comprenant la Provence et la partie orientale du Languedoc^ il ne se constituait que des sédiments lacustres; cette région exceptionnelle n'a pas cessé d'être recouverte par les lacs, depuis la fin de la période crétacée jnsqucs au commencement de la période miocène.

La période nummulitique s'est terminée, comme celles qui l'avaient précédée^ par un émergement général du sol et par l'apparition de lacs vastes et nombreux.

raaoe, flore et 9éirocra»kle«cta»éHo«eiumiBiallil«BC. -- J'ai déjà mentionné les principaux caractères de la flore et de la faunt^ nummulitiques(âr;^/è, page 310). En ce qui concerne la faunu^

ses principaux caraclères sont : l'absence d'ammonites et de béiemnites; la présence de mammifères qui, depuis le commencement delà période nummulitique jusqu'à l'époque actuelle, ont été de plus en plus nombreux; l'existence des nummulites formant un type spécial à la période dont nous nous occupons. Les premières nummulites se trouvent dans les calcaires qui, au Montserrat, en Catalogne, accompagnent le poudingue infranummulitique. Il est permis de penser que, si ce poudingue contenait des fossiles, les nummulites se trouveraient parmi eux et l'on peut, par consé{|ucnl, faire dater l'apparition desnum- . mulitos du commencement de la période qu'elles servent à désigner. Le terrain miocène inférieur de l'Italie paraît contenir quelques représentants de ce type. Mais ces rares exemples de nummulites dans le terrain miocène, dit M. d'Arcbiac, sans détruire l'unité de l'ère nummulitique, prouveraient seulement que, sur quelques points, les derniers représentants du genre ont pu survivre un peu après que la faune tertiaire inférieure avait disparu (t).

(1) Les nummulites occupent dans le bassin tertiaire de la Seine trois niveaux bien tranchés qui se prolongent en partie dans le Brabant méridional» mais qui sont moins distincts dans le bassin du Hampshirc et manqueraient tout à fait dans celui de la Tamise. Ainsi la N. planulata caractérise les sables supérieurs du Soissonnais, s'étendant ensuite en Belgique et de Tautre cdté du détroit. Les N. Lœvigata, scabru et Lamarcki sont propres à la base du calcaire grossier ; les deux premières se retrouvent en Belgique et Tune d'elle; seulement existe en Angleterre. LaN. variolaria, caractéristique des sables de Beaucbamp, se montre sur la frontière nord de la France, aux environs de Bruxelles et dans le sud du Hamphshire. La N. planulata est très répandue dans les fragments de calcaires épars à la surface de la craie, sur la ri\e droite de Tembouchure de la Gironde. Dans le bassin de PAdour, les nummulites ne paraissent pas exister dans les marnes sableuses à crustacés, qui sont les assises les plus basses delà formation. Les N. planulata et Uamondi sou^

SÉRIE NUMMrLmQUE. G77

BelatloDs entre le terralo nommollilqae médlteminécii et le terralo ter-

tiaircde Paris.— Le terrain Dummulitiqiie méditerranéen possède une puissance bien plus grande que celle du terrain éocène du bassin de Paris auquel il correspond; on n'y a pas encore rencontré de débris de mammifères, et des déterminations erronées avaient fait supposer que sa faune comprenait un certain nombre d'espèces crétacées; sur beaucoup de points, ce terrain est en stratification concordante avec la craie; enfin ses roches ont plutôt le faciès des roches secondaires que de celles qui composent le terrain tertiaire dans le nord de l'Europe. Je rappelle tous ces faits afin de montrer comment on a pu longtemps se refuser à reconnaître l'âge véritable de la formation nummulitique méditerranéenne.

Le terrain nummulitique avait d'abord été considéré comme représentant la craie blanche dans le midi de l'Europe. Celte manière de voir a cessé d'être soutenable dès que l'on a eu découvert dans le midi de l'Europe la véritible craie

