‹ Prodrome de géologieChapitre 21 sur 170 · MANIÈRE DE VIVRE DES AMHAUX MARINS · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE VIVRE DES AMHAUX MARINS

des anatifessont é^^alcment fixés par un pédoncule charnu aux rochers, aux bois flottants et aux cales des navires.

Pour compléter cette énuniération des diverses manières de TJvre des animaux ayant les eaux salées pour séjour^ il me reste à rappeler que beaucoup d'entre eux sont fixés au sol sous marin; c'est un suc sécrété par l'animal qui établit une adhérence directe entre lui et l'objet à la surface duquel il est retenu. Je mentionnerai d'abord, comme vivant dans ces conditions, les balanes, parmi les cirrhipcdcs, et les spirorbes, parmi les annélides t:U)icoles. Quant aux lamellibranches orthoconques, on ne cite, parmi eux, d'autres exemples cle coquilles adhérant par leurs valves que quelques espèces perforantes. Les exemples de coquilles adhérentes sont surtout fournis par les lamellibranches pleuroconques; dans ce groupe, qui a l'huître pour type, l'animal, semblable en cela' aux soles et aux l>oissons pleuronectes, est couché sur le côté; c'est la valve inférieure qui adhère aux cor[)s sous marins et qui se moule quelquefois sur eux. Les brachiopodes nous montrent dans les Theddea et les Crâ^wia des exemples de coquilles adhérentes; dans les rudistes, une des deux valves était également adhérente, soit par un de ses côtés, soit par son extrémité inférieure. Le genre Bipponix est le seul, parmi les gastéropodes, dont le corps est soudé directement aux corps sous marins : l'adhérence est établie par un support, en forme de fer à cheval, sécrété parle pied du mollusque; la coquille est conique, non spirale, et, lorsqu'elle est placée sur son support, ressemble à celle des bivalves sans charnière.

les bryozoaires et presque tous les polypiers se soudent les uns aux autres de manière à constituer des espèces de colonies où la nourriture prise par chaque individu peut profiter aux

indiTidus voisins. Leur soudure, chez quelques espèces de

polypiers^ est quelquefois telle que Tindividualité finit par ne plus être reconnaissable. Les colonies^ résultant ainsi de l'agrégation de nombreux individus^ affectent quelquefois des formes arborescentes et sont fortement fixées au sol par une partie correspondant à la racine; d'autres fois^ elles constituent des masses plus ou moius hémisphériques ou s'étendent en lames qui recouvrent les corps sous marins.

Les autres exemples d'animaux fixés par une adhérence . directe au fond de la mer nous sont fournis par les spongiaires et par les crinoïdes. Aujourd'hui, les crinoïdes ne sont représentés que par un très petit nombre d'espèces W; mais, pendant les périodes paléozoïque, triasique et jurassique, ils ont, par moments, habité en abondance les profondeurs de l'océan. Les individus de la même espèce vivaient fréquemment pressés les uns contre les autres, et, comme leur forme rappelait tout à fait celle d'un végétal avec ses racines, ses tiges et ses rameaux, leur réunion devait ressembler à une forêt sous marine d'arbres animés. Ces animaux avaient une structure qui imprimait à tout leur corps une certaine souplesse comparable à celle des troncs et des rameaux des arbres ; ils étaient formés de pièces articulées qui se superposaient les unes aux autres comme les vertèbres et qui étaient renfermées dans une même gaine tégumentaire.

HoUiuqaes terrestres, flairlaUles et marins. — G^est par leS fOSSileS

que l'on reconnaît si une formation est d'origine terrestre, flu-

(1) Deux genres seulement représentent Tordre des crinoïdes dans les mers actuelles: ce sont les genres Pentacrinus et Comatuia, Le premier ne comprend qu'une seule espèce, le Pentacrinus cnput medusœ qui vit dans les profondeurs de la mer des Antillc?. l.e second renferme un assez grand nombre d'espèces que l'on rencontre dans les mers de l'Europe, des Indes, etc., et qui cessent d'être fixées au sol lorsqu'elles ont dépassé le jeune âge; le Pentacrinus europœus n'est que le premier état d'une comatule.

Page 1