‹ Prodrome de géologieChapitre 29 sur 170 · PRINCIPAUX FACIÈS DU TERRAIN JURASSIQUE DANS LE JURA · texte numérisé non relu

PRINCIPAUX FACIÈS DU TERRAIN JURASSIQUE DANS LE JURA

tangoîdes accompagnent partout les roches vaseuses, mais plutôt celles de nature graveleuse ou subsableuse que les vases proprement dîtes. Les astéries y sont caractéristiques pour les vases proprement ditcs^ aussi bien que pour les fins graviers cl les sables. Il y a souvent une quantité prodigieuse d'acéphales libres^ surtout des solens^ des pholadomyes^ des myopsis^ des jambonneaux^ des tellines^ des mytiles^ des modioles^ des corbules et les analogues des isocardes^ etc.; un grand nombre d'ostracées, parmi lesquelles on distingue des huîtres plates^ faiblement attachées ou libres , et des gryphées ou des exogyres entièrement libres ou adhérentes. Parmi les gastéro* podes^ on rencontre le plus fréquemment des rostellaires, des ptérocères^ des naticcs et les analogues des turritelles et des fasciolaires ; parmi les céphalopodes^ quelques nautiles^ des ammonites très variées et des bélemnites, tous rares ou fréquentS; suivant les terrains et les sous faciès. Les serpules sont plus rares que dans le faciès corallien. Les crustacés offrent le genre Glyphea et ses analogues. Les poissons à dents en pavé sont des habitants bien caractéristiques pour les vases. Les reptiles s'y montrent surtout avec fréquence dans le terrain jurassique supérieur^ mais ils sont plutôt restreints à cer* taines régions que répandus d'une manière générale. Leurs débris caractérisent surtout les zones littorales et suivent alors moins strictement les lois des Taciès^ sans abonder cependant^ si ce n'est dans le faciès littoral vaseux. Un caractère général et constant de tous les ensembles paléontologiques des faciès vaseux^ c'est que les organismes y sont pourvus de tests bien moins propres à résister aux effets destructeurs du charriage. Les coquilles sont ordinairement fort minces^ beaucoup plus lisses^ moins accidentées et moins ornées de pit)éminences tariées que dans le faciès corallien. Un autre caractère dis*

tinctif des fossiles vaseux est celui d'appartenir presque exclusiTcment à des espèces libres. Les pentacriues mêmes qui s'y rencontrent ne montrent jamais des traces de leurs racines, soit que leur tige s'enfonçât simplement par spn extrémité inférieure dans la vase ou ne s'y implantât par des fibrilles très ténues.

Les dépôts de charriage, quoique se rattachant intimement au faciès corallien^ duquel ils paraissent naître principalement^ accompagnent et lient entre eux tous les faciès, et ne possèdent^ excepté quelques genres de fossiles qui tous recherchent ' les sols peu consistants^ aucun ensemble zoologique propre. Ils empruntent, suivant les circonstances^ aux divers faciès, avec lesquels ils sont en contact, une partie de leurs caractères en recevant d'eux les dépouilles solides des divers organismes qu'ils réduisent successivement, en raison directe de leur plus ou moins grande distance des gisements primitifs, en débris de plus en plus menus et, enfin, à l'état oolitique ou entièrement décomposé. En se réglant sur l'observation de ce fait, et en suivant les directions d'après lesquelles les débris augmentent en nombre et se montrent mieux conservés, on arrive à des emplacements où se concentre, comme dans des foyers de vie, le développement organique des divers faciès.

Les dépôts thalassiques sont très uniformément constitués, de nature homogène, régulièrement stratifiés, en bancs très continus ou en massifs d'une puissance excessive ; cependant ces caractères sont assujétis à certaines exceptions locales, par exemple quand les dépôts de charriage provoquent des perturbations plus ou moins considérables. Ce qui caractérise le mieux ces dépôts, c'est le manque presque complet de fossiles sur de vastes étendues. En fait de polypiers, on n'y rencontre que des débris de coraux fixes mutilés et usés par le roulage .

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