\f*s premières ijui se montrent, au dessus, dans IVtage que caractérisent les érhinoilermes. Dans les quatre ass ses qui composent ensuite l'étage nummulitique supérieur de ce pays, on trouve que les N. exponens, spira et mamtiluta appartiennent à la première, la *V. perforaia à la seconde, la N, biarrilzensis à la troisième et que les N. iniermedia et vas*:n caractérisent surtout les derniers membres de la série. Dans la région centrale et septentrionale des l*yrénées, drux autres petites numraulites (iV. Lcymeriei et Ramondi) se montrent fréquemment dans les couches les plus basses de la formation, tandis que la N. biarritzet^sis appartiendrait aux supérieures. Dans les Pyrénées, les Alpes, les Apennins, ainsi que dans le bassin de la Seine, les assises inférieures sont caractérisées par de petites espèces, les moyennes par celles qui atteignent les plus grandes dimensions, et les supérieures par des espèces également petites. Nous ferons remarquer, en outre, »que sur le pourtour des Alpes, c'est au desiusùcs couches àuummulilcs que se trouvent principalement les bancs remplis de coquilles dont les identiques appartiennent an calcaire jjrossier. (D'Archiac.)

blanche^ et lorsque M. de Veroenil a eu constaté^ en 1836, la superposition des couches à njimmulites sur la craie à Belem^ niteUa mucronaia. Vers cette époque, M. Deshayes rangeait déjà les couches à nummulites dans le terrain tertiaire inférieur, mais M. de Verneuil (lensait qu'il était peut-être prématuré de fonnider une opinion sur l'âge de ces couches, en s'appuyant sur des considérations conchyologiques incomplètes.

Sut Ih Carte géologique de la France, publiée en 1841 , le terrain nummulitique est confondu avec le terrain crétacé, et, comme lui, colorié en jaune. Deux ans après la publication de cette carte» Dufrénoy publiait une note où il admettait l'association des couches nummulitiques au groupe crétacé ; seulement, il considérait ces couches comme formant le membre supérieur de ce groupe et il les plaçait au même niveau que le calcaire pisolitique de Meudon.

En 1844, tandis que M. d'Archiac persistait à se prononcer en faveur du paral]élismedescouchesnummutitii|ues et du terrain tertiaire inférieur, plusieurs géologues émettaient Topinion que la formation nummulitique est un terrain à part se rattachant soit à la série crétacée, soit à la série tertiaire, et peutètf^ à Pune et à l'autre à la fois. Parmi ces géologues se trouvait M. Leymerie qui avait proposé pour le groupe nummulitique le nom de terrain épicrétaeé. La même annéc^ la question de l'âge des couches à nummulites était de nouveau soulevée, et, tandis que M. Michelin déclarait que ces couches font partie de la série tertiaire, MM. Sisrponda et Agassiz les classaient dans la craie supérieure. Trois ans après, M. Elie de Beaumont rangeait les couches à nummulites dans le terrain secondaire, tout en les considérant comme formant un étage complètement distinct de tous les étages crétacés.

La faune conchyliologique des couches à nummulites de

SYSTÈME SUESSOMEN. 679

la région méditerranéenne a un caractère tel que M. Leymerie et M. Eiie de Beaumont, Tun vers la fin de 1844 et Tautrie en 1848, croyaient devoir modifier leur ancienne manière de voir et considérer ces couches comme formant le premier terme de la série tertiaire^ tout en étant antérieures au terrain tertisi^ire des environs de Paris. C'était tout simplement déplacer la limite qui sépare la série tertiaire de la série crétacée. J>e terrain à nummulites, disait M. Leymerie^ est Véocène du Midi , de même que les sables inférieurs du Soissonnais et Targile plastique du bassin de Paris commencent Véocène du Nord; mais ces deux éocètiés ne sont pas ^ntemporains. Quant à M. Eliede Beaumont, il admettait également la dénomination d'éocène pour les couches à nummulites, mais il distinguait un éocène antè-pyrénien ou terrain nummulitique méditerranéen^ei un terrain ntanmulitique du Soissonnais ou éocène post-pyrénéen.

L'opinion soutenue d'abord par M. Desbayes , puis par d'autres géologues, tend à se généraliser. Mais le désaccord pourra persister encore quelque temps chaque fois qu'il s'agira d'établir d'une manière rigoureuse le parallélisme des diverses assises du terrain nummulitique méditerranéen et du terrain tertiaire inférieur des environs de Paris.

XVII» — SYSTÈME SUESSONIEll.

0jB«Byaye;«ivisioBCBCiMes — Le système suessonien (partie inférieure du terrain éocène ou tertiaire inférieur; terrain éigiène anté-pyrénéen, Elie de Beaumont; terrain nummulitique méditerratiéen ; étage suessonien, d'Orbigny; faune or-

throcène, P. Gervais; système épicrétacé, Leymerie) peutse diviser en quatre étages : — 1. Etage infra-îiiiwmulùique , comprenant : le groupe cTAlet ou étage sous-nummulitiquey d'Ârchiac; notre étage montserrieni terrains lacustres de Montolieu (Aude) avec Physaprisca et de Rilly avec Physa gigantea.

— 11. Etage suessonien inférieur, comprenant : le terrain nummulitique inférieur, d'Archiac; notre étage castellien; les sables inférieurs du Soissonnais ou sables de Bracheux; les sables de Thanet, — III. Etage suessonien moyen, comprenant : le terrain nummiditique moyen, d'Archiac; notre étage

'igualadfen; Y argile plastique de Paris; la série de Woolwich.

— IV. Etage suessonien supérieur, comprenant : le terrain nummulitique supérieur j d'Archiacj notre étage manrésien ; les sables supérieurs du Soissonnais ou de Cuise la Motte ; V argile propre de Londres.

DlstrlkoUoDfféoiTapblqae, faaneet pMroiraplile dalemtosoeMoiileB.

— On constate pour Tétage suessonien un fait que nous avons déjà reconnu pour la plupart des terrains plus anciens : c'est que les roches calcaires dominent dans le sud de la France et de l'Europe^ tandis que les roches détritiques sont plus répandues vers le nord; il est difflcile de ne pas voir, dans ce fait qui offre un certain caractère de généralité, une influence climatologique. Le terrain suessonien présente deux faciès : Tun qui est spécial à la région asiatico-méditorranéenne et l'autre qui appartient au bassin anglo-parisien. Ces différences sont telles que l'on s'explique sans peine comment quelques géologues se sont longtemps refusés à admettre le synchronisme des strates suessoniennes des environs de Paris et des strates nummulitiques du bassin méditerranéen. Dans le bassin anglo-parisien, on n'observe que des roches ayant tout à fait

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le faciès tertiaire^ indiquant une action geysérienne très faible et résultant surtout de phénomènes détriques assez intenses : ce sont des grès et des sables alternant avec des argiles^ et disposés de telle sorte qu'on peut distinguer dans Tensemblc qu'ils constituent trois grandes zones : une zone moyenne, argileuse [argile plastique de Paris) intercalée entre deux zones de sables et de grès (sables du Soissonnais inférieurs et supérieurs). Dans le bassin méditerranéen les roches du terrain nummulitique ont un faciès presque complètement jurassique,* ce sont des calcaires souvent compactes, formant des assises puissantes et régulières qui alternent avec des bancs marneux. Dans ce bassin, comme dans celui du nord de la France^ ces roches forment trois zones superposées : une zone moyenne, essentiellement marneuse, entre deux zones essentiellement calcaires. Au dessous de cet ensemble se trouvent les poudingues et les grès infra-nummulitiques qui n'ont pas de représentant bien certain dans le bassin de Paris; au dessus se placent d'autres poudingues appartenant au système parisien.

Ce que j'ai dit {antè^ page 674) peut donner une idée de la répartition des eaux marines pendant la période suessonienne. Les mers de cette période se partageaient en deux groupes bien distincts non seulement par leur distribution géographique^ mais aussi par leur faune et la nature des sédiments qu'elles ont reçus. Les mers du nord se composaient, comme on l'a vu, de quatre bassins; le plus important d'entre eux était celui qui se développait autour de Soissons et de Paris. Les mers du sud constituaient le vaste bassin asiatico-méditerranéen ; Tune d'entre elles occupait une partie de l'emplacement des Alpes ; une autre s'étendait depuis les environs de Bordeaux jusqu'en Catalogne eu passant à travers les Pyrénées centrales et en envoyant vers Its Corbières un prolongement sous forme

de golfe. Ces deux mers étaient séparées par la région lacustre comprenant la Provence et le Languedoc.

J'ai déjà indiqué quelques uns des caractères de la faune suessonienne (ajitè, pages 319 et 676;. Je me bornerai à insister sur Tabsence des mammifères dans les bassins du sud et sur leur rareté dans les bassins du nord; les espèces connues sont au nombre de quatre: Arctoq/on primœvus, Palœonyctis (jigantea et Coryphodon anthracoîdetim , P. Gervais, dont M. Hébert fait deux espèces : C. eocœnus et C. OweniL

Le ftjfttème soeMonleo «aas le teMlo pariyea. — On peut partager

le terrain suessonien du bassin parisien^ abstraction faite de la formation lacustre de Rilly, en trois étages : 1* Les sables marins inférieurs du Soissonnais ou de Bracheux ou de Beauvoisis (Glauconie inférieure et huitième groupe , en partie , d'Arcbiuc). Ce sont des sables plus ou moins grossiers, souvent mélangés de parties glauconieuses et de veines de fer hydroxydé; leur nuance varie du blanc grisâtre au gris bleuâtre ou verdâire. On y rencontre des ossements de tortues, quelques débris de poissons et beaucoup dimpressions de plantes. Les fossiles y sont très nombreux ; les espèces les plus communes sont : VoltUa depressa, Pleurotomo cancellatum, Bucdnum fissuratum, Fissurella costaria, Paîiopœa reme?istSy Pholadomyacuneata, Carditapectuncularis, Crassatella compressa, — 2* L'argile plastique et le lignite de Paris {premier terrain d'eau douce, Brongniart; huitième groupe, en partie, d'Archiac). Cet étage peut se diviser en quatre assises : a) Le conglomérat de Meudon, que Ton observe dans cette localité et à Bougival; au contact de la craie, qui est formé de rognons de craie et de calcaire pisolitique cimentés par de l'argile, et qui renferme des mollusques d'eau douce. *) Vargile plastique. Cette as-

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sise, qui, dans quelques parties a plus de i6 mètres d'épaisseur^ est réduite dans d'autres à un lit mince d'un ou deux décimètres. Inférieurement^ elle est onctueuse^ tenace^ ne renfermant que des traces de chaux et de fer, absolument infusible au feu de porcelaine, ce qui explique ses usages. Vers le liant, cette argile devient sablonneuse, noirâtre, fossilifère; sous cet aspect, elle constitue le banc que les ouvriers appellent fausse glaise. Elle renferme de nombreux débris de végétaux, des amvis de lignite pyriteux, des troncs d'arbres siliciflés et du succin. Les argiles pyriteuses sont quelquefois exploitées pour la fabrication de l'alun, c) Vargile à Cyrena cuneiformis. Cette assise est formée d'argiles très fossilifères, impures, alternant avec des sables et renfermant : Teredina personata^ Cyrena antiqtia^ C. ciineiformis, Unio Wateleti, Planorbis lœvigattis, Melanopsis buccinoïdea, Paludina lenta^ Cerithium tnrbinatnm, Buccinum semicostatttm. d) L'assise à Ostrœa Bellovacina, comprenant des sables grisâtres, des amas de coquilles brisées et de débris de roches roulées, des bancs d'hnitres, des grès et des poudingues Les principaux fossiles sont : Pholas Levcsquei, Cytherea Lambertiy Cyrena antiqua, C.cuneiformiSy Ostrœa sparnacensis, 0. Bellovacina, Neritina sincenyensis , Physa Beberti, Planorbis Lamberti, L'»;tage de l'argile plastique est très développé dans toute la partie nord du bassin de Paris, depuis cette dernière ville jusqu'à Saint Quentin. On le retrouve aux environs de Bruxelles, dans le bassin de Londres, et dans celui du Hampshire. Les sables supérieurs du Soissomiais ou de Cuise la Motte , (huitième groupe, en partie , d'Archiac). D'après M. l'abbé Lambert, cet étage peut se partager en deux assises parfaitement distinctes quant à leur composition minéralogique : a) l'assise inférieure ou siliceuse, très développée dans les dépar-

OSi FRODllOME DE GÉOLOGIE.

tements de l'Aisne et deTOise, où elle a jusqu'à 30 et 40 mètres de puissance. Elle est composée de sables tantôt blanchâtres^ tantôt jaunâtres, passant quelquefois à un grès ferrugineux et renfermant des rognons tuberculeux (/^to de chat), b) L'assise supérieure ou glauconieusey composée de glaises presque toujours impures, noirâtres, très plastiques et de sables glauconieux, noncoquilliers, mais contenant quelquefois des débris de tortues. Entre ces deux assises se place une couche fossilifère où se trouvent les fossiles si nombreux etsi bien conservés des sables du Soissonnais, tels que : Rosiellaria lœvigata^ Neritina Schmideliana , Cerithium acutum, Natica hybrida^ Melanopsis Dufrenii^ Cardium hybridmn^ Pectunculus polymorphus^ Ostrœa midticostata, Nummtdite$planulata^N. scabra. En Angleterre, le système suessonien débute par les sables de Thanet^ dans l'île de ce nom, sur la côte du Kent. Ces sables, d'origine marine, renferment les Pholadomya cuneatOy Cyprina Morrisii, Corbula longirostris et se placent sur le même niveau que les sables de Bracheux. L'argile plastique de Paris se retrouve dans les bassins de Londres et du Hampshire avec les mêmes caractères pétrographiques, et y constitue la série de Woolwich et de Heading. Dans quelques lits, tout à fait inférieurs, on rencontre par bancs VOstrœa bellovacina. En plusieurs endroits, des coquilles d*eau douce, telles que Melanla inquinata et Cyrena cvneiformiSj se mêlent aux coquilles marines et indiquent les embouchures des fleuves. Dans le bassin de Londres, le troisième étage du terrain suessonien est constituée par une argile (argile propre de Londres) brune ou gris bleuâtre, avec septaria recherchés pour la fabrication du ciment romain. A 111e de Sheppey, qui lors de la période suessonienne faisait partie d'un estuaire, l'argile de Londres a fourni de nombreux débris de corps

SYSTÈME SUE880NIKN. ('»K5

organisés, des fruits de palmiers indiquant un climat tropical, des débris de tortues, de crocodiles et de Coryphodon eocœnns. L'argile plastique de Londres est représentée par les couches de Baguor, dans le bassin du Hampshire. Ses principaux fossiles sont : Belosepia sepioïdes, NaïUicus centricus, Ncnitilns (AstU" ria) zigzag, Voluta nodosa, Rostellaria macroptera, Aximts angulatuSy Ij^da aynygdaJoïdes. (Lyell.)

Le terralD iiuinmalltlqae daos la rCflon •ftlailco-médltemiiié«Dne.

— Dans les Corbières, le système suessonien se divise, d'après M. d'Arcliiac, en quatre étages : K" Le groupe d'Alet, puissant de 300 mètres environ, complètement dépourvu de fossiles, et se composant de poudingues, de grès, de marnes rouges et de calcaires gris blanchâtre. — ^ L'étage mimmiditiqiie inférieur essentiellement calcaire, débutant par des calcaires en plaquettes, remplis de milliolites. Fossiles : NeritinaSchmideliana, Alveolina sphœroidea, Nummulites plamdata, N. lucasana, N. Ramondi. — df" L'étage nummulitiqtie moyen {marnes à turritelles, marnes bleues de Couiza), est formé de marnes bleuâtres alternant avec quelques bancs de calcaires marneux. 11 est excessivement riche en fossiles, dont les principales espèces sont : Tia ritella imbricataria, T, atacina, Cardita minuta, Lucina corbarica, Opercvlina amynonea, O. gramdosa, NnmmxditesLeymcriei, N. Rainondi, Trochocyathus simtosus, T. bilobatus, — 4** L'étage nummvlitirpœ supérieur comprend des calcaires jaunes ou gris, des marnes et des grès brunâtres onjaunâlres,despsanimitesctaccidentellomentdes poudingues. Les fossiles y sont assez abondants ; on y rencontre notamment YOpercuIina canalifera et, avec les Nummulites Ramondi et Tjeymeriei, la N, Riarrifzensis.

Dans la Caiilognc, le terrain ntnumulitique atteint une puis-

686 PRODROME DE GiOU)GlR.

sance qui est au moins de 4^ mètres. Il comprend quatre étages correspondant exactement à ceux dont se compose le terrain nummulitique des Corbières. i"" L'étage montserrien (Montserrat) se divise en deux assises : V inférieure, complètement dépourvue de fossiles^ offre des poudingues et des macignos rougeâtres; Tassise supérieure, composée de marnes^ demacignoset de calcaires ai^iieux, montre les premières nummulites. ^ L'étage castellien (Caslelloli , Castellvell^ près duMontserrat) est principalement calcaire. Il se partage en deux assises : l'assise inférieure offre des alternances de couches marneuses et calcaires et renferme les premières grandes nummulites; la supérieure est exclusivement calcaire. Aux nummulites (A^. perforcUa) se mêlent des polypiers, des natices (Natica longispira, N- brevispira). — 3» L'étage igualadieti (Igualada^ ville de Catalogne), presque exclusivement marneux, est formé de marnes bleuâtres ou grisâtres, alternant avec des bancs de calcaires marneux. Il est très riche en débris de corps organisés, du moins dans le voisinage des deux étages entre lesquels il est intercalé, car dans sa partie moyenne, les. marnes passent à l'état de marnolite et se montrent peu fossilifères. Cet étage fournit, k cause de son caractère nettement tranché, un point de repère précieux ; c'est, dit M. d'Arcbiac, en parlant de l'étage nummulitique moyen, un excellent horizon géognostique sur la position duquel il ne doit exister aucune incertitude. — 4° L'étage manre^t^ (Manresa, ville de Catalogne; est formé des strates comprises entre les marnes igualadicnnes et les grès supra-nummuliliques sans fossiles. Ces strates sont des calcaires de couleur claire , gri^tres ou jaunâtres, tantôt seuls, tantôt mêlés à des grès argileux de la même nuance. La faune de cet étage reçoit un caractère particulier des nummulites qui s'y montrent de nouveau en abondance et des

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écbinodermes (Eupatagus omatus, SpcUangusobesvSy Echinametra Thomsoni) dont les débris sont très nombreux. Cet étage renferme également les Cerithium giganteum, C. comucopiçs, Neritina Schmideliana , Ostrœa latissima, etc.

Le terrain nummulitique accompagne les Pyrénées sur ses deux versants et pénètre quelquefois dans rintérieur de cette cbaine. C'est lui qui constitue tout le Mont Perdu où Ton voit» accompagnés de macignos et de calcaires noirâtres^ des calcaires marneux fissiles pétris de Nummvlites Leymeriei. H constitue les falaises de Biarritz et s'étend, sous les Ltmdes, jusqu'en Chalossc. D'après M. Delbos^ on y distingue troisétages principaux : i" Les marnes à iérébrattdes, très développées dans la Chalosse. — 2» Le calcaire à nitmmulites. Cette assise la plus importante de tout le système^ consiste en calcaires marneux ou sableux^ d'un gris bleuâtre ou jaunâtre, avec 5^pidaspirulœa, Natica sigaretina, Ostrœa gigantea, Nummulites perforata, N. complanata, Orbitolites sella. — 3° Le cal- Caire à Eupatagtts omatus, qui se montre dans les falaises de Biarritz, qui est composé de calcaires sableux ordinairement jaunâtres, recouverts par des sables de la même nuance, avec Turritella carinifera, Ostrœa gigantea^ Opef^ctilina ammonea , Nummulites Biarritzensis, Eupatagus omatus. Le système suessonien reparaît dans la Gironde , à Royan^ sous forme de couches calcaires avec petites nummulites, recouvertes de sable avec huîtres {Ostrœa multicostata).

Tout autour du massif alpin, on constate l'existence do strates nummulitiques qui, dans cette région, représentent les divers étages du système suessonien ; ces strates forment une zone qui se prolonge depuis les environs de Nice jusque dans la Savoie et de là dans le Valais. Les localités fossilifères les plus célèbres (le Mont Faudon , les Diablerets, etc.) appar-

G88 l»RODROMK DE GéOLOGIK.

tiennent les unes à la partie inférieure, les autres à la partie supérieure du terrain suessonien ; on ne possède pas encore de matériaux suffisants, de même que pour les gisements de ritalie (Ronca, Castel Gomberto, Monte Bolca), pour établir leur classement d'une manière certaine.

vormailoDs lacostrcs corrcipoodanl à la période ioe«H>iileMiie. —

Ces formations peuvent se partager en trois groupes : i^ Les unes sont placées à la base de la série nnmmulitique, ce sont les sables et Targile de Rilly, ainsi que le calcaire à Physaprisca de Montolieu (Aude) et (îc la Provence. 2* Les autres, dans le bassin de Paris, alternent avec dos formations marines. 3*" Il en est enfin qui se sont constituées pendant que le bassin méditerranéen ne recevait que des strates marines. La plus importante d'entre elles est celle qui se développe depuis la Provence jusque dans le département de TAude et qui comprend le calcaire de Rognac avec Lycimus, les calcaires à Planorbts pseudorotundatiis de^ environs d'Aix, et les calcaires lacustres avec lignite de la Caunette et de Minerve (Aude). Des couches à Lychmis se retrouvent à Segure (Aragon).

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